PAYS OÙ FAIT DÉFAUT LA CROIX GAMMÉE
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Egyptiens qui ont pu communiquer la croix gammée à l’Hindoustan, et pour cause. Tl ne reste donc que les Perses, dont l’influence se fit certainement sentir avant Alexandre sur les arts naissants de l’Inde. Mais en Perse même la croix gammée n’apparaît qu’à titre d’exception, sur quelques rares monnaies voisines de notre ère (i). ' — Peut-être ferions-nous bien de tourner nos regards vers le Caucase, où les antiques bijoux à croix gammées recueillis par M. Chantre nous reportent à une civilisation assez voisine de celle de Mycène par ses types industriels et décoratifs.
En attendant que de nouvelles découvertes permettent de trancher la question, cetle lacune dans la généalogie du svastika reste également embarrassante pour ceux qui veulent faire de la croix gammée une propriété commune de la race aryenne, car il resterait à expliquer pourquoi elle fait défaut chez les anciens Perses. — De même il convient de faire ressortir son absence sur les plus anciennes poteries de la Grèce et de l’Archipel, où elle n’apparaît qu’avec la décoration géométrique. — En réalité, le pro-
(1) M. Ludv. Müller signale une monnaie achéménide du British Muséum, qui porterait la croix gammée ; mais il s’agit d’une contremarque qui doit appartenir à une époque fort postérieure. — La croix gammée ne semble pas s’être avancée, vers l’est, au delà de l’Asie Mineure, dans le monnayage antérieur à Alexandre.
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DE LA CROIX GAMMÉE OU TÉTRASCÈLE.
blême est moins une question d’ethnographie que d’archéologie, ou plutôt d’art comparé (i). - Si la croix gammée ne se rencontre chez aucun des peuples qui l’ont partie du groupe égyptosémi tique; si, chez les Aryas de la Perse, elle n’a jamais joué qu’un rôle secondaire et effacé, ne serait-ce donc point parce que l’art et le symbolisme de ces differentes nations possèdent d’autres figures qui remplissent une fonction analogue, soit comme phylactère, soit comme symbole astronomique ou divin? La vraie croix-talisman des pays qui s’étendent de la Perse à la Libye, c’est la croix ansée, la clef de vie des monuments égyptiens. Quant à leur principal symbole du soleil en mouvement, n’est-ce pas le globe ailé aux uraeus, dont je retrace plus loin les migra-
(1) Voir le tableau de la planche III, où je me suis efforcé de tracer, en quelque sorte, la généalogie de la croix gammée dans l’ancien continent. En supposant qu’il faille modifier certaines dates approximatives, par exemple celles des siècles où florissaient les civilisations de Mycènes et de Villanova, la succession des termes n’en reste pas moins la même dans chaque série, ainsi que les rapports des séries entre elles. On verra par ce tableau qu’il y a eu dans toute l’Europe deux importations successives de la croix gammée : l’une, presque partout préhistorique, qui coïncide avec la diffusion des poteries et des bijoux à décor géométrique; l’autre, qui est contemporaine de l’imitation des monnaies grecques. Peut-être faut-il rattacher à l'existence de ces deux courants successifs la cause des divergences que M. Lud. Müller signale, chez les populations germaniques, entre les formes de la croix gammée à l’âge du bronze et à l’âge du fer.