Voir E. Haug, Traité de Géologie, p
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des montagnes les extrémités des couches de houille qui allleurent au jour, et les Bretons durent sans doute remarquer ces pierres brillantes, et, soit par l'effet du hasard, soit par obser^'ation, en découvrir l'utilité. )) Une autre preuve plus positive résulte de la découverte de masses de houille enfoncées dans le sablé sous la voie romaine de Ribbechester.
Les Eiretons connaissaient ce combustible, ce qui est incontestable d'après le nom qu'on lui donne en anglais : « coal » ; ce mot dérive du breton, et il se retrouve dans le « guel » des Irlandais, et le « kolon » des Cornouailles. Pennant raconte qu'une hache de pierre, instrument des premiers habitants de la Grande-Bretagne, fut trouvée dans certaines veines de houille affleurant au jour dans le Monmoutshire, et dans une position accessible à ces peuples inexpérimentés et incapables de creuser à une grande profondeur. On croit généralement que les Romains n'en connaissaient pas l'usage pendant leur domination en ce pays. (]ésar, qui a parlé des mines métalliques, ne dit rien des mines de houille; mais on ne peut douter que, par la suite, les conquérants découvrirent et employèrent le charbon. 11 paraît actuellement, assure \Miitaher, que les Romains firent usage de la houille en Bretagne. Dans la partie ouest du Yorkshire et dans le voisinage de North Brierly, se trouvent de nombreux amas de cendres de houille au milieu des champs et dans l'un d'eux on a découvert plusieurs pièces de monnaie romaines.
Horsely, dans sa « Bretagne Romaine j), parle des inscriptions trouvées à Benwell, village situé près de iXewcastle-upon-Tyne, et il observe qu'il y avait aux environs une mine de houille que toutes les personnes compétentes estiment avoir été exploitée par
les Romains. D'autres auteurs sont d'avis différents, et il faut arriver jusqu'au milieu du ix" siècle pour trouver des renseignements plus probants.
Whitaker cite un acte de concession de quelques terres, fait sur l'abbaye de Petersborough, daté de 853 et prouvant que la houille était connue et employée dans ce pays pendant la domination saxonne. Dans cet acte, le monastère se réservait certains profits; entre autres, il demandait « soixante chars de bois et douze chars de charbon » pour son chauffage annuel.
Par ailleurs, on ne trouve aucune autre mention relative à la houille jusqu'à la Charte accordée en 1239 par le roi Henri 111 aux habitants de Newcastleupon-Tyne pour l'exploitation des mines.
Gomme on vient de le voir, il est bien établi que l'usage de la houille est ancien en Angleterre; après ce pays, la Belgique et la France l'ont employée; mais jusqu'au xviii* siècle la consommation en fut à peu près localisée aux indigènes habitant autour des gisements, car à cette époque d'épaisses forêts couvraient l'Europe et fournissaient largement le combustible nécessaire à nos aïeux. D'autre part, les transports lents et dispendieux empêchaient la diffusion au loin de cette matière, dont on n'avait pas alors le pressant besoin, et dont on ignorait d'ailleurs toutes les qualités.
De son emploi dans ces contrées privilégiées sont nées les renommées des fers, des aciers anglais; en France, celle des aciers, des armes de Saint- Etienne, etc. ; et l'extension prodigieuse, sur les mêmes points, de toutes les industries, est due à cette pierre, alors mystérieuse pour la plupart des contemporains.
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Aujoiircrimi, sur la terre entière, la « pierre noire qui brûle » a pris une place prépondérante dans la vie moderne par ses nombreuses utilisations, découvertes admirables des chimistes!
Imaginez, un soir d'hiver rigoureux, une réunion amicale. On cause au salon. Pendant que, groupés à l'écart, les enfants jouent, les « grandes personnes » font cercle devant une vaste cheminée où la flambée de majestueuses bûches dore les visages, rôtit les épidémies, épanouit les cœurs d'un bienêtre égoïste.
Vous concevez bien que fatalement, inévitablement, l'une des dames présentes s'écriera ; « Ah! décidément il n'y a que le feu de bois! »
Cette phrase, quoique incomplète, est tout de suite comprise de tous. Tous approuvent, renchérissent, complimentent l'amphitryon fidèle au chauffage d'autrefois, et (encore fatalement!) en arrivent à honnir les poêles, et le charbon, ce pelé! il fait de la poussière... il est malodorant... on ne peut l'approcher sans être souillé... il asphyxie traîtreusement...
Mais un jeune savant est là.
Devant ce flot d'imprécations, il dresse la digue de son ironie.
« Vous allez bien ! s'écrie-t-il. 11 est diflicile d'étaler ingratitude et ignorance plus... noires.
— Me voilà rassurée, dit en riant une jeune espiègle. Notre ami nous invective, donc il est de bonne humeur.
— Riez, riez, petite folle! reprend le censeur, mais avouez que, tous, vous êtes injustes envers le
merveilleux et bienfaisant charbon. Songez à ses innombrables transformations! Il ne les prend que pour mieux vous servir. Il nous chauffe, nous éclaire, et guérit nos migraines en nous donnant l'antipyrine synthétique et une longue série d'antiseptiques.
« II se fait anthracite pour vos poêles à feu continu, et gaz pour vos becs renversés et autres.
« Il aide à la réalisation de vos toilettes, mesdames; nombre de blondes sensationnelles lui doivent leurs cheveux. Sans lui, robes, tentures, et même plumes mirifiques de cinq louis, seraient ternes et presque uniformes. Du lignite jusqu'au crayon de graphite dont se sert en ce moment petit Pierre pour me caricaturer, poursuit-il en menaçant amicalement le garçonnet, des « rapides » européens aux autobus, des dirigeables aux sous-marins, partout et en tout. .
— Que contez-vous là? interrompt une dame, vous voyez donc du charbon partout?
— jNIais vous m'éblouissez avec les gouttes de charbon taillées qui scintillent à vos oreilles, à vos doigts... vous les appelez des diamants...
— Il se moque de nous! murmure une personne âgée au corsage sombre et constellé de jais.
— Et vous aussi, êtes tout emperlée et soutachée de charbon!... mais il est noir au lieu d'être blanc, voilà tout!
— Voilà tout! s'écrie un railleur. Il est partout, pour tout, en tout, dans tout, sur tout, c'est l'évi-dence! Notre ami ne vous dit pas qu'il pourrait être même ailleurs... que notre succulent gigot de tout à l'heure cuit par le charbon aurait pu l'avoir...
— Assez!
— Et que le blé de notre pain...
Le Charbon.
— Assez! assez !
— Aurait pu nous le donner, le charbon.
— Des calembours maintenant! c'est complet!
— Sans compter que, si le destin le veut, nous pouvons Têtre tous ici ensemble.
— ]Mais quoi !
— Carbonisés! dramatisa l'orateur.
— • Oh! l'horreur! il va nous donner des idées noires!
— Gomme lui encore ! » dit-il pour avoir le dernier mot!
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