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CHAPITRE lY

Les Mineurs.

Les mineurs ont eu pendant longtemps une situation lamentable, à tel point que, dans Tantiquité, ce travail était imposé à des condamnés et considéré comme une peine très sévère. Les mineurs restaient /parfois une semaine entière sans voir le jour. C'était le supplice de Tergastule singulièrement aggravé.

En France, un décret de Napoléon 1" daté de 1810 représente la première intervention de TEtat dans la défense des intérêts nationaux, dans l'organisation et le contrôle de l'industrie minière, et à ce décret elle obéit toujours. Un autre décret de 1813 vint interdire l'emploi des enfants au-dessous de l'âge de dix ans. ^lais, jusqu'en 1833, en Angleterre, on employait dans les mines des enfants dès l'âge de quatre ans, où on les occupait à fermer les portes des ealeries. Durant douze heures, ces bambins étaient installés, immobiles dans des niches étroites, imbibés de l'eau qui suinte de toute part. A peu près

à la môme époque, en France, les mineurs étaient précédés à leur descente dans les mines par des camarades, sacrifiés volontaires ou tirés au sort, qui, la perche allumée à la main, exploraient et sondaient les galeries grisouteuses. Ces hommes étaient appelés pénitents.

Vers 1840, les mineurs, ces termites noirs, travaillaient encore quatorze et seize heures par journée pour le salaire de « un franc cinquante centimes ».

Anémiés, décharnés, phtisiques, d'une phtisie spéciale mal connue, contaminant leurs enfants qui les aidaient, écrasés quelquefois sous les éboulements, noyés sous de subites et énormes chutes d'eau, brûlés ordinairement dans les explosions de grisou, ils mouraient jeunes. Mais la terreur du mineur de cette époque était provoquée par l'effondrement d'une galerie interceptant pendant de longe jours toutes communications avec ses compagnons de travail, le faisant prisonnier, dans le silence, l'obscurité absolue, les membres fracturés, enseveli à des centaines de mètres sous terre.

Dans mon enfance, j'ai connu de ces ouvriers, simples et véridiques dans leufs récits angoissants, que de graves l^Iessures avaient rendus impropres au dur travail de la mine, et qui devaient à leur infortune une plus longue existence. Leur séjour dans les galeries s'était marqué par le tatouage sur le corps, le visage, de zébrures bleues caractéristiques, troublantes pour l'ethnographe, et appelées « les coups de charbon ! »

A cette époque, les moyens de recherche, de secours, manquaient, et l'irresponsabilité permettait d'attacher moins d'importance à la vie des mineurs, d'ailleurs par tradition résignés à la fatalité. J'ai

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gardé le souvenir d'un d'entre eux qui était resté enseveli pendant huit jours près d'un camarade en conservant, par hasard, l'un et l'autre les bras libres.

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