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LES COLOMBES AFFRONTÉES

phalos d’Apollon, dans le temple de Delphes (i). On peut se demander si cette tradition n’aurait pas été inspirée par le désir d’expliquer une représentation de Vomphalos analogue au modèle de temple qui figure parmi les bijoux recueillis à Mvcènes par le docteur Schliemann. C’est une sorte d’édicule qui se dresse entre deux colombes affrontées.

Fig. 33. Bijou de Myccnes.

(Schi.iemann. My cènes. Paris, 1879, fig. 423.)

Les origines de cette représentation figurée doivent, à leur tour, se chercher dans la symbolique des Phéniciens et peut-être des Assyriens, où les colombes jouaient un rôle, soit comme personnification d’Astarté et des déesses congénères, soit comme oiseaux sacrés, nourris dans les temples

(1) Strabon. Liv. IX, ch. III.

de ces divinités (i). Des stèles de Libye, et, plus tard, des monnaies impériales de Chypre nous font voir deux colombes, ici affrontées, aux côtés d’un de ces béthyles coniques qui représentaient la grande déesse phénicienne de la nature ;

Fig. 34. Stèle punique.

( Corpus inscript, semitic., part. I, fasc. III, n" 183.)

là adossées sur le toit d’un temple qui renferme un simulacre lithoïde.

Fig. 35. Monnaie impériale de Paphos.

(Guignaut. Religions de l'antiquité, t. IV, pl. LIV, fig. 206.)

Celte combinaison de figures a pu d’autant plus aisément s’appliquer à Y omphalos que celui-ci était une pierre blanche, véritable béthyle de

(1) François Lenormant, dans la Galette archéologique de 1878, pp. 7.5 et suivantes.

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