THIBOUST
MAXIM ILIEN I®', ROI DE BAVIÈRE (A M. le comte Mimerel)
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Louise aux roses; c’est la fleur desséchée dont un paiinit au débu: ce livre, c’est la relique qu’aucune main profane n’a flélrie. Dans la maiscn où elle est conservée, on sait ce que commande le respect du maître. On en connaît quelques-unes tout aussi gardées de mécomptes. Malheureusement on n’aui-ait que l’embarras de dire les autres ; Isabey a eu Fontallard, ou même ses Fontallard.
Donc, ce qui rendait le vieux maître -i (ici Pe iui-nirr.” regardait roinme une voie nouvelle ouverte par lui 1 1- qu l ' une |v r-F niic>!i-, est en réalité un arrangcnu'.nt dapi'r f
et l.irsqtie nous le ' unions étudier dans le procédé, nous tif . s dru.i détruite par le soleil, ou, ce qui est pis, repas.-é re i-tvs que les chimies enveniment d’iieure en heure. Ccri . . qui- de tous les portraits sous voiles rencontrés de par u •'.l'tixii sertis de diamants, pas un ne vaut, pour le cnn;- ■■ î retenue par le maître, laissée à sa fille, et dans ! ■r.-
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JEAN-BAPTISTE ISABEY
Pe lui, sur ivoire, en œuvres véritablement exécutées à la gouache «'!. J après les formulaires anciens, combien l’ensemble est plus réduit! le- 'jii U, un bijou, une broche comme celle de la reine Hortense, micro- Bcojiujuv et si nette, offerte à Madame d’Épreville par la Reine elle-même, rr»n-e dans son médaillon et conservée chez M. H. de la Tour. A Madame Rolle, les quinze ou vingt plus convaincantes, d’abord à cause de leur qualité, puis pour leur authenticité et leur état civil : une grande ministure, représentant un homme à la trentaine, le menton emprisonné dan» sa cravate, de 1798 environ; une femme anonyme du même temps ; le grand-duc de Bade ; Elisa Bonaparte ; une Pauline non terminée ; la reine Hortense; le roi de Rome; Madame Laetitia, en chapeau de ville; le portrait de Houdon, chef-d’œuvre de vie et de sincérité; Elleviou ; Madame Isabey mère, née Poirel ; — un portrait d’homme de 1793, une Joséphine en diadème; un Napoléon sur une boîte; — et, chez M. Taigny, son propre portrait. Voilà pour l’incontestable, le» œuvres de tout repos, autrefois entrevues rue des Trois-Frères et restées vierges. Dans le nombre, aucune ne porte une date postérieure à 1815. Ni le portrait d’homme en symphoni; de bleus , la femme en costume demioriental, la petite dame au chapeau pointu, ni la princesse Stéphanie de Bade retrouvée chez M. ,Doistau; ni la maréchale Lannes, de M. Kann; le Napoléon en membre de l’Institut, le Napoléon en grenadier, le général Leclerc du jirince d’Essling ne se peuvent reporter après Waterloo. C’est au moment précis où se» portraits voilés, sur papier préparé, •••ieimencent à se répandre, qu'lsabey abandonner la miniature sur ivoir- plus rude pour ses yeux las. D’aillcur» \ i/u*; tin avait pris la place, et dans la p rtie, ce n’était point un adversaire négligeable.
SIEÜHAC
MARIE-CAIIOLINE, DUCHESSE DE DEIIHY •A M. le comte Mimerel)
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JEAN-BAPTISTE ISABEY
De lui, SU!’ ivoire, en œuvres véritablement exécutées à la gouache et d’après les formulaires anciens, combien l’ensemble est plus réduit 1 Ici ou là, un bijou, une broche comme celle de la reine Hortense, microscopique et si nette, offerte à Madame d’Épreville par la Reine elle-même, restée dans son médaillon et conservée chez M. H. de la Tour. A Madame Rolle, les quinze ou vingt plus convaincantes, d’abord à cause de leur qualité, puis pour leur authenticité et leur état civil : une grande miniature, représentant un homme à la trentaine, le menton emprisonné dans sa cravate, de 1798 environ; une femme anonyme du même temps ; le grand-duc de Rade ; Elisa Ronaparte ; une Pauline non terminée ; la reine Hortense; le roi de Rome; Madame Laetitia, en chapeau de ville; le portrait de Houdon, chef-d’œuvre de vie et de sincérité ; Elleviou ; Madame Isabey mère, née Poirel ; — un portrait d’homme de 1793, une Joséphine en diadème; un Napoléon sur une boîte; — et, chez M. Taigny, son propre portrait. Voilà pour l’incontestable, les œuvres de tout repos, autrefois entrevues rue des Trois-Frêres et restées vierges. Dans le nombre, aucune ne porte une date postérieure à 1815. Ni le portrait d’homme en symphonie de bleus , la femme en costume demioriental, la petite dame au chapeau pointu, ni la princesse Stéphanie de Rade retrouvée chez M. ,Doistau; ni la maréchale Lannes, de M. Kann; le Napoléon en membre de l’Institut, le Napoléon en grenadier, le général Leclerc du prince d’Essling ne se peuvent reporter après Waterloo. C’est au moment précis où ses portraits voilés, sur papier préparé, commencent à se répandre, qu’Isabey semble abandonner la miniature sur ivoire, plus rude pour ses yeux las. D’ailleurs Augustin avait pris la place, et dans la partie, ce n’était point un adversaire négligeable.
Au surplus, Isabey avait contribué à se créer une concurrence d’élèves dont les uns, Jean Guérin et Aubry, sont des maîtres, des hommes d’une belle méthode et d’un art presque égal au sien; Guérin surtout, qui est son aîné de sept ans, qui est venu de Strasbourg à Paris un an après lui, qui a, lui aussi, travaillé à l’atelier de David aux moments graves. Jean Guérin a longtemps cherché sa route, on l’a vu en une composition maigriote à la Debucourt, parodier assez gentiment les Lavrreince. Ceci est à M. Doistau, et étonne par la comparaison avec les œuvres plus tardives. La Cour lui avait fait accueil sur le vu du portrait de la maréchale de Matignon. Alors on lui avait confié l’exécution des portraits du Roi et de la Reine, venus depuis à la famille de Germiny. Ici, une légende encore : aucun temps n’en imagina davantage. Etant garde national, Guérin eût sauvé le Roi et la Reine, au 20 juin 1792. Mais, alors que Boze, son rival de légendes, conduisait les Marseillais à l’assaut des Tuileries, Guérin s’était enfui à Obernai, chez les Levrault; dénoncé, il gagne Strasbourg. Peut-être le portrait de Frédérique de Franck, vicomtesse de Renouard de Bussière, à Madame de Pourtalès, date-t-il de ce temps-là.
A Strasbourg, il se révéla à Desaix, qui lui donna un costume de soldat et l’envoya aux avant-postes. La Terreur passée, Guérin avait repris ses pinceaux. Une de ses premières œuvres avait été le portrait de son sauveur, aujourd’hui à M. Ulrich Desaix, descendant du vainqueur de Marengo.
Au Salon de 1798, où il paraît pour la première fois, il avait envoyé son Kléber, grande miniature dont on connaît plusieurs répétitions, mais dont l’original est au Louvre. Ce portrait fut présenté à Bonaparte et gardé dans sa demeure de la rue Chantereine une huitaine de jours.
A son maître Isabey, Guérin a demandé plus une introduction, un lancement que des conseils. Lui , qui avait fourni au graveur Fiesinger les portraits des Constituants, qui possédait d’assez jolis moyens, des finesses que Sicardi eût avouées, n’avait guère à prendre chez Isabey, bien que leurs sentiments différassent totalement ; David et lui avaient l’un pour l’autre une estime profonde. Dès qu’il était rentré à Paris, il avait com-
JEAN GUÉRIN
mencé son Kléber, et bientôt le portrait de la citoyenne X... Cette citoyenne X... serait-elle l’étourdissante personne, en la possession de Madame de Saint-Martin- Valogne, dont la belle chair fraîche, les yeux impudents, la bouche d’un dessin admirable, les cheveux embroussaillés serrés dans un madras rouge, le sein autrefois nu à la façon des Amazones, constituent un ensemble très simple, très noble de jeunesse et d’insouciance? ce serait Théroigne, si Tbéroigne eût été la jolie qu’on a dite, mais la citoyenne X... n’est pas Théroigne; elle n’est ni la déesse Raison, ni la Cabarrus, ni Mademoiselle Lange ; si elle se dévêt , c’est que la mode est ainsi, témoin l’autre charmante ni moins dévêtue, ni moins provocante qu'Isabey a peinte et que possède le prince d’Essling. A ce point, à cette perfection, le parallèle d’autres avec Guérin n’est guère possible. Augustin, Isabey, Dumont, sont à l’étage d’au-dessous. Une piété émue a voulu que la plus grande partie de cette nudité eût son voile, et je ne sais quelle main naïve a jeté une mousseline à l’entour de ce corps de statue grecque. Pour bien dire, jamais plus Guérin ne touchera à cet idéal. Kléber deviendra une œuvre classique, on connaîtra d’autres pièces d’une fière allure, témoin la Catalan!, témoin la dame en robe blanche et assise, toutes deux au Louvre. Même au point de vue du tout dire, une prétendue Lady Clarence et son frère , à M . David Weill . Quelle Lady Clarence, et quel frère ? On ne voudrait dire, mais pour ces deux êtres très laids, Guérin a trouvé une attitude honorable, et les mains, qu’ils ont fort belles, rachètent le reste très complètement.
Il y a de lui, à l’étranger, nombre de portraits remarquables qui sortent à la lumière au fur et à mesure de la renommée grandissante . L’un de ceux-ci représente la comtesse Elisabetb Potocka, une femme brune , à la chevelure opulente, publié par Artaria dans son livre sur le Congrès de Vienne. Elle figure aux côtés de la princesse Pauline de Schwarzenberg, au prince A. -J. de Scbwarzenberg, par Augustin. En opposition de Tun de ces dessins à l’autre, c’est Guérin qui l’emporte. David, dont les sentiments amènes ne vont guère aux royalistes, et qui n’ignore pas le passé de Guérin, lui demande le portrait de sa fille, celle née en 1786, au retour de Rome,
et qui fut mariée aux environs de 1806 . Quel Alsacien que ce Guérin ! C’est dire quel finaud, quel habile homme! Il fera le portrait de la fille de son maître, à une condition toutefois, • — et c’est là qu’il le faut admirer sans réserve,- — que David viendra en personne poser le modèle, lui-même. Le moyen, après cela, que David trouvât à redire !
Par les livrets, nous n’apprenons guère sur lui. II envoie, comme tout le monde, son cadre de diverses miniatures. En 1804, le comte de Fries figure dans le nombre, et ce même comte de Fries a été représenté par Gérard devant le berceau de son petit enfant. De 1804 à 1810, une saute de deux expositions; puis, en 1810, c’est le colonel baron Lejeune, aide de camp de Berthier, un confrère en peinture. Au Salon de 1812, c’est l’Empereur qui paraît, en grande miniature sur vélin, comme le portrait de Kléber, de Madame S..., et plusieurs autres, sous un numéro unique.
Pour ces grandes miniatures, Jean Guérin en était tout naïvement revenu à un ancien procédé sur peau de vélin, les chairs pointillées, les habits et les fonds plaqués à la gouache, en touches puissantes et délurées. Son Kléber est ainsi : la tête enlevée en clair sur un fond de fumée et d’incendie, en pleine action guerrière. C’est cette énergie de pose dont Bonaparte s’était déclaré séduit. Mais en succès non douteux, en supériorité de dessin et de technique, nul ne se risquerait à nier qu’il fût un des premiers. Jusqu’en 1827, il est aux expositions et s’y montre égal toujours, et même, vers la fin, en progrès souvent. Alors que ses concurrents accédaient aux honneurs, aux places, aux récompenses, lui n’avait jamais rien reçu, ni distinctions, ni titres ronflants. Isabey, qui ne fut son maître que de nom, était officier de la Légion d’honneur; Augustin, chevalier, comme Laurent lui-même, si inférieur à lui ; lui, un peu disqualifié, très oublié, se retira, en 1821, à Obernai, chez les Levrault, où il mourut, à soixante-seize ans, le 30 octobre 1836. Cette année même, les Levrault lui consacraient une notice dans la Revue d’Alsace. Depuis, tous les historiens de la miniature l’ont signalé à un rang inférieur, tantôt l’appelant Paulin, — Jal entre autres, — ce qui le navrait déjà sous l’Empire, tantôt le traitant de haut et de loin, comme un modeste élève d’Isabey.
JEAN GUÉRIN
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JEAN GUÉRIN
Somme toute, Jean Guérin fut un noble artiste, un homme excellent, un maître que ni Augustin, ni Sicardi, ni Isabey ne dépassaient, mais qu’ils écrasaient de leur renom officiel. A Paris, la plus grande partie de sa vie s’écoula, 13 ou 19 quai Voltaire, dans un atelier sous les toits, d’où il découvrait le magnifique panorama de la Seine.
Elève d’Isabey, il ne le fut donc que de courtoisie, car il ne lui a pris que bien peu de chose ; même, si la miniature de M . Doistau , signée Guérin P., est réellement de lui, il s’accuserait plutôt élève de Lawreince ; à cette date, 1782 ou 1784, Isabey était encore à Nancy, sous la dépendance de Claudot. Ses premiers et véritables disciples, il les a indiqués lui -même au temps où il vivait à la Malmaison ; il a consigné leurs figures dans un cahier de douze dessins à la plume, remis au Cabinet des Estampes par Madame Rolle. Il avait refait là un peu les profils demandés par Dejabin, où tous ses amis et élèves sont comme pris au physionotrace, Aubry, Jacques, Hollier, ceux qui lui donneront un coup de main dans les jours de presse, car Dieu sait si les événements s’entre-choquent et s’il faut, à l’heure et à la minute, donner à la fois une maquette de fête, et le portrait d’un beau Dunois partant pour la gloire. De tous les jeunes gens qu’il a autour de lui, un est son contemporain immédiat,
Aubry ; Hollier, son cadet de cinq ans; Jacques, de treize ans; mais ceux-là, qui sont les proches de sa famille artistique, ne sont point les seuls. Il y a Saint, il y a Muneret, il y a Singry, Larivière, et Mansion, de Nancy, qui habite la maison de la rue des Trois-Frères. Un de ses plus fervents adeptes sera ce Henri
Benner, qui peindra en Russie et qui ira répandre le formulaire d’Isabey. Et des inconnus, ou presque : Baudiot, Bordes, Gigola ; en prenant les femmes. Mesdames Rat, Romagnési, Mademoiselle Jaser, Madame Wayne.
Par l’âge, c’est le peintre Louis-Ferdinand Aubry qui vient en tête. Il est né en 1767, et il a pris ses principes chez Vincent; en 1804, il est chez Isabey, dont la réussite suivra les progrès ascendants de la fortune de Bonaparte. A ce moment, Aubry a trente-cinq ans, et, tel que nous le montre Isabey dans son album, chauve, ramenant ses mèches , il aurait bien plus. Ici, une difficulté. Aubry s’est montré dans une miniature aujourd’hui au Louvre, et il est jeune, il est beau, il est chevelu à tous crins ; ce portrait du Louvre, est-ce le sien , et est-ce par lui ? Il est si formellement de l’Isabey, et ce n’est que si peu la figure de l’Aubry du Cabinet des Estampes de la même époque , déplumé et gras , qu’on a de grands doutes.
Il s’était mis à la miniature d’assez bonne heure, peut-être dès la Terreur, car, en 1798, il a son atelier rue de la Vrillière , et il expose un cadre de miniatures. Chez Vincent, il a connu Madame Labille-Guiard, et, comme le moment n’est pas à la grande peinture, comme l’assaut donné par les provinciaux produit un renouveau considérable aux petits portraits, Aubry, pour assurer son existence matérielle, s’est remis à la miniature. Ce n’est que du travail qu’il demande à Isabey, et quelques menus secrets de pratique. De lui, à cette époque, assez peu de choses qui marquent. Au Salon, pas un nom, et cela jusqu’en 1804, alors qu’il est venu s’installer rue Neuve-des-Petits-Champs, où il restera jusqu’à la fin de sa vie, en 1840. Le numéro de sa maison change à plusieurs reprises , mais il habite juste en face du passage Choiseul, dans un appartement-atelier où il avait réuni une centaine de tableaux de ses contemporains.
Entre 1798 et 1833, Aubry est sur la brèche ; à partir de 1804, il est classé. « Aubry fait beaucoup d’honneur à son maître Isabey, dit un critique (Pasquino), il l’imite parfaitement par la ressemblance et le moelleux de son pinceau ; on voit dans ses figures circuler le sang et briller la passion. » Ce n’est pas ce que montrait le portrait de Madame Henri