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LE GLOBE AILÉ EN MÉSOPOTAMIE

C’est seulement à partir des Sargonides qu’il apparaît sur les cachets et les bas-reliefs. La fondation de Khorsabad marque, du reste, au dire de M. Lavard, l’époque où se montrent pour la première fois, dans l’art assyrien, le scarabée, la clef de vie, la fleur de lotus et les autres symboles empruntés à l’Egypte (i).

Même la découverte du globe ailé sur des monuments plus anciens de la Mésopotamie ne serait pas encore un argument contre la provenance égyptienne du symbole. Les révélations de l’assyriologie ont singulièrement reculé le commencement des relations entre l’Egypte et la Chaldée. Ces rapports semblent dater, pour le moins, de Naram-Sin, le fils de Sargon, qu’une tablette de Nabounid, confirmée par divers calculs chronologiques, fait régner dans le pays d’Accad au trente-huitième siècle avant notre ère (2). Quelques savants les font même remonter aux patesi de Telloh, dont les monuments, découverts par M. de Sarzec, sont peut-être contemporains de la quatrième dynastie égyptienne (3).

(1) Layard. Nineve/i and its remains, Londres, 1848-49, t. II. pp. 213-214.

(2) A. H. Sayce. Religion of the ancien t Babylonians. Londres, 1887, pp. 21 et 137.

(3) Terrier de la Courerie, An unknown King of Lagash, dans le Babylonian and Oriental Record d'août 1890, pp. ig3 et suivantes.

S’il est un fait surprenant, c’est que les principaux symboles de l’Egypte n’aient pas pénétré plus tôt dans l’imagerie chaldéenne. Iis ont dû, en effet, se répandre bien avant la constitution de l’empire assyrien, avec les ivoires, les cachets, les bijoux qu’apportaient d’Egypte les armées et les caravanes — témoin les nombreux scarabées au cartouche de Totmès III et d’Aménophis III, retrouvés de nos jours dans le bassin du Tigre (i).

Plusieurs savants, entre autres MM. G. Rawlinson et J. Menant, se sont demandé si le disque ailé de la Mésopotamie n’avait pas son prototvpe dans l’oiseau sacré aux ailes déployées, qu’on promenait dans les processions religieuses et qui couronne déjà les enseignes sculptées à Telloh (2). Il est très vrai que le disque mésopotamien, grâce à la présence d’une queue peu née, offre une ph vsionomie ornithomorphe beaucoup plus accentuée que celle du globe ailé de l’Egypte. Mais cette similitude, s’il y a quelque raison de soutenir que les symboles équivalents tendent à se fondre, est tout simplement un résultat de l’importance antérieurement attribuée en Mésopotamie à la représentation de l’oiseau sacré. Ailleurs (3),

(1) Layard. Nineveh and Babylon, Londres, 1853, chap. Xlt.

(2) J. Menant. Pierres gravées, t. II, p. 17.

(3) Id., ibid., t. Il, p. 18.

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