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sa veine était usée en France.
La corde unique, dont il jouait depuis un quart de siècle, ravissait moins, sauf que des étrangers lui vinssent et s’accommodassent de nos restes. En dépit de tout, même à la fin, il gagnait encore sans compter, il continuait à dépenser de même, et il peignait comme il dépensait ; mais les Français étaient trop intéressés à autre chose pour songer à leur propre portrait. Le papier-monnaie acheva de le ruiner. Il estima très sincèrement que l’heure du départ avait sonné ; mais, auparavant, il lui fallait chercher une terre hospitalière, où il gagnât
I argent utile au voyage de sa famille. Prétextant ceci, en réalité, fuyant devant l’émeute déchaînée, redoutant que ses relations passées lui causassent de la calamité, il quitta Paris en 1791, pour se rendre à Spa, de 1 autre côté des frontières. Plus tard, cette fugue lui sera comptée pour une émigration sournoise, et sa famille en sera inquiétée.
Sur l’annonce d’une commande possible, il gagna Aix-la-Chapelle, où on le mit en rapport avec des gens fort huppés, venus de la cour de Prusse.
II s’agissait d’exécuter une miniature de grand format d’après la princesse Louise, fille du prince Ferdinand, Allemande assez jolie, mais d’une corpulence notable. On ne lui dissimulait pas que la princesse souhaitait qu’on n’exagérât point ses avantages de nature, et que, plutôt, le peintre en retranchât une bonne part. Nous savons, par une lettre de Hall à sa fille préférée, Adolphine, à la date de septembre 1791 , qu’il travaille à ce portrait, qu’il en diminue les proportions, et qu’il cherche à donner l’illusion de la sveltesse. « Pour le teint, dit-il, et les cheveux, rien de plus beau ; je l’habille en chemise, avec une espèce de bonnet-turban bleu. »
Madame C. de Polès possède une grande miniature de Hall, provenant de M. Mühlbacher, montrant une dame en chemise, — c’est-à-dire en robe de linon, en déshabillé du matin, — coiffée d’un bonnet-turban, et qu’une lettre postérieure, en suédois, nomme Louise de Prusse, reine de Suède. Or, cette Louise de Prusse eût été la sœur du Grand Frédéric, morte âgée, avant 1791. Il n’y a pas de doute, cette pièce capitale, reprise en divers endroits, effacée à la lumière, est la miniature que Hall peignit à Aix-la-Chapelle. On y aperçoit la toque, la chemise, la pose dont parle l’artiste dans sa lettre. Même on sent l’effort tenté pour obtenir la sveltesse du corsage et la distinction des traits. C’est là l’une des dernières miniatures de Hall, une des plus considérables pour l’histoire du maître, son chant du cygne.
L’année suivante, Hall trouve peu à glaner au milieu des émigrés et des soldats de Dumouriez, qui encombrent la Belgique. Les émigrés le navrent, ils ont des prétentions que rien ne justifie et des inconsciences inouïes. Il est sur son départ pour la Suède. Tout à coup la nouvelle de l’assassinat de Gustave III lui arrive, il en demeure anéanti. Son dernier refuge, le seul qu’il espérât, lui est brutalement enlevé. Il va à Liège, au hasard, comme un dément. Sa correspondance affecte le calme, mais, entre les lignes, on lui sent le moral fort troublé. C’est l’instant choisi par lui pour raisonner sa fille sur ses études de peinture. Qu’elle copie des Greuze ou des Yigée-Le Brun, mais surtout pas de ses œuvres à lui, car il a trop fini son temps, et ses miniatures sont de l’histoire ancienne. Alors il s’affaiblit . Il n’a plus un sol vaillant , et pourtant il traite d’histoires futiles. La veille du jour où Louis XVI montait sur l’échafaud, — et Louis XVI avait été bon pour lui et les siens, — il parle de musique à Adolphine et à Lucie ; on y voit que Madame Hall et ses filles habitent 112, Grande-Rue de Saint-Cloud. Le 12 avril 1793, nouvelle lettre, concernant Mozart et Grétry. Le 15 , il est mort d’une attaque de paralysie, dans la « maison d’une demoiselle honnête et respectable ».
Comme si, d’être loin de Paris, il eût subitement égaré son fétiche, Hall mourait tout entier, n’ayant plus rien à dire d’avoir tout dit ce qu’il pouvait. Qu’on étudie les très nombreux témoignages de sa fécondité excep-
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tionnelle, peut-être un peu rabâcheuse, c’est du même air qu’il joue pendant vingt-cinq ans. Le motif fut étourdissant à son apparition ; tout y tendait au plaisant et au distingué, tout y scintillait en paillettes finement semées. En trouvailles de technique, il est surprenant, ou mieux, cette technique, imaginée et enseignée par d’autres, est mise par lui à sa perfection. Sous son pinceau, la miniature donne le complet de ses moyens dans l’effet; mais, en solidité, c’est l’aile d’un papillon. Les chairs, touchées d’ombres impondérables que le soleil attaque, une fois passées, déconsidèrent son chef-d’œuvre. Jamais il ne pointillé, ou rarement, parce que le temps lui manque ou qu’il a hâte d’aller tirer des grives. La gouache seule permet à son doigté subtil des façades éblouissantes, derrière lesquelles il n’y a rien. Il ébauche largement par plans ; dès le début, son ivoire est couvert ; il a toujours envie de s’en tenir là, mais ses modèles ne l’acceptent guère ; alors, en se faisant prier, il complète ceci ou cela. Sa véritable signature, c’est ce rehaut sempiternel de rouge , jeté , d’un coup, sous la paupière inférieure, ce qui met une morhidesse sur le visage, et aiguillonne le regard. Au demeurant, nul respect du vrai; c’est un courtisan; il nous dit lui -même que la princesse de Prusse, dondon et lourde, a été ramenée par lui à la normale de Paris , et cette normale doit s’entendre des compressions outrées, si fort à la mode. Pour les accessoires et le paysage, il traite en artiste décorateur, tout en gris ou en violet, sans chercher, sans même voir, car il a des fonds tout prêts comme des paravents de photographe. Par là, il dénonce son origine étrangère ; même en décor, nos gens conservent une mesure de vraisemblance. On a proclamé emphatiquement que Hall est le Van Dyck de la miniature, ordinaire façon des critiques d’enrégimenter les talents. De Van Dyck, il n’eut que la vie agitée, une révolution et la mort d’un roi. Van Dyck, Charles 1”; Hall, Louis XVI. Une particularité, d’ailleurs, achève de ruiner cette belle phrase, c’est la liste des portraits exécutés par lui. Le demi-monde y est, contre les seigneurs, dans la proportion de trois contre un, ce qui n’est pas le cas de Van Dyck. En 1782, pour quelques noms illustres relevés, on a la surprise de mentions banales : le sieur Cousin, le
sieur Colomb, un certain Genêt sous le nom duquel on pourrait retrouver le frère de Madame Campan, M. Roi, Madame Ponce, Madame Gentil et l’inévitable La Blancherie. Hall avait donc besoin de La Blancherie, même au plus bel instant de sa vie? Mettons le président Bernard en dehors, et l’éditeur Saugrain, si l’on veut, — ce ne sont pas des mylords, — il reste « une dame très cachée » et la sœur « d’une dame de la rue Chabanais ». Hall fait donc bien moins la Cour que la Ville, moins la noblesse que le tiers. Une curiosité, c’avait été le portrait de Vivant Denon, alors tout jeune, joli homme, très petit maître, représenté en femme !
Sans doute ce ne sont point là ses envois aux Salons. En 1769, date de sa réception à l’Académie , il ne montre que des princes ou des ministres, le dauphin Louis XVI, ses deux frères et M. de Saint-Florentin. Que valent ces œuvres ? Diderot les égratigne en passant , visant bien moins le peintre que ses modèles : « Ces quatre portraits par M. Hall, Suédois, me feraient gager que celui-ci est un protégé de la Cour; j’en jugerais par le nom de ceux qui l’ont employé. D’après cette idée, je prononcerais sur son mérite et j’aurais tort. » Un peu plus tard, Diderot reconnaît que, d’être bien vu par J. Vernet et de La Tour, est de bon augure pour Hall, car le suffrage de ces artistes n’est point à si bon marché.
L’attitude réservée et ambiguë que nous apercevons là n’est point spéciale à Diderot.
Le peintre suédois, heureux en affaires, a ses détracteurs attitrés. Un avocat piémontais, du nom de Gaziel, met le Suédois en parallèle avec
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le Turinois Lavi, et le dit très en arrière. Ce n’est qu’à rire, d’ailleurs, car ayant à choisir entre l’Académie de France et celle de Turin, Gaziel assure que Lavi n’a pas hésité, il a pris Turin. Si on l’oppose à Hall, dont les « portraits de 1781 et de 1783 n’ont guère brillé », Lavi est un génie, toujours au sentiment de Gaziel.
Le Suédois a cela de bon, que son succès lui met un cache-œil et qu’il ne paraît accorder à Diderot ou à Gaziel qu’une attention distraite. Il a si peu le temps de lire ! De deux en deux ans, à chaque Salon, il parait avec un cadre de miniatures, des émaux qu’il peint à ravir, et des pastels moins regardés. Mais les noms modestes de bourgeois riches restent dans la coulisse. Le « plusieurs portraits en miniature sous un même numéro » ne peut détourner de lui la clientèle aristocratique. Le comte d’Artois, la princesse de Lamballe, la famille du comte Schouwaloff, le roi de Suède, ont des mentions élargies ; à la grande rigueur, on indique Lally-Tollendal ou Hubert-Robert; mais de « quidams », pas un qu’on cite.
Aucun peintre sur ivoire n’a cependant laissé plus d’œuvres échappées à la destruction. En mettant de côté les portraits des siens, tout naturellement devenus reliques pour ses descendants, les divers cabinets d’Europe en renferment plus d’une centaine. Quelques-uns ont souffert de leurs déplacements, d’autres manquent de « pedigree ». On n’est pas sans se demander comment Louise de Prusse , par exemple , a pu quitter la descendance de la princesse pour s’échouer à Paris. Peut-être Hall ne l’avait-il point mise à son point, et la trouva-t-on dans ses bagages ; ou, mieux encore, peut-être l’avait-il recopiée ? Et qu’est devenu aussi le Vivant Denon en femme, ou la Madame Vigée qui fut présentée à Voltaire ? Hall avait pour cette artiste, élégante et douée, une des rares affections qu’il eût laissé paraître envers un confrère. Elle, Greuze, Roslin, Vernet, Vestier ou Hubert-Robert, formaient son cercle le plus étendu. On y a voulu ajouter
le miniaturiste Bragustin, qui lui eût donné des leçons au début; Bragustin est inexistant. D’entre eux tous, c’est Madame Vigée qui a le pas, elle, d’abord, qu’on voudra posséder en médaillon. Ceci se passa en avril 1778. Hall venait de terminer le portrait de son amie, et il allait visiter Voltaire. 11 emporta dans sa poche le joli petit cadre tout neuf. A peine le vieillard l’eût-il vu, qu’il mit la miniature à ses lèvres et la baisa à diverses reprises. Madame Vigée assure dans ses Mémoires qu’elle sut très bon gré à Hall d’être venu lui affirmer le fait, mais le portrait a disparu.
Dans le demeurant des reliques de Hall, les portraits de sa famille sont les plus goûtés. Il s’y appliqua davantage, il mit en eux le meilleur de son talent, et la liberté que les gens payant cher ne lui toléraient pas tous. Sa fille et le petit Adolphe en portraits, œuvres poussées et décisives, sont en la possession de Madame Ditte, descendante de Hall. Sa femme Adélaïde, Mademoiselle Gobin, devenue comtesse de Lasserre, et le petit Adolphe encore, font partie de l’important ensemble recueilli autrefois par feu Félix Panhard. Ici, une particularité précisant les authenticités : Adolphe Hall enfant, curieusement coiffé, tient dans ses bras le même bichon, King’s Charles, que caresse sa tante en un autre portrait. Mais, dans cette série intime, rien ne vaut, même de loin, le splendide ovale du musée Wallace, à Londres. Daniel Saint, qui adopta Hall pour manitou, qui n’eût point tenu un pinceau sans qu’une gouache du maître lui récréât les yeux, ne pouvait s’arracher à l’admiration de cette scène idéale : deux jeunes femmes, Madame Hall et sa sœur, cajolant la fille aînée de Hall sur ses dix-huit mois. Ceci, exécuté en 1773, à la meilleure phase du talent, durant les heures tranquilles, avant les gênes. A voir ces deux bourgeoises, que le peintre a idéalisées, bien fin qui saurait discerner leur état, et ne les tiendrait pour des princesses. C’est la transposition chère au Suédois , tout ce qui assure sa vogue et lui vaut les sarcasmes des jaloux. En matière de portraits de femme, la question n’est pas de parler franc, mais de savoir, à propos, mentir avec esprit. Hall fausse le vrai avec une impudence de talon rouge et des pirouettes de roué. Il l’avoue à propos de la princesse Louise ; mais quand il n’avoue pas, c’est tout comme.
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Il tient à ce qu’on dise de lui et de ses produits le mot de Pierre le Grand devant un Rigaud : « Les Français sont donc tous des Rois ! » Les contemporaines de Hall, peintes par lui, furent toutes des reines.
A Paris, le Louvre, M. Panhard, Madame de Pourtalès, Madame Ditte, M. Doistau, le comte Mimerel, le baron de Schlichting; à Londres, le musée Wallace, M. Pierpont - Morgan , se partagent les reliques authentiques de Hall. Madame C. de Polès a obtenu la célèbre princesse de Prusse sur des enchères royales. Groupés récemment à la Bibliothèque nationale, ces merveilleux objets ont procuré un éblouissement. Entre tous, le portrait de Madame Cyprien de Bussierre, née Doucet de Suriny, à Madame la comtesse Edmond de Pourtalès, par la délicatesse de sa facture, la beauté de la personne représentée et la pureté de son origine, attirait et retenait l’attention. Madame de Bussierre, que Hall a placée sur un fond de verdure , qu’il a voulue d’une dimension hors de l'ordinaire , et qui fut l’objet de soins très empressés, est une épouse modèle ; son mari la célèbre en des vers gravés au revers de la peinture. Mais il y a peut-être une raison à l’intérêt de Hall. Madame de Bussierre a une belle-sœur, la femme de son frère, Doucet de Suriny, laquelle est peintre en miniature. Cette dame, née Glàssner, est une amie de Hall, et nul doute que le portrait de Madame de Bussierre n’eût été recommandé à l’artiste. Plus tard, nous reverrons Madame Doucet de Suriny devenir la « citoyenne Doucet » ou « la femme Suriny », pendant la Terreur, et chercher à utiliser un art dont elle eût fait un passe-temps en d’autres circonstances.
M. Félix Panhard a autrefois recueilli la majeure partie des miniatures de Hall dans les ventes ; il les avait guettées et patiemment obtenues une à une. On en vit sortir de certains lieux où on ne les estimait plus, de boutiques de marchands ou de familles ruinées. Les qualités en sont fort diverses. Une de ces pièces nous fait fortement douter que Hall fût toujours sincère : c’est une prétendue princesse de Lamballe, qui n’a que de très fugitifs rapports avec les portraits connus , entre autres le profd de Danloux, gravé par Ruotte, qui passe pour le seul vrai. Or, si l’on veut prendre garde, la miniature de Hall paraît un agrandissement de la prin-
cesse de Prusse, peinte en 1791, à Aix-la-Chapelle. Contre Hall, ceci importerait beaucoup, s’il n’y avait eu Fontallard ; mais il y eut, par malheur, Fontallard , ce que personne ne sait , et surtout ce que personne ne dit. Fontallard, miniaturiste d’une main habile, assimilateur et sceptique, vivait à l’époque de la Restauration. Beaucoup de médaillons de Hall erraient alors en des mains louches et dormaient depuis les pillages de la Révolution. A leur retour, les émigrés recherchaient leurs souvenirs éparpillés, mais ceux-ci avaient souffert de mille injures. N’avait-on pas retrouvé, en une officine d’épicier, un exquis dessus de boîte fermant un pot de mélasse ? Pour qu’ils les pussent vendre, les brocanteurs faisaient retoucher et reprendre tant de frimousses salies, tant de robes décolorées et frottées! Ce fut là une des besognes de Fontallard. Souvent la lumière n’ayant laissé que des physionomies vagues, le restaurateur remettait les figures en place, en prenant pour modèle une autre pièce moins troublée. Il n’y a que cette raison de redouter les Hall magnifiques, elle a sa valeur : elle nous gêne dans notre admiration pour la princesse de Lamballe, qui n’est sûrement point la princesse.
Entendons bien que tous les joyaux venus du maître suédois n’en sont point là. Ceux d’abord qui n’ont jamais quitté la descendance de Hall; en outre, ceux qui sont passés aux héritiers d’un modèle, tel le médaillon tout à fait intact et précieux représentant Madame de Villiers, aujourd’hui au
comte de Villiers du Terrage; tel le portrait du frère de Madame Campan, en veste, à M. le baron de Schlichting. Ce personnage est bibliothécaire de la reine Marie-Antoinette ; il est représenté en perruque, portant un gilet de soie, et fort séduisant. Mais on sait d’où il vient ; il ne pouvait avoir un état civil mieux en règle, et nulle bâtardise n’est à redouter. M. Panhard avait connu, lui aussi, ces heureuses chances, la rencontre d’un nid non visité encore ; il a pu établir
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Le Louvre, si l'on excepte Sophie Arnould, et encore ! ou le prince de Conti celui du Temple), ne conserve guère que des anonymes. Une Sophie Arnould, toute semblable à celle du Louvre, est chez, M. Panhard ; quelle est la bonne? Hall se répétait don» ’ Ceci n’est guère à discuter, puisque se» listes d’œuvres, publiées par M, Villot, dans la notice consacrée à l’artiste, indiquent très souvent le nombre de moutures tirées d’un original. La réplique d’une miniature n’a donc, a priori, rien de rédhibitoire. On vit des peintres redire jusqu’à quinze fois une tète qui arait plu. Dumont, Augustin, Isabcy, pour ne signaler qu’eux, allaient jusqu' i cinq ou si., !;• res.
Lorsque le nom reste le même pour les uns et les autres, , it est bien ; tout est déconcertant si le nom change. Une réplique du portn t : Castellane conservé dans la famille, est chez M. Panbard. On en a fait un duc d’Kn-i .eri Sophie Arnould donc, le prince de Conti, plu» deux dames anonyme* et deux hommes inconnus, en tout six miniatures de Hall, c'est le lot n tre grand musée uational. C’est trop ;-,:u, en égard aux amateurs u :'i ; au musée Wallace de 1 tu* qu* en renferme dix-neuf.
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des ascendances irréfutables, comme pour Madame d’Autichamp, grosse dame sans beauté, qu’on eût sûrement enjolivée dans le cas d’une réfection. De même pour une Madame de Clermont- Tonnerre ; pour Madame d’Estrades, au milieu d’un parc, en costume de bergère ; pour la délicieuse petite Mademoiselle de Duras. En revanche, la duchesse de Guiche donne des inquiétudes, et le prétendu Gustave III, qui n’est pas le roi, qui n’est même ni Roslin ni Hall en personne, mais un indiscutable suédois pourtant, déroute et embrouille.
Le Louvre, si l’on excepte Sophie Arnould, et encore ! ou le prince de Conti (celui du Temple), ne conserve guère que des anonymes. Une Sophie Arnould, toute semblable à celle du Louvre, est chez M. Panhard ; quelle est la bonne ? Hall se répétait donc ? Ceci n’est guère à discuter, puisque ses listes d’œuvres, publiées par M. Villot, dans la notice consacrée à l’artiste, indiquent très souvent le nombre de moutures tirées d’un original. La réplique d’une miniature n’a donc, a priori, rien de rédhibitoire. On vit des peintres redire jusqu’à quinze fois une tête qui avait plu. Dumont, Augustin, Isabey, pour ne signaler qu’eux, allaient jusqu’à cinq ou six exemplaires. Lorsque le nom reste le même pour les uns et les autres, tout est bien ; tout est déconcertant si le nom change. Une réplique du portrait de Castellane conservé dans la famille, est chez M. Panhard. On en a fait un duc d’Enghien! Sophie Arnould donc, le prince de Conti, plus deux dames anonymes et deux hommes inconnus, en tout six miniatures de Hall, c’est le lot de notre grand musée national. C’est trop peu, en égard aux amateurs cités par nous, et au musée Wallace de Londres, qui en renferme dix-neuf.
Une telle réputation mérite que rien de douteux ne soit porté à son avoir. On peut suivre des fdières. La principale serait celle-ci : A sa mort, Hall avait gardé par devant lui un assez grand nombre d’ivoires ébauchés, portraits impayés ou répliques, dont la plus grande partie s’en vint dans le cabinet du baron de Staël . A la vente après décès de ce dernier, Vivant Denon, admirateur et ami de Hall, poussa les meilleurs morceaux, qui lui furent adjugés. C’était le même Denon que Hall, en un jour de liesse, avait habillé en femme, et qui, de la figure chafouine et minaudière du sire, avait composé une frimousse à tromper les meilleurs juges. Denon n’eut pas tout, loin de là ; Daniel Saint, le miniaturiste de Joséphine Beauharnais, avait également puisé dans le fond du baron de Staël. Même on avait connu des Hall chez M. de Verninac, beau-frère d’Eugène Delacroix, qui avaient la toute pareille provenance, par don du baron de Staël, dont le trésor avait une abondance rare. M. de Verninac ayant disparu, ses Hall atteignirent des prix dérisoires.
Quant aux portraits de famille, aux mémoires, aux lettres, ils vinrent après diverses pérégrinations en la possession d’Adolphine-Mélanie-Isabelle, née en 1777, morte sans alliance, le 28 mars 1852. Ils sont à cette heure chez Madame Ditte, et furent en partie publiés en 1867 par M. Villot.
Hall disparu, qui voudra continuer sa manière ? Un très petit nombre de gens. Il fut trop un isolé, un dédaigneux d’autrui pour entraîner la foule à sa suite. Nous le disions, il n’eut ni atelier, ni élèves, il n’eut que des envieux. Jean-Laurent Mosnier ou Claude Hoin, qui sortiront un peu de la tradition française des pointillistes, et paraîtront inclinés dans le sens de Hall, se peuvent aussi bien — même de préférence — réclamer de Baudouin ou de Fragonard que de lui. Mosnier entrera à l'Académie dix-neuf ans après Hall, sans l’avoir beaucoup admiré ni suivi. L’identité est plus dans le procédé que dans les intentions esthétiques ; mais ce procédé n’est pas le privilège exclusif de Hall. Mosnier et Hoin l’ont pris à d’autres ; et l’âge du premier le séparant assez peu du Suédois, il y a fort à penser que Hall ne le soumit point à son jeu. Avant 1771, c’est-à-dire quand Hall se lance, Mosnier indique, dans un almanach, son domicile rue du Petit-