LE SVASTIKA
l’emploi delà monnaie proprement dite (i). Elle
Fig. 17. Ancienne monnaie de l’Inde.
(Archaeological Snrvey of India, t. X, pl. II, fig. 8.)
se montre même sur une pièce de Krananda, qui passe pour la plus ancienne monnaie indigène et qui se signale également par la première représentation du tricûla (2).
Fréquente au commencement et à la fin des inscriptions bouddhiques les plus anciennes, elle est reproduite, à plusieurs exemplaires, sur l’empreinte des pieds du Bouddha sculptée dans les bas-reliefs d’Amaravati (3). Le svastika figure, d’ailleurs, dans la tradition bouddhique, la première des soixante-cinq marques qui distinguaient les pieds du Maître, alors que la quatrième d’entre elles est formée par le sauvastika , et la troisième par le nandyâvarta , sorte de labyrinthe qui, à
(1) Edw. B. Thomas. The early Indian Coinage, dans la Numismatic Chronicle, t. IV (nouv. série), pl. XI.
(2) Voyez plus loin, chapitre VI.
(3) James Fergusson. Indian and Eastern Architecture (formant le troisième volume de YHistory of Architecture in ail Countries). Londres, Murray, 1876, p 184. — C’est la figure qui nous a fourni le frontispice du présent ouvrage.
DE LA CROIX GAMMÉE OU TÉTRASCÈLE.
l’instar du méandre grec, peut se rattacher à la croix gammée (1).
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Fig. 18. Le nandyâvarta.
Il faut remarquer que chez les Jainas, qui rivalisent d’antiquité avec le bouddhisme, la croix gammée passe pour le signe de Supârçva, le septième des vingt-quatre Tirthamkaras , alors que le nandyâvarta est le signe du dix-huitième (2).
Aujourd’hui encore, suivant M. Taylor, les Hindous peignent la croix gammée en rouge, lors du nouvel an, au commencement de leurs livres de comptes, et ils la dessinent avec de la farine sur le plancher des maisons, au moment d'une noce et d’autres cérémonies encore (3). Elle figure aussi à la fin de manuscrits d’époque récente, tout au moins sous la forme cÿ>, s’il faut voir, dans ce dernier signe, avec M. Kern, un développement du tétrascèle (4).
(1) Eug. Burnouf. Le Lotus de la Bonne-Loi. Paris, iS52, p. 626.
(2) Colebrook. Observations oit thc Jainas, dans le volume IX des Asiatic Rescarclics, p. 3o8.
(3) Eug. Burnouf. Op. cit., p. 626.
(4) Kern. Der Buddhismus. Leipzig, 1884, t. II, p. 23q, note 3. — Colebrook donne à ce signe le nom de çrivatsa et en fait la marque distinctive du dixième Tirthamkara des Jainas. M. Schwartz l’a rapproché du trèfle à quatre feuilles, qui est aussi un porte-bonheur.