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LES ARBRES SACRÉS DES PERSES

la fois la forme de l’univers, les phénomènes de l’orage, la production du feu, la fécondation du sol par les pluies, enfin les propriétés de certaines plantes (1).

Dans une variante, V amrita se trouvait en la possession des asouras qui, seuls alors, étaient immortels. Indra, le dieu du ciel orageux, parvint à le leur dérober, et c’est ainsi que les devas obtinrent à leur tour le privilège de l’immortalité (2).

D’après le Mahâbhârata, c’est un génie moitié aigle et moitié homme qui, après avoir dompté plusieurs animaux monstrueux sur les bords d’un lac, profite de l’inattention des nains, gardiens de l’arbre sacré, pour briser et emporter le rameau du soma (3).

Les Perses plaçaient au bord d’un lac deux arbres, gardés chacun par un gandhrawa. L’un de ces arbres est le haorna ou hôrna blanc, qui, au dire du Yaçna, éloigne la mort et donne la « science spirituelle (4) » ; l’autre est, d’après le Boundehesh, l’arbre à toutes semences, qui se

(1) A. Kuhn. Die Herabkunft des Feuers und des Gœttertranks. Berlin. 1 85g.

(2) Fragment cité par Weber dans ses Indische Studien, t. III, p. 466.

(3) Mahâbhârata, I, 1343.

(4) Yaçna, ch. IX et X ( Trad . de M. de Mariez. Paris, 1876, t. II.)

SYMBOLIQUE ET MYTHOLOGIE DE L’ARBRE

nomme aussi l’arbre à l’aigle. Suivant la version du mythe rapportée par Kuhn, quand un de ces oiseaux s’envole, mille rameaux poussent à l’arbre; dès qu’il revient au nid, il brise mille rameaux et fait tomber mille semences (i). Cependant le suc du hcioma n’est pas seulement la pluie fertilisante : c’est encore, de même que le soma de l’Inde, la liqueur fermentée qu’on obtenait en pilant les rameaux d’une asclépiade ou de quelque plante congénère et qui, assimilée au breuvage céleste, jouait un rôle considérable dans les rites sacrificiaux des deux peuples.

Les Grecs semblent également avoir connu un arbre du ciel. C’est le chêne, dont le tronc creux servait d’asile aux Dioscures contre leurs ennemis, et auquel était suspendue la toison d’or « sur » les bords de l’Océan, là où les rayons du soleil » sont enfermés dans une chambre d’or (2) ». Peut-être faut-il encore ranger dans la même catégorie d’arbres mythiques le chêne de Dodone, qui laissait entendre dans son feuillage la voix prophétique du maître du tonnerre.

Le jus de la vigne, personnifié dans Bacchus, cet équivalent grec du dieu Soma, donne également la science de l’avenir : « Ce dieu est un prophète,

(1) Revue germanique, 1861, t. XIV, p. 37V

(2) Mimnerme (fragm. 11), cité par M. P. Dechakme, Mythologie de la Grèce antique. Paris, 1886, p. 607.

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