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LE GLOBE AILÉ EN PERSE

royal, le dieu décoche une flèche aux animaux féroces ou aux ennemis du souverain, tantôt il a la main droite levée et tient de la gauche une fleur de lotus.

Fig. io3. Ahura Mazda.

(Lajard. Mit /ira, pl. II, fig. 32.)

L’autre type offre également des formes plus élégantes et plus déliées, qui peuvent soutenir la comparaison avec les meilleurs exemplaires de la Phénicie et de l’Egypte. M. Dieulafoy, du reste, a démontré que l’architecture et l’ornementation des Perses se sont fréquemment inspirées de l’art égyptien, pris à ses sources mêmes et non dans ses imitations assyriennes (1).

En Europe, je ne sache pas que le globe ailé se soit rencontré jusqu’ici, sauf dans les îles de la Méditerranée, où il a été directement importé par les Phéniciens. La Grèce ne semble pas lui avoir donné droit de cité, quoiqu’elle se soit ouverte à des symboles asiatiques moins importants ou moins répandus, tels que la croix gammée, le triscèle, le

(1) Dieulafov. L'art antique de la Perse, 3e part., § IV, pp. 33 et suivantes.

foudre, le lotus. Il s’observe bien à Carthage, sur des monnaies dont la facture révèle l’inlluence plastique de l’art grec (1). Mais ces pièces se rattachent trop aux religions de l’Asie par leur sujet, leur légende, leurs symboles, pour qu’on puisse les porter à l’actif de la civilisation hellénique.

Celle-ci a, sans doute, connu le symbole du disque ou de la roue solaire. Mais l’art grec était trop anthropomorphique pour prêter des formes contre nature aux incarnations figurées de son idéal divin. Il laissa donc aux monstres les corps monstrueux, et, s’il attacha des ailes aux épaules de quelques-uns de ses génies ou de ses dieux, ce furent de simples accessoires qui n’altérèrent ni les formes, ni les proportions de la physionomie humaine. Quand il emprunta à l’Asie des combinaisons symboliques où figurait primitivement le globe ailé, il l’y remplaça par le foudre, à la fois arme et symbole de son propre dieu suprême, — comme dans ces chapiteaux du temple d’ Athéné à Priène où le foudre plane

(1) Duc de Luynes.' Numismatique des Satrapies. Paris, 1846, pl. I, fig. 1, 2, 3; pl. II, fig. 3, 4, 5. — Barclay V. Head. Guide to the Coins ofthe Ancients. Londres, 1881, pl XI, n° 40, et pl. LIX, n° 33. — Une monnaie d’Iaetia, en Sicile, présente, au revers, un visage humain muni de deux ailes et de trois jambes; mais c’est là un simple enjolivement du triscèle asiatique, devenu, comme nous l'avons vu, l’emblème géographique de l’île aux trois caps.

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