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LE GLOBE AILÉ ET L’AURÉOLE

abréviation de char ou comme symbole de mouvement, et, dans aucun cas, elle ne peut se rattacher à la rouelle ailée, qui, sur certains monuments asiatiques, dérive du globe égyptien (1).

D’autre part, l’influence plastique du globe ailé semble s’être étendue bien au delà des figures

dans lesquelles nous le retrouvons plus ou moins textuellement reproduit. M. Gaidoz a signalé certaines représentations d’Ixion sur la roue, qui pourraient bien avoir été empruntées au type du dieu assyrien inscrit dans le disque (2). — Peut-être faut-il rattacher à la même origine l’auréole que les chrétiens ont empruntée à l’art classique pour en entourer la tête ou le corps de leurs personnages surhumains.

Sans doute, l’idée première de la gloire a pu êlre directement fournie par certains aspects du soleil. Velleius Paterculus rapporte que, « au moment où Auguste entrait à Rome, on vit l’arc du soleil, symétriquement arrondi autour de sa tête, lui former une couronne de la couleur de l’arc-en-ciel ». Mais il n’en est pas moins vrai

(1) Voy., dans les Monuments inédits de Raoul Rochette (Paris, 1 833), la scène du jugement d’Oreste Ipl. XL, fig. 1 ), où Minerve s’appuie sur une roue ailée, qui, dans l’opinion de l’auteur, représente le char de la déesse,' voy. aussi (même ouvrage, pl. XLIII, fig. 2) le personnage qui semble s’avancer à l’aide de roues ailées placées sous ses pieds.

(2) Symbolisme de la roue, p. 44.

2jb LE GLOBE AILÉ, LE CADUCÉE ET LE TRIÇÔLA.

que la façon dont l’auréole entoure le buste des divinités assyriennes nous reporte directement à l’anneau qui sert de ceinture à Ahura Mazda ou à Assour, et qui représente, comme je l’ai montré plus haut, la circonférence du globe ailé (i), — sauf qu’ici le disque a abandonné ses ailes pour se hérisser de rayons.

Fig. 106. Auréole mésopotamienne.

(Menant. Pierres gravées, t. II, fig. 45.)

11 faut remarquer que, dans les auréoles assyriennes, les rayons, au lieu de s’élargir en divergeant du centre, se rétrécissent à mesure qu’ils s’écartent. C’est cette particularité, également observable dans l’art classique et dans l’art chrétien (2), qui a permis de rattacher leurs

(1) Cf. l’image d'Assour dans le cylindre reproduit plus haut, fig. 100, p. 203.

(2) Didron. Iconographie chrétienne. Paris, 1843, p. i3.

LE GLOBE AILÉ DANS L'iNDE.

auréoles au symbole analogue, figuré en Assyrie dès le VIe siècle avant notre ère (1).

Dans l’Inde, bien que la symbolique ne semble pas avoir adopté le globe ailé, on rencontre également certains types traditionnels qui pourraient bien avoir subi l’influence du vieux symbole égyptien.

Ainsi, parmi les représentations de Vishnou dans son avatar de la tortue, j’ai remarqué, au musée Guimet, une image où l’on retrouve la ceinture aux bouts flottants qui caractérise le génie ailé de la Perse ; le bas du corps y est formé par une carapace qui rappelle à la fois la queue du disque ailé et celle du scarabée. Les ailes manquent, mais les bras en occupent la place, conformément aux conventions ordinaires de l’iconographie hindoue.

Fig. 107. Avatar de Vishnou.

(Guigniaut, pl. IX, fig. 47.)

(1) J. Menant. Pierres gravées, t. Il, pp. 55-56.

Ailleurs, c’est le chakra ou disque solaire, dont les appendices latéraux, représentant des feuilles ou des flammes, prennent l’apparence ou du moins la place des ailes dans le globe ailé. Ces représentations sont à la vérité assez modernes, mais il est probable que leur type est des plus anciens.

Fig. ic8. Chakra de Vishnou.

(Moor. Hindn Panthéon, pi. IX, fig. 1.)

Toutefois, c’est surtout dans le triçula, — ce caducée de l’Inde, comme on l’a parfois surnommé, — que nous aurons l’occasion de constater une intervention manifeste du globe ailé sur les créations originales de la symbolique hindoue.

Dans le nouveau monde, je ne connais guère qu’une figure qui se rapproche incontestablement du globe ailé : c’est un visage humain, muni de petites ailes pennées et garni d’une formidable paire de moustaches, que deux voyageurs anglais, MM. Pim et Seeman, ont observé dans l’Aîné-

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