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LA CROIX GAMMÉE EN GAULE

rencontre encore sur une pièce mérovingienne (i). Ajoutons qu’elle figure déjà sur des fragments de poterie,, et même sur des coins-matrices en terre cuite trouvés dans une cité lacustre au lac du Bourget (2).

En Belgique, nous la rencontrons à Estinnes (Hainaut) et à Anthée (province de Namur), sur des déloris de tuile remontant à l’époque romaine (3). Elle se voit également, plusieurs fois répétée et associée à la fleur du lotus, parmi les inscriptions de pierres tombales découvertes, il y a quelques années, dans le cimetière belgoromain de Juslenville, près de Pépinster.

Fig. i3. Pierre tombale de Juslenville.

(. Institut archéologique liégeois, t. X (1870), pl. XIII.)

Il s’est élevé, au sein de Y Institut archéologique liégeois, un intéressant débat, résumé d’une façon fort impartiale par M. S. Bormans,

(1) Lelewel. Numismatique du moyen âge. Atlas, pl. IV, n° bj. (2; Ekn. Chantre. L'âge du bronze. Paris, 1876, 2® part., pp. 194-

(3) Bulletins de l'Institut archéologique liégeois, t. X, p. 106.

DE LA CROIX GAMMÉE OU TÉTRASCÈLE.

sur le point de savoir si, en dépit de l’invocation D (ils) M (anibus), la présence de la croix gammée n’impliquait pas le caractère chrétien de ce monument funéraire (i). Aux arguments produits pour réfuter cette opinion, on peut ajouter qu’une stèle funéraire découverte en Algérie, d’un caractère incontestablement païen, offre une combinaison analogue de deux croix gammées placées au-dessus d’une rouelle.

Fig. 14. Stèle funéraire d’Algérie.

(Comptes rendus de la Sac. franç. de numism. et d'arc/Uol., t. II, pl. III, 3.)

La croix gammée, associée à la rouelle ainsi qu’au foudre, orne également des autels votifs de la même période, trouvés, en Angleterre et

(1) On a soutenu que ces lettres signifiaient : DoMus æterna ou D(eo) M (aximo), si bien qu’au lieu de lire : Diis manibus Privnus Marti Filins, M. Buckens, ancien professeur à l’Académie des beaux-arts de Liège, n’hésitait pas à traduire textuellement, par une interprétation libre des croix gammées, du fleuron, du triangle, de la niche, de l’édicule et des feuilles de lotus : « Dernière demeure » du fils de Marcus en Jésus-Christ, Dieu, baptisé au nom du Père » et du Saint-Esprit »! (Bulletins de l' Institut archéologique liégeois, t. X(.87o), p. 55.)

LE FYLFOT.

près des Pyrénées, sur l’emplacement de camps romains (i).

Fig. iS. Autel du Musée de Toulouse.

( Revue archéologique de 1880, t. XL, p. 17.)

On a découvert à Velaux, dans les Bouchesdu-Rhône, la statue décapitée d’un dieu accroupi, qui porte sur la poitrine une rangée de croix à crochets surmontant une autre rangée de croix équilatérales (2).

En Irlande, toutelois, et en Ecosse, la croix gammée semble avoir réellement abrité des tombes chrétiennes, car ou l’a renconlrée sur des pierres tombales, associée à des croix latines (3).

Les Anglo-Saxons donnaient à la croix gammée le nom de fylfot , du norrain fiôl ( full , viel

(1) Lud. Müller. Del saakaldte Hagekors. Copenhague, 1877, pp. 21-22.

(2) Alex. Bertrand. L'autel de Saintes et les triades gauloises, dans la Revue archéologique de 1880, t. XXXIX, p. 343.

(3) Lud. Müller. Op. cit., p. 114.

DE LA CROIX GAMMÉE OU TÉTRASCÈLE.

« nombreux ») et foti^foot, fuss « pied ») (i). On l’a observée sur des poteries et des vases funéraires, dès l’âge du bronze, en Silésie, en Poméranie, dans les îles orientales du Danemark. Aux âges suivants, elle se rencontre sur des objets de parure, des poignées d’épée, des bractéates d’or, des rocs sculptés et des pierres tombales (2). Chez les Scandinaves, elle finit par se combiner, sans doute sous l’influence du christianisme, avec la croix latine.

Fig. 16. Croix sur une pierre runique de Suède.

(Ludvig Muller, p. 94, fig. a.)

Dans une vieille église du Danemark, elle décore des fonts baptismaux qui remontent aux premiers temps du christianisme (3). En Islande, suivant M. Hjallalin, elle serait encore en usage, de nos jours, comme signe magique (4).

Parmi les Slaves et les Finnois, on ne l’a trou-

(1) R.- P. Greg. The Fylfot and Swastika, dans Archacologia. Londres, t. XLVIII, part. II, 1 885, p. 298.

(2) Lud. Müller . Op.cit., passim. — R.- P. Greg. Loc. cit , pl. XIX, fig. 27, 3 1 , 82, 33. — C.-A. Holmboe. Traces du bouddhisme en Norvège. Paris, 1827, pp. 34 et suivantes.

(3) Lud. Müller. Op. cit., p. 1 1 3.

(4) Nineteenth Century de juin 1879, P- 1098.

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