‹ La migration des symbolesChapitre 2 sur 120 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Identité de certaines images dans le symbolisme respectif des peuples les plus divers. — Des rencontres spontanées dans les combinaisons du génie symbolique. — La croix en dehors du christianisme. — Croix potencées. — Le combat de l’aigle et du serpent. — Facilité avec laquelle se transmettent les symboles. — Causes principales de leur propagation. — La complexité et la bizarrerie de l’image commune est une présomption en faveur ae son unité d’origine. — Le triscèle à trois jambes. — L’aigle à deux têtes. — La « main ».de la Providence. — Indications fournies par l'identité de signification et d’emploi. — La fleur de lotus.

Il semblerait que la variété des symboles dût être sans limites, comme les combinaisons de l’imagination humaine. Cependant il n’est pas rare de retrouver les mêmes figures symboliques chez les peuples les plus éloignés. Ces rencontres ne peuvent guère s’expliquer par le hasard, comme des coïncidences de caléidoscope. Hormis le cas des symboles trouvés chez des peuples qui appar-

tiennent à la même race et qui, par suite, ont pu emporter de leur berceau commun certains éléments de leur symbolique respective, il n’v a que deux solutions possibles : ou bien ces images analogues ont été conçues isolément, en vertu d’une loi de l’esprit humain, ou bien elles ont passé d’un pays à l’autre par voie d’emprunt.

Il existe un symbolisme tellement naturel, qu'à l’instar de certains engins propres aux âges de la pierre, il n’appartient pas à telle région ou à telle race déterminée, mais qu’il constitue un trait caractéristique de l’humanité dans une certaine phase de son développement.

Dans cette catégorie rentrent, par exemple, les représentations du soleil par un disque ou par un visage rayonnant, de la lune par un croissant, de l’air par des oiseaux, de l’eau par des poissons ou encore par une ligne brisée, etc.

Peut-être faut-il y ajouter certaines analogies plus compliquées, comme celles qui mènent à symboliser par la destinée de l’arbre les difiérentes phasesde la vie humaine; par des emblèmes phalliques les forces génératrices de la nature; par le triangle équilatéral les triades divines et, en général, toute combinaison triple dont les membres sont égaux; enfin, par une croix, les quatre principales directions de l’espace.

Que de théories n’a-t-on pas échafaudées sur

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