LA CROIX GAMMÉE DANS L’ASIE ANTÉRIEURE
vée jusqu’ici qu’à l’état sporadique, et seulement vers l’époque cle leur conversion au christianisme. Remarquons, en passant, qu’il est très difficile de déterminer l’âge et la nationalité des objets en terre cuite et en bronze sur lesquels on l’a observée, dans des pays de races mêlées et superposées, comme la Hongrie, la Pologne, la Lithuanie et la Bohême.
Au Caucase, M. Chantre l’a rencontrée sur des pendeloques, des plaques ornementales, des poignées de glaive et d’autres objets encore, trouvés dans des nécropoles qui remontent à l’âge du bronze et au premier âge du fer (i).
Chez les Perses, sa présence a seulement été signalée sur quelques monnaies des Arsacides et des Sassanides (2).
Les Hettéens l’ont introduite dans un bas-relief d’Ibriz, en Lycaonie, où elle forme une bordure sur la robe d’un roi ou d’un prêtre o tirant un sacrifice à un dieu (3).
Les Phéniciens ne semblent pas l’avoir connue ou du moins utilisée, sauf sur quelques-unes des monnaies qu’ils frappèrent en Sicile, à l’imitation des pièces grecques. Une monnaie de la Byzacène,
(1) Ern. Chantre. Recherches archéologiques dans le Caucase. Paris, 1886, t. II, atlas, pl. XI, XV, etc.
(2) Lud. Müller. Op. cit., lîg. 3.
(3) Perrot et Chipiez. Histoire de l'art dans l'antiquité, t. IV, fig. 334.
DE LA CROIX GAMMÉE OU TÉTRASCÈLE.
où elle ligure avec la tête d’Asfarté, date du règne d’Auguste (i).
On ne la rencontre pas davantage en Egvpte, en Assyrie, en Ghalde'e.
Dans l’Inde, elle porte le nom de svastika , quand ses branches se recourbent vers la droite (fig. ii fl), et de sauvastika, quand elles se dirigent en sens inverse (fig. 1 1 b). Le mot svastika est un dérivatif de svasti, qui lui-même procède de su « bien » et du verbe asti « il est »; l’expression correspondrait donc à une formule grecque : tù ecm, et, en fait, sa représentation figurée a toujours passé pour un signe propice, parmi les Hindous comme parmi les bouddhistes (2).
Le grammairien Panini eu parle comme d’un signe qui servait à marquer l’oreille des bestiaux. Nous voyons, dans le Ramanaya, que les vaisseaux de la flotte sur laquelle Bharata s’embarqua pour Ceylan portaient, sans doute sur la proue, le signe du svastika (3). Passant aux monuments figurés, nous trouvons la croix gammée sur les lingots d’argent, en forme de dominos, qui précédèrent, dans certaines parties de l’Inde,
(1) Numismatique de l'ancienne Afrique. Copenhague, 1S60-1S62, t. II, p 40, n° 4.
(2) Voir la lettre de M. Max Müller, dans Schliemann. Ilios, pp. 517-521.
(3) Ramanaya, 2, 97, 17-18.