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toit pas de cette lutte intérieure. D'autres fois, au contraire, la tête semble vide, les idées viennent peu; le malade est alors taciturne, un peu emporté, il à aussi quelques accès de mélancolie. Depuis l'enfance, il'est en même temps atteint de névralgie métatarsienne antérieure paroxystique. L'acès douloureux du pied débute toujours le matin, quand le pied se pose à terre; c’est alors un malaise sourd, au niveau du quatrième orteil. Puis, la douleur augmente et atteint son maximum vers midi. Elle persiste toute la journée. Quelques prodromes : appétit inaccoutumé, entrain, le sujet rit à tout propos contre son habitude; mais le sommeil devient lourd, entrecoupé de cauchemars; le matin apparaît une sensation de fatigue intense, puis enfin la douleur du pied. A mesure que cette d‘leur augmente, J... éprouve une pesanteur de tête particülière; le travail intellectuel-est pénible, il y à une sensation de léger vertige. Des nausées se rencontrent aussi d’une façon constante. Pendant toute la journée, état de somnolence. Il est possible d'arrêter la crise douloureuse dès le début : il sulfit pour cela que le malade prenne un bain de pied; mais les autres phénomènes persistent et, le lendemain matin, la migraine apparaît avec une régularilé presque constante. Quand ja migraine apparaît seule, les prodromes sont les mêmes... Cet état migraineux a exactement la même durée que la névralgie du pied, il siège toujours à l'œil droit et au côté droit du crâne de même que la névralgie occupe le pied droit.
Ce sont les troubles psychiques migraineux qui constituent l'intérêt de cette observation de Brackmann.
OBsErvarTION XXXVII. A. (Brackmann in Cornu.)
Malade migraineux depuis l’âge de 15 ans. En 1893, il commence à souffrir d’un état d’obnubilation suivi d'hallucinations de la vue et de l’ouie, et d'idées fixes de persécution qui durèrent un an et demi, La migraine avait disparu pendant ce temps, mais elle revint dès que la psychose cessa. Les accès furent souvent accompagnés le soir d'un sentiment subit d’anxiété hallucinatoire qui durait quinze minutes environ; amnésie. — Quelque temps après, le malade eut un très violent accès, avec état d’obnubilation, qui dura plusieurs
LE ee jours et fut suivi de stupeur hallucinatoire. Le malade s'enfuit pen: dant cet accès sans s’en rendre compte. Replacé à l'asile, il a des migraines violentes, et présente des idées de persécution pendant les deux ou trois jours qui suivent.
Pierce Clarke cite le cas suivant où la migraine servait d'aura à l’épilepsie. Elle apparaissait dix à douze heures avant l'accès d'épilepsie et se concentrait dans la tempe gauche. Les douleurs étaient très violentes et duraient sans discontinuer jusqu'au moment où commençaient les convulsions épileptiques; la douleur continuait tant que duraient les convulsions et cessait en même temps que ces dernières. Il arrivait parfois que la migraine n'était pas suivie d’un accès épileptique. Des doses de salicylate prises à temps abrégeaient et pouvaient même complètement prévenir les accès de migraine ainsi que ceux d'épilepsie.
Bordani formule de la manière suivante les rapports qui existent entre la migraine et l'épilepsie : les deux maladies peuvent et doivent être envisagées comme des névroses héréditaires et, par conséquent, comme névropathies dégénératives; les deux maladies se combinent et se compliquent réciproquement, cette combinaison pouvant être de genre très différent; l’accès d’une des maladies peut être suivi par un accès de l’autre, présentant une espèce d'accès à deux phases; ou bien les accès de l’une et de l’autre de ces maladies peuvent exister d’une manière indépendante. Les premiers peuvent être nommés épilepsie migraineuse, les seconds migraine chez les épileptiques. Dans ce dernier cas l'accès d’épilepsie est envisagé comme un équivalent de la migraine. D'après la manière de se manifester, l'épilepsie migraineuse peut être rangée parmi les autres formes de migraine.
Kraïft-Ebing trouve qu'incontestablement il existe des rapports étroits entre l'épilepsie et la migraine, mais seulement la migraine ophtalmique; la migraine simple n’a aucun rapport avec l’épilepsie, et si l’épilepsie se montre chez ces malades, c’est une simple coïncidence de ces deux maladies. Il n’en est
Jean ÿ
hote
pas de même de la migraine ophtalmique. Avec cette forme, l’épilepsie se trouve en rapports génériques très étroits. Ce qui est surtout d'importance sous ce rapport, c’est la teinte rouge du champ visuel; ce phénomène accompagne seulement la migraine ophtalmique et l'aura épileptique. L’aura visuelle peut exister d’une manière indépendante et peut provoquer ou bien un accès de migraine ophtalmique, ou bien un accès d’épilepsie, ou bien enfin l'un et l’autre. Dans ce dernier cas, les deux névroses sont causées par la même altération dans le cerveau. L’épilepsie migraineuse et la migraine épileptiforme peuvent se remplacer réciproquement; dans le premier cas, les crises de convulsions ou les crises psychiques peuvent être remplacées par la migraine. Chaque migraine ophtalmique fait penser à son caractère épileptique; d’un autre côté, tous les accès d’épilepsie accompagnés d’aura visuelle, provoquent la supposition qu’on a affaire à la migraine, surtout dans les cas où il y a des vomissements et une douleur de la moitié de la tête. En traitant la migraine, il faut faire attention à sa forme clinique; la migraine qui a des points de rapport avec l’épilepsie doit être traitée par des moyens anti-épileptiques, surtout par du brome avec de l’antipyrine.
Ch. Féré, auquel on doit tant pour le sujet qui nous intéresse, publie dans la Revue de médecine de 1897 un article très fouillé sur un cas de psychose migraineuse. Après avoir rappelé les travaux de Liveing, Féré, Mingazzini, l’auteur fait remarquer que « les troubles psychiques migraineux sont extrêmement variés suivant la place qu'ils tiennent dans le processus, suivant leur durée et suivant leur aspect sympto-
matique... Ces troubles psychiques peuvent se produire à des intervalles variables, se présenter sous forme d'accès sériés ou d'état de mal, tout comme d'autres manifestations migraineuses. Leur aspect symptomatique est très variable; elles peuvent se présenter sous forme de colères ou d'accès de manie transitoire, de mélancolie, d’apathie ou de confusion men-
tale, d’hallucinations, d'idées fixes, d’obsessions, d'impul-
FEAT
sions, etc. Les allures communes de ces phénomènes à paroxysmes brusques permettent de les rapprocher de l’épilepsie ‘dans laquelle on peut retrouver la plupart des manifestations que nous avons signalées, hallucinations, colères, crises d’apathie ou de confusion mentale, etc. La perte de la mémoire que Liveing avait bien relevée peut se présenter sous forme d’amnésie rétro-active, qui n'appartient pas en propre à l’épilepsie ni à la migraine épileptiforme, mais qu'on retrouve dans un grand nombre de conditions de choc physique où moral ou d'orage nerveux. La parenté de ces troubles psychopathiques est importante à établir, en raison de l’efficacité du bromure dans la plupart des affections épileptiformes ». Voici l'observation nouvelle dé Féré
OBservarTion XXXVIIL A. (Féré.)
M'e B..., 19 ans, est la dernière de six enfants; les cinq aînés sont bien portants et n'ont jamais soullert d'aucun trouble nerveux à la connaissance des parents qui, eux aussi, sont indemnes à cet égard.
Le père est goutteux, la mère est obèse. n
Parmi les collatéraux, on cite des arthritiques et des obèses, mais pas de névropathes. La dernière grossesse de M" B... a été troublée par des émotions répétées et par une chute grave au milieu du troisième mois. L'accouchement s’est produit quinze jours avant terme. L'enfant était bien conformée et pesait sept livres; elle a été élevée par une bonne nourrice. Jusqu'au sevrage, à quatorze mois, elle a joui d’une santé parfaite et se développait bien; elle a commencé à marcher en temps normal. A seize mois, à la suite d’une indigestion, elle a eu une convulsion légère. Elle à eu plus tard deux fièvres éruplives et plusieurs angines sans éprouver de nouveaux troubles nerveux. Depuis dix-huit mois, elle était propre et jamais n’a plus eu de mictions involontaires. Vers sept ans, elle a eu un jour une syncope avec miction qu'on à attribuée aux vers, sans toutefois que la preuve ait été faite à cet égard. C’est à partir de ce moment qu'elle a commencé à souffrir de douleurs de tête et à avoir des colères violentes. Les douleurs et les colères avaient pour caractère commun