‹ La mimique et la physiognomonieChapitre 56 sur 110 · OUVERTURE DES NARINES · texte numérisé non relu

OUVERTURE DES NARINES

ment une impression de l'odorat, on ouvre grandement les narines afin d'y laisser pénétrer un courant d'air aussi fort que possible (fig. 42). Mais, non seulement des objets odorables, mais encore des représentations, c'està-dire des objets imaginaires, amènent un gonflement des

ailes du nez, et des narines ouvertes grandement ont un sens mimique analogue à celui des yeux grands ouverts ; c'est-à-dire elles sont un signe d'une attention renforcée. Chez les hommes dont les muscles nasaux sont très mobiles, une vive attention se fait reconnaître par le gonflement des narines aussi bien que par le regard plus vif, plus attentif (p. 52), et par les paupières relevées (p. 72), aussi bien que par le gonflement des narines; et la colère, la rage, l'effroi ne se manifestent pas seulement chez eux dans les yeux par la fixité du regard (p. 52), mais encore dans le nez par la tension prononcée des narines. C'est pourquoi Shakespeare a dit :

Gonflez les narines, tendez tous les esprits vitaux Elevez-les au plus haut.

Fig. 42.

Ailes du nez dilatées

Lorsque les ailes du nez se dilatent subitement, elles donnent au visage l'expression de la surprise, et si elles sont LONGTEMPS DILATÉES, olles lui donnent l'oxpression

d'une ATTENTION SOUTENUE, PERSISTANTE (1).

Physiognomonie : On peut appliquer à la, physiogno^ monte aussi bien qu'à la mimique, en ce qui concerne les ailes du nez, ce qui a été dit sur les paupières supérieui^es. Des narines ouvertes signifient la même chose que des paupières relevées, cest-a-dire qu'on y reconnaît un esprit ouvert, éveillé, sensible aux impressions.

Fermeture des narines

A côté du muscle canin, vers le dedans, se trouvent de petits faisceaux musculaires qui, se détachant de l'os du maxillaire supérieur, au-dessus des incisives, se fixent au bord postérieur et externe de la narine (fig. 5 un.]. On les appelle muscles myrtiformes (2) et ils servent à abaisser la partie postérieure de la narine. Celle-ci est donc, par ce moyen, rétrécie un peu et l'air n'entre pas facilement dans la cavité nasale.

Or, on devrait s'attendre à ce que, dans de mauvaises odeurs, la tension de ces muscles dût apparaître d'une façon très nette et très marquée ; et cependant, ce fait ne se produit que dans des limites très restreintes, et cela pour les raisons suivantes. Les odeurs désagréables font que l'on cherche naturellement à fermer autant que possible la cavité nasale ; mais cette occlusion ne se produi-

(1) Ch. Bell — et avec lui, Danvin — explique la dilatation des narines en l'attribuant à la sympathie (c'est -à-dire à une synergie habituelle) de tous les muscles respiratoires, cf. Darwin, p. 261.

(2) Ch. Bell prétend que ces muscles manquent aux animaux.

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