BIRCH-HIRSCHFELD
muscle orbiculaire, ni du sourciller ni du muscle frontal ; donc ici, la région frontale est au sens mimique tout à fait passive; au contraire tous les aveugles possèdent ces mêmes mouvements mimiques de la bouche, comme ceux qui jouissaient du sens de la vue, bien qu'avec moins de nuances et de mobilité, fait dont il est très facile de fournir l'explication, lorsqu'on songe au rôle capital que l'imitation a dans le développement du jeu mimique. » Cette observation intéressante me semble donner
UNE preuve frappante EN FAVEUR DE l'OPINION SUI- VANT LAQUELLE l'ORIGINE ET l'eSSENCE MÊME DES MOUVEMENTS MUSCULAIRES d'eXPRESSIONS DÉPENDENT DES RAPPORTS RÉCIPROQUES QUI EXISTENT ENTRE LA VIE DE L AME ET l'AGTIVITÉ DES SENS, ET LA TRANSMIS- SION PAR VOIE d'hérédité Y JOUE UN ROLE BEAUCOUP MOINS IMPORTANT QUE DARWIN NE LE PENSE.
Cependant, il y a une affirmation de Birch-Hirsclifeld
de riiommc puissent seuls s'expliquer par l'hypothèse que l'homme aurait autrefois vécu dans un état voisin delà bestialité. Et même, en ce qui concerne ce petit nombre de mouvements d'expression, l'on pourrait mettre en doute la justesse de sa manière de voir. L'on ne saurait en conclure par exemple que le hérissement des cheveux dans une Irayeur subite, la mise à nu des dents dans un mouvement de colère fussent nécessairement des héritages que
l'homme aurait reçus d'un premier degré de développement S'il explique
la forme expressive du dédain, où la dent canine se découvre d'un seul côté, en disant que nos ancêtres à demi Immains ont possédé de grosses canines et ont découvert d'une façon provocante cette arme la i)lus dangereuse de leur mâchoire, cette déduction nous semble être assez clierchée. »
Le système de Darwin ne paraît pas non plus avoir fait beaucoup d'adeptes parmi les hommes d'art ; les peintres et les sculpteurs y trouveront peu de renseignements qu'ils puissent utiliser. J'en donnerai comme exemple le jugement du célèbre esthéticien Fr. Th. Vischer. II m'écrivait à la date du 27 décembre 1879 : « Votre ouvrage, sur lequel Luschke de Tubingcn a attiré le premier mon attention, m'a plus éclairé que tout autre. Et Darwin n'en donne que le titre -- preuve du vide intérieur de son ouvrage sur l'expression du sentiment. Il faut remarquer, la chose en vaut la peine, que cet Anglais perspicace, ce chercheur qui fit certainement époque, ne connaît pour ainsi dire pas l'unique et vrai principe conducteur sur le domaine de la mimique, le principe du symbolisme qui traduit inconsciemment, mais procède presque toujours d'une manière purement pragmatique (par exemple le chat caresse, parce qu'il se souvient combien il faisait bon se coucher et se frotter dans le nid, etc.).
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sur laquelle je suis forcé de faire des réserves. « Touchant les mouvements oculaires, dit-il, p. 53, Joh. Millier, dans la dissertation parue en 1826, sur la Physiologie comparée de la vue chez les hommes et chez les animaux, a déjà posé le principe le plus riche en conséquences pour la mimique et la physiognomonie » et comme preuve, il cite la phrase suivante : « On sait combien l'horizon visuel diffère selon les affections. Les affections qui relèvent (erhebenden), qui laissent plus ou moins le champ libre à notre activité intellectuelle, l'espérance, la joie, le vif désir, l'admiration, l'étonnement, exigent un horoptère grand, éloigné, avec une pupille plus grande ; mais les affections qui dépriment (deprimirenden), qui amoindrissent le sentiment que nous avons de nous-mêmes, sont accompagnées d'un rayon visuel plus ou moins court ; ce sont la crainte, la tristesse, la honte, le respect. Toutes ces affections à horoptère plus ou moins grand enlèvent à la vue sa netteté et sa fixité, mais la colère et la répulsion, malgré un cercle visuel court, lui donnent de la fixité. Les affections soudaines qui dépriment, comme la frayeur, paralysent momentanément le pouvoir d'inclinaison des axes optiques ; elles ont donc un horoptère grand et lointain, la pupille large comme les yeux paralysés en général. » Et alors Birch-Iiirschfeld continue : a Ces phrases renferment en substance le principe relatif aux formes de mouvements des yeux, que Piderit, en vue des autres sens, exprime d'une façon plus générale encore en disant : les mouvements musculaires d'expression dus à des états de l'âme se rapportent soit à des objets imaginaires, soit à des impressions sensorielles imaginaires. » Mais avec la meilleure volonté du monde, je ne puis découvrir dans ces phrases citées plus haut le principe dont je me suis servi (puisque, comme causes premières des diverses espèces de regards, l'on n'y indique que les