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IDENTITÉ DE SIGNIFICATION ET D’EMPLOI

Suivant M. François Lenormant, la célèbre pyramide de Borsippa s’appelait le Temple de la Main droite, et un des noms de Babvlone était la ville de la Main d’Anou, ou, ce qui revient au même, de la Main céleste (i).

La main levée vers le ciel est une image fréquente sur les ex-voto de Carthage et, aujourd’hui encore, elle figure sur les maisons arabes, de la Palestine au Maroc, pour préserver les habitants contre les mauvais esprits (2). D’autre part, ce symbole a également passé dans l’Inde, où il décore le piédestal de l’arbre sacré dans un basrelief de Bharhut (v. plus loin, pl. IV).

A défaut d’indications suffisantes, puisées dans l’originalité des formes, l’identité de signification et d’emploi peut apporter de fortes présomptions pour la parenté des symboles.

Il n’y aurait rien de surprenant à ce qu’Hindous et Egyptiens eussent séparément adopté comme symbole du soleil la fleur du lotus, qui,

(1) Galette archéologique de 1877, p. 3i.

(2) Ph. Berger dans la Galette archéologique de. 1876, pp. 119-120. — Il est curieux que certains indigènes australiens attachent un pouvoir analogue à la main de leurs chefs ou de leurs ancêtres, qu’ils détachent du cadavre et qu’ils conservent soigneusement dans la tribu. Un voyageur anglais, M. Howitt, rapporte qu’à la vue d’une aurore polaire, les Kurnaï de son campement se mirent à agiter une de ces mains desséchées dans la direction du phénomène, en s’écriant : « Éloigne-le, » Éloigne-le ; ne le laisse pas nous brûler ». ( Journal ofthe Anthropological Institute. Londres, 1883-1884, p. 189.)

chaque matin, s’ouvre sous les premiers rayons de l’astre pour se refermer au soir et qui semble naître d’elle-même à la surface des eaux tranquilles. Mais l’hypothèse d’un emprunt devient fort plausible lorsque, dans l’iconographie des deux peuples, nous voyons cette fleur à la fois servir de support aux dieux solaires, comme Horus et Vishnou, et figurer dans la main des déesses associées à ces dieux, comme Hathor et Lakshmi, les Vénus respectives de l’Egypte et de l’Inde. Enfin cette plausibilité devient une quasicertitude quand, des deux côtés, nous trouvons le lotus employé à rendre la même nuance de pensée dans des applications assez indirectes et assez subtiles du symbolisme solaire.

Il faut remarquer, en effet, de part et d’autre, que la fleur du lotus symbolise moins le soleil lui-même que la matrice solaire, le sanctuaire mystérieux où le soleil se retire, chaque soir, pour y puiser une vie nouvelle.

Ce miracle, qu’on croyait se renouveler tous les jours, fut placé à l’origine des choses. Les Égyptiens, qui s’imaginaient le monde sorti de l’élément liquide, faisaient naître le soleil d’un lotus, qui, un beau jour, avait émergé des eaux primordiales (i) ; ce qu’ils traduisaient, dans leur icono-

(1) G. Maspero, dans la Revue de l'histoire des religions, t. XVIII, 1889, p. 21.

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