‹ La Mirlitantouille; épisodes de la chouannerie bretonneChapitre 26 sur 57 · Correspondance de Hoche, 10 mai 1705, p. i · texte numérisé non relu

Correspondance de Hoche, 10 mai 1705, p. i

nais et Ton y trouvait l'occasion de se débarrasser de lui. Ue lundi dè la Pentecôte, 25 mai, ' vers trois heures de l'après-midi, comme, avec ses officiers, il' 'se' rendait, ainsi' que d'habitude, au dîner des Conventionnels, un avis secret lui parvint de son imminente' arrestation. Iï en avisa ses aides de camp ": — « Que faire ? — Mon général, nous vous suivrons partout. — Alors, messieurs, allons dîner avec nos bourreaux. » Ils gagnèrent l'hôtel de l'Intendance, séjour dès représentants. L'acéueil fut fort amical : comme à î -ordinaire Hoche était là; dîner très gai, causerie cordiale. A sept heures du soir, Cormatin rentrait chez lui, toujours escorté des six officiers de son état-major, quand le citoyen Latapie, adjudant de place, se présenta fort poliment, au nom de la Loi, exhiba ses ordres et mit Cormatin et ses aides de camp en arrestation- Le soir même, ils soùpaient à la" Tour Le Bai, la vieille prison de Rennes" et, dans la' nuit, encaqués dans deux fourgons à' pain, encadrés d'un hatailTon d'infanterie et de trente-six gendarmes', ils ' partaient pour Ctier-

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y enfouit au ïond d'un cachot sans air et sans jour. C'est là que, dans les dernières pages de ce récit, on retrouvera Cormatin.

De sa disparition la guerre renaissait, plus âpre,

î. Mémoires de Dufoub. Il donne un intéressant récit de l'arrestation et du transferement des prisonniers jusqu'à Cherbourg.

LA MI R LIT A Ml OUILLE

plus haineuse, entre adversaires s'accusant réciproquement d'une odieuse violation du traité. Hoche reprit le premier les armes : sa proqlamation fameuse : — te Braves camarades ! Votre courage n'est plus enchaîné... » est du 1 er juin. Elle ravit d'aise la racaille jacobine, les Robespierres de chefs-lieux de cantons, les survivants des clubs et des comités de villages, tous ceux qui, redoutant la réaction.

assourdissent les représentants de leurs doléances,

. it'-.'ii i < îll'»ïJ *v»i - - , — .*•-■• 't i i- f > prophétisent que « le fanatisme reprend, son empire » ; et que « tout ce qui a voté la mort de Çapet va être immolé *, » L'accusateur public, Besné^ est de ces aboyeurs : il prédit à la Convention le prochain rétablissement de la royauté et déplore le sorjt de la Bretagne où <( une nouvelle Vendée se prépare . » Quand ij apprend l'arrestation de Cprmatin, il déraisonne de joie : — « Bandit I Voleur I Meurtrier à gage ! L'exécrable brigand ! La vie chère ! Les prêtres criminels !... » Il envisage déjà une prochaine revanche contre son. ennemi de toujours „: — « Un ex-noble douteux dont j'ai parlé dans le temps, Boishardy... II faut que ce brigand soit arrêté... Il est la cause de toutes les calamités qui ont désolé^ et désolent ce département. Nul n'en peujt être instruit comme moi qui ne connais pas l'art périme de flagorner J ... ,»

Dë douloureux scrupules harcèlent celui que Besné pourchasse ainsi de sa haine. On a déjà dit combien la rencontre de Boishardy avec les généraux ré-

i.Au citoyen Gillet, représentant du peuple, ao frerminal, III. Archives de la Guerre. Armée des Côtes de Brest et de Cherbourg.

a. Archives de la Guerre, môme série. 16 ventôse, III.

3. Lettres des 3i mai et i er juin au Comité de salut public. Archives de la guerre, même dossier.

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protessant la même répugnance que son ancierj chef, La Rouerie,' 'pour Vmtervëntjon armée de l'A.rigietërre: Dr, à ce 'début de juin! ïî^^de tousTles cliefs des' (îôtes-ciu-Nord, iî est seul à savoir que, en ces jours mêmes, une escadre anglaise, sous le commandement effectif de Tuisaye, fait voile vers la France % apportant aux royalptes bretons des renforts, dès munitions et de l'argent. Que fera Boisliardv ? Il a iùré de ne jamais réprendre les armes contre la République : manquera-t-il a son serment/ Où se résignera-t-il à ne point 'prendre sa part' dé 1 immanquable victoire de la cause rovaJe ! D An

digne qui le vit dans les premiers murs de îuin fut

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frappe de son indécision : — « Elle me laissait^

écrit-il, clés inquiétudes d'autant mieux fondées

nu elle tenait a une confiance mal placée dans la

qu elle tenait a une confiance mal placée dans la

paroîe des républicains. Hoche, en r effet, lui avait

témoigne de I intérêt et n avait nen négligé pour se

l'attirer 2 . » . ni- - - ' m 'Vr n

J Depuis ïe 14 mai, l'adjudant général Oublier commandait le camp dé la lande du Gras, entreXamballe et ]V(on'contour. Incorrigible coureur de jupons, en dépit de ses 56 ans, c'était un soldat énergique et dur'; Hoche avait en sa fermeté grande confiance 3 .'

i. « Quatre personnes seulement en Bretagne avaient le seorel de l'expédition que préparait l'Angleterre, MM. de Silz, de Boishardy, de Ln Vieuxvîlle et moi. » D'Andigné, Mémoires, î,' aig. s, D'Andigné, Mémoires, I, aai ^ i

3. « ii mai T7ft5, Vous voilà enfin commandant d'un camp, mon cher Crublier, je ne doute pas que vous alliez oublier et Mariette et Manon pour ne vous occuper que des hommes à la tête desquels vous vous trouvez placé. N... a été dénoncé par de vils coquins comme un efféminé qui faisait gémir le duvet dans la ville de Lam-

Le. jour où il prit possession de son nouveau poste, Çrubjier, rencontra, dans une auberge .de Lamballg, Boishardy, vêtu ce jour- ( là d'une veste dç ç^ouari, grise à revers noirs, nouée d'une écjiarpe de soie violet, 1 . Dix jours plus tard, la paix était rompue, Oublier se mit erx, chasse. Le 3 juin, apprenant, de Lamballe, que Boisjiard^ avait passé Ja, nuit à.Jja Ville-Louët, chez les dames de Kercadio, . il part avec un détachement de sa groupe ; aux approches du manoir, une fusillade l'accueille ; pas un de ses horrmies , n'est atteint. Poursuivant sa marche,, il cerne la maison dont les habitants se sont évadas au signal des coups de fusil, sauf une servante £t deux paysans 3 aussitôt mis en arrestation. On perquisitionne ; on trouve des provisions, de farine, de cuirs, de, toile, de chandelles, sept babits de gardes nationaux, un habit , d'uniforme blanc brodé de fleurs de lys et vingt-cjnq assignais faux gui sont sajsis « pour être biffés par le vérificateur ». Les ,vêtemqnts- sont distribués aux soldats et les provisions chargées sur deux voitures à destination de Lamballe 3 . Le surlendemain, 5 juin, nouvelle expédition : Crublier quitte le ( camp aya.nt le jour, divise sa troupe en deux détaphements : l'un, sous, sa direction, marche vers La Ville-Loupt en suivant la grand 'route ; l'autre^ commandé par le chef de bataillon Coulombeau, se détourne par le Pont-de-pierre, le château $e Lauinay et La Ville-es-chiens, hameau situé au bord de

balte, i Ne vous- attirez pas- de pareils' reproches.... , Ne • laissez- entrer

aucun étranger dans le camp, surtout point de. femmes. » Correspondance de Floche.

i. Archives des Côtes-du-Nord, 17 prairial, III. .

3. François Le Moine, ancien marin el Louis Tirel, de Bréhand.

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