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Mie B... ne présente aucune mallormation digne d'être notée: elle n'offre pas non plus de stigmates hystériques:; elle est maigre et pâle, mais paraît jouir d’une bonne santé et; ne se. plaint d'aucun trouble organique.
En l'absence de toutes conditions de migraine symptomatique, je pensai à une migraine-névrose à crises psychiques et je conseillai un traitement bromuré. La malade le suivit pendant quelques jours seulement; il ne s'était produit aucune amélioration. Un esprit fort de l'entourage fit partager son opinion sur l’action exclusivement abrutissante du médicament. Vers la fin de mai, les accès d’apathie augmentèrent de durée et de fréquence; elle en vint bientôt à avoir plusieurs accès par jour durant plusieurs heures. Puis dans les intervalles survinrent des accès d’excitation avec loquacité, gesticulations, exprimant quelquefois des idées absurdes de puissance. Puis s'intercalèrent de nouveau des accès douloureux. La malade suivit sans succès divers traitements s'appliquant à une soi-disant neurasthénie circulaire. Peu à peu la malade en était venue à n'avoir plus que des intervalles lucides extrêmement courts, passant d’un accès de migraine à une crise d’apathie, séparés par des armistices indécis permettant de constater la déchéance graduelle de l’activité cérébrale. L'alimentation étail devenue insuffisante et l’amaigrissement était alarmant.
Quand j'ai revu la malade, au commencement d'octobre 1896, elle présentait un aspect rappelant à s’y méprendre celui des épileptiques à crises quotidiennes multiples. La malade prit d'emblée six grammes de bromure de potassium par jour. L'effet ne se fit pas longtemps attendre : dès le quatorzième jour les accès apathiques, au lieu de durer une ou plusieurs heures, disparaissaient après dix minutes ou un quart d'heure. La dose fut portée à sept grammes; le changement devint alors décisif; les paroxysmes changèrent de forme : une ou deux fois par jour, il survenait une douleur de tête subite comme un coup de marteau au-dessus du soureil gauche, Ja vue s’obseurcissait; au bout de cinq minutes au plus la douleur disparaissait comme elle était venue. Le vingt et unième jour, ou augmente la dose d’un gramme; trois jours plus tard les paroxysmes douloureux ne se produisirent plus. La malade supporla parfaite-
ment le médicament en jouissant d’une activité inconnue depuis des années. Pendant cinq mois elle-n’a eu aucune crise douloureuse ou psychique.
Sciamanna, dans la Riforma medica de 1898, rapporte une observation résumée brièvement,
OBsERvaTION XXXIX. A. (Sciamanna.)
Malade sujet à des attaques représentées par des troubles sensoriels complexes : hallucinations visuelles et auditives avec conscience de l'irréalité et preuves de complet bien-être. Puis, douleur de tête violente qui, à mesure qu'elle se précisait, n’entraînait plus que des troubles hallucinatoires restreints aux troubles auditifs.
Le cas de migraine à forme psychique que L. Bordoni rapporte lui aussi la même année est plus longuement cité par la Revue neurologique :
OBsERvATION XL. A. (Bordoni.)
Une femme de 36 ans subit il y a cinq ans l’ovariectomie double; le soir même de l'opération, elle eut de l’hémianopsie et vit des étincelles passer devant ses veux. Peu de temps après, elle devint migraineuse : l’attaque était précédée d’une légère douleur dans la moitié gauche de la tête, avec sensation d’étirement du front, d’excavation de l'orbite et prostration générale. Puis la douleur hémicranique devenait intense; il se produisait une hémiopie bilatérale droite, de la parachromatopsie, un scotome central, de temps à autre des rayons lumineux et des étincelles, des palpitations, un malaise général, des fourmillements dans la moitié gauche du corps, des nausées; des hallucinations conscientes ne manquaient jamais dans les forts accès : elles étaient visuelles et acoustiques. La malade voyait d'horribles vieilles qui la menaçaient, des chiens, des chats, qui allaient se jeler sur elle, et presque à chaque fois un vase de terre contenant trois jambes sanglantes et des hommes armés de coutelas fai-
sant mine de vouloir couper ses jambes à elle pour les jeter dans le vase avec les membres qui s’y trouvaient déjà. La malade entendait aussi des voix qui l’appelaient, la bafouaient ou se moquaient d’elle. Elle prononçait des paroles sans suite et ne pouvait trouver les mots propres à exprimer sa pensée. Il y avait une grande difficulté de conception. Le souvenir de l’accès était conservé assez complet.
Pendant trois ans les accès se répétèrent avec les mêmes caractères et la même intensité malgré différents traitements. On fit prendre à la malade de l’ovaire frais de vache. La fréquence et l'intensité des accès diminuèrent, mais ceux-ci furent modifiés dans leur forme. Après les prodromes habituels, venait une crise convulsive (hystériforme); pendant trois mois les attaques convulsives ne se montrèrent pas, mais elles furent remplacées par des crises de douleurs épigastriques, qui plus tard alternèrent avec des accès hallucinatoires du premier mode,
D. — Travaux du XX° siècle, de Cornu à Platau (1902-1912).
L'importante thèse de Cornu paraît en 1902. L'auteur fait remarquer dans son introduction que « dans les traités classiques on n’a pas assez mis en relief certains troubles du mouvement, de la sensibilité ou de l'intelligence... » Il montre plus loin que l’accès de migraine ophtalmique s'accompagne plus souvent que l'accès vulgaire de phénomènes moteurs et psychiques. On sait, dit Cornu, depuis les travaux de Rosenbach et Unverricht, que l’excitation de la région visuelle de Munk donne lieu à des phénomènes réflexes très étendus. L'analyse que donne de ce travail la Revue neurologique de 1903 résume les conclusions de l’auteur : La crise douloureuse de l’accès migraineux peut réflectivement occasionner des états convulsifs simulant à s’y méprendre la grande crise de mal comitial; état épileptiforme auquel succèdent parfois comme dans l’épilepsie vraie des paralysies partielles « par inhibition ». Cornu a apporté dans sa thèse plusieurs observations nouvelles qui nous intéressent.
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OnsErvaTION XLI. A. (Cornu.)
Me M.., 41 ans, père rhumatisant mort de © transport au cerveau »; mère asthmalique; un frère rhumatisant; une sœur morte de convulsions à huit mois; trois autres sœurs sans névropathie.
La malade à toujours été bien portante; pas de tares. Elle a un fils qui a subi plusieurs poussées rhumatismales et est peu intelligent. À 44 ans, au moment des règles, hémicranie brusque avec brouillard visuel, nausées et vomissements : durée vingt-quatre heures avec prostration finale. Depuis, les époques sont très douloureuses et s’accompagnent d'accès de même nature. L'accès débute toujours après dîner par un agacement général et des bâillements impérieux et dure trois ou quatre heures. Le mode de début a changé depuis quelques années : des fourmillements partent des pieds, montent à la tête, et sont suivis d’une sensation douloureuse, sorte « d’éclatement », au dire de la malade; il en reste l'hémicranie. D'autres fois, la malade a vu des bêtes ou des oiseaux « qui tournaient en rond », des étincelles. Depuis trois ans, elle prend des cri-
.ses convulsives : elle éprouve d’abord des fourmillements, qui des pieds montent à la tête; elle éprouve alors une vive douleur sus-orbitaire droite et aperçdit une gerbe d’étincelles. Au bout de deux ou trois minutes, elle tombe et est prise de convulsions (phase tonique prépondérante). Elle a pris ainsi cinq crises en trois ans. Toutes sont venues au moment des règles, comme les migraines. Les migraines reviennent à toutes les périodes menstruelles, mais ne se compliquent pas régulièrement, comme on le voit, d'accidents convulsifs.
OBsERvATION XLII. A. (Cornu.)
M'e D. A..., 38 ans. Grand-père mort paralysé (ramollissement). Père sujet à des céphalées périodiques, très vif. Mère très nerveuse, obligée de se coucher à chaque contrariété. Une sœur morte de méningite.
La malade est sujette, depuis l’âge de sept ans, à des accès de migraine; la migraine débute brusquement le matin après le lever et
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oblige la malade à se recoucher, Les troubles oculaires, constitués par des nuages colorés, parsemés de paillettes d'argent, apparaissent ensuite et se produisent à plusieurs reprises au cours de l'accès qui dure en moyenne vingt heures; les nausées sont constantes et le vomissement assez fréquent. Pendant tout l'accès, elle entend très mal el ses-yeux « papillotent ». Fréquemment, dans la nuit qui précède l’accès, la malade ne peut dormir et elle s’agite; il lui est arrivé souvent de voir des « flammes chassées par le vent ». Les rêves et les cauchemars ne sont pas rares et il est arrivé une fois à la malade de voir une lionne qui voulait la dévorer; elle se réveilla en sursaut toute brisée el angoissée; la douleur hémicranique fit son apparition peu après et l'accès fut particulièrement long, puisqu'il se prolongea jusqu'au lendemain matin. ;
Une personne de l’entourage nous a raconté quelques détails relatifs aux troubles psychiques. Quand l'accès a élé très violent et qu'il est sur le point de finir, la malade est prise d’une sorte de vertige mental au cours duquel elle devient subitement agitée. Elle rit aux éclats et répond par un mot ordurier si on lui en demande le motif; une fois, elle fut subitement effrayée, croyant qu'on voulait la « eylindrer »; d’autres fois, au milieu d’une conversation raisonnable, elle prononce des mots dont elle ne peut dire le sens : « Je veux une bombardée, une lévéeliène... ». La malade a d’ailleurs conscience de cet état, car elle a raconté : « Par moments, je me sens folle; c’est quand je souffre tant, je divague, je ne me rends compte de rien, je ne sais plus ce que je fais ni ce que je dis... »
Asymétrie faciale, tous les traits sont tirés à droite, l’arcade sourcilière abaissée et l’apophyse malaire peu accusée. La malade présente de plus un début de calvitie localisée au côté gauche du crâne avec prédominance à la région pariétale.
OgservaTion XLIII. A. (Cornu)
Mr° V.., 31 ans, guimpière; père alcoolique; mère migraineuse, morte à la suite d’une attaque d’apoplexie. Deux frères bien portants, une sœur migraineuse.
La malade est sujette à des accès de migraine depuis l’âge de
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neuf ans: les accès, d’abord simplement douloureux avec nausées, se sont compliqués peu à peu. À chaque accès, actuellement, elle éprouve un engourdissement de tout le côté droit, avec picotements de la langue et troubles visuels variés, survenant parfois en dehors du vertige douloureux et consistant en une roue dentée à vibrations très rapides, en zigzags et angles lumineux. Parfois elle souffre également de fourmillements, de crampes dans la jambe gauche; cette sensation débute brusquement le matin et disparaît rapidement, mais laisse une lourdeur du membre qui dure toute la journée. Depuis quelque temps, elle n'avait pas présenté de paroxysme lorsque, à la suite d’une émotion, la malade ressentit brusquement une violente hémicranie avec sensation de chaleur et abondante transpiration des mains. Très émotive et inquiète, elle embrassait continuellement son mari en pleurant; elle eut ensuite une période d’excitation au cours de laquelle elle quitta ses. vêtements, essaya de se brûler la tête dans un poêle. Puis, vers la fin de la journée, elle eut des idées tristes, appréhenda pour la sécurité des siens et tomba dans l’abattement et le mutisme. Une crise de sanglois avec vomissements convulsifs termina l’accès. A plusieurs reprises, depuis, on a constaté quelques impulsions contrastant avec le caractère ordinairement très doux de la malade; ces raptus coïncident assez exactement avec .le début de ses règles, qui d’ailleurs sont peu abondantes.
Rien au cœur, ni aux poumons; urines normales; estomac un peu dilaté; constipation opiniâtre.
OBserRvaTION XLIV. A. (Cornu)
G..., 27 ans. Aucun trouble nerveux dans la famille. Pas d’antécédents personnels.
Première crise au régiment à 22 ans. Le malade souffrait de la tête depuis le lever; maximum temporal : il se sentait comme ivre et éprouvait du vertige en même temps qu’un brouiliard allait et venait devant ses yeux. La céphalalgie était convulsive avec exacerbations très violentes qui se rapprochaient peu à peu. A dix heures du matin, il se promenait dans la cour lorsqu'un choc céphalique violent le fit tomber. Il eut une crise typique avec chute, cri, morsures de la lan-
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gue et convulsions généralisées. Peu après il fut rétormé et reprit son métier de cultivateur. Pendant deux ans il n’eut ni crises ni céphalées de ce genre, puis un matin il éprouva la même céphalée et eut une crise convulsive. Il resta de nouveau un an sans accident; puis les crises loujours précédées de ce mal de tête, se reproduisirent tous les mois. Il est alors admis à l'hospice du Perron; les crises deviennent plus fréquentes et subissent le contre-coup de tout écart de régime. Le malade attribue cette recrudescence à la qualité du vin qui est plus fort et plus abondant que chez lui (3/4 de litre); il se: met à l’eau pure, et les crises diminuent. Le malade différencie très bien les autres maux de têle; il affirme n'avoir jamais de crises sans cette céphalalgie, qui est son «avertissement ». La céphalalgie débute le matin sans unilatéralité, avec maximum frontal gauche; le malade se sent « troublé »; il a des tressaillements et un état nauséaux. Le mal de tête revient par accès, sous forme de « courant intracranien qui fait sursauter le malade, en même temps que l’œil gauche se ferme et qu'il se produit un instant de vertige », et les exacerbations se rapprochent; une heure ou deux avant l’attaque violente, il présente des mouvements convulsifs de la nuque et des membres supérieurs; le malade se couche alors. Après la crise, il a un moment d’égarement, puis il tombe dans un profond sommeil; à son réveil, le mal de tête a disparu.
OBservaTiON XLV. A. (Cornu.)
L..., 43 ans; deux frères morts en bas âge; pas de maladies graves, pas d’excès alcooliques, pas d'accidents vénériens. Depuis l’âge de quatorze ans, il est teinturier et manie des sels de plomb.
Les premières crises remontent à 37 ans; jusque-là il avait pré- -senté des vertiges devenus de plus en plus fréquents. Brusquement, un après-midi, le malade eut une attaque épileptique typique; il en eut trois le même jour, et jusqu’à sept à huit quotidiennement pendant quelque temps. Il dut suspendre son travail, mais le bromure de pota-sium amena vite une grande amélioration (une crise par semaine en moyenne). Actuellement, il présente trois sortes d'accidents : migraines, vertiges, crises convulsives. Le malade affirme que les crises
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sont prêsque toujours précédées par la migraine. Après insomnie, la céphalalgie éclate le matin, toujours à gauche; hyperesthésie cutanée, coups de marteau intracraniens, nausées, anorexie. L'accès migraineux est parfois intense dès le début et le malade peut prévoir qu'il prendra sa erise convulsive; il l'annonce à ses camarades et ne va pas travailler. Le mal de tête croît d'intensité en effet, « fait fermer l'œil », et dans la soirée, lors d’une exacerbation avec brouillard visuel, la crise franche éclate. Le malade souffre de cette céphalalgie tous les cinq jours, mais il ne prend de crise que tous les dix jours environ; une migraine peu intense amènerait simplement du vertige. La stupeur consécutive est de peu de durée; brisement de tous les membres. L'examen somatique ne décèle rien d’anormal.
La même année que Cornu, Kovalewsky apportait un ouvrage de 200 pages sur La migraine. Au point de vue qui nous occupe, l’auteur expose successivement son opinion sur les troubles épileptiques et les troubles mentaux de la migraine. Après avoir cité l'opinion de Krafft Ebing, il ajoute qu'il a vu des cas où la migraine simple et l’épilepsie chez la même personne, étaient en rapports plus proches qu’une simple coïncidence où une complication. Kovalewsky conclut, d’après ses observations personnelles, « qu'il y a des rapports très proches et un lien très essentiel entre la migraine et l’épilepsie »; d'après mon avis, ce ne sont non seulement les fruits du
même arbre, — ceux de la dégénérescence — mais des fruits appartenant à la même branche — à la convulsivité, — dans
la région motrice dans un cas, dans celle des sensations, des sensations douloureuses surtout dans l’autre.
On mentionne au nombre des manifestations de l'aura la confusion de l'intelligence (Verworrenheit). Elle accompagne toujours les accès de migraine très violents, parfois les accès violents où même faibles, et même il arrive que tout l’accès se borne à la confusion.
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OBsEervaTION XLVI. À. (Kovalewsky.)
N. P..., 32 ans, mariée. À eu trois enfants et en a perdu deux pendant leur enfance à la suite de convulsions. Son père souffrait d'angine de poitrine et en mourut, sa mère était anémique et hystérisque, une sœur hystérique et une autre migraineuse. La malade ellemême a soufert de convulsions dans son enfance, qui ne se répétaient que rarement et cessèrent quand elle avait un an. Soufirait depuis son enfance de constipation. Les accès de migraine apparurent à l’âge de 8 ans. Ils commençaient par une aura avec vision d'’étincelles; les accès duraient deux ou trois heures et avaient les caractères habituels de la migraine simple. Réglée à 12 ans, les accès devinrent plus fréquents sans être très violents. Mariée à 21 ans; les couches étaient toujours très pénibles. A 30 ans : influenza. Pendant l’aura d’un accès de migraine, après l’influenza, on remarqua un trouble de l’intelligence chez la malade; elle croyait voir que des étincelles lui échappaient des deux yeux et c'était comme si un voile l’enveloppait. Elle ne se rendait pas clairement compte quelles étaient les personnes qui l’entouraient et ce qui lui arrivait. Elle s’arrêtait dans ses occupations sans pouvoir se rappeler ce qu'elle faisait et dans quel but. Son mari et ses enfants lui paraissaient étrangers. Tout le milieu lui paraissait singulier et pas habituel. La malade s’efforçait de comprendre ce qui lui arrivait et ne le pouvait pas. Cet état durait vingt à vingt-cinq minutes et passait en migraine, pendant laquelle la conscience restait confuse. Après trois ou quatre heures, la migraine se terminait par des vomissements; la malade recouvrait sa conscience sans se rappeler ce qui s’élait passé ou n’en gardant qu'un souvenir vague et confus. Il arrivait aussi que tout l’accès se bornait à un état de trouble et de confusion, pendant lequel la malade donnait des réponses mal à propos et dénuées de sens aux questions qu'on lui adressait.
OgservaTion LXVIT. A. (Kovalewsky.)
V. C.., femme de 42 ans; père alcoolique; mère épileptique; grand” mère et sœur souffrant de migraine. Le premier accès de migraine re-
monte à la seizième année. La migraine survint chaque mois les deux
premières années; pendant les quatre années suivantes, elle n'eut pas du tout d'accès. Mariée à 20 ans à un ivrogne débauché, elle fut malheureuse. Les accès de migraine se renouvelèrent une fois tous les deux ou trois mois. Veuve au bout de trois ans, les migraines disparurent, faisant place de temps en temps à des accès d’anxiété précordiale, Après deux ans, elle se remaria et fut heureuse. Elle eut de la goutte. Ses enfants, chétifs, lui donnèrent des inquiétudes. Les accès de migraines, légers, se répétèrent mais peu fréquemment. Le fils de la malade mourut à 14 ans du typhus. Le chagrin de la mère était infini. Les accès de goutte empirèrent de même que sa migraine. Pendant la période d’aura d’un de ces accès, elle tomba dans un état de trouble et de confusion. Un nuage lui obscurcissait la vue, elle semblait avoir perdu la raison, ne se rendait pas compte de son entou- -rage, faisait et disait des choses dénuées de sens et finissait par avoir un accès de migraine. Pendant l’accès même, elle ne se rendait non plus clairement compte de ce qui se passait autour d’elle, quoique sa conscience était plus lucide que pendant l'aura. La migraine était tantôt du côté droit, tantôt du côté gauche de la tête. L'accès passé, la malade ne se rappelait presque pas la période de l’aura qui durait trente à quarante minutes.
Ces deux cas rappellent un peu, dit Cornu, la plus légère forme d’amentia, ou l’état d’épilepsie, connu sous le nom de Dämmerzustand. Dans les deux cas, un traitement systématique de brome a fait disparaître cet état de confusion de l'esprit dans les accès de migraine; ces derniers continuaient, quoique beaucoup moins violents, grâce au traitement bromuré systématique, au train de vie régulier et à un certain régime diététique.
Osservarion LX VIII. A. (Kovalewsky.)
J. V.., 23 ans, célibataire, marchande. Père alcoolique, mère femme de mauvaise vie; la malade ignore tout de ses frères et sœurs. Les migraines commencent à l’âge de 8 ans. Depuis l’âge de 12 ans,
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s’enivre jusqu'à être ivre morte. L'ivrognerie fut suivie de débauche. Les accès de migraine se répétaient assez souvent et étaient précédés d’aura, sous forme d’engourdissement de la moitié du visage, des lèvres et de la langue, mais sans difficulté de la parole. Voici deux ans que cette forme d’aura est remplacée par une anxiété extrême qui commence dans la région du front et passe en migraine dans trente à quarante-cinq minutes. Je n’ai vu la malade que deux
fois.
OBsERvATION XLIX. A. (Kovalewsk y.)
V.., 30 ans, maître de gymnase. Père mort de phtisie. Frères et sœurs morts pendant leur enfance à la suite de convulsions. Mère très excentrique, fit plusieurs fausses couches. Le malade a été un enfant très maladif et très chétif. Il apprenait très bien, mais était sujet à des obsessions et très soupçonneux. Il étudia à Université pour se préparer à la carrière scientifique. Il dut abandonner à la suite de différends avec son patron, et se fit maître de gymnase. A 20 ans, étant au 3° cours de l’Université, il eut son premier accès de migraine. Les accès se répétaient presque chaque mois. Après une nuit sans sommeil, V... se leva ayant la tête lourde. Vers dix heures du matin, il fut pris d’un sentiment de peur folle, qui n'’étail motivée par rien. Il craignait quelque chose, était dans l'attente de quelque chose qui lui faisait peur, mais de quoi, il ne le savait pas lui-même. Cet état de crainte, de peur et en partie d'angoisse, fut remplacé après trente minutes environ par un violent accès de migraine. Depuis, chacun de ses accès de migraine était précédé d’aura
sous forme de « panthophobie ».
Nous trouvons dans la littérature médicale, beaucoup de cas où les accès de migraine étaient accompagnés ou remplacés par des psychoses aiguës et transitoires, auxquelles on a donné le nom de psychoses migraineuses... Quelques auteurs sont d'opinion que ces cas étaient des psychoses épileptiques et qu'ils n’offraient rien qui donne droit de les nommer psychoses migraineuses, excepté la migraine qui les accompagnait. Kovalewsky cite alors les cas de Mingazzini, Kraït-
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Ebing et Brakmann. De tout cela, il tire la conclusion suivante .
« Les affections mentales accompagnant la migraine sont très variées. Elles peuvent précéder la migraine, l’accompagner et la suivre. Les psychoses peuvent durer quelques heures, quelques jours, des semaines et des mois. Elles peuvent apparaître chez les personnes souffrant de migraines, indépendamment de cette dernière et sous forme de son équivalent. Les tableaux cliniques de ces aberrations mentales peuvent se manifester sous forme d'accès de colère, de manie transitoire, de mélancolie, d’apathie, de paranoïa, d’amentia, de confusion, d’hallucinations, d'idées fixes, de phobies, d’obsessions et d’impulsions. La particularité remarquable de ces aberrations mentales est qu’elles sont presque toujours accompagnées d'amnésie, passagère ou stable, ce qui les rapproche beaucoup des troubles mentaux de caractère épileptique. »
Horstmann rapporte deux cas curieux de migraine associée à des accès comitiaux. Une femme avait présenté des attaques épileptiques au moment des règles et des migraines pendant les grossesses, la lactation et la ménopause. Il y a là un rapport étroit entre ces symptômes et la vie sexuelle. Les migraines seraient des accès comitiaux mitigés à des époques où les phénomènes sexuels sont moins intenses qu’au moment des règles. Dans un deuxième cas, il s’agit d’un médecin ayant des accès migraineux suivis d'excitation génitale que le patient qualifie lui-même de « menstrues viriles », et qui ont aussi le cachet comitial. Horstmann rappelle les caractères qui rapprochent la migraine et l’épilepsie, tout en se refusant à conclure définitivement à leur identité de nature. |
Kovalewsky, dans le Moniteur des maladies mentales de Saint-Pétersbourg, revient sur le lien très intime qui unit ces deux maladies. « Dans certains cas, dit-il, la migraine et l’épilepsie peuvent se combiner l’une avec l’autre et se remplacer l'une l’autre. »
Sur les frontières de l'Epilepsie : la Migraine, tel est le titre que Gorden publie dans le British medical journal de 1906. Dans presque tous les cas étudiés par l’auteur, il y avait une aura sensorielle pendant les accès de migraine; quand cette dernière était remplacée par l’épilepsie, les accès épileptiques commencçaient souvent par des paresthésies des membres d’un côté. Dans quelques cas d’épilepsie qui avait été précédée par la migraine, les accès épileptiques semblaient provenir et se développer d’un accès de migraine. L'auteur n’a vu qu'une fois la même aura précéder tantôt l’épilepsie, tantôt la migraine. On n’a pas le droit de dire que l’épilepsie et la migraine sont une même maladie; c’est à peine si on peut penser qu'elles sont des effets fonctionnels différents d’une même cause morbide, d'un état particulier de tension nerveuse.
Les psychiatres italiens étudient alors les troubles psychiques de la migraine. Vasco Forli estime que ces troubles psychiques ne sont pas sous la dépendance de la douleur. Quant à leur forme, ils peuvent affecter tous les champs de l’activité psychique; mais les phénomènes psycho-sensoriels prédominent de beaucoup, notamment du côté de la vue et de l’ouiïe. Le caractère spécial des hallucinations migraineuses est de n’exercer aucune influence appréciable sur la conduite du malade. En ce qui regarde les rapports de l'hémicranie et de l’épilepsie, il est bien certain que ces maladies sont tout à fait différentes l’une de l’autre; mais 1l existe des hémicranies symptomatiques qui ne sont pas excessivement rares chez les épileptiques.
Guido Guidi décrit les symptômes psychiques prémonitoires de l’accès de migraine qui forment un tableau soit d’excitation soit de dépression. L'’excitation se manifesterait par un besoin de parler, de s'agiter, de raconter des histoires drôles ou grivoises, de rechercher autour de soi des accidents comiques et de les faire valoir; en outre l'appétit de ces excités augmenterait jusqu à la voracité. Les malades déprimés se montraient d’une irritabilité extrême; défiants envers tout le
monde, tristes sans cause, anxieux, pleurards, ils ayaient une tendance à s’isoler. Ces altérations de caractère se rencontreraient dans 45 ‘, des cas. L'auteur signale qu il a constaté le glucose dans l'urine deux fois pendant l'accès douloureux; dans ces vas, la migraine et le glucose disparurent sous l’influence du régime.
Bioglio donne quatre observations nouvelles dans lesquelles on voit l'acmé des troubles psychiques, et en particulier les - hallucinations coïncider avec l’acmé de la douleur. Chez un certain nombre de sujets qui présentent des troubles psychiques transitoires coïncidant avec les accès douloureux, on trouve des manifestations hystériques où épileptiques. Mais d’autres malades ne présentent aucun symptôme qui puisse être rattaché à l’hystérie ou à l'épilepsie; ce sont de simples héréditaires. Les psychoses céphalalgiques ne sont donc pas de nature hystérique ou épileptique.
D’Abundo montre les substitutions, transformations et associations morbides dans les névropathies. Les deux premières observations concernent'deux sujets atteints d’épilepsie, c’està-dire deux sujets susceptibles d'ajouter de nouvelles manifestations à leur névrose convulsive. Cette éventualité ne se produisit pas et, bien au contraire, l’épilepsie disparut pour faire place, chez l’un à un tremblement généralisé, chez l’autre à une maladie de Parkinson bien caractérisée. Dans deux autres observations, on voit la migraine remplacée une fois par l’asthme, une fois par la paralysie agitante.
Hubbell, étudiant les relations entre la migraine ophtalmique et l’épilepsie, dit que certains auteurs ont tenté de rapprocher les deux maladies; les preuves avancées sont peu convaincantes; les deux affections sont absolument distinctes.
En 1909, de Clérambault présente à la Société clinique de médecine mentale un malade sous le titre suivant : Migraine, aphasie ou parésie transitoires. Une seule attaque (éthylisme). Fugue inconsciente. Fugue consciente. Tendance au suicide.
OgservarTioN L. A. (de Clérambault.)
Le malade a présenté autrefois des symptômes rattachables à l’épilepsie larvée. Un jour, après toute une semaine de migraines, il a subitement cessé de parler; sa mère entre dans la chambre et l’interroge; impossible de répondre; il se met à pleurer. Cet état dure cinq heures.
Peu après, il fait une scène dans son ménage; un mois après cette scène, son irritabilité lui a fait quitter son emploi et, à la suite de libations, des troubles d’allure comitiale se produisent. Revenu dans sa ville habituelle, il boit et se réveille dans une chambre d'hôtel sans savoir comment il y est venu. Il se rappelait avoir marché, très surexcité, dans telle rue, et s'être senti tomber au moment où il passait le long d’un mur. Les souvenirs du mur et du commencement de chute sont nets.
La tendance au suicide s’est manilestée à diverses dates et sous deux formes. Tantôt il s'est agi d'intention raisonnée, et tantôt d'idée obsédante. C’est sous cette forme qu’elle est apparue tout d'abord à 17 ans. Il a été recommandé au malade de faire traiter ultérieurement par le bromure, comme étant de cause épileptique, ses migraines, et éventuellement d’autres malaises.
F. Lévy et P. Bauffle font paraître, dans la Gazette des H6pitaux de 1910, une revue générale sur les migraines, où dominent les considérations pathogéniques. Néanmoins, la symptomatologie est indiquée, et en particulier les troubles nerveux de la crise de migraine. « Dans le domaine des organes des sens, les bourdonnements d'oreille, l’hyperacousie, l'hyperesthésie et les fourmillements, les troubles oculaires variés sont assez communs. » On a noté aussi des phénomènes moteurs, tels que tremblements, parfois même de véritables convulsions; et enfin de l’aphasie, soit simple aphasie d'expression sans troubles de l’idéation, soit aphasie totale d’expression et de compréhension. Ces troubles du langage peuvent coïncider avec une hémiplégie transitoire,
Otto Lerch est d’avis que la migraine hystérique, les vomissements périodiques et l'épilepsie sont des expressions différentes d’un même facteur étiologique. Il appuie son opinion sur sept observations personnelles.
Dans la Revue médicäle de l'Est, Parisot étudie « Le rôle des modifications du liquide céphalo-rachidien dans la symptomatologie de diverses affections ». Il expose au point de vue clinique et expérimental les troubles survenant consécutivement à l'hypertension céphalo-rachidienne. Cette hypertension est capable d’entraîner divers symptômes généraux et neuro-moteurs dont les principaux sont la céphalée, la somnolence avec obnubilation cérébrale plus ou moins complète, les convulsions généralisées ou même localisées, quelquefois même un état vertigineux. Parmi les troubles sensoriels, les plus typiques sont les troubles oculaires : diminution de l’acuité visuelle, la diplopie, l’amaurose. Ces troubles s’amendent ou même disparaissent sous l'influence de la ponction lombaire (cas de Bernhardt, Widal, Vaquez, etc.). L'hypertension céphalo-rachidienne provoque des vomissements; expérimentalement, elle peut amener du relâchement des sphincters.
George E. Price rapporte, à le fin de 1910, l’observation des membres d’une famille de huit personnes dont sept sont migraineuses; des phénomènes sensitifs existent dans la moitié des cas, et dans l’un d’eux on observe une hémianesthésie de caractère organique; dans un autre cas, l’épilepsie coexiste avec la migraine.
H. Meige et E. Feindel ont écrit l’article « Migraine » dans la Nouvelle Pratique Médico-Chirurgicale parue en 1941. Is insistent sur la migraine accompagnée. « Les accidents accompagnateurs de la migraine sont nombreux. On a noté plusieurs fois la paralysie faciale... quelquefois la peau d’une moitié droite de la face est le siège d’une infiltration qui rappelle celle qu'on observe souvent à la main des syringomyéliques (main succulente de Marinesco).. L'œædème palpébral a été noté par Mollendorf.. Il:est hors de doute que les crises
migraineuses s'accompagnent fréquemment de troubles vasomoteurs ou sécrétoires.. L’aphasie transitoire migraineuse a été très bien analysée par Charcot... On connaît également depuis Piorry les accidents paresthésiques et parétiques signalés par les migraineux : fourmillements dans les membres supérieurs, engourdissement de la main, ébauche d’épilepsie sensorielle, parésie d'un bras. La plupart des crises migraineuses s’accompagnent de parésies palpébrales. Dans les cas plus sévères, il s’agit d’un véritable ptosis, qui peut devenir permanent et se compliquer d’autres paralysies oculaires, préludant à l'apparition de la migraine ophtalmoplégique. On à signalé aussi, quoique très rarement, des phénomènes palpébraux (Calmeil, Féré) et même des contractions des muscles de la face, du cou, des épaules (Kovalewsky). D'une façon générale, les troubles moteurs de la migraine accompagnée sont surtout paralytiques (parésies ou paralysies de la face, des membres, de la langue, des muscles oculaires), ce qui s'accorde avec l'hypothèse d'un déficit vasculaire passager. Dans la migraine ordinaire prédomine l’angio-spasme, qui diminue de volume des voies circulatoires et leur apport sanguin, et dont l’action sur les territoires nerveux est comparable à celle d'un processus ischémique par oblitération. De là, les phénomènes paralytiques. » |
E. — Travaux contemporains depuis Flatau (1912-1925).
L’excellente monographie de Flatau, si remarquablement documentée, me paraît aussi importante dans l'histoire de la migraine que le traité de Liveing. L'auteur est convaincu de la fréquence de la coïncidence des phénomènes comitiaux. Il l’a notée 36 fois sur 500, soit une proportion de 7,2 °,. Flatau fait l’histoire des discussions entre les auteurs qui rapprochaient la migraine de l'épilepsie, et ceux qui séparaient les deux névroses. Spiller, Spitzer Hudovernig et Oppenheim, tout en tenant les deux formes indépendantes les unes des
autres, prirent cependant une position intermédiaire entre les deux partis. Le même différend existe au sujet des troubles psychiques. Doit-on trouver, avec Féré, Zacher, Sciamanna, Mingazzini, une liaison directe entre Migraine et Psychose, ou faut-il croire Krafft-Ebing qui y voit une forme d’épilepsie larvée ?
« La coïncidence de la migraine avec les manifestations épileptiques était depuis longtemps connue, et cependant ce fait était considéré, jusqu’à ces dernières années, comme une manifestation parallèle et indépendante. Plus on analysait les cas de migraines, plus on remarquait comme une seule et même chose, la concordance des manifestations migraineuses et épileptiques. »
Flatau étudie, avee observations à l'appui, les cas où la migraine apparaît d'abord, et plus tard les accidents épileptiques.
« Dans une autre série de cas, dit l’auteur, la migraine se développe en même temps que l’épilepsie, les deux syndromes se mélangeant l’un et l’autre. »
Plus loin, l'auteur écrit : « Aussi bien d’après mes recherches que d’après les recherches étrangères, j'ai acquis lx conviction que, plus un cas s'approche par ses symptômes de la migraine ophtalmique et particulièrement de ses formes associées, plus le danger d’une complication par les manifestations épileptiques-est à redouter
A côté des cas où les manifestations migraineuses et épileptiques évoluent à des époques (différente, mais isolées et présentant un rapport clinique plus ou moins net, il y en a d’autres où l'apparition des deux névroses se fait en contact plus étroit. On peut constater d’abord que l’hémicranie et l’épilepsie, séparées pendant un certain temps, se rap- | prochent avec le temps et finalement se fusionnent si étroitement que les deux syndromes semblent liés l’un à l’autre. On peut décrire cette forme sous le nom de migraine-épilepsie.
Lambranzi cite le cas d’un paysan qui souffrait de migraine
depuis son enfance et chez lequel, à 28 ans, apparurent des attaqués épileptiques. Depuis ce temps, la migraine précédait souvent l'attaque épileptique. Hudovernig cite une femme de 37 ans qui eut à 14 ans une attaque épileptique. Ces attaques se renouvelèrent, puis il y eut une période de calme de cinq ans, après laquelle les attaques réapparurent presque chaque semaine. Alors se montrèrent pendant neuf ans des attaques de migraine avec, de temps en temps, des symptômes ophtalmoplégiques. À 30 ans, elle eut une courte attaque de migraine, et quelques heures plus tard une courte parte de connaissance avec convulsions.
On doit avouer que des cas de la sorte sont très rares. Plus souvent, on rencontre des malades chez lesquels une attaque épileptique se développe pendant l'attaque de migraine et à l'acmé de celle-ci; puis des cas où les symptômes migraineux et épileptiques sont si étroitement liés dans la même attaque qu'il devient difficile de séparer les composantes du tableau clinique; puis d’autres cas encore où les manifestations hémicraniques prodromales précèdent les manifestations épileptiques; et au contraire ceux où les symptômes épileptiques sont le prélude d’une migraine.
J’ai pu observer chez six malades l’apparition d’une attaque épileptique au cours de la migraine (parmi trente-six cas combinés à l’épilepsie). Ces faits se rencontrent en général chez des personnes qui n'étaient pas épileptiques dans leur enfance, mais avaient souffert de migraine soit depuis leur enfance, soit seulement plus tard. Les manifestations épileptiques apparaissaient pendant les plus fortes attaques. Ces cas se rencontrent aussi bien chez des personnes qui ont souffert de migraine ordinaire que chez celles qui présentent de la migraine ophtalmique. Dans la famille de ces malades, on trouve parfois de l’épilepsie. C'était le cas d'une femme de 48 ans qui avait souffert autrefois de migraine et qui, souvent, pendant une telle crise, perdait connaissance et tombait en convulsions. On trouve des cas semblables chez Antonelli, Gowers, Krafft-Ebing, Cornu, Oppenheim, etc...
OBservaTION LI. A. (Gowers in Flatau.)
Une femme de 38 ans souffrait depuis sa sixième année de maux de tête périodiques. Quand les douleurs parvenaient à leur paroxysme, il se produisait une sensation partant de l’épigastre vers la tête, la malade devenant incapable de voir, de parler, de comprendre, entendant les mots seulement comme des sons. Quand la sensation disparaissait, elle commençait à voir et à parler, mais prononçait d’abord les mots de travers. Il y a cinq ans, cet état se transforma en une attaque épileptique bien prononcée : comme les douleurs de tête atteignaient leur maximum, elle perdait connaissance, tombait en convulsions généralisées avec morsure de la langue et émission d’urines. *
O8BsERVATION LIT. A. (Krafft-Ebing in Flatau.)
Femme de 43 ans souffrant de migraine depuis la puberté. Pendant
les quatre derniers mois, elle commence à souffrir de migraine ophtalmique avec crise épileptique classique au summum de l'attaque.
OBsERvATION LIIT. A. (Krafîfft-Ebing in Flatau.)
Homme de 34 ans souffrant de migraine ophtalmique depuis l’âge de 20 ans. Des crises épileptiques (perte de connaissance, convulsions cloniques et toniques, morsure de la langue) se montraient au plus fort des attaques.
OBSERVATION LIV. A. (Krafft-Ebing in Flatau.)
Ecolier de 14 ans présentant depuis l’âge de 9 ans un scotome scintillant devant l'œil droit et une migraine droite.
Depuis quatre ans se manifestent des attaques épileptiques liées aux fortes crises de migraine. Les attaques épileptiques cédèrent au bromure de potassium et à l’antypirine. Il resta seulement quelques mois sans migraines ophtalmiques.
J'ai pu, pour ma part, observer des faits analogues (épilepsie fruste) pendant des crises de migraine,
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Dans d’autres cas les manifestations migraineuses et épileptiques se mélangent, comme déjà dit, dans une seule et même attaque, si bien qu'il devient difficile et même impossible de les séparer les unes des autres. Féré observa un homme de 43 ans, qui rentre dans cette catégorie. Dans une autre observation de Féré, les manifestations migraineuses et épileptiques se mélangeaient depuis le début. C’est celle d’une femme de 54 ans qui présentait en même temps que des accès de migraine ophtalmique une crise d’épilepsie jacksonienne durant une minute.
Il faut faire mention spéciale des manifestations prodromiques qui présentent soit un caractère migraineux et précédent une attaque épileptique, soit un caractère épileptique et évoluent comme prélude d’une attaque hémicranienne. »
Flatau cite alors les faits de Tissot, Maisonneuve, Cornu, Robiolis, Charcot et Krafft-Ebing.
« On trouve un cas intéressant et important dans les statistiques de Strohmayer,
OBsERVATION LV. A. (Strohmayer in Flatau.)
Un homme de 24 ans a eu, à l’âge de 14-15 ans, les crises suivantes : (Type A) : Céphalée violente, scotome scintillant, parole embrouillée. Durée une heure, puis sommeil. Pas de nausées ni de vomissements. Pas d’amnésie. Après trois ans environ, les crises se modifient (type B) : Sensation semblable à des courants électriques à travers le corps, avec angoisse et battements de cœur, visage pâle, pupilles dilatées; sueurs; salivation, connaissance conservée. Dans la suite : lassitude et dépression. Soudain apparut à la fin des crises du type A, la première attaque épileptique typique avec convulsions, morsure de la langue, amnésie. Ces grandes crises se répétèrent plus tard. Les crises du type A furent considérées comme des attaques atypiques hémicraniques avec aura visuelle sensorielle et aphasie; les crises du type B, comme des attaques épileptiques larvées sans perte de connaissance avec troubles vaso-moteurs purs.
On rencontre rarement des cas où une crise épileptique se termine par la migraine, »
Dans l’observation de migraine ophtalmique rapportée par Froment et Genet à la Société médicale des hôpitaux de Lyon, en mai 1913, on remarque plusieurs passages intéressants
Vers l’âge de 14 à 15 ans, le malade aurait eu de véritables crises épileptiques nocturnes, avec morsure de la langue, écume et perte du souvenir de l'attaque... Le malade, un jour de migraine, assis à la table de son restaurant, présenta le curieux phénomène que voici : le regard fixé sur le menu qu on lui présentait, il lisait, des mots sans les comprendre, et enfin, de guerre lasse, il jeta un mot quelconque au garçon qui attendait ses ordres, ignorant absolument ce qu'il allait lui apporter. Mais, ajoutent les auteurs, ce trouble de la compréhension de signes du langage est peut-être un peu suspect chez un névropathe.
Dans les conclusions de la thèse de Muselli, inspirée par Régis, on lit : « Ces états psychopathiques... sont de même semblables à ceux qui accompagnent les paroxysmes moteurs, surtout convulsifs (épilepsie). Et il peut y avoir une telle identité entre eux que le diagnostic différentiel peut paraftre impossible
Il y a donc une seule manière de réagir aux « orages nerveux » (Féré), que l'orage affecte la sphère motrice ou sensitive. Discuter si la migraine est une forme d’épilepsie ou certains phénomènes moteurs de nature migraineuse, ou si une névrose peut engendrer l’autre, n’a pas de sens. « Une névrose, dit Kraîft-Ebing, ne peut être regardée comme l'agent provocateur de l’autre; elles doivent être rapportées à un commun changement cérébral, différent d'intensité et d’étendue, » surtout de localisation. ”
D'autre part, les équivalents psychiques tant décrits de l’une comme de l’autre névrose : fugues, impulsions, obsessions, etc., et qui leur sont si nettemént communs, ne doivent
pas être considérés, suivant le cas, comme d'origine épilepti-
que où migraineuse, ce qui peut créer des problèmes insolubles au cas de coexistence d’états anxieux, hémicraniques et convulsifs par exemple, mais simplement comme des troubles élémentaires révélateurs du fond dégénéré, relevant de lui, de lui seul; l'accès hémicranique ou épileptique, accompagné ou non des états psychopathiques décrits ici, étant considéré comme la manifestation extrême de cette tare fondamentale.
En 1914, Waterman reprend la discussion des relations entre l’épilepsie et la migraine; il expose les opinions contradictoires à cet égard, et apporte une contribution personnelle qui lui semble établir la réalité d’un rapport existant entre les deux affections. .
L'opinion des classiques est représentée à cette époque par Déjerine, qui envisage ainsi la question de la migraine accompagnée : « L'accès migraineux, dit-il, se complique parfois d’autres phénomènes d'ordre nerveux, de troubles sensitifs, de troubles moteurs, et même de troubles intellectuels. Parmi les troubles sensitifs, les plus importants intéressent la vision (migraine ophtalmique)... On peut observer d’autres phénomènes sensitifs, des sensations d’engourdissement, des picotements, des anesthésies, des hyperestésies limitées à une extrémité ou étendues à tout un côté du corps. D'autres troubles moteurs également unilatéraux, moins caractéristiques et moins fréquents, ont été signalés : tremblements, convulsions, paralysies plus ou moins complètes atteignant la face, les membres : hémiplégie et aphasie, amnésies transitoires, etc., mais ils ne s’observent pas dans la migraine banale des arthritiques, on ne les rencontre que dans les pseudo-migraines, dans les céphalées relevant de l'urémie, du diabète ou des lésions de l’encéphale et des méninges. Enfin, on a décrit une migraine accompagnée de paralysie de la troisième paire. »
Il faut attendre les derniers mois de la guerre pour voir reparaître dans la littérature médicale des travaux sur la migraine accompagnée. J. Sicard et H. Roger font, en juil-
let 19148, une communication à la Société médico-chirurgicale de la XV° région. Les états migraineux, disent-ils en substance, lorsqu'ils sont associés à des troubles moteurs, peuvent être des migraines arthritiques simples ou constituer les symptômes de début d’une lésion méningo-encéphalique. La ponction lombaire tranche le diagnostic et fournit un élément précieux pour le pronostic, très différent suivant qu'on a affaire à l’une ou l’autre affection. Le malade présenté par les auteurs était atteint de migraine avec obnubilation visuelle, troubles sensitivo-moteurs du bras gauche et sensations paresthésiques des lèvres. L'analyse du liquide céphalo-rachidien, qui se montra normal, permit de porter un pronostic rassurant. - |
L'article de Sicard, dans le traité de médecine de Sergent, définit ce que l’auteur entend par migraine accompagnée. On y lit, en effet : « La migraine peut également se compliquer de troubles sensitivo-moteurs avec ou sans aphasie. C’est la migraine « compliquée » ou « accompagnée... ». L'auteur insiste alors sur le fait que la migraine « aphasique » ou « hémiplégique » est une modalité nosologique rare. Il donne ensuite la description de l’aphasie migraineuse transitoire d'après Charcot.
« Souvent, chez l’aphasique migraineux, se surajoutent des paresthésies, de l’engourdissement, de la faiblesse des membres du côté droit du corps. J'ai observé, ajoute-t-il, un malade dont l'accès de migraine accompagnée était si violent qu'il survenait parfois une période comateuse avec abolition complète du mouvement et de la sensibilité d’une durée de plusieurs heures, avec restitution normale intégrale consécutive. Ces crises de « migraine comateuse » s'étaient renouvelées cinq ou six fois dans l’espace d’une dizaine d'années. »
J.-A. Buchanan, de New-York, fait, en 1921, une étude staüstique d’où ressortent les connexions de l'épilepsie et de la migraine. Un grand nombre d'épileptiques (29 % dans la série actuelle) sont migraineux, et les deux conditions alternent ou se superposent; 75 ‘ des épileptiques sont issus d’un
père migraineux ou d’une mère migraineuse, dans les familles où il y a des enfants épileptiques, on compte 68 ‘, d’enfants épileptiques et 20 % de migraineux.
H. Claude envisage dans son traité des maladies du système nerveux, la migraine AOGOPRRAERSE sous ses différents modes : « La migraine peut s'accompagner de troubles plus ou moins caractérisés de divers organes (migraine accompagnée), c’est ainsi qu'on peut voir survenir des troubles intestinaux, des troubles rénaux (albumine), vésicaux, des manifestations nerveuses (aphasie transitoire, engourdissement d'un membre, secousses musculaires), des troubles psychiques (état confusionnel, manifestations anxieuses, dépression, délire, hallucinations (migraine psychique)... Chez certains malades on peut observer, alternant avec des crises de migraine typique, des crises caractérisées par la cécité complète d’un œil et une aphasie transitoire complète ou incomplète; et généralement ce dernier symptôme est de plus courte durée que le trouble oculaire (Charcot). Quelquefois, une parésie du membre supérieur avec engourdissement, et même quelques secousses rapides ont pu être observées. Ces formes sont à rapprocher des équivalents comitiaux et restent d’un diagnostic toujours très délicat, et les rapports étroits qui unissent la migraine et l’épilepsie (migraine-épilepsie) ont fait l'objet de remarques des plus intéressantes de nombre d'auteurs (Charcot, Féré, Gowers, Krafft-Ebing, Binswanger, Flatau).
A.-R. Moodie publie en 1922, dans le British medical journal, une observation intéressante de migraine accompagnée d’accès épileptique.
OgservarTion LVI. A. (Moodie.)
Homme d’affaires de 52 ans qui vint consulter le 16 août 1921 parce qu'il souîffre de fréquents accès de maux de tête avec éclairs devant les yeux qui empêchent la vision. En 1915, le malade a eu une maladie sérieuse avec hémiparésie, hémiopie et accès. Il prenait alors du luminal pour régulariser les accès. Le D' Whyte, mé-
decin de la famille permit de reconstituer l'observation complète. Le 15 juillet le malade se plaignait de mal de tête. Les yeux paraissaient enflammés. Le jour suivant, après le golf, il était très fatigué et bâilla beaucoup. Pendant la nuit il fut très délirant. Deux jours après, il présentait de la céphalée et des vomissements. Température 1002 (F.). Le 5 juillet, il y eut une paralysie motrice complète du bras et de la jambe droite, avec abolition de la sensibilité sur le même territoire. Température normale, pouls à 60. Les pupilles réagissaient à la lumière, Le jour suivant on nota une paralysie de la partie inférieure de la face à droite. Le 12 juillet la sensibilité était revenue. On découvrit l’hémianopsie, et le patient divagua un peu dans ses propos. Deux jours après, il y eut un autre intervalle délirant. Alors l'état du malade s’améliora car le 2 août, un mois après le début de sa maladie, il commença à remuer sés doigts et on remarqua qu'il avait l'esprit lucide depuis une quinzaine. Le 20 août il y eut un accès épileptique. Dans la suite il en vint à connaître qu’un accès était imminent, car il se sentait lui-même incapable d'exprimer ce qu’il avait besoin de dire et devenait confus. A cette date du pus et du sang apparurent dans l'urine. Le 27 août, l’hémianopsie était encore là. L'’ouïe était faible des deux côtés. La glycosurie persista jusqu'au milieu de l’année suivante; il n’y eut pas d’hémianopsie en décembre 1916. En février 1916 : second accès; d’autres survinrent à intervalles. Le dernier accès survint en septembre 1920 quand on le mit au luminal. En septembre 1917, la pression sanguine était de 150 millimètres de mercure. Le malade avait repris son travail, mais sa mémoire était encore pauvre pour les événements récents. Il assura que cette maladie suivait depuis plusieurs années un gros tracas d’affaires. En août 1920 le malade avait eu une lueur colorée devant les yeux, d’abord à droite. Elle revenait toutes les cinq à dix minutes et « prenait toutes les couleurs de l’arc-en-ciel ». Le mal de tête commença au-dessus de l’œil gauche et gagna le côté gauche de la tête. La réaction de Wassermann dans le sérum était
négative.
L'auteur ajoute que « ce cas est apparemment un type de migraine ophtalmique avec scotome scintillant. L’associa-
tion avec l'accès épileptique est rare. Whyte et Mac Intosh qui virent le cas en mai 1916 pensèrent que la maladie, à cette époque, était probablement due à une lésion de thrombose affectant, le côté gauche du cortex. La récente crise de migraine semblerait due aussi à des troubles vasculaires; portant sur le cortex à gauche, mais de degré et de distribution plus légers.
L'hémianopsie pourrait ici être rapportée à une interruption temporaire des branches de l'artère cérébrale gauche postérieure, qui nourrit la lèvre supérieure de la scissure calcarine et la partie antérieure de la lèvre inférieure. Il semble donc que l'association à la migraine d'accès épileptiques dans ce cas, soit basée sur une relation pathologique. »
Phillips, l’année suivante, s'élève contre la parenté de la migraine et de l’épilepsie. Il estime que les troubles cardiovasculaires qui déterminent l'aura, la céphalée, les symptômes ophtalmiques de l'accès de migraine typique peuvent produire un type différent d’aura avec convulsion, c’est une erreur d'appeler ceci de l’épilepsie.
La thèse de Madame Weismann apporte quelques considérations sur la migraine accompagnée. L'auteur, dans sa classification, sépare les migraines paresthésiques et parétiques de la migraine aphasique, de la migraine comateuse et de la migraine avec troubles psychiques. Traitant des formes cliniques selon les associations, Madame Weismann écrit « Parmi les associations rencontrées, une nous semble d’un intérêt particulier : c est celle, assez fréquente, de crises migraineuses et de crises épileptiques. On sait qu’à l'inverse de Lasègue qui niait tout rapport entre migraine et mal comitial, Féré n’était pas loin d'admettre leur identité. Pour cet auteur, la migraine ophtalmique surtout devrait être considérée- comme une forme d’épilepsie sensorielle. » Madame Weismann rapporte alors une observation de Souquet et Mile Drey- -fus-Sée intitulée: « Un équivalent épileptique sous forme d’amaurose monoculaire ». Les auteurs pensent que les accès
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d'amaurose monoculaire sont des équivalents de la crise comitiale parce que la malade est épileptique et que les accès d'amaurose ont disparu sous l’action du gardénal. Parallèlement, les crises convulsives comitiales ont presque complètement disparu.
Ce long chapitre sera terminé quand j'aurai analysé le remarquable article de Debré paru dans le Journal des praticiens, du début de l’année 1925. En étudiant la migraine chez l’enfant », l’auteur la compare à la migraine de l'adulte. A cette occasion la migraine accompagnée se trouve parfaitement résumée. Toutes ses formes sont notées : l’aphasie ou la dysarthrie transitoire; l’hémiparésie avec engourdissement des membres supérieur ‘et inférieur; les phénomènes psychopathiques (sensation d'inquiétude, d'angoisse ou de sensations un peu spéciales de choses déjà vues, déjà entendues, sensation d’éloignement des objets, de rapetissement, etc.); la torpeur profonde parfois comateuse. L'auteur ajoute que «ces différents phénomènes nerveux, qu’on peut trouver chez les grands enfants à l’état d’ébauche, n'ont pas une fréquence et une importance comparables à celle des vomissements qui constituent, avec la céphalée, le syndrome essentiel de la migraine dans le jeune âge... Un diagnostic souvent délicat est celui de la crise de migraine avec certains phénomènes qui sont des équivalents de l’épilepsie. L’épilepsie larvée discrète est fréquente et certaines crises très voisines de. la « migraine idiopathique » constituent un équivalent. Le sujet a une sensation de vertige, de chute avec malaise, nausées, vomissements, et une céphalée plus ou moins marquée. Cet ensemble peut réaliser une crise de migraine simple ou un équivalent épileptique. 11 faut donc penser au diagnosüc. Mais penser à un diagnostic n’est pas le résoudre et il est parfois très difficile à poser, car, tout en attirant votre attention sur ce problème je ne peux vous donner les éléments décisils d’un diagnostic différentiel pas plus clinique que biolôgique. Il est évident que si l’enfant présente des troubles psychopathiques, des fugues, des crises convulsives,
le diagnostic est facile, mais dans quelques cas, l'enfant qui
a une crise d'épilepsie n’a pas encore tous les signes habituels et caractéristiques de cette affection ». Au ‘point de vue du traitement, Debré préconise les calmants habituels, le
bromure, le gardénal, la peptonothérapie, le carbonate de soude intraveineux. :
‘ La migraine est plus que jamais à l’ordre du jour. La VI Réunion Neurologique Internationale discutera très prochainement les rapports de Viggo Christiansey et de Pasteur Vallery-Radot sur les caractères cliniques et la pathogénie de la migraine.