MISK K.N VALEIH
Indo-Chine, <|iie les Annamites, beaucoup plus âpres au gain et aussi travailleurs (pic les Javanais, cultiveraient de yrand cœur des phuites rénuuiéi'atrices, dont on leur aurait a[)pris à ctjunaFlre la valeur. Le jour où colons et indiji^ènes pourront se procurer, dans des jardins analogues à ceux de Buitenzoru;-, les plantes et les b(jutures nécessaires, où on les intéressera directement en accordant des primes et des réductions d'imprUs à ceux qui cultiveront un certain nombre d'hectares en cultures riches, le jour, enfin, où, sans spéculer sur le tra\ail iiulig^ène et sans vouloir réaliser de très gros bénéfices, l'Etal français achèterait, pour son compte, les produits de ses colonies, il est hors de doute cpie certains de nos établissements, et en particulier l'Indo-Chine et la Nouvelle-Calédonie, prendraieut au point de vue agricole une extension considérable. Ces cultures variées seraient pour elles, comme pour la métropoleç une source de revenus annuels dont il est difficile d'apprécier toute la valeur. Or nous n'en sommes pas seulement aux projets, mais bien à la période d'exécution. Sans parler de la création de l'Ecole d'agriculture et du Jai<lin d'essai de Tunis, due à l'initiative de M. Dybowski, des elforts heureux tentés par M. Corrui au Muséum, de la mission de M. Raoul ([ui, au [)rix de sa vie, a rap[)orté des îles de la Sonde 1200 pieds d'isonanilra (pii ont été répartis dans les colonies susceptibles par leur climat de les recevoir, la fondation récente du jardin d'essai de Vincennes, sui" le modèle de ceux de Kiew et de Berlin (1), aidera, nous en sommes persuad('\ à la défaite
(l)Toul]p inondo connaît, au moins de nom, les ailmiriil)lo.s jardins de IJnilenzorg auprès de Matavia. (Juanl à la grande liro(aij;nc, ollo n'a rien nt-i-liné pour ilévelo|)p(M- l'ai>ricul(ure dans ses colonies, iille a commenc»' |)ar élaidir au déparlemenl des colonies, à I.ondres même, un bureau de cultures coloniales dont la mission est de centraliser les icnseignements, de distribuer les yraines et les boutures, de suivie les mouvements agricoles (jui se produisent dans le monde entier. I.e service de ce bureau est assuré par un certain nombre d'agriculteurs
l'ahriciltlue KilJ
de la moiiocuUiire et à riutelligente lépartilion, dans les difléreiUes parties de iioti'e domaine colonial, de cultures assez variées et assez précieuses pour assurer à nos colons de léi^itinies bénéfices(2). C'est déjà beaucoup, mais il faut plusencore.
(|ui, moyennant une faible rémunération, consentent à y travailler quel- (|ues heures par jour. Les jardins royaux de Kiew ont laroement contribué aux prog-rès économiques des colonies anglaises on indiquant aux agriculteurs les cultures à entreprendre et les procédés à employer. (^) Le jardin d'essai de Nogcnta été créé par décret du 28 janvier 18!)!). M. Milhe Poutingon qui avait été charg-é d'une mission aux jardins de Kiew et de Berlin avait indiqué dans le rapport qu'il remit à son retour l'utilité qu'il y aurait à instituer en France un établissement analogue. M. Trouillot, ministre des colonies, chargea alors de l'étude de la question une commission spéciale recrutée en majeure partie de spécialistes et présidée par M. Mil ne-Edwards, directeur du muséum. Après de longues délibérations où successivement MM. Cornu, Dybowski, Chaiîley-Bert, Milhe-Poutingon, (Je Lanessan, exposèrent leur opinion la majorité se décida pour la création d'un jardin spécial, et M. f^aul Bourde fut chargé du rapport d'ensemble. M. le ministre GuillJin adopta les conclusions de la commission etengagea avec le muséum et la ville de Paris des pourparlers qui aboutirent à la cession dans le bois de Vincennes d'un terrain de sept hectares suffisant pour y édifier les premières constructions. Faute de crédits inscrits au budget métropolitain, le département sollicita le concours des colonies qui accordèrent une subvention pour les frais de premier établissement et un crédit ainuel pour l'entretien du jardin. Les travaux commencèrent aussitôt sur l'initiative de M. Dybowski nommé directeur du jardin colonial. Six mois après la promulgation du décret, les serres étaient construites, un laboratoire de chimie fonctionnait avec la collaboration de deux préparateurs et d'un certain nombre d'élèves de l'Institut national agronomique, et l'établissement était définitivement inauguré, au mois de décembre 1899, par M. Decrais, ministre des colonies. «Ainsi a été créé dans des conditions exceptionnelles d'économie, au point de vue matériel et de contrôle efficace au point de vue scientifique, un établissement d'agriculture coloniale dont l'action constante aura une très précieuse influence sur le développement économique de nos possessions d'outremer. )) (Rapport de M. Guillain au président de la Républi(|ue). Ajoutons qu'il s'est écoulé exactement un an entre la convocation de la commission et l'inauguration des bâtiments. Le jardin d'essai fonctionne sous la surveillance d'un conseil d'administration composé de 7 membres et j)résidé par ^L TisserantI et sous le conti'ôle d'un conseil de jXM-fectionncment qui compte 20 membres.
l'>>4 MISE EN VALEUR
11 faudrait assurer aux jeunes gens que tente l'aa^riculture coloniale un enseij^nement raisonné et utile, vraiment adapté à nos pays tropicaux et qui en fera, suivant leur degré de capacité ou de travail, soit des professeurs capables de préparer aux travaux de cette nature des g-énérations futures, soit des jeunes gens robustes et assouplis à la vie d'outre mer, chefs de culture pour les grandes entreprises, excellents sous-of- Hciers de ragriculture tropicale. Aussi est-il regrettable qu'un projet de création de bourses de séjour dans les colonies dont auraient bénéficié les élèves de nos écoles d'agriculture et tpii avait été étudié concurremment par les deux départements de l'agiicultureet des colonies, n'ait pas encore abouti. Maisl'idée est mûre et nul doute qu'elle ne soit prochainement reprise. Quoi qu'il en soit, il est évident (jue nous avons com{)ris désormais l'intérêt récipro(pie qu'il y a, pour la métropole comme peur \a colonie, à développer les cultures vraiment rémunératrices et à lutter contre les dang-ers de la monoculture.
Après avoir examiné ce qui devrait être, examinons ce qui est et cherchons si oui ou non la mise en culture de nos colonies accuse un progrès réel ou, comme le prétendent quelquesuns, un inquiétant abandon. Pour cette courte étude, il est utile de grouper entre elles les colonies et de comparer successivement : r/) les vieilles colonies; /?) les colonies de l'Afrique (Kxidentale; r) Madagascar ; d) l'Indo-Chine; e) les colonies de l'Océan Pacifique (1).