AUGUSTIN, DIT DUBOURG
liste qui fussent sorties de l’atelier d’Augustin. Ce dernier en ressentait une vanité légitime. Quel monde soulevé par le Lorrain, depuis la descente du coche en 1781 !
Ici, un problème. Qui donc pourrait être cet Augustin, dit Dubourg, né à Saint-Dié , lui aussi, lequel se montre à Paris concurremment avec Jean-Baptiste, et que les historiens de la miniature mêlent assez volontiers avec lui ? Sur ses origines, tout est brumeux, sauf au Salon de 1798, une mention, égarée dans le supplément du livret : « Dubourg (Augustin, dit), né à Saint -Diez, département des Vosges, rue François, n° 434. » Rien que ceci nous rassure sur son état civil. Dubourg n’est pas Augustin, puisque, à cette date, Jean-Baptiste habite au n“ 22 de la rue Saint- Étienne. En 1791, à l’époque où Dubourg débute au Salon des Artistes libres, rue de Cléry, son adresse est rue des Prouvaires; l’autre est encore au café David , rue Saint - Honoré. Le départage est donc définitivement établi : Augustin dit Dubourg, lequel signe Dubourg, quoique venu de Saint - Dié aussi , n’est pas J . - B . Augustin. Est-il son frère ? Pas qu’on sache. L’âge des deux artistes est le même. Jean-Baptiste expose comme l’autre, en 1791, rue de Cléry, pour la première fois ; il envoie un cadre de miniatures sous le n° 104 du livret ; Dubourg, un autre cadre de 18 pouces sur 15, sous le n“ 132.
De ce côté, l’hésitation n’est plus possible, et désormais nous n’entendrons plus prononcer « que Augustin et Dubourg, c’est la même chose ». Que Dubourg soit un parent de l’autre, il y a vraisemblance moyenne. Le patronymique Augustin n’est pas courant, même à Saint-Dié. Pour la valeur respective, on aurait moins de décision, et de cette incertitude était née la confusion. Heureusement, les signatures sont là. Chez M . Doistau, une miniature, possiblement envoyée à la rue de Cléry en 1791, représente une jeune femme pinçant de la guitare. L’attestation d origine est bien formelle, il n’y a pas à se tromper : Augustin Dubourg, 1790 y est inscrit en lettres d’or. C’est le mode employé par Dubourg pour se distinguer ; il signe à l’or; J. -B. Augustin, à l’encre de Chine. Dubourg, seulement sur un portrait de femme laide, au grand nez, à la bouche trop fendue, habillée
OU mieux déshabillée en naïade et appuyée sur une urne ; cette œuvre, d’une technique assez fine, assez rapprochée d’Augustin, avait égaré les amateurs; elle appartient à Madame Henri Bouchot. Une troisième, également signée Diibourg , nous montre une Madame Regnard qui n’a pas d’histoire. C’est tout. Les collections les plus riches, M. le comte Mimerel, qui a recueilli si heureusement tant d’inconnus; M. Panhard, le Louvre, le baron de Schlichting, n’en ont jamais rencontré. Le cas s’explique . Entre 1791 et 1798, Dubourg n’expose pas. En 1798, ce qu’il montre est son propre portrait, et en 1800, une dame à sa toilette. Après, c’est le néant. Dubourg retourna-t-il à Saint-Dié, mourut-il, était-il même en relations de parenté avec l’autre? Toute hypothèse serait téméraire. Une chose est sûre : Dubourg commença par donner le nom d’Augustin à ses miniatures; ensuite il évita les confusions en signant Dubourg. Mais son rapprochement de manière, de technique et d’intentions avec Jean-Baptiste font rechercher les travaux de Dubourg.
Si on le nomme peu, on nomme moins encore Laurent, de Baccarat. Il n’est cependant ni le premier venu, ni non plus un stérile. 11 est le cadet d’Augustin de moins de quatre ans; il est Lorrain lui aussi, et mourra la même année qus l’autre, en 1832. Son prénom est Jean-Antoine, sa date de naissance 1763, et son lieu de naissance Baccarat, voisin de Lunéville, pays de Dumont ; de Saint-Dié, pays d’Augustin, et de Nancy, pays d’Isabey. Une notice inédite de M. Baldat, secrétaire de l’Académie de Nancy, lue en séance le 7 juillet 1833, un an après la mort de Laurent, indique qu’il fut l’élève de Claudot, miniaturiste nancéien, et que ce même Claudot fut en réalité le premier maître d’Augustin et d’Isabey. Donc Augustin se réclamait un peu légèrement de la nature, car M. Baldat n’était point homme à tenir un propos en l’air. Jean-Antoine Laurent, qui eut moins de talent que son confrère, paraît faire montre de plus de mémoire. 11 ne lui pesait pas d’avoir suivi les conseils de Claudot, il l’avouait avec innocence, sans tirer orgueil de la distance mise par lui entre son talent et celui de son vieux patron. Enfin il le disait, alors que J. -B. Augustin le cachait à tout le monde. L’année 1791 le trouve à Paris, lui aussi, et exposant au