‹ La mimique et la physiognomonieChapitre 11 sur 110 · WUNDT · texte numérisé non relu

WUNDT

ANALOGUES. « Des impressions sensorielles agréables ou désagréables déterminent certains mouvements musculaires qui servent à favoriser ou à empêcher ces impressions ; ces mouvements se produisent surtout dans les muscles de la bouche et du nez. Or, des affections, qui ont une parenté avec les impressions sensorielles, produisent, sans que le sujet en ait conscience, les mêmes mouvements, et toutes les dispositions de l'âme que l'on distingue aussi sous les noms de amères, aigres, douces, se combinent par suite avec les mouvements mimiques correspondants de la bouche. »

Dans la deuxième des deux propositions que j'ai posées, et qui est ainsi conçue : « Les mouvements musculaires d'expression se rapportent à des impressions sensorielles imaginaires », je me suis efforcé d'énoncer ce même principe sous une formule plus générale (cf. deuxième chapitre) .

3° Le principe du rapport du mouvement aux représentations SENSORIELLES, au nom duquel il faut expliquer principalement les mouvements expressifs des bras et des mains. « Si, dans notre affection, nous parlons de personnes et de choses présentes, involontairement nous les désignons. Mais si l'objet de notre représentation n'est point présent, nous le simulons. Dans une grande attention notre regard est arrêté et fixé, quand bien même l'objet de notre réflexion attentive ne serait pas présent. »

C'est ce même principe que j'ai résumé dans ma première proposition fondamentale ainsi qu'il suit : « Les mouvements musculaires d'expressions se rapportent à des objets imaginaires (1). »

(1) Bu reste, Wundt, EssaySjY). 23:2, est d'avis « que les mouvements internes de ràme sont associés à des sensations semblables à celles qui accompagnent les impressions produites sur nos organes des sens (par exemple, sensation

Dans un discours prononcé au congrès des naturalistes à Baden-Baden (1879), discours que la. Deutsche ' Rundsclmu dans le 4° fascicule de 1880 a publié sous le titre de Ueber den Ursprung der menschlichenMienensprsLche. le D'' Birch-îiirschfeld (1) reconnut aussi l'exactitude de mon mode d'interprétation (2).

Parmi les observations que Birch-Hirschfeld communique, la suivante me parait entre toutes digne d'attention. Il est dit p. 58 : « De nombreuses observations faites sur des aveugles m'ont montré que des individus qui n'ont perdu la vue que longtemps après la naissance et d'autres qui possèdent encore le sens de la vue quoique imparfaitement, montrent une activité mimique des muscles frontaux tout comme des personnes qui voient; au contraire, des individus, devenus complètement aveugles peu de temps après la naissance, ne possèdent pas l'activité mimique du

amère du goût avec une violente répulsion). Si nous plissons notre front dans le sons vertical, nous ressentons inconsciemment dans les yeux quelque chose qui nous rappelle vaguement une sensation de vive lumière. » Toutefois, il serait très difficile de démontrer que, dans des représentations désagréables et agréables, il y ait une sensation réelle at simultanée des nerfs des sens, et c'est pourquoi j'ai cru devoir admettre que seules des impressions sensorielles imaginaires sont la cause des mouvements d'expression. Mais cette question n'a pas d'importance au point de vue pratique, car pour l'explication et l'analyse des formes mimiques d'expression, la proposition que j'ai posée tout d'abord est aussi suffisante qu'indispensable : que des représentations agréables ou désagréables provoquent des mouvements musculaires comme si les organes des sens, à la suite d'excitations extérieures, avaient été impressionnés Iiarmoniquement ou inliarmoniquement (cf. sur ce point particulièrement la fin de VIntroduction psychologique).

(Ij Professeur de pathologie à l'Université de Leipzig. — G.

(•2) II porte sur Darwin un jugement semblable à celui de Wundt : « Si, dit-il, p. 45, d'après ce qui vient d'être dit, la classification de Darwin est criticable, parce que, d'une façon générale, elle ne part pas d'un seul et même point de vue et qu'en outre la seconde loi, qui dérive de l'antithèse des formes déterminées de mouvement, n'est point assise d'une façon convaincante, ron peut encore invoquer contre cette classification ce fait qu'elle n'embrasse pas un grand nombre des mouvements mimiques d'expression justement propres à r homme .... Le point de vue sous lequel Darwin se place n'est pas exempt d'ctroitesse. On comprend qu'il ait cherché dans le domaine des mouvements expressifs des preuves à l'appui de la continuité du développement animal et humain. Toutefois il est étrange qu'un petit nombre de mouvements mimiques

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