‹ La mise en valeur de notre domaine colonialeChapitre 17 sur 72 · REPARTITION DES CULTURES DANS LES COLONIES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

REPARTITION DES CULTURES DANS LES COLONIES FRANÇAISES

Caoutchouc

Café

Tabac Vanille

Riz

Canne

à sucre

Sénéoal.

l Guinée française.

Côte d'Ivoire.

/ Congo

1 lUo^l., „

Madagascar.

Guadeloupe.

La Réunion.

Congo.

t Madagascar Nouvelle Calédonie.

La Réunion.

La Réunion.

Sénégal.

Madagascar.

MayotteetComores

Indo-Chine.

I La Guadeloupe.

\ La Martinique.

) La Réunion.

f MayotteetComores.

Amandes

et liuile de palme

Girotles Cacao

Arachides

Gommes

Essences forestières

Coton

Sénégal.

Dahomé.

Cono'o.

j Gong l Mavo

Mayotte.

La Guadclouj)e.

La Martinique.

La Réunion.

Congo.

1 Sénégal.

1 Guinée française.

I Sénégal.

I Dahomé.

I Madagascar.

V Indo-Chine.

/ Océanic.

LES RICHESSES MLMEKES

L'exploitation des mines a toujonis joné nn rAle très inipor-' tant dans la mise en valeur de terres nouvellement acquises. Non pas que cette exploitation suffise, comme l'ont cru, par exemple, les Espag^nols, à assurer pour toujours la prospérité d© la colonie qui possède d'importants i^-isements. Rien de plus faux, et cette erreur a ruiné à la fois les colonies espagnoles et l'Espag-ne elle-même. L'exploitation des mines doit être un moyen et non un but pour un peuple colonisateur; mais c'est un moyen excellent et dont il convient de largement user aux débuts d'une colonisation. L'exploitation des mines, en effet, a [)oui' consé(juence fatale d'attirer sur les territoires qui possèdent des gisements une population nombreuse et de développer, par voie de consé([uence, le commerce intérieur etexiérieur de la colonie ainsi peuplée. L'industrie métropolitaine eu profite à son tour, et ainsi se nouent entre la colonie et la mèrepatiie des relations incessantes et rémunératrices pour (outes les deux. Un jour vient, sans doute, où les minerais s'épuisent, où le métal précieux s'appauvrit, puis disparaît, mais la population qui s'est fixée au sol ilenieurcct, piixée de celte richesse qui passe, elle s'adresse à la seule richesse ([ui ne passe pas, à la (eite. Du sous-sol \ idé de ses minerais, le colon passe au sol (|ni le iiouriira et le l'etiendi'a dans ce pays (pi'il a choisi

comme sien. Ce fut l'histoire du Pérou et du Mexique, hier; c'est l'histoire de la Californie aujourd'hui ; ce sera celle de l'Australie et du Sud-Afrique demain.

En dehors de toute considération spéciale, il faut donc tirer parti des richesses minières ([ue délient notre domaine colonial ; mais cette nécessité est plus pressante que jamais à l'heure où tous les économistes comprennent qu'il ne saurait y avoir mise en valeur sans voies de communication. Or, quelle économie de temps et d'arg-ent si les travailleurs trouvaient surplace la houille et le fer dont ils ont besoin! Les difficultés les plus grandes seraient ainsi résolues d'elles-mêmes. Enfin n'oublions pas que le charbon alimente les navires modernes, que de nombreuses questions extérieures se rég'leront sans doute sur mer, qu'il importe, par conséquent, à la sécurité de toujours et à la guerre de demain (pie notre pays possède sur les grandes routes maritimes d'importants dépôts de charbon, et que «es dépôts seront d'autant plus sûrs qu'ils .seront alimentés par les mines locales puisque, aussi bien, la France ne produit même pas assez de charbon pour ses besoins industriels. Pour toutes ces raisons et à condition de ne pas considérer les mines comme une ressource définitive à l'exclusion de toute autre, il faut exploiter nos mines.

Sans cloute aucune de nos colonies ne possède d'immenses gisements, comparables, même de loin, à ceux de la Californie, de l'Australie et du Transvaal, mais nous avons cependant des établissements dont le sous-sol est riche et pourrait, pendant longtemps, fournir à l'activité des travailleurs et aux besoins d.' l'industrie et du commerce locaux. Tels sont, par exemple, la Xouvelle-Calédonie, l'Annam et le Tonkin, l'Afrique occidentale, Madagascar et la Guyane, sans parler de gisements moins importants dans certaines de nos autres colonies.

204 MISE EN Valeur

.NOI'VELLF.-r.AI-KDONIi:

LaXuuvelle-Calétlonieest un l>luc de minerais et celle colonit' est en réalité et doitètre, avant tout, un pays minier. La houille exceptée, ces richesses se présentent dans les régions les plus infertiles, inutilisables soit pour la culture, soit même pour le pâturage. « Leur répartition géoyraphi(jue est dans un rapport « étroit avec la g-éologie. De même qu'on a distingué en Cali'- « donie trois grandes régions géologiques, on y peut constaler (( trois régions minières : 1" Les mines d'or, de cuivre, de (( [)lomb se rencontrent presque exclusivement dans les ter/ains « primitifs, où elles paraissent en rapj)ort avec les injections « de roches vertes diabasiques et ophitiques. 2° Les minerais « de fer, de cobalt et de nickel sont localisés dans l'immense « formation des serpentines modernes, et leur association av'c « les diverses éruptions subordonnées qui ont alïecté cette « formation est évidente. 3'^ Les gîtes d'antimoine et de man- <( ganèse se rencontrent au contact du trias et des mélaphyres. (( Enfin c'est dans la zone occupée par les terrains secondaires <( que se trouvent les gisements de charbon. Mines de cuivie « dans le nord et le ccntie, mines de nickel dans l'est et le « sud, mines de charbon dans l'ouest, on ne saurait imaginer « une répartition géographique plus simple. Le groupe de la « vallée du Diahot pour le cuivre, le groupe de Tliio-Canala « poui- le nickel, le groupe de Xouméa pour le charbon, tels « sont les trois grands centres industriels de la colonie (1 ). >

Déjà Cook et d'Entrecasteaux avaient signalé l'existence de gisemenis d'or etde (piartz aurifère. « Si ces indications se vériHent, disait à son tour Bfaume, la France, elle aussi, auia trouvé sa Californie. »

(I) .\iit;ii>-liii lîcrriiii'il, /,\i rc/ti/»-/ i/r lu SnHn-lli--<'.(ih'<li' )ii'.

Hi(;iii:srsp:s mi.mèues 205

Cet enthousiasme était excessif. Ce fut seulement le 28 juin 18{i3 que le Monilear signala officiellement la découverte de l'or à Pouébo. 11 y eut, en France, à cette nouvelle, une véritable émotion qu'apaisa bien vite la mission de M. J. Garnier : « On s'étonne, écrivait-il, que la découverte d'une quantité d'or aussi faible que celle des alluvions de la rivière de Pouébo, ait pu produire tant d'émoi ; en France, plus d'un cours d'eau en produit davantage. » Cependant le filou de la Fern-Hill à Manguine sur la rive gauche du Dialiot, tour à tour exploité et délaissé de 1870 à 1882, a donné environ pour 700,000 fr. d'or. Les 1,000 premières tonnes d'or ont été extraites avec des procédés tellement imparfaits qu'en lavant à nouveau ces mêmes terrains aurifères, on y trouve jusqu'à 1 g^ramme ou 1 gr. 1/2 d'or par tonne de sable. Depuis, on a découvert entre le Diahot et la mer deux fdons (^l'or mesurant respectivement 7 kilomètres en longueur et c^ie M. Higginson va prochainement mettre en exploitation.

Lespremiers essais ont accusé un rendement de 350 à 400 fr. d'or à la tonne. Sans doute, il n'existe pas en Nouvelle-Calédonie comme en Californie de « g^oldfields » ; l'or ne se trouve qu'à l'état de filons dans le lit des rivières, mais il s'y trouve en quantité suffisante pour rémunérer largement une exploitation. « Les filons sont riches, proches de la mer, et peut-être « ne manque-t-il à notre colonie que de savoir habilemerit « lancer une affaire de mine pour connaître, comme l'Austra- « lie, les jours agités de la fiè\ re de l'oi", car, pour un métal « aussi précieux, la question des lrans])orts n'est que secor.- « daire (1). »

L'exploitation tle l'or en Nouvelle-Calédonie, c'est l'aNcnir; l'exploitation du nickel, du cobalt et du chionie, c'est le jiré-

(1) René Piiioii, La Franci' di'x AiiUjiorh^s, /tcriti' i/fs />i'ii.i-Mo>i'/fs. 15 jivril 1900.

Les ColoiiiL'.>, vol. 111. 1"

sent. Il est absolument démontré que la Nouvelle-Calédonie possède 900,000 hectares de terrains de nickel, ayant donné l'année dernière :

110,000 tonnes de minerai de nickel . . (7 0 0 de lenurc) OH 0,000 — — de cobalt . . (i à 5 0 0 de pro-

toxvde de cobalt) 15 à 2,000 — — do chrome. . (50 0 0).

Le cobalt et le chrome sont exploités par des particuliers^ par des mineurs à petit capital; le nickel est exploité par deux g-randes compagnies (Société du Nickel, Société internationale) et par des mineurs industriels (pii,dans l'ensemble, fournissent de 2,000 à 2,500 tonnes (1).

La colonie pourrait singulièremeiit augmenter la tennre de ses minerais en les concentrant dans des mattes ; en un mot, les exploitants devraient installer des usines et transformer les minerais sur place, ce qui coûterait environ 0 fr. 50 centimes le kilogramme.

Or, il est nécessaire, si on veut lutter contre la concurrence, chaque jour plus âpre, de prendre d'énergiques résolutions, car la production augmente rapidement, et les nickels de la Nouvelle-Calédonie lencontrent sur les marchés des produits analogues qu'ils n'y rencontraient pas autrefois. Découverts en 1863 et signalés par J. Garnier en IHOO, les gîtes de nickel ne furent exploités qu'en 1875. Très rapidement les exportations atteignircMit 7,000 tonnes de minerai et un véritable krack minier se produisit en 1871!. De même (jue la Californie et- le Transvaid ont conini la tir\ re <le j"(»i', la Nouvelle-Calédonie coiuiiil la lièMcdu nickel. La crt-ation, en 1880, delà Société (I le Nickel » donna une nou\('lle impulsion à cette industrie. En 188!), rexporlaliou du minerai alleii;uait lO.OOd tonnes

(I) (laulrs, .\()/fs miinuscrilcs.

KICIIESSES MINIÈRES 2t>7

(valeur 3 millions); en 1892, 36,000 tonnes (valeur 0,700,000 francs); en 1893, 40,000 tonnes.

« Des usines se créaient pour la production des fontes et des inattes ainsi que pour l'affinage du nickel, les unes en Calédonie même, à Nouméa et à Tliio, les autres, en Euroj)e, au Havre et à Glasgow (1). » De nouveaux emplois de ce métal étaient créés à mesure qu'il devenait plus abondant et plus économique. « Un grand débouché send^lait surtout se créer pour le nickel dans la métallurgie de l'acier. » Or, comme la Nouvelle-Calédonie était, pour ainsi dire, le seul pays producteur du nickel, une immense fortune s'annonçait pour les propriétaires de mines. En 1887, sur 3,000 tonnes qu'avait fournies le monde entier, la Nouvelle-Calédonie donnait environ 2,600 tonnes. Mais, dès 1888, il fallait compter avec le Canada qui, en 1892, produisait 2,100 tonnes de nickel affiné, puis avec la Norvège; le kilogramme de nickel qui valait 62 €r. en 1830 et 12 fr. en 1880, tombait à o fr. 50 en 1886 et à 4 fr. en 1894. Hàtons-nous cependant d'ajouter (jue, depuis 1897,, l'épuisement des anciens stocks et l'accroissement de la consommation ont provoqué le relèvement des cours et l'exploitation de nouveaux gisements. L'exportation qui a dépassé 100,000 tonnes, en 1899, atteindra probablement 150,000 tonnes en 1900. « Grâce aux mines calédoniennes, la France a pu faire concurrence à l'Allemagne et à l'Angleterre qui détenaient jusque-là le monopole de la métallurgie des nickels ; une grande fonderie, créée au Havre, fournit annuellement 1,800 tonnes de métal (2). » Rien ne saurait mieux donruM l'idée des fluctuations du cours du nickel que le tableau des diviilendes distribués par la Société a le Nickel » e( relevés par M. René Pinon dans l'excellent article déjà cité :

(1) Augustin L)L'rnaril, op. cit.

{•îi Levât, Pror/rt's Hp la Mi'talliirrjie du nickel {Annules des Mines, \HH'.)i

:2(iS MISE EN VALEUK

Divult-ndes

Cours moyen >

. ;io

Les résultats île l'exercice 1898-99 ne sont pas connus; mais il a été mis en paiement, le 8 novembre 1899, un acompte de dix francs par action ancienne et de deux francs p;ii' action nouvelle.

La valeur des exploitations du nickel augmenterait encon' si^la question des moyens de transport était résolue. Il vaut sur place de 60 à 70 centimes le kilog'ramme, mais le prix du fret dépasse le prix d'achat (45 fr. par tonne, soit Ofr. 80 c. par kilogramme). Il ne saurait y avoir, dans ces conditions, d'exploitation rémunératrice. Il faut donc à la fois diminuer le prix de revient en concentrant, comme nous l'avons dit, le minerai, et diminuer le prix des trans[)orts, d'abord par le moyen de voies ferrées, ensuite en employant de, grands voiliers, aména^^és à cet effet, qui iront chercher le métal dans les ports de la côte et qui l'amèneront en France en 110 ou 120 jours. « Les armateurs commencent à trouver là un moyen pratique d'utiliser les bâtiments à voiles construits en ces dernières années [)Our' profiter de la prime. » Quand ces modifications m'cessaires auront éli* réalisi'cs, le nickel pDMira être [xmr i;i XouNelic-dah'donie uiiesoui'ce de iichess«*s difficiles à pri'ciser puiscpie, de i'a\is de M. rinnénieur {'('lalan, la (pianlilé (pi'en reiifcinie la Nouxelle-dalédonie pMil être c(Misid(''rée connue iiidiisliiellenient inépuisable. (>ii

RICHESSES MLMÈRES 269

II* voit, nous en revenons aux nièines C(inclusions sur lesquelles nous ne saurions trop insister; la solution de la question minière dépend toujours de celles des voies de communication et de la main-d'œuvre.

La Nouvelle-Calédonie a encore cette bonne fortune de fx^sséder des gisements rares, tels que le chrome et le cobalt. Elle fournit les 2 3 du cobalt employé dans le mondeentier, et l'exportation de ce produit a eu pour conséquence, par un phénomène analogue à celui du nickel, de faire tomber le [)rix du kilogramme de cobalt de 60 à 15 francs. Les exploitations les plus importantes sont concentrées dans les régions de Nakéty, de la baie de Kouaoua, de la baie d'Ugué, de Wagap et des îles Bélep, et de ces mines sont sorties en moyenne 2000 à 3000 tonnes de minerai ou de fonte et aussi 2000 à 3000 tonnes de fer chromé.

Après le nickel la grande richesse du sous-sol calédonieifest le cuivre. C'est en 1872 que les pi'emiers gisements de cuivre ont été découverts, et dès 1873 l'exploitation fut commencée à la mine r3alada. Elle continua jusqu'en 1884, époque à laquelle la min,' fut abandoiuiée après avoir fourni 40.000 tonnes de minerai d'une teneur moyenne de 1.5 p. 0/0. Il en fut de même de la mine Murât qui fut abandonnée en 1884 après avoir donné 1400 tonnes de minerai, et de la mine Ao ({(''rouverte en 1887, Mais cette exploitation semble leprendre aujourd'hui une nouvelle vie, particulièrement dans le nord de l'île et dans les mines de Némou et de Pilou. Il y a là un indéniable élément de [)rospérité, car les gisements aurifères couvrent, à peu près, une superficie de GO. 000 hectares. (( Ces: gisements se rencontrent soit à l'état d'amas intercalés dan^ L's micaschistes, soit en filons recoupant les schistes des terrains primitifs (1). » Amas et liions j)araissent puissants et

(1) Aiii>- Bornnrd. op. rit.

:270 MISE E.\ V.VLEIU

riches, et sont généralement exempts de tout mélange d'étain et d'arsenic.

Il existe un seul tilon, mais considérable, de j)lond) ari^entifère qui donne de 25 à 30 0/0 d'ar^-ent et qui produit éiii^alement (lu inaii^-anèse, de l'antimoine et siiitout du zinc. On trouve, du reste, des exploitations d'antimoine aux environs de Nakéty, d'une teneur de 40 0/0, et de manganèse, sur la côte occidentale, à Saint-Vincent, Bourail et Gomen.

<i Nidie part, même en Russie, on ne rencontre une aussi grande abondance de minerai de fer qu'en Xouvelle-Calédonie. Le minerai est ici, non (;n fdoris ou en couches, mais en amas considérables ; il est le relief même du sol (1). » Dans les ports, parfois, le fond, les rives et les parois en sont formés. M. Caulry pense également que les liauts-fourneaux de la Nouvelle- Calédonie peuvent acheter du minerai contenant 40 à 50 0/0 de Isr, à raison de 3 fr. 50 à 4 francs la tonne. « Il existe en masses énormes, surtout dans le sud de l'île, où il s'entasse en véritables montagnes, rougeâtres et dénudées, mais faites d'un minerai très riche et presque partout associé au chrome (2). » Or, cette richesse est d'autant phis précieuse (jue l'Australie ne possède pas de fer et que le jour pntchain où eUe fabriquera sa fonte et son acier, c'est naturellement à la Nouvelle-Calédonie qu'elle demandera sa matière première. <( Le fer tiendra certainement une très grande |)lace dans les r«'h\tions entre notre colonie et les ports australiens; il constituera pour les bâtiments de commerce un excellent fret de retour. »

Tous ces gisements, si riches cpiils soient, n'auraient qu'une valeur médiocre si la houille n'existait pas en Nouvelle- (-aléflonie. Mais la houille existe. Le P. Montiouzier l'avait

(1) <:aulry.

(2) (larnier, Mémoii-e du f/i'iiir ciril, 1SS7. (I{) Roiir l'itioii. ofi.ril.

KICHESSKS MIMKRES 271

tiffirmé dès ! 8i(i ; en 1873, M. Heurteau avait signalé l'existence <le tout un système hou Hier autour cln centre de Moindou et avait soupçonné d'autres gisements sur la côte occidentale; iMifin M. Pelatan établit scientifiquement l'existence de deux hnssins houillers parfaitement distincts : celui de Nouméa ((u'il évaluait à 25,000 hectares et celui de Moindou auquel il en attribuait 40.000. Ces charbons sont très variés à la fois comme aspect et comme composition, tantôt riches en matières volatiles, tantôt maigres et anthraciteux. « En somme, les <'harbons calédoniens paraissent, tant par leur composition ([ue par leurs propriétés physiques, avoir une réelle valeur. Les messageries maritimes ont pu en tirer un parti utile; les forges locales en font journellement usage. Reste maintenant à vaincre les difficultés réelles d'exploitation car le peu d'épaisseur et l'irrégularité des couches, tourmentées et disloquées, n'ont pas pi'rmisde commencer une importante exploitalio». » Les récentes recherches de M. Caulry semblent démentir cette opinion pessimiste. Il a découvert des couches de 80 mètres de profondeur sans aucun accident sérieux, et le'charbon analysé peut lutter avec celui des charbonnages les meilleurs de l'Europe entière. L'exploitation du charbon prendra donc une réelle importance si l'industrie se développe dans l'île, si la flotte du Pacifique y établit son port d'attache et si la voie ferrée projetée est enfin construite. Actuellement la consommation locale est de 40.000 tonnes seulement, quantité ([ui n'est pas suffisante pour encourager les capitaux. Mais si les recherches actuelles font décou\rir des filons ju'atiquement utilisables, c'est-à-dire fournissant le charbon au même prix que l'Australie, la fortune minière de la Calédonie serait alors vraiment complète.

MISE EN VAEEl K

I\I)()-CIIINE

En liido-Cliinc française, les richesses minières n'existent guère ([ue dans les réa;^ions montag-neuses du Laos, de rAnnani et du Tonkin. Il est facile de comprendre que les plaines an i] inihodue, en partie constituées par le limon du Mékoui;^, cl que la Cochinchine former tout entière d'apporls alluvionnaires ne possèdent pas un sous-sol pratiquement exploitable. C'est ainsi qu'en particuler la Cochinchine est à peu près dépourvue tie toute richesse de ce i>enre.

En 1873 et 1874, on avait cru, sur tle va'^iies indices, à l'existence d'une mine de houille à Phu-Ouoc, mais les recherches faites n'ont jioinl abouti. Faut-il signaler, à ce point de vue, les quelques gisements d'argile activement utilisés par les Chinoise Thudaumot et à Bien-Hoà, et les 1,282 hectaies de salines (1,00-) en 18!)0jdont le produit, obtenu simplement par l'évaporation de l'eau de mer, est acheté par rAiniamile comme un objet de pi'emière nécessité?

La situation est <léjà meilleure au Candjodge où les industriels mettront peut-être un jour en valeur les gisements imj)ortants de fer, d'arg-ile et de [)ierres à chaux que contient celte partie de l'Indo-Chine. Déjà ces minéraux ou roches sont traités rudimentairement par les indigènes.

Il existe dans la montagne de PhufUi-Dék (circonscription de KomjXMig-Thom) des mines de fer (oxyde de fer très riche contenant (JH à (i!) 0 0 de fer) «pii sont exploitées par les sauvages aj)pelés Kouï. Le fer (pi'ils obtiennent ainsi par des movens très primitifs est très pur, doux et malléal)le. MalhiMireusemetit le |)rix de revient est deux fois plus cher rpit* (fini auquel se ncikI le fer d'Europe. Ce fer n'eri est pas moins utilisé' à Pnom-Prnh. Plus iinpoitante <*st l'extraction des pii'irTs à chaux (pii se pratique d;ins (|uatre mines :

KICHESSES MINIÈRES 2715

\'' A Pnom-Tralmi;;' (province de Buntéai-Méas) ;

2*^ A Pnom-Kànlang- (province de Péam) ; " .'^*' A Pnom-Sà (province de Kampot) ;

4° Dans la province de Komponi,'^-Speu.

Cette chaux, dont le prix est d'environ 4 fr. les 100 kiloj^r., est entièrement employée à Pnom-Penh où elle a servi à construire tous les bâtiments administratifs. Rappelons aussi, poui' être complet, qu'au nord de cette ville, les indi2;"ènes fahriquenl de la chaux avec des coqnillaî^es ; mais cette chaux est d.' (pialité médiocre.

Dans toute l'étendne du rovaume. Ut nature ari^ileuse du sol permet la fabrication de briques, d'ailleurs peu résistantes, et qui se vendent sur place de 11 à 12 fr. le mille. >

Il est regrettable que le bon marché de la brique ail fait renoncer à l'emploi de la pierre. Le Cambodge possède en effet des pierres quartzeuses auprès de Pnom-Penh et à Kompoftg- Cham ; du grès et du calcaire à Kompot, du basalte à Kompong- Cham et du yranil feldspathique dans toute la partie du Mékong en amont de Pnom-Penh. Mais l'exploitation en est lî [)eu près abandonnée.

On a bien signalé l'existence de gisements carbonifères sur la monta:!;ne de l'Éléphant et de marbre blanc à Pursat. «Mais (< on ne [)init rien présumer sur l'avenir de ces carrières de- « meurées encore inexploitées, à cause de leur situation dans I un pavs très boisé, malsain et dépourvu de toute voie de « communication. »

Le Bas-Laos est déjà plus riche en gisements divers dont la phipart ont été signalés et n'ont pas encore été prospectés, et dont d'autres ont déjà fait l'objet de concessions ou de demandes de cimcessions en périmètres réservés.

C'est ainsi ([ue l'or existe (les indigènes l'exploitent déjà j>aT' des lavages rudimentaires) à Ban-Thong'-Ac, au sommet <le la chaîne de partag-e des eaux entre l'Annam et le Laos, et

27 i MISE EX VALEUR

dans L'Hou-é-Ka-Sang, près de Ban-Falan. A Atlojieu, au contraire, nous sommes en présence de g-isements beaucoup mieux déterminés et qui vont être mis en exploitation, puisque la Société des mines d'or d'Attopeu possède déjà plusieurs bassins en activité : 1° dans le bassin de la Sé-Souk et de ses affluents ; 2° dans le bassin de la Sésane ou Poko jusqu'à la Nam-Sa-Taï; 3*^ dans le bassin de cette dernière rivière ; 4° dans la région de Ban-Phi. Le prix normal de l'or à Attopeu est de douze fois son poids d'ari;ent.

Le cuivre est sig'nalé' non pas en filons continus, niais en simples poches, peu nombreuses à Saravane, où les indigènes ont commencé un semblant d'exploitation, à Bassac, à C<am- Qjondont les gisements viennent d'être concédés au Syndicat miniei" du Laos après une prospection <pii date cie 1891, et enfin à Attopeu sur les bords du Sékong, près de l'embouchfere de l'Houé-Vi. Outre le cuivre, Cammon posséderait aussi d'assez importants gisements d'étain qui étaient autrefois exploités par les dix villag-es de la vallée du Xam-Pa-T(Mi et (|ui produisaient environ J,r)00 kiloi;r. par an. Ces mines ont été concédées au Syndicat minier de Laos qui a fait procéder, dès 1H!)7, à certaines expériences dont le résultat n'a |)as été, j)arail-il, très favorable. Malgré tout, le conseil d'administration est d('cidi' à poursuivre cette exploitation ([ue le Noisinanc de la voie navigaljle fin Mékoni; doit rendre rémunératrice.

Sans pai'Ier du fer <pu* les indigènes exploitent au villaî^c d'Arock sur le Sékong, mais dont l'importance n'est pas suffisaiilr poui' justifier uiit* exploitation conijt!i(|ii(''(', ni de l'alun, signalé au Fou-IIin-Soni^ il convient de signaler des gisements de charbon sur les ii\es du Sékong depuis I)on<»-Faï jusqu'à Attopeu ; mais l'éloi^nement de ces gisements et la difficultc' (les Iranspoits les rend inexploitables et sans inti'rèl.-

Il existe aussi deux gisements de sel g"emme, l'un dans le coinniissaiial de Song-Kll(^ne, l'autre près de Ban-l\anq>o sui"

la route de Bassac à Attopeu. Les indigènes en tiieiit, [)aiune exploitation très rudinientaire, le sel nécessaire à leur consommation.

Comme le Bas-Laos, le Haut-Laos possède des richesses minières très diverses. Une prospection faite en 1896 a permis de découvrirde l'or au Trau-Ninh, et une autre recherche conduite, en 1895, par MM. Mallet, ingénieur des mines, et Isnard, ingénieur de la Société minière et agricole du Laos, a établi qu'il existait un gisement aurifère très riche entre le Nam-Ou et le Nam-Tlia, dans le royaume de Louang-Prabang-. L'argent se rencontre dans le même royaume, ainsi cpie la houille, à Muong-Ngun ; le plomb aux Hua-Pan h, les pierres précieuses à Xieng--Khong. On signale également, toujours dans le même royaume de Louang-Prabang, du cuivre, de l'antimoine et du fer, mais aucune étude géologique n'a encore été poursuivie dans ce pays ; aucune exploitation européenne n'a été tentée, et les quelques mines mises en valeur (fer, pierres précieuses, etc.) le sont par les Birmans qui usent de procédés rudimentaires. Tous les travaux sont faits à bras d'hommes et sans autres outils que la pioche du pays. Les matières extraites sont consommées ou utilisées sur place, sauf en ce qui concerne les pierres précieuses que les Birmans vont vendre à Mandalay ou Rangoon.

C'est donc en Annam et au Tonkin ([ue l'exploitation minière a pris, dès maintenant, un développement sérieux et qui ne pourra, dans l'avenir, qu'être très rémunérateur. Le soussol de l'xVnnam, en dehors des richesses minières encore insoupçonnées, (( car les Annamites, par superstition ou pour tout autre niQtif, ferment la bouche quand on les questionne sur ce sujet », produit déjà de l'or, de la houille, du plomb argentifère, de l'argent, du cui\ re et du zinc, du fer et du sel.

C'est à Bông-Mieu (province deQuang-Nam), à 100 kilomètres environ de Tourane, ({ue s'étend le princij)al gisement aurifère

-^C» MISK EN VALEIU

<!>' rAniiam. Ces mines qui étaient exploitées depuis le (It'hut <ln siècle ont été abandonnées en 1838, au moment du débai- «{Ui'nient des Français. Elles ont été reprises , en 180G, par une s );-iété qui a obtenu un permis de g^îtes métallifères en périnièlre réservé de oOOO hectares qui sera transformé, après trois ans, en une propriété minière de 800 hectares. Os gîtes aurifère > comprennenl des ;^îtes fdoiiiens, exlrèmemenl riches, et des yîtes alhn ioiinaires beaucoup plus pauvres. Cependant la teneur moyenne, bien qu'incertaine encore, sera sans doute suffisante dans une grande j)artie du fdoii ])Our (ju'il soit j)i)ssible d'exploiter avec bénéfice, à condition, toutefois, que la (juestion de la main-d'œuvre (il faut à la Société 150 coolies par jour et elle les recrute avec difficulté) et la question du ravitailI(Mneu! soient rapidement résolues. La concession del5(*)ng- Mieu comprend actuellement deux mines, celle de Nui-Kèm et c*;lle de Bong-Mieu dont les ateliers de broyage niani{)ulent en moyenne 2')0 à 300 tonnes de cpiartz aurifère par mois, ('e (piaiiz auiilere est trausporttî de la mine à l'atelier sur des wagonnets, système Decau ville.

Après l'oi", la houille peut être plus précieuse. Or, de l'avis unanime, l'Anuam coutientà Noug-Son des gisements très importants, à proximité du cours de « Song-Thu-Bang » et de j'i'liii de la ri\ ière de Touraue. L'épaisseur de la couche de houille reconnue est de 27 mètres, soit 351.000 tonnes à l'heclari'. Le gisement aenviron 1000 mètres de long sur 800 mètres d* laii^e, de sorte qu'on peut évaluer la richesse de la mine à 3l).()IM).0iM) de tonnes. Donc, pn>.\iniit('> de la mer et de Tourane, situation exceptionnelle sur la niaiide route mandarine e! sur deux cours d'eau dont l'un, au moins, est toujours ua\igable, houille facilement e\[>loitable et aborulante, tout semi)lerait assurei' le succès de celle enlreprise; pourtant elle est abandonnée. Il n'est [)as iiuitile de se demander pour- <pioi. Dès 188(1, iiii Cliiiiois a\ait (Icniand*' au uouNcrneinenI

RICHESSES MIMÈUES 277

aiiiiainite la concession de ces mines; elle lui fut accordée sons certaines conditions restrictives. Malgré tout, l'extraction continua jusqu'à 1885, et les 10.000 à lo.OOO tonnes de houille' que produisait annuellement la mine étaient vendues aux filatures de coton de Canton et aux fabriques de porcelaine de flong-Kong-. En 1890, la Société anonyme des houillièrcs de Tourane fut constituée à Haïphong- au capital de 4.000.00!) de fi'ancs dont 2.000,000 en actions libérées furent réservées au fondateur. Elle s'eng-ageait à payer une redevance de 12.000 ligatures jusqu'en 1900 et de 18.000, de 1900 à 1910. ComnKcompensation elle était exemptée des droits de douane pour l:i sortie de ses charbons et l'entrée de son matériel. Elle obtenait enfin pour y établir un dépôt central l'ilot de l'observatoire de Tourane. En dépit de tous ces avantages, la Société fil de très mauvaises affaires et, le 3 février 1894, la dissolution fut prononcée. Il n'en reste pas moins qu'une nouvelle société poivrait retirer de l'exploitation des mines de Nông-Son des bénéfices importants. « Espérons que les travaux d'extraction, depuis si longtemps suspendus, seront repris un jour et qiu' Nông-Son contribuera à approvisionner de son charbon les marchés de l'Extrême-Orient, au grajid détriment du charbon anglais (1). »

Il existe bien dans le district de Quang-Ninh des filons argentifères, mais ils ne semblent pasextrèmement riches et les essais d'exploitation, tentés à deux reprises par un Chinois d'abord et les frères Desrobert ensuite, n'ont donné aucun n'sultal satisfaisant. 11 n'enest{)asdemèmeducui\ re qui se trouve en aboiid;iuce dans deux mines connues actuellement, celle de Thaidi-lléa et celle de Ouang-Nam. La première a été découverte ou mieux redécouveite [)ar un Chinois, en 1887, cai' il a étépron\(' (h-puis qu'elle avait été déjà exploitée de 1827 à 1829. EMe est

(1) \'. C.liéiiitnix, Xijlcs iii;inusci'iles.

278 MISj; EN VaLKI H

aiijounriiui abaiulomu'e, et pourtant elle paraît fort riche et étendue. Elle afileure le sol et sa mise en exploitation paraît ne devoir nécessiter que des travaux d'art de peud'iinj)orlance. En ce (pii concerne la deuxième, le filon se rencontre sur le liane de deux collines séparées par une rivière. Elle a été autrefois activement exploitée, comme le démontre une Q-alerie principale longue de 500 ou (iOO mètres d"où partent un grand nombre de g-aleries latérales. « Actuellement l'exploitation ne paraît pas devoir présenter de sérieuses difficultés, les bois d'entretien des g^aleries étant à proximité de lamine et la pente du terrain suffisajite pour un facile écoulement des eaux de pluie. » Il convient d'ajouter que plusieurs analyses du minerai ont été faites et (ju'elles ont donné les résultats suivants :

" (^liiivre.

2" (ai ivre.

Zinc .

Zinc

Foi-. . .

Fer. . .

Il semble donc (pie l'exploitation de cette mine ne pourrait (pi'enrichir ceux qui voudraient risquçr cette entreprise.

Ce n'est pas (pie le fei' ne se trouve pas un jx'ii parloiit en Annam, mais il n'est pas assez abondant pour être exploité. Il n'y a g-uère qu'une mine ayant quelque valeur; c'est celle (le Niçh(vAn qui est entièrement aux mains des habitants de Xoh-Lam dontle village possède \2{) liaiits-fouiiieaux de construction très ])rimili\('. Chacun d'eux peut j)ro(luire, à raison de deux fusions pai" jour, 80 petites barres de métal pesant 200 grammes chacune (au total 1(1 kilogrammes). Le village est astreint à une ledevance annuelle de 4-000 ligatui'es en ('(•jiiiiiuc Mu monopole (|iii lui est concédi'. 1 ne |)arlir de ce UK't.al (îst expoil(>, iii;iis la inajeufe paitii' alinienle les inarcli(''s de Ngh(''-Tinh.

N'oublions pas d'ajoiiler' (jn'en ('ludianl le trac»' An chemin

de fer de Toiirane, le capitaine Bernard a découvert des gisements de fer dont les échantillons, analysés à Paris, ont donner les résultats suivants:

Sesq uioxydc do fer ... 91,8 = G i, 1 2 0 0 de foi-

Alumine 1,6

Gang'ues siliceuses . . . 6,0 Eau 0,6

(( Ce minerai produit donc 64,12 0/0 de fer et il est en outre des plus curieux au point de vue scientifique par sa texture spéciale. « Il y aurait là, si on était sur- ([ue ce gisement occupe une g-rande étendue et si les voies de communication en facilitaient l'exploitation, une grande richesse pour l'avenir.

Sans parler d(;s carrières qui n'ont jamais été exploitées parce que l'indigène ne se sert pas de pierre dans la vie courante, ni des carrières de marbre de la province de Thanh-Hoa qui seront utilisées un jour, il faut indiquer l'existence de marais salants sur toute la côte de l'Annam et particulièrement an Thanh-Hoa, au Nghé-An, au Ouang-Binh, etc., etc.

T(dles sont les principales ressources minières de l'Annam, qui pourra fournir bient<H des éléments d'activité indiscutable aux Européens, lorsque les deux questions des voies ferrées et de la main-d'œuvre auront été définitivement résolues.

TONKEN

<( Depuis longtemps déjà, la question des charbons du Ton- « kin a attiré l'attention du gouvernement. En 1881, une « mission officielle fut confiée à M. Fuchs, ingénieur en chef « des mines, qui, secondé par M. Saladin, vint étudier « les

-80 MISE i:.\ VAl-KI K

'( g"îles (le conibuslil)li's et qiiel(jiies-uiis des j^îles métallifères « de rindo-Chiiie. En I8l).j, M. Sanaii fut envoyé à son (( tour par le ministère pour remplii" une nouvelle mission, « tlemandéi' {)ar la Commission des niines tie l'An nain el du « Tonkin (1). »

II semble bien d'après ses observations, qu'au Tonkin il existe deux bassins houillers parfaitement distincts. Un picmier filon commencerait au X.-O. d'Hanoï et s'étendrait, jusqu'au yolfe du Tonkin (baie d'Along, Hon;y;^ay, baie de Faitzilony-, Kébaoj, les gisements houillers de l'Iiaï-N^uyen eJ Locli-Binh. Le second suivrait la vallée du tleuve ll(juge en la remontant depuis Yen-Bac et se prolongerait ensuite ^ers le sud-est jusqu'à la latitude de llung-IIoa. Il est vrai ([ue, contrairement à cette théjorie élaborée par M. Mallet, l'exi tence d'un seul bassin est affirmée par M. Sarrau. « Il e.-t vraisemblable, écrit-il en 1888, (pie là aussi (à Pliu-Doan), on se trouve en présence de notre terrain houillei" (jui, ainsi jaloimé, semble remonter le fleuve Rouge et pénétrer dans le Yunnain par notre poste asancé de Lao-Kay (2). »

Uuoi qu'il en soit de cette théorie, une vérité reste acquise, c'est que le Tonkin est extrêmement riche en houille et que l'exploitation en est déjà régulièrement entreprise. La concession de Kébao, accordée en 1888 par M. Jean Dupuis, a été rétrocédée en 1889 à. la Société anonyme fran(;aise de Kébao.

Le terrain carbonifère de Kébao se tlivise en deux systèmes sépari's par un coui^loniéiat (juailzeux de 80 mètres d'épaisseur. M. Sarrau estime à 1,000 mètres d'épaisseur l'ensemble des deux systèmes charbonneux et assigne aux couches utiles inu' é|)aisseui'(jui varie de I m. à .'i m. pour le système inférieur et (le ()"',7() à ;{"',"iO jxtiir le svsiènie sup(''rieui". Cette bande

(1) N'. ('.Iit'iiiciix, .Vw/^.« manuscrUfs.

{"2) S.iiiMii, h'/in/r ilii Ir-.sain houilhi- du Tniilxin, ( ;ii;il liiiiii-l , ISSS.

lUCUESSES MINIÈRES 281

houillère, sous l'iulUieuce de pi'ossious considérables, a pris la forme d'un S. Elle a été divisée, en vue de l'exploitation, en cinq quartiers déterminés par des accidents g-éologiques. Malheureusement, pai- suite de la concurrence des charbons étrangers et de la dépense d'un outillage trop coûteux, les mines de Kébao ont dû interrompre leurs travaux d'exploitation dans le courant de l'automne 1898.

C'est à Hong-ay que le gouvernement accorda la première concession minière du Tonkin (20,000 hectares, comprenant Hongay, Hatou etCampha, concédés à M. Bavier-Chauffour). Toute cette région a été tellement bouleversée que dans la partie méridionale de la concession, le charbon a été recoupé par un g-rand nombre de failles aux abords desquelles le charbon est si friable qu'il est impossible de le débiter en grands blocs. Néanmoins, le nombre des couches exploitées à Hongay est assez considérable. Les principales fosses sont celles de Henriette, Marg-uerite, Jaurég-uiberry, Bavier-Chanffour, Chetter et Marmottan. Contrairement à ce ([ui se passe à Kébao, l'extraction annuelle des mines de la Société française des charbonnages du Tonkin est en grand progrès (1).

Citons encore d'anciennes mines de charbon qui ne sont plus exploitées à Tbaï-Nguyen, Hung-Hoa, Sontay, Langson (le gisement de Langson a été reconnu en 1890 par MM. Moreau et Conrsolle et a fait l'objet d'une demande en périmètre réservé), Caobang et Yenbay qui possèdent un bassin houiller dont la largeur peut être évaluée à 3,800 mètres. Plusieurs exploitations ont déjà même été tentées :

Fosses lilciidue ea hectares Propriétaires

Henriette . . . 280 n xMarty

Alfred .... 310,80 id.

.hicques .... TiOO » Siiitas

(1) Voir aii\ annexes.

Les Colonies, vol. III. 1 S

l'osses l>teiitlue en lu'Olari'.s Piojjriélairos

Ivan 494,50 .Mailv

Gcorfces .... Ii(>5,50 ici.

Blanche .... 4'.>4,50 id.

Jules I,t)o0,o() Seigles

et d'autres encore qu'il serait trop long- d'énuniérer.

(( En résumé, le Tonkin est sillonné de dépots carbonifères. (( La qualité n'en est pas parfaite, du moins dans les centres « exploités jus(prà présent. Cependant l'usage des charbons (( du Tonkin se répand de plus en plus et, l'importance des « gisements étant considérable, l'exploitation est appelée à <( prendre un très grand développement (1). »

Outre les gisements carbonifères, le Tonkin possède des gisements de fer à Tliaï-Nguyen, à Langson où l'exploitation commencée en 1887 dura jusqu'en 1894 ; dans le secteur de Bandanli où deux colons, MM. Lafeuille et Ménard, (|ui avaient demandé, en 18î)0, un périmètre réservé, semblent a\<)ir renoncé à toute tentative, et enfin à Yenthé où existe un gisement de fer de 2.') kilomètres de longueur, depuis Motrang jusrpi'à Mualong. (^iCtle mine, autrefois exploitée par des Chinois (pii y entretenaient jusqu'à 200 ouvrieis, a été abandonme depuis .'{() ans, mais nn'riterait d'être st'rieusement reprise.

Les autres richesses minières du Tonkin ont beaucou[) moins de valeur. Toutiîfois, on signale des gisements de cuivre à Hung-IIoa, lloabiidi, à Langson (où M. Rouzaud a fait, en 18î)l, une deiMMiideeM p(Mimèlii' r<''serv('), à Moncax . à Yenbay (où il y a une trentaine d'années tpiehjues mines élaientex[)loité(!S par les (Chinois). Le plond) se lioiive à Langson (la lenlati\(' de MM. l^afeuille et Ménard, en I87(K n'a pas <mi de suite), à .Moneav (»ri les indigènes se nionlrenl assez disposés

(I) N'oir \'. ( iliiMiiciix, Xa/rs inani/sfri/cx.

à reprendre le travail sons notre direction, et à Laokav. Autrefois, le district de Thaï-Nyuyen fournissait du zinc, mais rexploitation conduite par les indigènes a été abandonnée. Des recherches scientifiques avaient amené M. Rouzaud à entreprendre à Lançson l'exploitation d'une mine d'étain, et MM. Bedat et Saint-Mathurin, en 1S80; une exploitation de niinne nature à Gaobang-, mais ces deux projets n'ont jamais iiM'u de réalisation.

Au nord de la baie d'Along' et entre la chaîne de partage et le canal de Campha, de nombreux tfîtes d'antimoine ont été concédés entre 21 explorateurs sur une superficie de 3317 hectc^res. Mais il est encore trop tôt pour pouvoir apprécier les résultats obtenus.

Signalons encore des gisements de mica à Yenbay, et d'amiante à Langson. INIM. Vezin et Baussire ont obtenu des concessions aux environs de That-Khé et ont calculé que le rendement était d'environ 4 kilos, sur une surface d'un mètre carré et une profondeur de 10 centimètres. Mais l'exploitation n'en a pas encore été régulièrement entreprise.

Les gîtes de nickel à Ouangypn, de mercure à Hagiang, de pétrole à Yen-Bay (4 permis de recherches en périmètre réservé) n'ont encore aucune valeur effective. Il n'en est pas de même des carrières de calcaires blanc, jaune et gris situées dans l'île des deux Soug et sur tout le littoral. Depuis l'occupation française, elles sont exploitées à ciel ouvert soit pardes Européens, soit [lar des indigènes, et produisent le moellon brut, la pierre taill;'*!\ la pierre concassée et la chaux. Il on est de même des carrièresdePhuly etde Xinh-Binh (pii, exploitées par MM. Guillaume frères, sont extrêmement llorissanles. L'argile qui est commune dans le delta alimente de même la briqueterie de -M. Lcrov, la plus inqxnlante du Tonkin, aii:si qi'.e de nombi'euses fabriques de poteries indin'ènes.

L"s métaux j)r'érieux existent-ils au Tonkin, en quanlitt' suf-

:28i MISE EN VALEUR

iisaiitt* pour ([iic Kmii' e.\[)loltati(Mi soit r/'iuiiiiôralrice ? Les mines d'ari^enl de -Moiicay, autrefois exj)loitées, sont aujourd'hui couiplèlemeul ahandoiinées. Celles de Caoban^- ont élé concédées [)Our lecherclies à trois colons (mine de Lucie, mine des Rameaux, mine de Phuxon), mais aucune exploitation dig-ne de ce nom n'a encore été entreprise.

L'or existe également à Hung-Hoa où il fut longtemps exploité, à Van-Buy, à Hai-Binh et surtout à Lang^son. Au dire de M. Massiéijui prospecta cette dernière région en 1887, des filons aurifères se trouveraient à Xuan-Diiong dans une véritable cuvette d'érosion. Le terrain aurifère occuperait là une superficie considérable (oO kilomètres environ) avec une largeur de 30. La coupe de cette région minière serait la suivante : I" Une couche de sable argileux de 3 mètres d'épaisseur; 2" Une couche de gros sable de 0'", 25 à 0'", M]; 3" Une couche de cailloux roulés de 2'", 50, et 4" la roche argilo-sciiisteuse. Ou'il y ait de l'or, cela n'est pas douteux et les échantillons prélevés en font foi. Mais y en a-t-il en quantité suffisante? Cela est douteux. Trois Annamites qui, en 1891 , avaient demandé un permis de recherches en périmètie réservé d'une lony^ueur de (100 mètres sur 300 mètres de largeur, n'ont pu aboutir dans leur tentative, et il en a été de même pour les «lemandeurs européens (pii avaient obttMui des permis de recherches dans la région de Caobang.

Telles sont U's principales l'ichesses minières de noire Indo- Cdiine. L'Annam et le Tcjukin possèdent donc les mélaux en abondance, et il n'est pas douteux que certains d'entre eux (le ci,ii\rc eu Aiiiiam, le cliaiboii au Toiikiui ne cousl ilurni une r<'SiMV(; précieuse poui" l'avenir. .Mais, en l'état actuel du pays, t':l sauf sur le l)i)i"d delà mer, l't^xploitation n'en est pas encoïc réinum'ratrice. Il (;st même évident <|ue ces gisements étaient |>lus actix eiiieul exploih's il \- a (piehpies ann(''es jiar les iiuligènes, parce que avant uutiiis di' b!'S(Miis pci'sonut'is et uc.

travaillant qu'en vue des besoins locaux, les Chinois ou les Annamites pouvaient tirer un bénéfice suffisant d'une production médiocre et obtenue par des moyens rudimentaires. A l'exploitation moderne telle que la comprennent les Européens il faut des bras nombreux, de sérieux capitaux, un outillage coûteux, et ces entrej)rises ne peuvent prospérer qu'autant que le métal obtenu pourra lutter de bon marché avec les métaux apportés du dehors. Or, nous n'eu sommes pas là, et à ce point de vue l'exploitation des mines a juscju'à présent plutôt perdu que g"a4>né à l'occupation française. Mais la matièie première existe. Le jour où le prix de revient baissera, par un jeu naturel, çràce à l'abondance de la main-d'œuvre, le jour où les matériaux extraits pourront être facilement transportés aux ports d'embarquement par des voies ferrées rationnellement construites, le jour enfin où une industrie locale pourra utiliser sur place les produits locaux, les mines de l'Indo- Gliine donneront aux concessionnaires des bénéfices réguliers et rémunérateurs.

MADAGASCAR

Il semble bien, aujourd'hui que les richesses du sous-sol de Madagascar sont plus exactement déterminées, qu'il y a eu à propos de ces richesses une sorte d'engouement que les faits n'ont pas suffisamment justifié. Certes, les mines de la grande fie existent ; quelques-unes po'urront même doimer, aussitôt que les voies de communication en permettront l'exploitation scientifique, d'indiscutables bénéfices, mais nous serons toujours loin, sans doute, des espoirs excessifs qu'avaient fait naftre des renseignements un peu hâtivement donnés. C'est, du moins, ce que pense le général Galliéni lui-même : « Au point de vue des richesses minières, notre nouvelle colonie n'a peut-être pas jusqu'ici répondu aux esj)!''riiuces qu'on a\'ait fondées sur elle, si

286 MISE EN VALEL'K

l'on s'élail attendu à v trouver de riclies mines d'or on de pierres précieuses, dont la présence aurait pu être expliquée par le voisinasse duTransvaal. Les recherches effectuées depuis l'occupation n'ont amené la découverte de l'or (pie dans les alhivions, la plupart modernes ; aucun filon n'a encore été signalé : on n'a découvert non plus aucun gisement argentifère (1). » Plus aflirmatif encore est un des collaborateurs les |)Ius dévoués du gouverneur, M. Lalli»?r-Ducoudray. « Il est incon- « testable que les richesses minières de Madagascar ont tait (( naftre beaucoup (l'esj>érauces, que bon nombre de nos com- « patriotes ont entrevu, dans leurs rêves, de ces fortunes fan- « tastiques, jaillissant, pour ainsi dire, de terre, comme il s'en (( fit autrefois en Californie, comme il s'en est fait récemment « au Transvaal, comme il s'en fait, paraît-il, actuellement dans « l'Alaska. Or, (piels sont les résultats obtenus après trois an- « nées d'expérience? Les petites exploitations, celles qui soiii « dirigées par les intéressés eux-mêmes, ont permis à ces der- (( niers de réaliser des bénéfices généralement satisfaisants, (( parfois même très satisfaisants. Les grandes exploitations « appartenant à des sociétés à conseil d'administration et à « directeurs-gérants ont, au contraire, donné pour la |iliq>arl « des résultats médiocres ('2]. » II est vrai que de son côté le Guide de rimm'ujvinil écrit : « Les métaux dont l'existence a (( été reconnue Jusqu'à ce jour dans le sol île Madagascar sont « les suivants : or, fer, plomb, cuivre, étain, zinc, [daliiie, « mercure, antimoine. Les plus répandus sont le fer cl l'or. 1! « n'a été trouvé ni argent, ni nickel (3). » Mais il ne sidtil pas qn(; l'existimce de ces métaux ait été signalée, il faut encore, il faut surtout que les gisements soient assez élciiduN

(I) /{apport d'i'iiscmfi/i' du tjèm'val (ialliihii.

("i) Conférence de M. Lnllier du Coudrui/, liullelin de In Sm-ii-le île tji'ogrnpliie conimercinle, jS!t!(.

(3) (îuide de r lmuii<irnnl <t M<id(njiixriu\ toine II.

HICHESSES MINIÈRES 287

el assez riches pour ([lie leur exploitation eu soif léiniiuératricp. Dans (juelle mesure ces conditions sont-elles réalisées, c'est ce qu'il convient d'examiner ?

Fer. — Il paraîtrait que le fer a été exploité à Madagascar dès le xvi^ siècle et (pie Jean Laborde porta même à un haut degré de perfection l'utilisation de ce métal. Mais, après sa mort, cette industrie périclita rapidement et les Hovas revinrent d'instinct à leurs procédés primitifs et rudimentaires de fabrication. Cette exploitation pourrait donner, à nouveau et sans beaucoup de peine, les mêmes résultats, car le fer se rencontre presque partout à Madagascar sous forme de minerai magnétique, d'hématite et de magnétite, contenant en moyenne 75 0/0 de fer métallique. Mais il faudrait, pour en tirer tout le parti possible, de la houille dont on manipie encore, une main-d*(X'uvreplus exercée et un-outillage qui n'existe pas. Les indigènes de l'Imérina et du Betsiléo exploitent, en effet, le fer d'une fa(;on ti'ès déf(H:tueuse qui coûte cher et laisse perdre une grande partie du précieux métal. Les principaux centres d'exploitation sont ceux de Marorangotra, de Mantasoa (dont le gisement est très riche) et de Man^atany. Toutes ces forges sont dirigées par des indig-ènes ; un seul colon, M. Bouts, s'en occupe à Marorangotra, mais il se contente d'acheter aux travailleurs malgaches le pi'oduit de leur travail, à raison de 23 fr. les 100 kilogr.

(( Il serait facile de perfectionner les pi'océdés encore usités aujourd'hui. On pourrait même aisément, en utilisant certaines chutes d'eau, installer une usine métallur^i([ue où le fer serait travaillé et forgé dans des conditions analogues à celles tles établissements d'Europe (1). » Quel que soit l'avenir réservé à cette exploitation, voici ({uels sont les principaux gisements actuellement connus :

(t) dui'le (le r Iniini(jrfiiit n Mni/arjasrrir.

288 MISK EN VALEl K

Boiiéni : sur la rivo yauclie de la Maliajtimba.

Ankazaht^ : dans la vallrc de la INIatianara.

Manohilalv,

Moraman^a : dans la vallée de Lohasaha.

Manjakandriana : Maroranyotra, Ambatolampy, Maiilasoa.

Andriainasina : Manariiitsoa, Triazoiii[)anirv (concession de plus de ,")UU hectares) : le fer revient sur place à 20 ïvAes 100 k.

Miarinarivo : vallée du Kitsamby.

Andévorante,

Betsiléô : Ambohimalia.

Fort-Dauphin : Extrémité sud de la province.

La matière première ne fait donc pas défaut ; mais cela ne suffit pas jKiui- (pu> les profits récompensent le colon de ses elforts et en etfet la seuh; exploitation européenne n'a donné aucun résultat. « Il est incontestable cependant qu'avec la proximité df la foret, la dis[)osition aisée des forces naturelles, par l'installation des nombreuses cliutes d'eau qui avoisinent les gisements, et vu la faible dislance (40 kilomètres environ) qui sépare ceux-ci de Tananarive, où les produits peuvent être transportés par une route en grande partie carrossable, une ex[)loilation de minerai de fer entreprise rationnellement par un colon procuicrait des bénéfices suffisants (1). »

Ni le plond) dont le seul gisement abondant à And)atofoni'ehaïui a été épuisé j)ar le gouvernement malgache, ni l'élain dont l'existence n'est pas officiellemenl démontrée, ni le zinc (pii n'a été renconlié qu'à Bétafo, ni le platine (pii,au dir-c des indigènes, existerait dans le sud-ouesl de l'fle, ni le nickel, ni le pétrole ne pai'aissenl de\(»ir olfiiraux colons des ressources s('rieuses et juslijiei' les riscpies d'une exploitation (pudcou(pie. Il n'eu est pas de même des mines de cuivre. L'ancien you- Ncrrieineriî Miali;aclie axait, axant l'occiqtaliiui française, tenté

( I ) (ilTK'l'itl (iilllit'ni, n/i. fit.

UICHESSKS MIMEKES

l'exploitation do g^iseinents de cuivre à Ambatofangéhana. En

1898, le garde d'artillerie Villiaunie a relevé l'existence de

riches gisements de ce métal dans les régions sakalaves de

l'ouest ; mais les mines qui étaient autrefois exploitées sont

aujourd'hui épuisées et les nouveaux g-isements n'ont encore

été l'objet d'aucune prospection définitive. II en est de même

f des pierres précieuses (et en particulier de l'améthyste et du

grenat) qui sont assez abondantes à Madagascar, mais qui n'ont pas une grande valeur marchande, soit à cause de leurs petites dimensions, soit à cause de leurs défectuosités. Il ne faut pas en conclure hâtivement (pie les pierres de valeur n'existent pas, car on n'a justement pas exploré les alluvions où elles peuvent se trouver, mais jusqu'à présent celles qui ont été découvertes ne méritent pas que les colons consacrent à cette recherche leur temps et leur argent. Au contraire, de beaux échantillons de cristal de roche ont été extraits dans la province de Mahanoro et dans celle de Vohémar.

En somme, la véritable (^on pourrait presque dire la seule) exploitation minière est celle de l'or. En 1886, le gouvernement malgache avait partagé l'île tout entière entré une cinquantaine de concessionnaires européens : un seul a réussi à tirer un réel parti de cette richesse naturelle, c'est M. Léon Suberbie qui obtint, le 2 décembre 1886, « la concession des mines d'or de la côte ouest de Madag"ascar. »

L'or se présente à Madagascar sous deux formes : l'or alluvionnaire, de beaucoup le plus abondant et qui donne en\iron 1 gramme par mètre cube, et dans certaines régions de l'Imerina, s'il faut en croire M. Berg-er, 4 grammes par mètre cube, et l'or extrait des filons de quartz aurifère, malheureusement trop pauvres comme teneur, sur ce plateau central, pour être utilement exploitables (1/2 gramme à la tonne) ; dans le nordouest, ces filons sont bien supérieurs, puisque M. Suberbie a ol)tenu des teneurs supérieures à une once par tonne.

Les ()riiici[)au.\

Province do I)i(''i;u- Suarcz.

l'ros lnc(> (le .M;i-

I iinya.

lié^ioii (le Suber-

l)i('ville.

tiercle (rAïuhnldii- (Iraziika.

Territoire d'Aiitsa- Irana.

Province de Taiiiatavc.

Cerele de TNialaliv.

^ oi'omahérv.

(iercle de l)(''tarn.

Cercle (II- |{cKiiir\ .

l'n.viiicede .M;:iiaiiiarv.

Helsile..

MISK EN VALEUK

niscinents miniers sont les suixaiits :

At'fliieiitsdu Salianamlio : sal)les aurifères. PiéijioM du .Maiiarnhalo. id. (|)rospeclinns de i\[.M. Faucon rt Bunneniaison).

Ndiuhreux ijfisiMnents aurilëi-es entre .Maruadalio, Andraruihna, Maiia ja nii)a et Tsaratanana.

Alhnions et trois filons aurifères, ceux île Hanoniannatsiaka, de Nandrozia et d'Xndriainparany.

l n<' Société minière, la Société Smith and ('.*> a C(jmmencé l'exploitation de ces yisemenls en 189(î; elle va la reprendre incessamment.

Uuel(|ues yisemenls dont deux sont ex|)loit('s par les .Malgaches, ceux de .Manisihato et il'Ambatomainty où au milieu de l'or alluvionnaire se rencontrent îles pépites d'une certaine uros.seur.

Onei{|nes i>isenienls sur les affluents de <>auclie (le rili;:iid<a et \all('M^s des affluents du \'om- (Irotia.

Plusieurs «gisements miniers dans la province de -Maroandi'iana, dans celle de Hiai'anandriano (un colon franrais y ohlieni aclu(dlemenl de à 5 orammes à la tonne); dans le N'akinampasina où la reine faisait autrefois iwploiter par 2000 ouvriers un important <>isement.

Plusieurs "iscments oui donnent de I à .% grammes par tonne.

.Nombreuses ex|)loilations par les iinlii'ènes (|i;i !i(^ recueilleiil nuèi'c iju'un kilotri-amno" pai' nutis : les j'isements de la valb'e du Kilsamby on! ('té exploités par rinyt'nieur (diaincl.

l ne exploilalion im|)oi'lanle à .V ii ka roii^ii lia a\ec iOO ouvriers einiro'i.

Le bassin de la l'ivièi-c .Ma iia iidriana rnifcrnic environ SOO hectares d'alluvions exploitables d'une richesse de 1 i;r. à 1 i!:r. I 2 par t(uine.

Dans la vallée de Tsaratidy, imporlani nisemenl (|ui donnerait euvii'on 2 yr. 20 à la lonne, valant en nombre rond 7 francs.

Dans la \alli'e de iloi'ai'aika, autre yisi-niciil donnaiit de 2 ni", à 2 t;i'. I i à la lonne soit une teni'iw de l iXf. valant 12 francs.

HICUE.SSES MINIKUES ^1)1

Diiu-s la \all(*c (l'Aïupaïu'iiilra les sables dijinienl une teneur (le 2 jir. ou (1 IVaiies. .Même silualion à Andraina.

N'iiiariilelo. Vallée d'Anihaloniaro.

Aiiiholiiiualaza « Cin(i mille hommes y ont, pendant ([ualre ans,

exploité l'or pour le compte du «.ouvernemenl Malgache o dans toutes les vallées avoisinant Amhohimalaza.

Deux sociétés ('l''« Compagnie des gisements aurifères d'Hoalanaau capital de 2. 500.000 francs et Syndicat lyonnais devenu « Société des gisements aurifères d'Anasoha au capital de 200.000 francs " se sont constituées pour exploiter les ressources minières).

Cet apeivii rapide dos richesses auriteres de la grande île permet de comprendre pourquoi les prospecteurs se sont précipités vers Madag"ascar au point (ju'il a fallu, prescpie aussitôt après la conquête, rédiger une lég-islation minière. Les demandeurs en concession ont donc été nombreux, trop nondjreiA peul-ètre (nous verrons tout à l'heure [i,ourquoi), mais aucun d'eu.x n'a encore obtenu un résidtat qui permette d'escompter l'avenir. La situation est actuidlement la suivante :

Au 1'" octobre 1896, il avait été délivré 22ij permis de recherches reçus au service des mines; 138 déclarations de pose de sig'naux dont 119 ont dû être annulées ultérieurement.

Au 31 décembre 1897, 172 déclarations de pose de signaux dont 140 avaient été acceptées; 273 permis de recherches dont 233 restaient définitivement inutilisés.

Au 31 décembre 1898, 448 permis de reclierclies auril'ères dont 84 à titre de reiujuvellement ; 227 nouvelles déclarations de pose de signaux dont 48 avaient été annulées comme irrég-ulières. ,

Au l*^'' février 1899,241 déclarations acceptées ; 27 àrc'tudc, 172 permis de recherches disponibles. De plus, il y avait à la même date, 4."^» exploitations représentant un total de 209 lots

:2lB MISE EN VALEUR

(le '2o lu'olares, au nom de 22 exploitants j»ar 5 concessions définitives, et deux demandes de concessions nouvelles par transformation de groupes de lois.

Tous ces prospecteurs ou ces demandeurs en concessions minières sont-ils appelés à réussir dans leurs entreprises? Une grande partie d'entre eux, s'ils persistent dans leur intention, letireront-ils de cette exploitation un bénéfice rémunérateur ? Sincèrement, nous ne le pensons pas. Nous avons déjà vu que M. Lallier-Ducoudray avait soin de distinguer les entreprises individuelles et à faibles caj)itaux qni j)0uvaient compter sur des résultats satisfaisants et les grandes. sociétés qui étaient d'avance condamnées à un échec presque inévitable, du moins en l'état actuel des choses. Pourquoi? D'abord parce que les mines ne contiennent pas de l'or en quantité suffisante pour rémunérer l'emploi d'un outillage perfectionné et d'un personnel nombreux ; ensuite parce qu'en l'absence de voies de commufilcation rapides, les difficultés et les prix écrasants du transport majorent singulièrtnnent les frais d'exploitation ; enfin ef surtout parce que les procédés employés sont défectueux et <jue la maiu-d'o'uvre manque.

Le système en fa\(Mir (et souvent le plus praticable) est celui de la hâtée, sorte de bouclier conique, à section circulaire, oblerui |)ar le creusement d'un bloc de bois. Ce procédé piimitif permet de laver dans une journée de 400 à 500 kilogr. de sable. Mais il est loin d'être parfait et rincoinénient le plus grave, c'est (pie l'ouvrier le plus habile j)erd ainsi près de îjO 0 (I de l'or que contient le sable de la bâtée. C-e svstème « entraîne donc un véritable gaspillai^e de la richesse minière d'un gisement. »

Les ouvriei's (pii tnaiiieiil la balt'e el (pii aiTixenl très vile à èti'e extrêmement habiles sont tous des iiuliyènes. Ils sont payés proportionnellement à la «piantité d'or (|u'ils ont re-

(I) LalliiM-l )iicuii(lr;iy, op. cit.

cueiili. Or, celle quantité étant, en général, inininie, le salaire (quotidien est quelquefois tombé jusqu'à G sous et nièiiie à 2 sous par jour. Les Malgaches désertent dd'nc, en foule, un travail qui rapporte un aussi dérisoire profit, elles chantiers aurifères maïKpicnt souvent de la main-d'œuvre la plus indispensable. « Tous les exploitants d'or n'ont eu que la main-d'œuvre que leur a procurée l'administration et, malg-ré les efforts de cette dernière, il n'a pas été possible de donner satisfaction aux demandes des concessionnaires de mines dont certains ont occupé jusqu'à 6,000 ouvriers. Il s'en est suivi que, avec quelques centaines d'hommes,*les particuliers dirigeant eux-mêmes leurs exploitations ont réalisé des bénéfices suffisants pour rémunérer et leurs capitaux et leur peine ; tandis qu'au contraire les sociétés grevées de frais généraux relativement considérables ont, avec le même nombre d'ouvriers, assez difficilement co'^vert leurs dépenses. » Dans ces conditions et pour ne pas supporter plus longtemps la responsabilité d'une situation qu'il n'avait pas créée et à laquelle il ne pouvait apporter aucun remède, le général Galliéni a cru devoir supprimer l'intervention directe de l'administration dans le recrutement de la maind'œuvre des exploitations aurifères. Ajoutons que quelques exploitants, doués de plus d'initiative que les autres, ont abandonné le système suranné de la butée pour installer des shiices (1), mais, sauf une ou deux exceptions, les résultais n'ont pas été bea\icoup plus satisfaisants. En somme, il ne faiil pas se dissimuler que la production du métal piécieux à Madagascar a diminué sensiblement depuis roccu[)ation l"ran(;aise, puisqu'en 181)8, cette production n'a été que de 31)5,038 IV. Cette situation se serait certainement modifiée si Madagascar avait [)Ossé(lé d'inqiorlants gisements de houille. Mais il semble aujourd'liui prouvé (pi'il n'en existe [)as, ce ([ui est facile à

(1) Voir la description de ccl a|)|)arcil au parayraplir l'clalil'à la (liivaiic.

2U4 Mis;-: EN VALinii

c<)inpr;Muln', aucun de (ts li'ri'ains n'ajtpailcujuil aux (''piques géolo-jicjucs de Và'^c [)riinaii"e. (-l'pLMulant, (h'-; 18o(), M. D'Arvoy, ancien c<)nsul <le France à Maurice, affirmait l'existence d'un gisement lioin'Iler sui' 1 i c<')le nord-ouest ; en 18(i-'i, M. riiiilleinin indi(|uait à son tour, dans un raj)[)ort, qu'il a\ait découvert un vaste i)assin houiller « situé sur la côte noid-ouest de la grande terre, <mi face de la colonie française de Nossi-lîé, et poui" ainsi dire au co'ui' nièine de la nier des Indes. » Il lui attribuait une longueur de I8U kilomètres et une superficie totale de 7,200 kilomètres canrs. Son opinion fut adoptée, en 1S88, [)ar M. Tiuinard (pii 'ne donnait [)!us à ce gisement (pie i(l kilomètres de huii^urur. Seul, M. ( iiaiididier proteste contre cette assertion et afiirme (ju'il n'existe pas de houille à Madagascar. Chose curieuse! L'existence de ces gisei^ents qui ne sont pas même reconnus a été alTiruK'eavec passion par les uns et contestée avec acharnement j>ar les autres. Des polémifpies très vives ont (''!(■ eui;ai;('es au sujet de cette houille dont personne n'a encore aperçu un seul l)loc. Le moment semblerait venu d'envoyer une mission (pii trancherait définitivement cette question, si importante j)f>ur l'avenir delà colonie.

Si la houille n'existe pas, Madagascar possède du moins du lignite à Madéra, à Ram:nn;indro et, dans les vallées du Mani4oro et de la Mananara, de la tourbe ([ui se reiu^ontre [)r(^s(pie [)artoiit dans rimt'iina. ('-<Mte tourbe (pii s'allume très diflicilemeiit, mais (pi i, une fois alluiiK'e, bn'de !"ort bien, est déjà emplo\(''e datis le chauH'aij;'e des fours à chaux et des fours à l)ri([ues. 11 y a donc là une [('serve de calori(pie à bon marché (0,;) centimes le jianirii, (jiii paraît appeb'e à rendre de très réels services.

Iiappclons (pie le sel coiisoMim!' à .Madagascar j»i'o\ient des salines df I )ii'go Siiar.v., mais aussi, en majeure pai'tie, de l'élranger et même de r.\Ileiiiagiii' ; (pie d'importants gisements calcaires ont ('le r('C(uinus dans le-; pro\iuces de

KICIIKSSI^S V.IMKUKS 295

Diéi;o-Siiarez, de Voliéinar, de Fciieiive et de Tainalave ; que le kaolin exisle presque partout dans l'île, mais pi'incipalenient ilans la région centrale, (pie deux carrièiiîs d'ardijise, nialheurensement de qualité inférieure, ont été reconnues dans les districts d'Andjositra et d'Andtatofan^ehanaet qu'enfin les sources ihennales y sont extrêmement nombreuses. « La plus importante de ces sources, celle d'Antsirabé, a t'ié concédée à la fui de Tannée 1(S!H), à un colon qui a obtenu, en 18!)!), un (h'Iai pour la mise en exploitation. Les eaux d'Antsirabé se lapprochent beaucoup, [)ar leur composition, de celles du bassin de Vichv, et particulièrement de la source de la (iiatide (irille. Elles sont donc très efficaces dans le traitement cui-aliF de certaines maladies cl ont l'avantai^e de se trouver <laiis une des régions les plus saines de Madagascar, ce qui contribuera, sans doute, à la réussite de l'établissement tliern^l projeté. »

Terminons ce rapide examen des richesses contenues dans le sous-sol de Madagascar et qui, on le voit, avaient été singulièrement exagérées (c'est, en somme, par la mise en valeur du sol que Madagascar' tloit [)ros{»éier un jour) en énuméranl les principales sociétés minières qui clieicheul actuellement à tirer parti des gisements reconnus :

1" Société Subi'rbie au coiillucnt des \alli'es de la Betsiboka et de rikopa ;

:i° Société ci\*le d'études [lonr l'exploration des ndnes d'or à Madagascar dans le bassin de la Manandriana ;

3° Société anonyiru' dite (( Com{)agnie des i;-iseuu'nls aurifères dTtoalana ; »

4° Société anonvme des yisements aurifères d'Anasalia ;

o° Société de ^L^L Meurs et lioussaud (district d'Amboliimandroso) ;

(i° (loncessii)n de M. d:' fdia/al (Ixuds de la rivière Sakévo) ;

7" Swciété Smith and O' dans le cvicle d'Andioliimanna ;

290 MISE EX VALELK

8" Concession de M. Bouts à Maroranyotra ;

D" Concession de M. Sescaut dans le Maroandriana.

AFRIQUE OCCIDK.NTALK KKANÇ.VISE

Le Soudan et le Sénégal sont-ils riches en minéraux exploitables? C'est ce qu'il est, en l'état actuel des choses, difficile de déterminer exactement. Autant «ju'on peut s'en rendre compte, tous les pays compris entre l'Allanlique, le Nii^ci- et le g-olfe de Guinée contiennent de l'or et du fer. Le fer existe partout auSoudan, au Sénéj^al, dans la Guinée française comme au Dahomey, et ce fer, s'il faut en croire tous ceux rpii en ont étudié quehjues échantillons, aurait une teneur moyenne (pii varierait de la moitié aux deux tiers de la masse. M. Paul GafTarel cite ce fait que les soldats d' Ahmadon (pii manquaient de cartouches ont pu, en ramassant les morceaux de fer qu'ils trouvaient à' la surface du sol, fabriquer en une seule nuit plusieurs milliers de projectiles. « On pense jj-énéralement, dit M. Lai;rillière-Beauclerc, qu'il y a au Sénégal de très vastes étendues dont le ici' constitue en quelque sorte le sous-sol et, comme on n'en a jamais tenté l'exploitation, peut-être y aurait-il lieu, à ce sujet, de .faire une étude des teiiains. » Les explorateurs constatent vers l'est la même abondance de fer : (( Dans les environs deKél(»ii, à l'est du Dahomey, le sol est absolument feri'yginenx. Parloiil du minerai à lleur de sol. » Au Dahomey, le comnuindant Toulé'e constate .(( (pie sa mission marche sur le fer ».

« Je n'ai pas aperçu non plus la moindre trace de houilh* ; ualuii'ijcuiciil, iiios recherches onl ^''\ô lidp rapides pour me permetlr<' de conclure à l'absence de ces premières roches. Le fer, par couli'e, est très abondani ; si le yrès prend le faciès de nos r-iM-hes calcaires dolomititpu's, les ari^iles lerrui^ineuses loiUHMit, de ieiw (•('»((', «les poiuliu:;ues el des luis où le fer

uicaiE.ssr.s minières 297

remplace le ciinenl calcaire (l ). » — « A T(jUio, dit M. Pûbéguin, j'ai trouvé à ileur du sol des bandes de cristaux de fer magnétique très purs ; je sais qu'il existe é<^alement d'autres métaux, probablement de l'étain et du plomb argentifère. » Toutée est plus affirmatif encore : « On rencontre le fer en abondance au Dahomey. Il nij a qu'à se baisser pour en prendre. » Il est vrai qu'il ajoute à la fin de son livre : « Si on y trouve des richesses minières, il n'y a pas à hésiter; mais je suis, quant à moi, incapable d'en signaler. A part une carrière d'açate à Kirotachi, je n'ai rien vu qui puisse me permettre d'affirmer l'existence d'un minerai précieux... Je n'ai même pas pu constater, bien que je l'aie recherchée avec ardeur, la présence de la pierre à chaux (2). » Nous pensons, avec le commandant Toutée, que les pays du Niger ne seront jamais riches par leur sous-sol et que ce serait une grosse faute que d'orienter de ce côté l'effort de notre colonisation. Ajoutons même (flie l'absence à peu près prouvée de la houille ne sera que mal compensée par l'utilisation de la force motrice des cours d'eau. Les pays de l'Afrique occidentale sont pays d'élevage, pays dé cultures, mais nullement pays d'exploitation industrielle et de mines. Toutefois, et pour ne rien oublier, il convient d'ajouter que M. Pobéguin a rapporté de son exploration dans les environs de Grabo un échantillon de pyrite de cuivre qui, à l'analyse, a donné 54 0/0 de métal, et que Félix Dubois signale à Hombori la présence de l'antimoine dont certains indigènes auraient, dit-on, apportée Saint-Louis quelques échantillons à l'état natif. Mais tous ces renseig"nemcnts sont très vag'ues et il serait dangereux d'en tirer pour l'avenir une conclusion quelconque. En somme, c'est l'or qui constitue au Sénégal, comme tlans foutes nos colonies de l'Afrique occidentale, la véritable richesse

(1) (loinniandant TouU'C, l)alt<)inpjj, Xifjcr, Toiiai-efj. (^) Ri'vup (jKn(ji'(t\)}il<i\b' inleiiKillonalr, 1<S7S. Les Colonies, vol. 111. H'

i'.IH MISE KN VALEUU

minière. Dès li; xrv= siècle, les g-isemeiils aiiiifères du Sénég-al élaient connus des Porlug-ais qui en avaient tenlé l'exportalion par Arg-uin. Les mines du Bambouk avaient été explorées par Compagnon, sur l'ordre d'André Briie, et en 1730, d'autres recherches entreprises par un individu du nom de Pelays avaient été assez heureuses pour déterminer la grande compag^nie du Sénégal à demander au roi, qui d'ailleurs la leur refusa, la concession des mines de Bambouk.

(( Eu 1843, Huart et llaffenel arrivèrent, non sans peine, à Sansandig sur la Falémé, au seuil de la région aurifère, là où la récolte de l'or se fait par le simple lavage des sables. Quelqut's jours de marche les conduisirent à Kénilba où ils furent reçus avec empressement et initiés à tous les détails d'une exploitation primitive. Ces mines sont situées dans un terrain d'alluvions où les indig^ènes creusent des puits d'une profondeur de 7 à 40 mètres aboutissant à une galerie horizontale qui se prolonge rarement au delà de 50 mètres. Le minerai exilait par gros fragments est jeté dans des calebasses pleines d'eau où les femmes l'écrasent en le pétrissant et le hivcnt à plusieurs reprises. Le résidu est tiaiisporté dans une valv(^ de cof|uille où il subit de nouveaux la^ âges. Il est réduit en poudre avec de petits cailloux. La poudre sèche au soleil; on souffle dessus et il ne reste que l'or obtenu en paillettes ou en molécules. Le précieux métal est aloi's i;ardé dans des cornes de gazelles, jusqu'à ce qu'on en ait lamassé une quantité suffisante pour le fondre dans un creuset. » On conçoit que ce procédé qui est encore, à quelques détails près, cehii dont usent h's indigènes du pavs, laisse perdit* mie i^iandc (inaiilil»' du iiK'tal. Pouien finir avec les chercheurs de iiiiiies d'oi, disons qu'en 1852 le commandant Rey et, en 185ti, M. Flizes reconnuieut de nouveau le pi^js ; qu'en 1858, sur l'ordre du youvei'iitMir laidlicibe, des leiilatixcs lurent laites [>ar des inyc'iiieiiis (Miropt'cns «pii (tbtinrciil à |)cii [>rè> I (1(1, 0(10 IVaiics de

RICHESSES MINIÈRES 29t>

mt'lal pur, mais qui durent fuir devant rinsaluhrifi' du cliiiiat. En 1879, MM. Roux et Lamartiny, après un voyage au liain- Ixtiik, émirent, en faveur de l'exploitation de ces mines, un avis liés favorable qui fut confirmé par le rapport, du docteur Colin en 1883. Plus récemment encore, les savantes études du rejt;retté Maurice Barrât sur le Bambouk (1) et le rapport du capitaine Ballieu (2) nous ont définitivement fixés sur la valeur de ces filons aurifères. « Les gisements d'or du Soudan ne sont encore connus que dans le vaste affaissement où s'est formé le bassin de la Falémé et dans la vallée d'érosion où coule le Tankissô moyen. L'or de la Falémé, vulgairement appelé or du Bambouk ou de Galam, s'y rencontre surtout en grains, dans des terrains d'alluvions, le plus souvent au contact de roches métamorphiques, quelquefois en présence du (juartz; en tous cas les exploitations indigènes se font en terrains franchement alluviens et non dans les gangues rocheuses d'éruption. L or du Bouré est disséminé sur un moins grand espace et se rencontre souvent dans une gangue quartzeuse, à l'état de paillettes. Quoique le Bouré et son annexe le Séké soient de petits pavs comme étendue, la population y étant plus dense que dans le Bambouk et probablement aussi le terrain plus riche, la récolte annuelle est au moins égale, quoique faite dans des conditions d'extraction souvent plus difficiles. »

Ouelle est exactement la teneur des terrains aurifères? II est difficile de le savoir, mais, si on en juge d'après les résultats obteiMis par les noirS, en dépit de procédés terriblement primitifs, celte teneur doitêtre considérable. Est-elle cependant suffisante p(»ur justifier l'organisation de Sociétés européennes? Telle n'est pas l'opinion de M. André Mévil qui fil partie d'une des missions (pii, en I8î)0 et 181)7, vinrent explorer le Bambouk

(1) Maurice BarrAi, /ifri«' Co/oiiia/i', t,Sl».S.

(-2) (lapilaiiic liallicu, Rapport sur le Soudan, BuUeiliidcl' Afriiiuf franr:,is,'. iS'hS,

;{()() MISE EN VALEIU

.lans le vague espoir d'y trouver un uouveau Trausvaal. « Je crois que tous les g-isemenls exploités par les noirs ne sennU jamais susceptibles d'être repris et fructueusement e\j)loilés par nous. Ces gîtes sont, en général, d'une richesse très relative; de plus ils sont très travaillés et presque épuisés. »

(( Je ne suis pas de l'avis de ceux qui prétendent que les Malinkés cachent l'or récolté. J'ai vécu parmi les indigènes et je me suis rendu compte qu'ils connaissaient parfaitement la valeur de l'or. Il a été dit que l'or extrait chaque année du Banibouk représentait une valeur de oOO.OOO francs. Ce chiffre me paraît être fort exagéré et point en rapport avec la petite quantité d'or rencontrée chez les indigènes (1). » Et ailleurs : c( Pour le moment, le Bambouk doit être uniquement livré aux études et aux recherches sans aucune idée de mise en exploitation immédiale, aucun résultat n'étant possible avant un cf rtain nombre d'années. »

Plus aftirmalif est le capitaine Ballieu qui pense qu'une exploitation rationnelle de toute la vallée, ayant comme point • l'appui les trente et quelques placers connus des indigènes, à condition d'être menée avec sagesse et économie, donnerait aux chercheurs des bénéfices assez sérieux pour leur permettre d'étendre ensuite leurs premières opérations. Ce qu'il y a de certain, c'est que ce moment n'est pas encore venu, et la Société des mines d'or de la Falémé n'a [)as réussi comme l'avaient espéré ses premiers organisateui's.

D'ailleurs, remanpions (pie les imligènes'cpii exploitent ce [)ays ne se sont pas enr-ichis. Il esl ai ai (pie cela lient à plusieurs causes : <( D'abord, ils ne se servent d'aucun [)rocédé UM'canicpie et perfectionné et ne disposent (pie de peu de bras; ils ne réussissent <lonc (jn'à égraligner le sol, en (pielque sorte, ce (jui forcément ne peut aiioutii' ipi'à une extraclion de faible

II) Arnlii' .Mi'vli. .1// /'iii/s (In siih-il r/ ilf /'or.

importance, en proportion de la richesse des g-isements an\qiiels ils s'attaqnent. De pins, ils sont oblig-és d'échani^or cet or contre des denrées alimentaires qne leur vendent très cher les Européens ou les antres indigènes. » Les Européens euxmêmes auront, s'ils veulent obtenir des résultats sérieux, à vaincre de grandes difficultés. Il leur faudra, pour broyer le quartz, installer des marteaux pilons dont la vapeur ne pourra fournir la force motrice, puisque la houille fait complètement défaut dans le pays. Il sera donc nécessaire de recourir à la force hydraulique, ce qui ne pourra se réaliser, dans un pays où les rivières sont, en quelque sorte, intermittentes, qu'en établissant de puissants et de coûteux barrag-es. Cette baisse des eaux constituera également un obstacle au lavage des sables. Aussi M. Ballieu propose- t-il d'installer sur les bords delà Falémé un appareil de lavag^e qu'un chemin de fer Decauville relierait aux centres d'extraction. Tout cela n'ira pas sans fftis considérables, sans temps perdu, sans tâtonnements inévitables. Une Société qui voudrait entreprendre l'exploitation des terrains aurifères du Bambouk (1) sans d'importants capitaux irait à un échec certain.

La zone aurifère se continue dans la Guinée française et, d'une façon générale, dans tous les pays situés entre le g^olfe de Guinée et le sud du 10^ parallèle.

Le capitaine Marchand avait déjà signalé, en 1895,1a présenc*' de l'or dans toute la vallée du Bandama et déclarait, peut-être avec quelque e^ag-ération, qu'il y avait là, soit dans le fleuve lui-même, soit dans les placers à fleur de sol du pays, d'incalculables ressources. Il est certain que les habitants du pays se servent comme monnaie courante de petits sacs remplis d<'

(1) Dans le Bambouk, les principaux centres aurifères sont au noiiil>rr de cinq : le Kamauan, le Tambaoura, le Magalla, le Manianaco et le Sinikana.

'M)'i MISE EN VALEUR

pondre d'or, cr rjul atteste l'abondance de ce métal. D'autre part, Eysseric confirme en partie les rensei^^^nements apportés par Marchand. Kani est, d'après lui, le centre d'une importante léjjion aurifère. Il nous donne même des détails très intéressants et inédits sur les moyens primitifs dont usent les habitants pour extraire l'or et le l)royer. Or, ces filons aurifères s'étendraient pres(pie jusqu'au bord de la mer : <( Les indigènes m'ont assuré qu'autrefois, il y a longtemps, on tirait de l'or du massif des montagnes Niagarou. » La zone de l'or commencerait donc dans la vallée du Sassatidra, se prolongerait vers le Nord par la vallée du Bandama, qui serait le centre de ce bassin minier, et ne se terminerait que sur les bords du Niger, si, comme l'affirme Félix Dubois, les hautes vallées du fleuve étaient également aurifères.

En somme, il ne faut pas se faire d'illusions. L'analyse d'un éclï-antillon de terre de Bouré, ])ratiquée en 1888, a donné comme résultat :

Or, pour 100 kilogr. de minerai. . . U kil. OOOo

Dans ces conditions, et à supposer même que les échanlillons j»lus récemment ra])portés par M. Mégé donnent une teneur plus satisfaisante, il se passera bien des années avant que ce pays puisse être, au sens propic du mot, un pays producteur d'or. Encore n'obtiendra-t-on de [)roHts sérieux qu'en broyant le quartz aurifère et en ne se contentant pas du lavage pénible e1 peu rémunérateur des alluvions. Toulefbis, il est des régions qui paraissent contenir de l'or en (piantité plus apprt'ciable et qui, dans tons les cas, alimentent une assez active industrie indigène, tels sont les pays de Lobi et de la Cote d'Ivoiic.

Richesses aurifères du Lobi. — Il sendde bien, nous l'avons prouvé, que l'oi- se trouve en Afrique occidentale depuis le Sént'gal ou, pour niieux dire, le Soudan français jus(|u'A

la Côte d'Ivoire et peut-être même dans certaines parties du Dahomey. C'est ainsi que l'or se rencontre dans la vallée de la Volta, et particulièrement à Lohi, à l'état de poudre, quei([uefois même sous la forme de pépites. Les centres les plus importants sont ceux de D/o/f/o?/ avec Soungouéiéet Tiola, puis Baijo, Kambara etDouko. Les habitants du pays arrivent à recueillir |)rès de vingt jjrammes d'or par jour (un l)arifîri), et cela sans aucun effort, puisqu'ils n'ont jamais song"é à exploiter l'or dans la montagne parce qu'ils ne sont pas outillés j)our extraire et broyer le quartz aurifère. Ils se contentent donc, pendant l'hivernage, de laver les alluvions des marigots et pendant la saison sèche, de creuser des trous dont la profondeur dépasse rarement l"',ijO. Le prix de l'or, sur les marchés du Lobi, diffère un peu avec la saison. En moyenne, ou paye seize à dix-huit mille cauris pour un barifiri pendant l'hivernag-e et de dix-huit à ving-t mille en saison sèche, ce^pii met environ le gramme d'or à 80 centimes. Mais ce prix peut varier : « Le prix du barifiri est actuellement, à Bouna, de ,30 francs (24,000 cauris), de 50 francs à Bondoukou ainsi qu'à Ouanki (Côte d'Or). »

Quelle est l'importance exacte des gisements aurifères du Lobi? «L'or s'y trouverait-il en quantité suffisante pour justice fier une entreprise européenne? Un spécialiste seul pourrait « le dire qui serait capable de déterminer si l'on se trouve en (( présence d'un ou de plusieurs filons, ou s'il ne saurait être « question de « reef » qui pourrait donner la teneur exacte du (( métal précieux, le « grade » des alluvions et roches de quartz « aurifère déterminé par des analyses rigoureuses. Si mes (( souvenirs sont exacts — mais je ne saurais l'affirmer — une « teneur de 4 g-rammes d'or par tonne de terre est suffisante c( pour justifier une exploitation industrielle ; or, il est, je (( crois, à peu près certain rpi'à Dioulou, à Tiola et à Kam- « bara, la richesse en métal des alluvions exploitées [>ar

ft les Lobis est notaljlemenl supérieure à ce chiffre (!). »

RICHESSES AURIFÈRES DE LA COTE d'iVOIRE

L'or est à la Côte d'Ivoire la seule des richesses minières dont l'exploitation mérite qu'on s'y arrête. La présence de gisements aurifères a été constatée dans les terrains élevés du cercle d'Assinie, dans l'Indénié, dans l'Assikasso et dans les collines boisées de l'Ahou jusqu'aux environs de Bondoukou. Dans le cercle de Grand-Bassam, l'or se rencontre également dans l'Attié, dans l'Akapless, sur les rives de la lagune Onouet sur celles du Comoë entre Alépé etMalamalasso. On signale aussi d'autres gisements dans le Haut-Cavally et une exploitation assez active dans le cercle du Baoulé.

Jusqu'à présent, les indigènes seuls se sont livrés à l'extraction de l'or. Leurs procédés sont des plus primitifs : lavage des alluvions à la bâtée, ou forage de puits, profonds parfois de 10 à 15 mètres sur moins d'un mètre de diamètre, et lavage des terres extraites.

Seules peut-être les mines de Kokombo (2), dans le cercle du Baoulé, méritent une mention spéciale. Le village de Kokombo est entouré de collines s'élevant à près de liJO mètres au-dessus du foud des vallées et c'est sur ces collines que sont creusés les puits à or. Le principal chef de Kokombo a même entrepris uni^ exploitation en règle de sa montagne, en commençant par le sommet. Les indigènes creusent leurs puits par groupe de six à huit jusqu'à une profondeur de 2;) à .30 mètres et les réunissent en une chaudtre souterraine où ils peuvent séjourniM' luiit (^t joui". Ils ne font pas de coffrage pour retenir

(1) Rapport du liculeiuin: /ienaid (tu ijouvi'vncur du Soudan fraurnix, Bul- Ifliii du Comité de l'Afrique françaixe, 18i)9.

(2) ffappnri de /'uduiinistrutcur l'oliéijuin, IVt oololirc I8'.t(i.

RICHESSES MIMÈRES 305

les (erres, si ce n'est quelquefois clans des chambres, le sol argileux et très compact ne se désagrégeant que rarement.

La couche de terre aurifèi^e ne ressemble pas à l'arg^ile jaune de la surface; c'est une terre blauchàtrerempliii de grains de quartz et de mica où sont parsemés des blocs de quartz blanc ou rougeâtre contenant des parcelles d'or.

Les noirs remontent la terre et les blocs de quartz aurifère avec des lianes et portent le tout au village distant de plusieurs kilomètres. Les terres y sontlavées par les femmes, tandis que les hommes concassent les blocs de quartz, puis les réduisent en poudre avant de procéder au lavage. C'est le quartz qui donne le plus d'or.

Un seul petit ruisseau surnommé Balo, dont la vallée fait le tour du g'rand village de Kokombo, sert pour tous ces lavages.

La chaîne des collines de Kokombo qui s'étend jusqu'il Bandama et même un peu au delà chez les Gouros, est par-, tout aurifère. Kokombo est un des plus grands villag-es de la région ; beaucoup de noirs y vienneut pour travailler aux mines et on peut évaluer sa population à loOO ou 1800 individus. Il est situé en forêt, au pied des collines Kokou et on y arrive par un seul sentier très fréquenté, mais très mauvais, surtout en saison des pluies, à cause de l'argile jaune pure qui constitue le sol.

La région de Kokombo ne donne que de l'or en poudre ou en très petits grtiins ; au nord, chez les Yaousès, on trouve, paraît-il, des pépites beaucoup plus grosses.

Cet or est employé comme monnaie; on le compte par onces du poids d(; 32 grammes généralement acceptées pour 82 ou 96 francs ; l'once se divise en 16 akés valant 6 francs et se subdivise en takoii d'une valeur de 0 fr. 50. Les indigènes rem{)loient pour se procurer une partie des produits de l'industrie européenne dont ils ont besoin. C'est de la sorte que les

(iiri

VM

loi»

306 MISE EN VALELR

maisons de commerce peuvent eiivover en Europe une certaine quantité de l'or recueilli dans la colonie.

Les exportations se sont chitlrées depuis 1890 de la fa(;on suivante :

. . 208.887 tV.

Les quantités exportées sont bien loin de représenter la totalité de l'or recueilli dans la colonie. Pour en avoir une idée (Lxacte, il faudrait tenir compte des quantités provenant des provinces orientales de la Côte d'Ivoire et importées dans la Côte d'Or ang-laise où elles se confondent avec la production de cette nouvelle colonie. Il faudrait ensuite pouvoir évaluer ceque les producteurs et les traitants indig'ènes économisent et gardent pour eux. Les Européens ne voient, en somme, et n'exporteiil (|ue l'or mis en cire iilalion par les indigènes pour suhvenii- à leurs besoins. Encore Ti'emploient-ils la poudre d'oi- que lors- (m'ils ne possèdent pas d'autres marchandises (réclian^e en <[uantité suffisaiite. C'est ainsi, que la baisse de .'50 0 0 de la fpiantité d'or exportée en ]8!)7 [)ar rapport !V*^1896 correspond à une au^nienlatioM (le phis «le 100 0 0 dans la |»i(>dnctioii de l'acajou pour la même période.

De[)uis quebpies années, les Européens se sont livrés à un certain nombre de prospections, notamment dans le cercle d'Assinie,dans la lajiÇuneOnou, sur les boids du Comoë, dans l'Attié et dans TAlanj^oua, district de l'Indénié. Mais jusqu'à présent ces reconnaissances, pas plus (|ue les permis de re-

RICHESSES MINIÈRES IW7

cherches portant sur d'assez vastes surfaces, n'ont été suivies d'exploitation sérieuse, entreprise avec l'outillag-e industriel dont disposent ailleurs les chercheurs d'or européens.

C'est qu'en effet, en dépit de la richesse du g^isement aurifère, il convient, avant de risquer un pronostic sur l'avenir, de tiinir compte du prix et de la rareté de la main-d'œuvre, de l'insalubrité du climat, de la pénurie des mojens de transport. Il faudrait également ne pas violer les droits des indigènes qui, à Ivokombo surtout, n'accepteraient pas sans résistance, ou tout au moins sans compensation, que des étrangers vinssent exploiter les terrains aurifères de leur voisinage.

Salines. — Dans cette énumération des richesses minières de l'Afrique occidentale, il ne faut pas oublier les salines. Sur plusieurs points du littoral, et notamment à la Côte d'Ivoire, les indigènes fabriquent de faibles quantités de sel par les procédés les plus primitifs. Mais presque partout, même dans l# voisinage delà mer, et partout dans l'intérieur, on ne consomme que du sel importé. Il vient en grande partie des salines du Sahel : le Sebka-el-Khadéra au nord de Ching-uitti et lès mines de Taodénit au nord de Tombouctou. Une statistique qu'il a été facile d'établir, puisque toutes ces barres de sel sont forcées de passer par nos postes de douane permet d'estimer à 4000 tonnes, soit 16.000 barres, le sel extrait annuellement de la Sebiva-el-Khadéra, Celui de Taodénit est importé sur les marchés de Sokoto mais n'apparaît presque jamais sur ceux de Xioro et de GcAimbou. II se transporte en barres qui accusent un poids moyen de 25 kilogr. Du reste, toutes les mares du Sahel en produisent mais, en dehors des deux exploitations qui viennent d'être citées, le sel ainsi récolté est de très mauvaise qualité, très mélang-é de terre. Sur les marchés du Soudan il ne vaut guère que de 0 fr. l;j à 0 fi'. 20 le kilog'.

On le voit, l'Afrique occidentale renferme un assez grand nombre de richesses mélallurgi(pies exploitées [)ai" h^s indi-

MISE EN VAEECH

gènes, mais dont les Européens n'ont pas encore entrepris la mise en valeur rationnelle. Il faut même reconnaître franchement fpie les premières tentatives n'ont pas été heureuses, malgré les efforts du gouverneur général qui entendait, dès 189.J, (( encourager les chercheurs d'or dans leur œuvre et leur procurer l'assistance morale et matérielle dont il pouvait disposer. » Mais ces premiers échecs ne prouvent j)as rpi'il faille abandonner tout espoir. La question devra se poser à nouveau (et c'est en somme à la même conclusion qu'on aboutit sans cesse), quand celles des voies de communication et delà main-d'ceuvre seront lésolues.

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