TRAIT PINCÉ
gie toute particulière, l'homme opiniâtre, obstiné, entêté et endurci.
Afin d'être à même d'apprécier la valeur de ce signe physiognomonique aussi exactement que possible dans chaque cas particulier, il faut tout d'abord se rappeler que — ceteris painbus — il se développe plus facilement chez les hommes silencieux, avares de leurs paroles, que chez les bavards ; car celui qui parle beaucoup et vivement a plus rarement l'occasion de se pincer les lèvres et de graver sur son visage cet air pincé.
Il faut aussi prendre en considération que ce trait physiognomonique est souvent simulé par une forme particulière et innée de la bouche. En effet, quand les lèvres sont naturellement très étroites et qu'en même temps la bouche vue de profil apparaît sur une ligne rectiligne, la bouche fait souvent l'impression de l'air pincé (fig. 82).
Seulement cette forme de la bouche n'a pas d'importance physiognomonique ; cela se reconnaît à l'absence sur la lèvre inférieure des sillons ci-dessus mentionnés qui sont les signes caractéristiques de l'air pincé.
Fig. 82. — Lèvres étroites
En outre, je dois attirer l'attention sur cette particularité que le trait pincé peut se développer bien plus facilement et plus fortement avec cette dernière forme innée de la bouche qu'avec des lèvres épaisses et gonflées, sur lesquelles il ne se fait remarquer habituellement que par les deux rides caractéristiques de la lèvre inférieure relevée en son milieu.
Enfin le visage des vieillards sans dents peut aussi produire l'expression de l'air pincé ; car, leurs lèvres desséchées n'ayant plus de point d'appui ferme, ils sont obligés, pour tenir la bouche fermée, de la pincer et de presser la lèvre inférieure contre la lèvre supérieure (fig. 83).
Fig. 83. — Visage de vieillard
L'air pincé se trouve, très nettement marqué, sur le visage du général américain Winfield Scott (fig. 84), et du ministre français Guizot (fig. 85). Les deux portraits sont les copies linéaires soignées de bonnes photographies. L'on connaît la fermeté, la ténacité du général Scott, le conquérant de Mexico, ainsi que l'entêtement opi-