‹ La migration des symbolesChapitre 45 sur 120 · ADAPTATION DE SYMBOLES ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

ADAPTATION DE SYMBOLES ÉTRANGERS

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que Daniel esr souvent représenté entre deux lions, alors que la fosse en contient sept (i).

Ces altérations de sens peuvent, d’ailleurs, se concilier parfaitement avec la connaissance de la signification primitive. Il j a des grâces d’état pour faire retrouver partout l’image ou l’idée (fu’on affectionne. C’est de très bonne foi que les

(1) Maktigny. Dictionnaires des antiquités chrétiennes. Paris, 1 865 , p. 201. — D’autres fois, c’est Mithra tuant le taureau, qui a servi de type à la représentation de Samson terrassant un lion : sur un bas-relief du XIe siècle, représentant l’histoire de Samson, dans un linteau de l’église de Sainte-Gertrude à Nivelles, le héros, revêtu d’un costume romain, est à califourchon sur le lion. — M. Alvin suppose que l’artiste aura eu connaissance d’un bas-relief mithraïque existant dans la localité. (Bulletins de l’Académie royale de Belgique (i>'° série), t. XVII, p. 572.) Mais on peut admettre également que le modèle serait venu du dehors. Des emprunts aux représentations mithriaques sont, du reste, assez fréquentes parmi les scènes religieuses du moyen âge, où le soleil et la lune sont figurés sous la forme, dans la position et avec les attributs respectifs du dieu solaire et de la déesse lunaire dans la scène bien connue de l’égorgement du taureau. (Cf. notamment les bas-reliefs du baptistère de Parme. Revue archéologique de «853, t X. pl. 216.)

néo-platoniciens croyaient reconnaître les représentations de leurs propres doctrines dans les symboles aussi bien que dans les mythes de toutes les religions contemporaines. Les premiers chrétiens ne voyaient-ils pas la croix dans toutes les figures qui leur présentaient une intersection de lignes : l’ancre, le mât et sa vergue, l’étendard, la charrue, l’homme qui nage, l’oiseau qui vole, Forant aux bras étendus, l’agneau pascal sur sa broche, voire le visage humain où la ligne du nez se croise avec celle des yeux? Quand on démolit le Serapéum à Alexandrie, les auteurs chrétiens du temps rapportent qu’on y trouva un certain nombre de croix ansées. Eux-mêmes font observer qu’on reconnut dans ces figures le vieux symbole égyptien de la vie, ce qui ne les empêche pas d’y voir une allusion prophétique au signe de la rédemption. Sozomène ajoute que ce fait provoqua de nombreuses conversions parmi les païens (i).

Une légende fort répandue dans l’antiquité rapportait que Zeus, voulant connaître le centre de la terre, fit partir simultanément des extrémités du monde, à l’orient et à l’occident, deuxaigles (d’autres versions disent deux corneilles), qui vinrent se poser en même temps sur l’o/n-

(i) Sozomène. Hist. ccclcs., VII, i5, p. 725 B.

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