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COLONNE D HILDESHEIM

était la fameuse Irminsul, détruite sur l’ordre de Charlemagne. Une colonne de pierre, déterrée à Eresborg ou Stadtbergen, en Westphalie, sous Louis le Débonnaire, et placée dans la cathédrale d’Hildesheim, où elle sert encore aujourd’hui de candélabre, offre une ressemblance frappante avec les anciennes représentations du peron liégeois.

Fig. 46. Colonne d’Hildesheim.

(KLratz. Der Dont zu Hildesheim , 2e part., pl. Vil, fig. 2.)

D’autre part, M. Piot a établi qu’on prêtait serment sur le peron. Or, nous apprenons par la Saga de Gudrun que, chez les Scandinaves, on jurait « par la pierre blanche sacrée (1) ». Bien plus, il s’est conservé jusqu’à nos jours, sur les

( 1 ) « At enom hvita helga Steini ». (Godrunar-Harmr, str. 47). (Dans Edda Saemundar Hinns Frôda, Stockholm, 1818, p. 237).

DE LALTÉRATiON DES SYMBOLES.

tumuli ou haug.ï de la péninsule Scandinave, des cippes de pierre blanche auxquels les classes populaires accordaient une certaine vénération. L’une de ces pierres, actuellement au Musée de Bergen, offre l’image d’une petite colonne renflée au sommet, haute de trois pieds sur seize pouces de diamètre (i).

Les colonnes des populations germaniques étaient-elles vouées aux divinités du ciel ou de la guerre? O liraient-elles le simulacre de Thor, d’Odin ou d’un dieu Irmin? Avaient-elles une acception phallique, comme le pense M. Holmboe à propos des cippes Scandinaves, ou fournissaient-elles un symbole cosmogonique, comme le laisse supposer un passage d’Adam de Brême, portant que les Saxons vénéraient dans leur Irminsul l’image de « la colonne universelle qui soutient toutes choses (2) »?Tout ce qu’on peut dire, pour le moment, c’est que ces colonnes avaient un caractère religieux et qu’elles devaient jouer un rôle dans la vie sociale, si intimement mêlée, chez tous les barbares, à la vie religieuse du

20 La pomme de pin. — Ce serait, suivant M. Henaux, « le symbole d’une existence unie mais distincte », et elle représenterait peut-être

(1) Holmboe. Traces de bouddhisme ai Norvège, fig. 10.

(2) Gesta Hammenburgcnsis Ecclesia’ pontificum, Hambourg, 1706, lib. I, ch. VI.

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