ETABLISSEMENTS FRANÇAIS DE L INDE
A l'exception de la fdature de jute à Chandernagor et des trois filatures de coton de Pondichéry, l'industrie européenne n'existe pas. Il a bien été ouvert à Chandernagor une filature de jute au capital de 200,000 francs, mais cette usine n'a pas trouvé auprès des pouvoirs publics les facilités douanières qu'elle avait pourtant sollicitées avec énerg^ie. Elle est actuellement contraint*, faute d'une ligne de navigation qui lui permettrait d'expédier directement ses produits vers la France, de les transporter en territoire anglais. Il y a là une situation anormale à laquelle il serait urgent de porter remède.
A Pondichéry, la principale exploitation industrielle est lu filature et le tissage mécanique des toiles de coton dites r/uinées qui s'expédient vers le Sénégal et la côte occidentale d'Afiique.
Celti; industrie est [)rotcçée par les décrets du 10 juillel 1877 et du 17 octobre 1880 qui assurent aux guinées entrant au Sénc'^al la même franchise qu'aux toiles fahriqu«M^s en France. Ces filatures, si la vente des i^uinées venait à diminuer proi»^ressivement de ce côté, pourraient alors expédier leurs produits en Indo-Chine et à Madagascar, à la faveur du tarif douanier drs colonies. Un mouvement existe déjà du port de Pondichf'ry à la grande île. La création d'une ligne directe de navigation ne ferait qu'accroître le courant d'échang-es.
. A l'industrie de la filature s'ajoute comme complément naturel celle de la teinturerie. Pondichéry reçoit non seulement des alentours, mais de la métropole elle-même, des toiles blanches (jue les teinturiers transforment en g-uinées pour les vendre au Sénég"al. Les percales et les shirting^s anglais et français, teints dans la ville même sont expédiés à la Réunion et à Màdag^ascar. Quelques balles parviennent même jusqu'au Maroc.