SEM
raît en mouvement comme les couches d’air qui entourent un
poêle chaud, ou bien encore le malade a la sensation d’une tache d’un scotome qui s'étend rapidement, en même temps qu'il apparaît bordé par une ligne plus ou moins brisée en forme de zigzag (teichopsie). Cette bordure est lumineuse, vibrante (scotome scintillant). Le scotome scintillant n’est pas un symptôme nécessaire de la migraine ophtalmique. La présence ou l’absence de scintillement n'implique pas une nature différente de la maladie. Les troubles sont habituellement limités à une moitié du champ visuel (hémianopsie homonyme); ils durent quinze à trente minutes, persistent quelquefois une demi-heure à deux heures, se répètent à intervalles variables, puis disparaissent en laissant la vision intacte. Ils sont suivis de céphalée à forme hémicranienne et, quelquefois, de nausées et de vomissements. La douleur siège parfois dans l’œil et s'accompagne d'une certaine tension oculaire. Dans certains cas, l'examen du fond de l’œil a permis de noter un rétrécissement des artères rétiniennes du côté de l'hémisphère atteint par le mal de tête, et homonyme à la moitié rétinienne affectée. Les auteurs des monographies sur la migraine ophtalmique insistent avec raison sur les vertiges, les bourdonnements d'oreille, les nausées, les vomissements, la céphalalgie, dl aphasie, les troubles localisés de la sensibilité et du mouvement, les convulsions. |
MIGRAINE OPHTALMOPLÉGIQUE. — Moebius l’a décrite en 1884; mais c’est Charcot qui l’a bien étudiée et qui lui a donné son nom. Elle débute dans le jeune âge. L'accès commence habituellement par une phase d’hémicranie extrêmement violente, puis se continue par une paralysie oculaire, limitée en général au nerf de la troisième paire du côté de l’hémicranie. La paralysie est totale (ptosis, strabisme externe, dilatation de la pupille, diplopie). La durée de l’accès est de trois ou quatre jours, parfois beaucoup plus longue (jusqu'à vingt jours). Les intervalles qui séparent les crises sont également variables. Les récidives tendent à devenir de plus en plus persistantes, et après un certain nombre d’accès, l’ophtalmoplégie peut être définitive.
EC
Telles sont les variétés classiques de migraine. Mais il existe parfois des troubles surajoutés; c’est pourquoi, depuis Piorry, les auteurs ont étiqueté migraine « accompagnée » ou migraine « compliquée » les cas qui s’écartent des types bien définis.
Cette catégorie comprend par suite les formes les plus disparates. Il y aurait intérêt à les classer, d’après la nature des troubles associés, en migraines compliquées de troubles moteurs, sensitifs, sensoriels, viscéraux et psychiques.
C'est à dessein que j'ai employé le mot « compliquée », réservant le qualificatif « accompagnée » à une variété spéciale : la migraine accompagnée d’épilepsie. Si cette forme entre à des degrés divers dans les classes énumérées plus haut, je la crois assez individualisée pour en faire le sujet de ce. travail.