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CROIX SOLAIRES

Il convient de remarquer que, chez les Assyriens eux-mêmes, la croix équilatérale, en tant que figurant les directions principales dans lesquelles rayonne le soleil, est devenue aussi le symbole de cet astre et par suite, ici encore, du dieu qui le régit. Il en a été de même chez les Ghaldéens, les Hindous, les Grecs, les Perses, peut-être les Gaulois et les anciens civilisateurs de l’Amérique septentrionale.

Fig. 2. Croix solaires (1).

En Chine, la croix équilatérale inscrite dans un carré £0 représente la terre; — ce qui peut tou-

(1) a. Dans un disque, sur des bas-reliefs assyriens. J. Menant, Pierres gravées de la Haute-Asie, Paris, 1886, t. II, p. 71 . — b. Alternant avec le disque radié, sur d’anciennes monnaies de l’Inde. A. Cunningham, The Bhilsa Topes, pl. XXXI, fig. 8 et g. — c. Surmontant le disque solaire, sur une fusaïole de Troie. Schliemann, Ilios, ville et pays des Troyens, Paris, 1 885, n° 1954. — d Sceptre dans la main d’Apollon, sur une monnaie de Gallien. Vict. Duuuy, Histoire des Romains, Paris, 1 885, t. VIII, p. 42. — e. Dans une scène mithriaque, sur une pierre gravée. Lajard, Introduction à l'étude du culte de Mithra, Atlas, pl. CI I , fig. 7. — /. Au-dessus d’un lion, sur une monnaie gauloise. Ed. Flouest, Deux stèles de laraire. Paris, 1 885, pl. XVII. — Pour la croix solaire américaine, voyez plus loin, fig. 26, p. 77, la gravure d’un coquillage trouvé dans les mounds du Mississipi.

jours se rattacher au même raisonnement — et, suivant M. Samuel Beal, on y trouve même le dicton que « Dieu a façonné la terre en forme » de croix (i) ».

L’écriture égyptienne utilise parmi ses signes la croix grecque et même la croix latine. A ce propos, nous trouvons, dans un récent article de M. l’abbé Ansault, un exemple absolument caractéristique de la facilité avec laquelle on peut s’égarer dans l’identification des symboles, quand on se contente d’une ressemblance superficielle. Sur la fameuse pierre de Damiette, les mots grecs de nToXejjLcaoç ScoTrip, Ptolémée Sauveur, sont rendus par les caractères démotiques qui forment l'équivalent de IkoXep.oao<; suivis du signe -f- , d’où l’auteur conclut que, le terme de Sauveur étant rendu par une croix, ce signe était, chez les Egvptiens, une allusion à la venue future du Rédempteur (2). Malheureusement pour cette ingénieuse interprétation, M. de Harlez, qui s’est donné la peine de réfuter le travail de M. Ansault, lui a fait observer qu’en démotique le sigjie -j- est la simplification d’un hiéroglyphe représentant un marteau ou un percoir, et généralement employé pour exprimer l’idée de broyer, venger, — par extension « broyeur, vengeur », qualificatif assez

(1) Indian Antiquary, tSSo, pp. 67 et suivantes.

(2) Le culte de la croix avant Jésus-Christ dans le Correspondant du 25 octobre 1889.

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