‹ La migration des symbolesChapitre 84 sur 120 · LA TABLE D'OFFRANDES · texte numérisé non relu

LA TABLE D'OFFRANDES

le symbole conique. Une intention de ce genre se révèle nettement dans une des curieuses figures gravées sur le bandeau d’argent, trouvé à Batna, que M. Renan a décrit et commenté dans la Gazette archéologique.

Mais c’est là une exception et, dans la plupart des exemplaires qu’on en possède aujourd’hui, l’emblème de Tanit reste une figure géométrique qu’avec la meilleure volonté du monde on ne peut assimiler à une silhouette humaine, même grossièrement ébauchée.

D’autre part, rien n’empêche que la pierre conique, tout en figurant Tanit, n’ait pu servir elle-même d’autel, en même temps que de simulacre, — comme le béthyle phénicien et 1 ’ançab arabe, — ou du moins que sa représentation figurée n’ait englobé l’image de l’autel qui lui servait de support dans le sanctuaire. A-t-on remarqué que, sur certaines stèles libyques, le symbole de Tanit paraît formé de deux parties distinctes: le cône proprement dit, avec ses appen-

Fig. 88.

{Gazette archéologique de 1879, pl. 21 •)

dices ordinaires, et une espèce de support ou de piédestal?

Fig. 89.

(Gesenius. Monurnentu, tab. 17.)

Dans la plupart des cas, on ne sera pas allé aussi loin; on se sera contenté de relever les deux extrémités de la barre horizontale, — de façon à produire les prétendus avant-bras qui rappellent les deux vases de l’autel égyptien — et qui, sur une stèle de Carthage, sont remplacées par deux caducées, peut-être en vue de symboliser les deux divinités mâles qui formaient, avec Tanit, la grande triade divine des Carthaginois (1).

Je ferai également remarquer que le symbole du cône sacré, après s’être confondu avec la clef de vie, puis transformé en autel, semble s’être combiné à nouveau avec la croix ansée. On voit, en effet, dans un cylindre en hématite, de provenance hettéenne, qui se trouve actuellement à la

(1) Gesenius, tab. 47.

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