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ORIGINES DU CADUCÉE GREC

parfois remplacés par des rouelles disposées de la même façon (i).

Le caducée des Grecs ne semble-t-il pas avoir été également un symbole essentiellement solaire? D’après les termes d’Homère, c’est une verge d’or qui tour à tour « charme les yeux des hommes et » les fait sortir de leur sommeil (2) » ; il attire les morts aux enfers et il peut les ramener au jour; enfin, vraie baguette magique, il change en or tout ce qu’il touche. — Je n’en conclus nullement qu’Hermès ait été un dieu solaire ou même un dieu du soleil sous l’horizon. Mais, chez les Grecs mêmes, la tradition voulait que le caducée lui eût été donné par Apollon en échange de la lyre.

Peut-être le caducée phénicien a-t-il passé dans la main d’Hermès, chez ces colons grecs de la Cyrénaïque qui ont plus ou moins contribué à introduire des éléments puniques et même égyptiens dans le culte comme dans la mythologie des Hellènes (3). Peut-être aussi la transmission s’estelie opérée, sur le sol de la Grèce, au contact direct des trafiquants phéniciens, qui n’ont pu manquer de répandre, avec leurs produits religieux et

( 1) Corpus inscriptionum semitic., fasc. IV, 1889; tab. LIV, fig. 368.

(2) Odyssée, V, vers 47-48.

(3) Maury. Histoire des religions de la Grèce antique. Paris, 1 85g, t. III, pp. 265 et suivantes.

284 LE globe ailé, le caducée et le triçûla.

artistiques, les attributs de leurs propres divinités nationales (1).

Est-il possible de remonter plus haut encore dans l’histoire du caducée?

On lui a assigné de nombreuses origines et de multiples antécédents. Il a été envisagé tour à tour comme un doublet du foudre, une forme

(1) Il n’est pas même nécessaire que les Grecs aient cru à l’identité d’Hermès avec la divinité étrangère à laquelle ils empruntaient ainsi le caducée. Il convient cependant de faire observer qu’entre Hermès et Baal Hamman les ressemblances étaient trop nombreuses pour ne pas frapper leurs adorateurs respectifs, une fois que ces dieux se trouvaient en contact. Tous deux sont unis à la déesse de l’amour, Aphrodite- Astarté. Tous deux ont pour animal sacré le bélier; ce dernier trait leur est même commun avec l’Ammon des Libyens et l’Amoun-Ra des Égyptiens. La divinité qui protégeait le trafic des Phéniciens devait aisément passer, aux yeux des Grecs, pour le dieu du commerce, et l’on sait qu’ Hermès s’attribua cette qualité aux temps post-homériques.

Quant à Malac Baal, M. Ph. Berger fait observer qu’il est, comme Hermès, un initiateur, un intermédiaire entre les hommes et la divinité supérieure (L'Ange d’Astarté, loc. cit., pp. 52-54). Tous deux sont représentés, voire personnifiés par des stèles : hermès ou bétyles. Tous deux revêtent parfois la figure humaine avec des ailes, sauf que l’art grec a mis celles-ci aux talons de son dieu, — de même qu’il a changé de place, dans le caducée, les ailes du globe ailé.

On peut ajouter que les Grecs eux-mêmes avaient senti cette analogie entre le messager de Zeus et les hypostases de Baal Hamman, car Pausanias (Élide, XV) nous apprend que, dans le prytanée d'Olympie, on rendait des hommages à Héra Ammoniennc (probablement Tanit) et à Parammon, divinités de la Libye. « Parammon, ajoute-t-il, est un surnom d'Hermès. »

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