LES FRONTS HAUTS
bêtise, un devant de tête très développé (Physiognomonie chap. vi) comme un symptôme de paresse. J.-B. Porta rapporte que Galien, Pline et autres tenaient également un grand front pour un signe de stupidité. Mais aujourd'hui la conviction s'est répandue à peu près partout que des hommes de valeur devaient aussi posséder des fronts remarquables, et les peintres ont coutume d'orner leurs portraits d'hommes célèbres d'un front imposant comme jadis les têtes de saints de l'auréole
sainte. Plus il y a de temps écoulé depuis la mort d'un grand homme et moins les contemporains survivants peuvent élever d'objections, et plus le front s'élève sur ses portraits et croit parfois dans la suite des temps jusqu'à l'hydrocéphalie.
Ainsi, par exemple, le puissant front de Goethe n'est, on peut le prouver, qu'un mythe : pour démontrer la vérité de cette assertion, j'ai reproduit ici trois portraits de sa jeunesse, qui datent encore de l'époque antéphrénolo- ,-gique. Le premier (fig. 55) est la copie du tableau des-
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Fig. 55. — Gœthe, par Chodowiecki
siné par G. M. Kraus, à Weimar, en 1776, et gravé par Ch odowiecki. Le deuxième (fig. 56) est la copie d'une
Fig. 57. — Silhouette de Gœthe
lors du premier voyage de Gœthe en Italie, 1790. Le troi-