‹ La mimique et la physiognomonieChapitre 19 sur 110 · MIMIQUE DES YEUX · texte numérisé non relu

MIMIQUE DES YEUX

C'est par les yeux, par la vue. que l'esprit reçoit la plus grande partie des matériaux qu'il met en œuvre. D'une activité sans relâche, l'oeil embrasse en un moment les espaces les plus lointains et les objets les plus divers, il nous apprend à connaître les couleurs et les formes ; c'est une source toujours abondante des joies les plus fécondes ; il conduit l'esprit vers les hauteurs lumineuses des pressentiments supraterrestres et dans les régions les plus profondes de la science.

Cet organe précieux et sensible se trouve en haut de

Fig. 1. ~ Globe de l'œil

la tête, enfoncé dans une cavité osseuse, solide, dont le bord supérieur s'avançant, le protège. Dans cette cavité, se trouve le globe de l'œil (fig. 1), entouré d'une

membrane blanche tendue et opaque, la. sclérotique. Entre les paupières ouvertes, l'on voit dans cette peau blanche une ouverture circulaire, par laquelle, comme par une fenêtre, les rayons lumineux tombent à l'intérieur du globe de l'oeil. Cette fenêtre oculaire est fermée par une membrane cristalline et transparente, appelée LA CORNÉE TRANSPARENTE (fîg. 1. a), et derrière cette membrane, se trouve l'iris ou membrane irisée (fig. 1 b) dont les couleurs varient, on le sait, suivant les individus. Au centre de l'iris, apparaît, comme un point noir, le trou optique, la pupille dont la grandeur varie suivant que la membrane irisée se contracte ou se dilate.

On a coutume d'attribuer à la partie du globe oculaire, visible entre les deux paupières, une importance mimique et physiognomonique toute particuhère, et les poètes de tous les temps ne savent trouver assez d'accents pour chanter tous les secrets de l'âme qu'ils s'imaginent découvrir au fond de l'oeil, surtout quand l'illusion gracieuse de l'amour les inspire et les ravit; mais des hommes ordinaires s'adonnent aussi volontiers, lorsqu'ils sont amoureux, à ces études physiognomoniques de l'œil et croient pouvoir deviner à travers la pupille les pensées même les plus profondes de leur bien-aimée. Malheureusement une étude calme montre bien vite que cette belle croyance est une illusion. Les yeux possèdent sans doute une grande propriété d'expression, cela est incontestable ; seulement il ne s'agit point là, comme on l'a cru généralement jusqu'à nos jours, de certains phénomènes mystérieux, qui se produisent dans le globe oculaire même, que l'on pressent plutôt qu'on ne les explique, mais bien de faits physiques élémentaires qui surviennent dans les environs de l'œil, c'est-à-dire de mouvements musculaires. Le globe de l'œil en lui-même est assez insignifiant ; et ce n'est que par la mise en jeu

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