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nombre, changèrent de caractère: la malade, après une aura constituée par les sensations viscérales décrites, chutail sans conscience, prise d'attaques convulsives toniques et classiques, mordant souvent sa langue ou lâchant ses urines. Ces attaques étaient journalières, accompagnées de vomissements. Il n’y avait aucune régularité dans l’heure d'apparition de ces accès. Vers la fin de 4894, ces attaques convulsives diminuèrent de fréquence, mais la malade commença à éprouver presque continuellement des sensations de « pincements » par tout le corps, surtout à l’épigastre. Elle commença aussi vers cette époque à être sujette à des accès de céphalalgie, à forme hémicranique, qui commençaient par l’un ou l’autre côté de la tête, comprenaient le bulbe oculaire et se diffusaient dans tout le crâne. L’accès commençait quelquefois le matin pour durer jusqu'au soir, Etait-il faible? pas d’autres symptômes ne l’accompagnaient. Etait-il violent? deux ou trois heures après la céphalée, la malade commençait à accuser de petites étoiles, des petits ballons de couleur bleue ou des visions à type religieux : le paradis, des anges, la Madone ou une moitié des personnes qui étaient devant elle. Souvent l’accès est accompagné de vomissements, mais jamais accompagné ni suivi de perte de conscience. Quelques jours avant d'entrer à l'asile, il lui sembla se trouver en enfer où elle bouillait dans une chaudière tant elle ardait par tout le corps; les sensations anormales cutanées et viscérales allaient en se multipliant; des fourmis la rongeaient par tout le corps, piqûres dans les globes oculaires, ete. A l’entrée dans l'asile (24 février 1895), elle était en extase, à genoux el mains jointes, les yeux révulsés vers le ciel, disant qu'elle voyait la Madone.
Examen objectif. — Crâne petit, étroit de conformation ovalaire. Nez légèrement dévié à droite. Légère asymétrie de la face. Nutrition générale modérée. Hypoalgie diffuse. Conservation du réflexe pharyngé. .
Etat psychique. — La malade comprend comme il faut, répond avec une promptitude convenable. Son état psychopathique actuel est le reflet des multiples illusions cénesthésiques et des hallucinations sensorielles dont elle est tourmentée. Phénomènes de l’aura précédant l'attaque convulsive, sensations anormales de {ous genres réparties par tout le corps : pincements, ardeurs, etc..; la malade les
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interprète suivant le mode délirant, elle se croit la proie des animaux qui s’agitent dans son corps : ver solitaire, ete., demande qu'on l'incise pour voir ce qu'il y a. Parfois sous l’influence complexe de ces sensations anormales, de la céphalée, de l’idée délirante, se produit un état anxieux de plusieurs heures, avec pleurs et sanglots.
À l’état normal, la malade se montre d'intelligence limitée; la mémoire est assez bien conservée, tant des faits que de leur ordre chronologique. Diminution dans la sphère sentimentale tant pour l’affectivité que pour la pudeur. Aboulie complète. Humeur plutôt triste, aspect somnolent ou abattu.
Réussite médiocre du sommeil hypnotique.
6 mars 1895 : La malade, au matin, se plaint de paresthésie viscérale, de serpents dans le corps. Vers midi et demi, attaque dont les caractéristiques sont les suivantes : perte de connaissance et chute sur le banc où elle était assise, l’écume à la bouche, les membres supérieurs agités de mouvements; les infirmiers disent qu’elle « cherchait », ce qui revient à dire que sa main sur le bras opposé courait comme à la poursuite de quelque chose; perte des urines. Durée de l'attaque : quelques minutes. Pas de souvenir de l'accès.
7 mars 4895 : Accès : une aura, sous forme d’un corps remontant de l’épigastre au gosier; chute, puis mouvements automatiques (habits Ôtés, grattage de la terre, mains cherchant parmi les manches). Aux lèvres, bave légère, puis stupeur consécutive. Pas de souvenir de l’accès dont la durée fut de plusieurs minutes,
OBsERVATION XXXIIT A. (Mingazzini in Muselli.)
C. G..., trente-six ans. Pas d’hérédité névropathique connue. Jamais sujette aux convulsions. Mariée à vingt ans. Accouchement heureux de trois fils, tous vivants. Seulement de temps en temps, attaque de légère céphalée, pas d'abus alcooliques. Il y a à peu près un mois, elle commença à devenir sujette à des attaques assez fréquentes de céphalée pulsatile, diffuse bilatérale, augmentant de violence à mesure. Dans les forts paroxysmes de la céphalée, elle voit quelquelois des gens qui entrent chez elle; il lui arriva de se lever pour les éloigner; il lui paraissait qu’ils étaient sortis par la fenêtre
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ou cachés derrière une portière qu'elle montrait. Toujours sous l’empire de l’accès, elle disait « qu’elle avait acheté un cheval pour 25 lires: avec ce cheval elle a parcouru les monts, ele., et puis le cheval est mort ». Durant l'accès, le long duquel elle est confinée au lit, elle se plaint d'y voir peu, d’avoir la vue comme obscurcie; elle accuse des bouffées de chaleur à la face, agite les jambes, il lui semble voyager; quelquefois des rumeurs bruissent à ses oreilles, Le mal cesse brusquement. Durant ces crises, il n’est pas possible de détourner l'attention de la malade sur d’autres objets et puis, peu à peu, elle retourne à soi, sans se rappeler tout à fait ce qu’elle a dit. Elle se rappelie toujours ces visions et ordinairement en reconnaît le mensonge.
Durant une de ses attaques plus intenses de céphalée violente, la malade a commis des actes inconscients de nature maniaque (bris d'objets, déchirure de vêtements, essai de morsure envers un bambin, de fuite hors de chez elle, insomnie, etc.). Elle demeura dans cet état deux ou trois jours avec des rémissions intercurrentes où elle était capable de raisonner, mais non de se rappeler ses actes.
A l'examen objectif, rien de notable. La malade se plaint d’essoufflement à la marche. Hyperesthésie ovarienne droite.
Au point de vue psychique, on note chez le sujet plutôt de l'irritabilité, sans impressionnabilité excessive. Le bromure de potassium
a dans la suite amélioré l’hémicranie.
OBSERVATION XXXIIT. A. (Mingazzini in Muselli.)
R. d’'A..., de Rome, carabinier, célibataire, vingt-deux ans. Entré le 28. février 1895.
Pas d’hérédité. A neuf ans fut mordu à l’avant-bras droit par un chien (enragé)? Un de ses frères devient paralytique, puis guérit. La maladie actuelle est rapportée à une infection malarienne soignée à l'hôpital militaire de Perugia; dans le sillon balano-préputial on note une induration douteuse.
A la fin de 1891: il avait alors dix-huit ans, le malade a commencé à souffrir d'une céphalée frontale persistante ne le quittant ni jour ni nuit. L'année suivante (1892), il signale que, la céphalée
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devenant plus violente, il se mettait à voir dans les deux yeux les mêmes étoiles qu'il lui arrivait d'observer à l’occlusion des yeux par la pression des doigts. C'élaient surtout des zigzags, des camps fortifiés lui apparaissant le jour de préférence. La vue était diminuée : le malade est obligé, s’il se lève pour marcher, de s'arrêter et s’attraper aux objets pour ne pas tomber. En 1893, dans un de ses accès de céphalée forte, tandis qu'il était à Castel di Sangro, après avoir présenté les phénomènes habituels il fut pris d’agitation maniaque; il voyait des ombres et des hommes qui semblaient venir vers lui; il s’agitait, menaçait l'entourage, ne répondant à toute question que « Allez-vous-en au loin! au loin! » Si bien qu'on fut obligé de s’assurer de lui. Cet état dura environ un jour. Le malade n'en conserve aucun souvenir; seuls les assistants peuvent nous raconter cet accès d’agitation furieuse.
Le malade fut pris d’un autre état psychopathique identique précédé des mêmes symptômes d’hémicranie ophtalmique, en novembre 1894, à Terni. De même, le 20 février 1895; ce fut ce dernier qui lui valut l'asile où il fut envoyé par ses supérieurs. Ces deux fois encore, l’état psychopathique déterminé par l’apparition d’hallucinations visuelles dura à peu près un jour, fut suivi de la même amnésie rétrograde. A la fin de la troisième, le malade manifesta l’intention de se suicider.
Examen objectif. — Crâne symétrique. Douleur accusée à la pression sur la colonne vertébrale dorsale, les rameaux de la V°; rétréci concentriquement est le champ visuel à droite; celui de gauche l’est seulement dans le quart médian. Tremblement léger des mains dans l'acte du serment. Rien d'autre d’anormal.
Etat psychique. — A ce que dit le malade, une fois enfermé, il a toujours souffert d’une très légère douleur frontale (sujette à s’exagérer aux contrariétés), il parle de très légers vertiges passés avec obscureissement de la vue et conservation de la conscience.
Emotif, est vite la proie de la colère. Mémoire excellente. Sentiments moraux et affectifs,
Orservarion XXXV. A. (Mingazzini in Muselli.)
Antonio G.., de Pentina, 26 ans, célibataire, de culture élémentaire. Entré à l'asile le 13 février 1895. Y avait déjà passé trois autres fois, la première fois pour Iypémanie; les deux autres, le diagnostic fait défaut.
Pas d'abus de vin, mais abus des femmes au service desquelles il a attrapé deux ulcérations dont la dernière unique, accompagnée de douleurs ostiocopes. Blennorragie passée, compliquée d’adénite gauche inguinale. Pas de stigmates de syphilis.
Depuis l'enfance, fréquentes douleurs de tête augmentant de violence avec l’âge. La céphalalgie survient par accès, se diffuse à toute la tête, croît en intensité à mesure et dure deux à trois heures; parfois dans les cas extrêmes, deux à trois jours. Pendant l'accès de douleur, il est suivant sa manière de parler comme « figé », c’est-àdire confus, incapable d'apprécier le monde extérieur. Quand l’accès est devenu plus fort, le malade voit des stries, des zigzags, des lampions, etc. Si la douleur devient encore plus intense, il voit des hommes habillés semblables à des petites lampes à couleur de flamme. En dernier lieu, il lui semble que tout s’est apaisé et il reste quelque temps étourdi. Sous l'influence de ces hallucinations il prend peur les autres racontent même qu'il se précipita parfois vers les fausses images; de ces impulsions motrices, il ne se rappelle point.
Dans les périodes intercalaires, il reconnaît que ces faits sont la suite de la maladie.
Examen objectif. — Crâne symétrique, bosses frontales proéminentes, bulbes oculaires enfoncés, zygomas proéminents, nez un peu dévié à droite, dents supérieures inclinées en dedans. Champ visuel rétréei des deux côtés.
Pas d’autres choses à signaler. Douleurs à la compression du vertex dorsal.
Tous les mouvements délicats soulèvent des tremblements manifestes, ainsi que dans les mains étendues pour jurer; ils se produisent aussi dans la langue, hors des arcades les muscles cireonscrivant l’orifice auriculaire, si le malade montre ses dents ou essaie de se
tenir sur une seule jambe. Au repos, tremblement des membres surtout inférieurs.
Réaction pupillaire de convergence très limitée.
Etat psychique. — Le malade a des réponses correctes. Mémoire précise. Il dit que lorsque sa mère le porta à l'asile, il n’était pas en état, de par sa confusion d'esprit, de se rappeler la nature de l’endroit; mais le lendemain reconnaissance fut faite, il se souvint d’être déjà venu à l'hôpital.
A l'asile, il s’est plaint trois fois de mal de tête durant trois ou quatre heures; la douleur passe lentement et, après avoir cessé, elle est encore perçue quelque temps de façon confuse. Le malade rappelle au médecin tous les plus petits troubles.
Vie affective normale, aucune anomalie des instincts; volitions ma-
nifestement faibles, insomnie.
Le professeur de Rome commente ces faits :
« Quand l’hémicranie montait à un certain degré d'intensité, les malades accusaient des perceptions visuelles assez. spéciales sous forme de phosphènes bilatérales; chez d’autres c'était de l’amblyopie. Ces perceptions visuelles élémentaires étaient ou non accompagnées de visions plus différenciées telles que celles d'hommes menaçants, ce qui était fréquent, ou d'animaux énormes, ce qui était plus rare, et rappelant le délire hallucinatoire d’origine alcoolique. Ces images pouvaient avoir un caractère religieux. Sur la réalité des hallucinations, les patients n’émettent pas toujours les mêmes appréciations : ou ils les corrigent ou ils en doutent, mais leur caractère terrifiant est constant... L’hallucination vraie constituée a une durée brève : tout roule dans le cycle de quelques heures, tout au plus d’une journée... Les actes commis durant l'accès à son acmé sont amnésiques.. Nous pensons ainsi résumer ce qui se passe dans les formes dramatiques à syndrome complet :
» 1° Durée de l'accès qui, de quelques heures, atteint à peine la journée (un seul cas mis à part);
» 2° Tendance durant les accès à l’action directe soit sur
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des personnes, soit sur des choses, et déterminée par uné réaction des maladies à l’égard des images hostiles ou terrifiantes;
» 3° Amnésie de ce qui s’est passé durant l'accès;
» 4° Période. terminale constituée par un état confusionnel, qui va se dissipant peu à peu... »
Ces états, on peut les qualifier de véritables crises épileptoïdes, mais non de crises épileptiques. Telle est la conclusion de Schüle : « Il y a des désordres psychiques suraigus dont les symptômes rappellent beaucoup ceux des états épileptiques et hystéro-épileptiques, alors que chez le sujet il n°y a pas la moindre raison pour admettre une véritable épilepsie où hystérie. »
L'auteur attribue toujours l'accès hémicranique à un spasme vaso-moteur et de même les hallucinations à propos desquelles il commente les conceptions de Meynert. Il cite cependant pour montrer que la doctrine du spasme vaso-moteur n’explique pas toute Ja pathogénie, une observation où le syndrome et les troubles visuels ont disparu par suggestion chez une malade de cinquante ans présentant des stigmates d’hystérie.
Après avoir rapporté les observations de Zacher et de Krafft- Ebing, Mingazzini écrit plus loin « qu’il paraît possible d’admettre que les hémicranies pures, à condition qu'elles soient excessives, peuvent déterminer un état psychopathique à caractères peu différents de celui de l’hémicranie ophtalmique ».
La Revue de Médecine publie, en 1896, une observation curieuse de Lamacq. Voici le résumé qu’en donne Cornu
OBservarTION XXX VI. A. (Lamacq in Cornu.)
Jeune homme de 30 ans, père migraineux, frère épileptique. J... est migraineux; l'accès débute le matin et disparaît dans le cours de la journée. La céphalée s'accompagne d’un état vertigineux psychique, l'attention se fixe difficilement, différentes idées tourbillonnent dans l'esprit ou bien des mots inutiles se présentent en foule. On ne s’aper-