CÔNES ANSES DE L’INDE
Il y a là, très probablement, non plus une représentation de l’Artémis nourricière, modifiée par l'intervention de la clef de vie, mais une croix ansée, altérée au contact des simulacres de l’Artémis éphésienne ou de quelque déesse analogue.
L’intluence de la clef de vie se retrouve encore dans l’image suivante d’un hermès consacré au Mercure chtonien, dieu de la fécondation et de la mort.
EPMAO X0ONIOÏ
Fig. 83.
(Mim.de l'Acad. des inscr. et bel.-let., t. XVII, 2e partie, pi. IX, fig. 12.)
M. Raoul Rochette signale une autre stèle de la même forme dans une inscription de Thessalie relative à des jeux funèbres (i).
La combinaison de la croix ansée avec le cône sacré semble avoir pénétré jusque dans l’Inde, si l’on peut tirer cette conclusion d’une figure
|i) Raoul Rochette. Sur la croix ansée asiatique. Loc. cit.,pl. IX, fig. 11.
énigmatique qui s’observe parmi les symboles gravés à Amaravati, sur les pieds du Bouddha (fig- 84 a).
Fig. 84 (1).
A vrai dire, le disque ou l’anse ovale qui couronne le cône est remplacé, dans le symbole bouddhique, par une anse triangulaire ou un second cône tronqué, placé en sens inverse. Mais cette différence est une présomption de plus en faveur de notre thèse. En effet, c’est précisément cette substitution d’une anse triangulaire à une anse ovale qui caractérise la croix ansée de l’Inde ou du moins la figure que des indianistes ont rattachée au symbole égyptien de la clef de vie (fig. 84 &), parvenu dans l’Inde à travers la Syrie et la Perse.
Le symbole d’Astarté, ainsi modifié sous l’influence de la clef de vie, semble avoir poursuivi son développement, parmi les peuples sémitiques, dans une double direction.
(1) a. Voy. au frontispice. — b. Sur un lingot d’argent. (Edw. Thomas, dans la Numismatic Clironicle, t. IVfnouv. sér.), pl. XI.)