‹ La migration des symbolesChapitre 31 sur 120 · LES QUATRE POSITIONS ANNUELLES DU SOLEIL · texte numérisé non relu

LES QUATRE POSITIONS ANNUELLES DU SOLEIL

soleil. « Et pourtant, ajoute Sir Thomas Brown, le soleil ne danse pas ce jour-là (x). » — Il faut observer que, dans nos campagnes, on parle encore de « jambes du soleil » à propos des rayons obliques que l’astre semble parfois promener sur terre, quand il est caché derrière un nuage.

Passons au second groupement (pl. I, litt. B), qui représente des combinaisons de quatre figures secondaires, disposées autour d’une figure centrale (2). Je hasarderai ici — toujours à titre d’hypothèse — une explication analogue aux précédentes.

(1) E.-B. Tylou. Civilisation primitive, t. II, p. 383.

(2) Les numéros 8, g, 12 et 19 sont empruntés aux poteries d’Hissarlik (Schliemann. Ilios, nos 1218, i8y3, 1958 et 1822) ; le n° 10, à une coupe de Nola (Lud. Muller, fig. 18); le n° 11, à un vase archaïque d’Athènes (Id., fig. 7); le n° i3, à un cylindre de Villanova (de Mortillet. La croix avant le christianisme. Paris, 1866, fig. 3g); le n° 14, à une monnaie de la Gaule belgique < Revue numismatique. Paris, 1 885, pl. VI, n° 4); les nos i5 et 16, à des anciennes monnaies de l’Inde (A. Cunningham. Bhilsa Topes. Londres, 1834, pl. XXXI, fig. 3 et 4'; le n° 17, également à une ancienne monnaie hindoue (Grec. Archaeologia, 1 885, pl. XIX, fig. 29); le n° 18, aux symboles bouddhiques du Tibet (Hodgson. Buddhist Symbols, dans le Journal de la Royal Asiatic Society, t. XVIII, ir8 sér., pl. I, fig. 20); le n° 20, à une poterie de Santorin (Waring. Ceramic Art in Remote Ages, pl. XLIII, fig. 2); le n° 21, à une monnaie de Macédoine (Numismatic Chronicle, t. XX, nouv. sér., pl. IV, n° 7); le n° 22, aux bas-reliefs d’Amaravati (cf. plus haut, litt. A, n° 6); enfin le n° 23, à une ceinture en feuilles de bronze, trouvée dans un tumulus d’Alsace (de Mortillet. Musée préhistorique, pl. C, n° 1 235).

DE LA CROIX GAMMÉE OU TÉTRASCÈLE.

On a trouvé, sur les monuments assyriens, des croix équilatérales qui représentent le ciel ou l’horizon. Leurs extrémités sont quelquefois ter-

minées par de petits disques J — ° (i). On peut

se demander, non seulement si ces disques ne figurent pas, comme dans les combinaisons précédentes, autant de soleils, mais encore s’ils n’ont pas trait à quatre positions différentes de l'astre; ce qui ferait peut-être songer, non plus à sa course diurne, mais à sa révolution annuelle, jalonnée par les solstices et les équinoxes.

Quoi qu’il en soit, le symbole des quatre disques réunis par une croix se répandit, comme motif de décoration, dans l’Asie Mineure, la Grèce, l’Italie et l’Inde, tantôt en se simplifiant par la substitution d’un disque central à la croix (pi. II, litt. B, nos 9 à i3), tantôt en se compliquant par l’introduction de la croix gammée (nos 8, 16, 18 à 23), sans compter les divergences produites par les permutations partielles ou générales des disques et des croix gammées. Le n° 17 représente une croix dont le caractère gammé résulte précisément de l'adjonction d’un disque à droite de chaque bras. Les n08 14 à 18 peuvent être considérés comme formant une transition

(1) Victor Duruy. Symboles païens de la croix, dans la Revue politique et littéraire, 14 janvier 1882, p. 5 1 , fig. S.

Tableau montrant l'introduclion probable de la croix gammée ? ? , Planche III.

dans le symbolisme îles divers pays. \ !

Du III- au VIII- ii#ele. Jâpoi».

Page 1