LA SYMBOLIQUE DES CATACOMBES
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d’ailes fournirent un corps aux sept esprits supérieurs du mazdéisme, les Arashaspands. Les démons chaldéensaux formes hideuses et bestiales servirent à figurer les daevas, ces personnifications iraniennes de tout ce qui est faux, ténébreux et impur. Enfin, comme nous le verrons dans un autre chapitre, Ahura Mazda adopta le symbole d’Assour, le grand dieu du panthéon assyrien, et l’arbre saint, dont le suc éloigne la mort, emprunta ses formes aux arbres conventionnels de l’iconographie mésopotamienne.
De même, quand les chrétiens commencèrent à reproduire, sur les parois des catacombes, les scènes de l’Ancien Testament et les paraboles du Nouveau, ce fut à l’art classique et même mythologique qu’ils empruntèrent leurs premiers modèles. Mercure criophore fournit le type du Bon Pasteur. Orphée apprivoisant les animaux féroces devint un symbole du Christ et de sa prédication. Le chrétien s’attachant à la croix pour dompter les tentations fut représenté par Ulysse lié au mât de son navire pour résister au chant des sirènes. Par une ingénieuse application d’un mythe que le paganisme avait déjà spiritualisé, Psyché offrit l’image de l’âme humaine s’unissant à l’Amour remplacé par un ange (1). Les
(1) Th. Roller. Les catacombes de Rome. Paris, t. II, pp. 370-372.
religions de la Gaule et de l’Inde ont donné l’exemple d’assimilations analogues, du jour où elles se sont trouvées en contact avec la symboliq ue de nations plus avancées.
En général, il faut qu’entre l’interprétation ancienne et la nouvelle il y ait une analogie suffisante pour justifier le passage de l’une à l’autre. On rencontre fréquemment, sur les monuments de l’Egypte et de la Mésopotamie, des divinités ou des génies avec une double paire d’ailes, l'une relevée, l’autre abaissée : les Phéniciens en firent sans peine une image symbolique du mouvement perpétuel (i). Chez les Egyptiens, le phénix qui renaît de ses cendres représentait le soleil ressuscitant chaque matin dans les feux de l’aurore. Figuré sur un bûcher et entouré d’une auréole, il devint chez les Romains l’emblème des apothéoses impériales, et passa ensuite sur les sarcophages des chrétiens comme symbole de la résurrection finale.
Cependant la liaison n’est pas toujours aussi facile à retrouver soit dans la forme, soit dans l’idée, surtout quand il s’agit de conceptions métaphysiques incorporées après coup dans un symbole d’origine naturaliste. Tant que les symboles restent l’image de quelque objet ou de quel-
(i) Sanchoniathonis Fragmenta, cd. Orelli, p. 38.