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LE SIMULACRE DE TANIT

D’une part, sur les stèles de Carthage consacrées à Tanit, les deux extrémités de la barre qui s’allonge entre l’anse et le cône se redressent le plus souvent à angle droit.

Fig. 85.

(< Corpus inscr. sentit ic., fasc. IV (1889), tab. LU, fig. 138.)

D’autre part, il faut remarquer qu’à Chypre et en Asie Mineure la base du triangle disparaît entièrement.

Fig. 86 (i).

(i ) a. Sur une monnaie de Cilicie. (Gesenius. Scripturæ Phœniciœ Monumenta, tab. XXXVII.)

b. Sur une monnaie de Chypre, (de Luynes, Numismatique et Inscriptions cypriotes. Paris, 1 852, pl. V, fig. 12.)

c. Sur une stèle votive de Carthage. (Ph. Berger, dans la Ga\. archéol. de 1876, p. 125.)

d. Sur un cachet hettéen. (Perrot et Chipiez. Op. cit., t. IV, fig. 384.)

e et /. Sur un cylindre hettéen. (Tyler, Babylonian and Oriental Record, t. I, n° 10, p. 1 5 1 . Londres, 1887.)

C’est à peine si, dans ces figures, on retrouve encore la silhouette du cône primitif. Toutefois, les écrivains les plus compétents qui se sont prononcés à ce sujet, MM. Lenormant, Berger, Tyler, Perrot, etc., n’ont pas hésité à y reconnaître le symbole d’Astarté-Tanit. Mais, ici, il s’est trouvé un égyptologue qui a perdu patience. M. Eug. Révillout, le savant professeur de l’Ecole du Louvre, fait observer que ces figures étaient simplement la reproduction plus ou moins altérée d’un caractère égyptien : le signe sa, qui signifie « protection » (fig. 87 a). — De même, à l’en croire, le prétendu « cône sacré avec des bras et avec une tête » ne serait cju’ « un autel égyptien de forme vulgaire », une table d’offrandes (fig. 87 b).

Fig. 87 (1).

J’estime que M. Révillout n’a pas tort; mais ceux qu’il accuse d’erreur n’en ont pas moins raison. C’est bien, en effet, la grande déesse que symbolisent les cônes ansés, du moins quand ils

(1) Eug. Révillout. Sur un prétendu sceau hittite, dans la Galette archéologique de 1888, pp. 1 et suivantes.

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