HISTORIQUE
Observations anciennes.
« On ne sait bien une science que quand on en connaît
l'histoire. »
(Auguste Core.)
A. — Premiers travaux jusqu’à Piorry (1831).
Arétée, à qui nous devons la première description claire de la migraine, notait déjà l'existence de contractions musculaires dans les cas invétérés.
Les théories pathogéniques qui abondent dans les siècles suivants éloignent de l’observation, et il faut aller jusqu’au xvi siècle pour trouver la première observation de troubles nerveux accompagnant la migraine. Charles Lepois nous rapporte le cas suivant : |
OBsERVATION Ï. A. (Lepois.)
Une fillette de 12 ans avait des paroxysmes accompagnés d'irra- diation dans l’œil et l’oreille du même côté, de vertiges, d’engourdissement et de fourmillements du bras gauche jusqu'au petit doigt. L'accès se terminait par un vomissement séreux. Les migraines passèrent, mais trois ans plus tard la jeune fille eut des accidents que l’auteur met sans hésitation sur le compte de l’hystérie. Ils tenaient aussi, d’après lui, à l’épanchement séreux.
Jean r
Foie
En 1748, paraît le mémoire de Tissot (de Lausanne). On y trouve deux observations de la variété qui nous intéresse. « Pison, écrit Tissot, rapporte l'histoire d’une autre migraine qui est intéressante parce qu’elle caractérise parfaitement le genre de maladie auquel la migraine appartient. »
Ogservarion [I. A. (Pison in Tissot.)
Une jeune fille de 12 ans fut attaquée tout à coup d’une migraine très violente sus-orbitaire et temporale gauche; en même temps, sensation de fourmillement qui, commençant par le petit doigt de la main du même côté, gagnant successivement les autres doigts, l’avantbras, le bras, le cou, lui occasionnait une violente rétraction Spasmodique de la tête et un spasme de la mâchoire, accompagnés d’une faiblesse générale de tout le corps, sans perte de connaissance. Les accès suivants ne furent jamais si violents; la douleur, forte aux . tempes, laissait un peu d’engourdissement dans le bras et dans la jambe du même côté, pendant un couple de jours.
La seconde observation est celle d'un « officier au service d'Autriche » vu par Tissot en consultation. Cet homme de 32 ans racontait ainsi sa migraine :
Ogservarion II. A. (Tissot.)
Lorsque je m'y attends le moins, je vois tout à coup trouble, mais plus d’un côté que de l’autre; cela dure une dizaine de minutes; ensuite un bras et une jambe du même côté, et un jour d’un côté un jour de l’autre, s’endorment. Je sens des frissons, comme s’il y avait des fourmis; je sens la même chose à la bouche et à la langue, et même pendant ce temps-là j'ai bien de la peine à parler. Cela dure environ un demi-quart d'heure; ensuite les douleurs de tête recommencent...
Parry fut un des premiers à signaler les rapports étroits qui existent entre la migraine et l’épilepsie.
Marchall-Hall cite le cas d’une femme migraineuse qui eut pendant un accès de migraine une crise épileptique.