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LE GLOBE AILÉ ET LE FOUDRE

au-dessus de l’arbre sacré et de ses deux acolytes (voy. plus haut, pl. V, fig. c et e ) (1).

A voir certaines représentations du foudre qui rappellent singulièrement le galbe du globe ailé, on peut même se demander si ce n’est pas au contact de ce dernier symbole que les Grecs auraient transformé en un fuseau ailé (fig. 104 d el e) le double trident emprunté à l’Assyrie (fig. 104 a). En tout cas la transition ou, si l’on préfère, la combinaison des deux symboles se rencontre dans cette numismatique de l’Afrique septentrionale où l’art grec s’est si fortement imprégné de types phéniciens. Ainsi, sur les monnaies de Bocchus II, roi de Mauritanie, on trouve des figures que Lajard rattachait au globe ailé et que M. L. Miiller appelle des foudres, mais qui en réalité sont le produit d’un croisement entre ces deux emblèmes (fig. io5 b et c).

Fig. 104. Combinaison du globe ailé et du foudre (2).

(1) On peut suivre, dans la même planche, la transformation ultérieure de ce détail symbolique, qui, sur le tympan de l’église de Marigny (fig. g ), devient un double rameau végétal au sommet de l’arbre sacré.

(2) a Sur une monnaie de Falère (Hunter, pl. 27, n» 16).

Il existe bien un type du Jupiter fulminant qu’un syncrétisme tardif a essayé de combiner, dans la plastique comme dans le cuite, avec le Baal solaire de Tarse, représenté lui-même par le globe ailé ou plutôt par le dieu ailé de la symbolique perse.

Mais il ne faut pas oublier que, ici encore, nous sommes en pleine Asie Mineure et que cet hommage de l’art local au grand dieu de la culture hellénique n’a point réagi sur les types de l’Occident.

Même la roue ailée, dont la symbolique de nos arts industriels fait un si fréquent usage, n’apparaît qu’exceptionnellement sur les monuments grecs et romains, si on laisse de côté l’espèce de vélocipède que monte Triptolème; encore, dans ces rares exemples, figure-t-elle simplement comme

b et c Sur des monnaies mauritaniennes (L. Mùller. Numismatique de l’ancienne Afrique. Copenhague, t. III, p. g5, nos 5 et 7).

d Sur une monnaie de Ptolémée Soter (L. Müller. Op. cit., t I, p. 141, n» 371).

e Sur une monnaie de Syracuse (Barclay V. Head. Coins in thc British Muséum, pl. 35, fig. 3o).

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