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LE CÔNE ANSE EN GRÈCE

dans une direction qui le rapprochait de la silhouette humaine. On trouve parmi les terres cuites de Béotie une sorte de cône avec une ébauche de tête et des rudiments de bras, qui représente une déesse, Aphrodite ou Harmonia.

Fig. 80.

( Gazette archéologique, 1876, p. 68.)

Il y a là incontestablement le passage du cône sacré à la forme humaine. Mais François Lenormant cite, comme plus ancien, un exemplaire où l’on voit simplement le cône avec des rudiments de bras (i). On peut se demander si ce sont bien là des bras et même si ces informes moignons ne préexistaient pas à toute intention de retrouver dans cette figure la physionomie humaine. J’inclinerais d’autant plus à chercher ici la trace d’une modification due à l’influence de la croix ansée, qu’un autre type du panthéon classique nous reporte plus directement encore à l’image du

(1) Fr. Lenormant, dans la Galette archéologique de 1S76, p. 68.

symbole égyptien. C’est l’Artémis d’Ephèse qui, avec sa tête nimbée, ses avant-bras en saillie aux deux côtés du corps, ses membres inférieurs étroitement emprisonnés dans une gaine, rappelle d’une façon frappante une clef de vie en quelque sorte anthropomorphisée.

Fig. 8i. Artémis d’Éphcse.

(P. Decharme. Mythologie de la Grèce antique, fig. 145).

Si étrange que cette assimilation puisse paraître au premier abord, elle trouve sa contre-épreuve dans une amulette, sans doute d’époque assez basse, recueillie sur les ruines du Sérapéum, à Alexandrie.

Fig. 82.

( The Antiqnary, 1881, p. 98.)

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