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ORIGINES DU FOUDRE

reliefs de Nimroud, le foudre est représenté dans la main gauche d’un dieu qui, de la droite, tient une hache; à Malthaï il est brandi dans chaque main par le dieu Mérodach, aux prises avec le monstre Tiamat, l’assaillant mythique de la lune. Ajoutons que, dans ces sculptures mésopotamiennes, il laisse reconnaître sans peine ses antécédents : il y apparaît, en effet, comme un trident double, ou plutôt redoublé à l’instar du tranchant dans la hache bipenne et du marteau dans le maillet à deux têtes.

Presque tous les peuples ont représenté la foudre par une arme. Chez les Chaldéens, elle était figurée par un trident, sans compter la lourche et la hache. Le trident, aux branches en zigzac comme l’éclair, se montre fréquemment entre les mains des dieux assyro-chakléens. Sur un cylindre qui remonte aux plus vieux temps de l’art chaldéen, le manche d’un trident tenu par le

Fig. 37. Foudre assyrien.

(Layard. Monuments oj Nineveh% 2e sér., pl. V.)

dieu de l’orage laisse s’échapper un jet d’eau qui tombe dans la bouche d’un daim.

Fig. 38.

(Rawi.inson. The five great Monarchies, t. II, p. 25i.)

L’artiste assyrien qui le premier — peut-être en vue d’accentuer la puissance du dieu — dédoubla ce trident ou plutôt en lit sortir le faisceau trifide, dont l’art grec devait faire un si heureux usage, assura par là au vieux symbole mésopotamien l’avantage sur toutes les autres représentations de la foudre avec lesquelles il devait entrer en concurrence.

Les Grecs, comme toutes les nations indo-européennes, paraissent s’être figuré le feu de l’orage sous les traits d’un oiseau de proie. Quand ils eurent reçu de l’Asie Mineure l’image du foudre, ils la placèrent dans les serres de l’aigle et ils en firent le sceptre et même le symbole de Zeus, quittes, suivant leur habitude, à expliquer par une légende cette combinaison symbolique : ce

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