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lucinations visuelles. Celles-ci sont habituellement terrifiantes; une fois elles affectaient le type religieux. Les hallucinations de l’ouie : bruits de moulin, injures ef menaces sont plus rares. Dans une observation, on a noté des hallucinations gustatives désagréables.
Les troubles sensoriels sont souvent associés à des phénomènes psychiques. Ceux-ci sont plus fréquents chez l'adulte. Leur symptomatologie est fort riche. Il s'agit souvent d’un sentiment pénible d'angoisse, d'anxiété extrême, de peur sans objet. Dans trois cas on a signalé de la pantophobie surtout comme aura de la crise. La forme avec excitation n'est pas rare. Le malade irritable, agressif, injurie et menace l'entourage, brise les objets qui se trouvent à sa portée. Les réactions dangereuses sont souvent motivées par les hallucinations terrifiantes. Dans quelques cas on relève des crises de fureur. Moins fréquents sont les états de dépression. Le malade, inerte, est triste; il s'inquiète pour les siens, pleure. Ces états durent peu, el peuvent alterner avec des manifestations du type maniaque. Dans une dizaine de cas, enfin, on a noté de la confusion avec torpeur et affaiblissément de la mémoire allant souvent jusqu'à l’amnésie complète.
Les troubles viscéraux ne sont représentés que par l’incontinence d'urine et quelques cas d'angoisse précordiale accompagnée ou non de palpitations.
Dracnosric. — Les lésions des centres nerveux et de leurs enveloppes peuvent entraîner des céphalées avec troubles nerveux qui simulent la migraine accompagnée d’épilepsie.
La méningite tuberculeuse à son début, surtout chez l'enfant, peut être d'un diagnostic angoissant. La céphalée ne s’accompagne-t-elle pas là encore de vomissement, d’accélération du pouls, de contractures ou de convulsions? Le diagnostic reposera sur l'existence de crises antérieures séparées par des périodes de bonne santé, sur les antécédents familiaux, sur l'absence de fièvre, d'irrégularités sphygmiques et respiratoires, de modifications des réflexes. Il sera prudent toutefois d'examiner le liquide céphalo-rachidien qui fixera sur le diagnostic et le pronostic.
La syphilis cérébro-méningée est fréquente à la période secondaire. Les céphalées nocturnes ne s’accompagnent pas de signes oculaires ni de nausées. Les antécédents, la réaction de Bordet-Wassermann dans le sang, l'examen complet du liquide céphalo-rachidien permettront de reconnaître la syphilis causale. Mais il existe encore au cours de la syphilis acquise ou héréditaire des céphalées paroxystiques pouvant prendre l'aspect de migraines accompagnées. Charcot a insisté sur la valeur de ces accès migraineux au début de la paralysie cénérale. 11 faudra se méfier d’un syndrome migraineux apparaissant vers l’âge moyen de la vie, surtout chez un ancien syphilitique. La ponction lombaire s'impose, car l'examen du liquide céphalo-rachidien permettra seul le diagnostic.
On a dit que certaines migraines compliquées pouvaient être sous la dépendance de tumeurs cérébrales ou méningées. H. Roger cite deux observations où des accès de cet ordre sont apparus au début d’une tuberculose méningo-encéphalique. En général, il s’agit là de céphalée continue et non de migraine véritable. Elle s'accompagne de torpeur intellectuelle progressive. IT existe des signes d’hypertension cranienne : vomissements cérébraux sans nausées, bradycardie, bradypnée, parfois des crises jacksoniennes. Dans les cas litigieux, l'examen du liquide céphalo-rachidien, et surtout l’examen ophtalmoscopique fournissent de précieux éléments de diagnostic.
Pronosric. — Abandonnée à elle-même, la migraine accompagnée d’épilepsie tend vers l’aggravation. Si aucun traitement ne vient entraver sa marche progressive, les crises augmentent ordinairement en fréquence et en intensité.
On peut voir, rarement il est vrai, disparaître les accès de migraine banale, tandis que persistent les accès épileptiques. Parfois aussi, dans des cas de migraine accompagnée d’épilepsie, le traitement fait disparaître les phénomènes épileptiques alors que la migraine persiste.
Dans l'intervalle des attaques, la santé des malades reste satisfaisante. L'état général n'est atteint qu’exceptionnellement lorsque les crises sont très rapprochées. A la longue, on peut
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remarquer un affaiblissement intellectuel, comme chez les vieux épileptiques à attaques fréquentes.
Le pronostic de l'affection est-il pour cela favorable? Qu'on relise l’histoire du pauvre étudiant migraineux qui fournit à Charcot l’une de ses plus belles leçons!
En règle générale, il faut considérer comme fort suspectes les migraines accompagnées qui surviennent vers l’âge moyen
de la vie chez d'anciens syphilitiques. En pareil cas, on ne
saurait être trop réservé dans son pronostic.
PATHOGÉNIE. — Jusqu'à ces dernières années la pathogénie de la migraine demeurait mystérieuse. Il a fallu les découvertes biologiques récentes pour éclairer un peu le mécanisme de la névrose.
De nombreuses théories ont essayé d'expliquer la migraine.
La théorie cérébrale de Romberg, Calmeil, Liveing, a encore pour partisan Léopold Lévi qui fait de la migraine un syndrome bulbo-protubérantiel. On ne saurait expliquer que quelques cas particuliers par l'hypothèse qui voit la cause de la migraine dans une augmentation de la pression intra-cranienne.
La théorie trigémellaire de Chaussier et Pinel modifiée plus tard par Haase, a rallié plus près de nous Brissaud, Sarda et Grasset. La théorie de la névralgie superficielle de Norstrôm et Didsbury, ne satisfait guère les neurologistes.
La théorie vaso-motrice semble le mieux expliquer la production des crises de migraine. Ebauchée autrefois par du Bois- Reymond, elle jouit aujourd'hui d’une faveur légitime.
- On peut considérer la migraine comme étant d’origine sympathique. Une excitation de ce système neuro-végétatif produirait le spasme vasculaire qui conditionne la migraine. Portant sur la région cortico-scissurale calcarine, cet angio-spasme se traduirait par la migraine ophtalmique; tandis que la migraine compliquée parétique ou aphasique serait due à un angiospasme de la région rolandique ou sylvienne.
Le système sympathique prédisposé par une fragilité héréditaire entre probablement en jeu sous l'influence des réactions humorales dysendocriniennes qui rompent l'équilibre colloïdoplasmatique.
Il est intéressant de rappeler à ce sujet que Madame Weismann a découvert avant les aëcès de migraine une augmentation de l’alcalinité sanguine. Elle fait remarquer que Bigwood a montré une alcalose dans l’épilepsie essentielle, ce qui permet d’insister sur la parenté qui unit les deux affections.
On peut espérer que des recherches nouvelles sur les états dysendrocriniens, permettront de connaître un jour l’origine de ces variations humorales, où réside en somme la pathogénie de la migraine.
TRAITEMENT. — En dehors des analgésiques employés contre la céphalée et dont le meilleur est l’antipyrine associée à la caféine, l'injection au début de la crise de nitrate de pilocarpine (4 centimètre cube de la solution au millième), a réussi dans quelques cas. :
Le traitement du fond migraineux ne doit être entrepris qu'après un examen complet du malade permettant de découvrir les causes variables du syndrome. La syphilis est justiciable de la médication spécifique. Une tumeur cérébrale demande une trépanation décompressive, à défaut de l'intervention directe sur la lésion, La migraine d’origine anaphylactique est très souvent améliorée par la peptonothérapie préprandiale de Pagniez, Nast et Vallery-Radot (0 gr. 25 à 0 gr. 50 de peptone pure, une heure avant chaque repas).
Bouché et Hustin injectent sous la peau des migraineux un centimètre cube de sérum de cheval ou un à deux dixièmes de milligramme de venin de crotale, une fois par semaine pendant un mois, puis tous les quinze jours. Ce traitement prolongé améliore beaucoup de migraines, et en guérit un certain nombre. |
Sicard Paraf et Forestier ont amélioré ou guéri des migraines par des injections intra-veineuses de carbonate de soude (4 gr. 50 à 2 grammes dissous dans 80 à 100 centimètres cubes d’eau physiologique).
Dans les cas de céphalée atroce, Pasteur Vallery-Radot a conseillé des injections intraveineuses de chlorure de calcium (0 gr. 50 dans 2 centimètres cubes d’eau distillée).
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L'endocrinologie encore dans l'enfance ne permet pas à l'opothérapie des résultats constants. On a déjà signalé cependant plusieurs migraines guéries par la médication thyroidienne. Il est toujours préférable d'associer l'opothérapie thyroïdienne à l’opothérapie ovarienne dans une médication qui reste encore de second plan.
Quand l'examen complet du malade demeure négatif, on se trouve en présence de la névrose migraineuse. C’est le cas dans la variété particulière accompagnée d'épilepsie. La médication anti-épileptique a été essayée, parfois avec succès contre la migraine. Son action est plus régulière dans la migraine accompagnée d’épilepsie. La lecture de nombreuses observations montre que soûs l'influence du traitement bromuré prolongé pendant trois ou quatre mois, les crises s’espacent et diminuent d'intensité. Il arrive même qu’elles disparaissent après quelques années de traitement.
Le gardénal administré comme chez les épileptiques agit presque toujours sur la migraine accompagnée. Il a grandement amélioré l’état de la dernière de nos malades. Strassburger assure que le gardénal est le médicament de choix de la migraine comme de l’épilepsie. Van Schelven a obtenu également l’atténuation, puis la disparition complète des crises. Harris, après avoir essayé les bromures sans grand succès, à obtenu des résultats rapides par le même luminal. M" Weisman fait remarquer avec Bigwood que le gardénal possède.incontestablement une action modificatrice de l’alcalinité humorale qu'il fait varier dans le sens de l’acidose.
Indépendamment du traitement médicamenteux, on se trouvera bien de faire à tout migraineux certaines recommandations d'ordre général : éviter la fatigue, le surmenage intellectuel; rechercher le grand air et faire de l’exercice physique; manger lentement, légèrement; veiller aux fonctions intestinales. Des douches tièdes, des massages, des cures thermales à Divonne, à Néris, sont souvent utiles.
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