C-es trois filatures avec leurs annexes sont les suivantes
*( Scwana », compag^nie anonyme en actions au capital de cinq millions de francs fournis par des capitalistes français. L'usine occupe deux mille ouvriers.
Société hidnstrielle de Cossapaléon, société anglaise au capital de ;jGO,000 francs environ. 400 ouvriers y travaillent régulièrement.
(loeheléet 0'\ société en nom colleclif au capital de 240,000 fr. Tous les capitaux sont français; ncjinbre d'ouVriers : 400.
Une quatrième usine de filage et de tissage doit être installée aux enviions de Pondichéry, dans le village de Modéliarpett par une société anonyme anglo-française dont le siège social sera fixi; à Paris. Des renseignements recueillis il résulte que cette Société sera au capital de 10 millions de francs répartis en actions, (prcllc mua pins de 40,000 broches et (prellc occiipiMa 3,000 ouvriers.
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En dehors des filaliires, l'industrie de la tannerie a une tendance à se développer depuis quelques années. Les produits de celte industrie (peaux de chèvres, de moutons, vachettes lannées dans la colonie) sont très estimés sur les marchés du continent, d'Ang-leterre et d'Amérique.
Les Hindous s'occupent aussi de la fabrication d'huile d'arachides, mais le système reste primitif et consiste en petits moulins séparés et mus par une paire de bœufs. Il en est de même à Karikal. Une grande industrie avec des presses et des machines perfectionnées pourrait avoir quelques chances de succès, surtout si des adoucissements étaient apportés par le gouvernement anglais à l'application de l'Indian act de 1894. Ces huiles sont pour la majeure partie consommées sur place, cependant il en est exporté quelques tonnes à Maurice et en Birmanie.
Il existe également à Pondichéry quelques indigoteries q«i, autrefois prospères, ont été sing-ulièrement atteintes par la découverte de l'aniline. Toutefois, cette industrie trouve encore quelques débouchés auprès des teintureries locales. Elle expédie, même, quelques caisses en France et en Angleterre.
Dans nos établissements de l'Inde comme dans toutes nos colonies, l'industrie familiale est, pour ainsi dire, la seule prospère. A Karikal, les castes de Caïclava, de Cannadia et de Sénia tressent le coton en utilisant les fils venus de France ou du territoire*anglais. Ces toiles sont utilisées sur place ou exportées à Colombo. Chaque métier ne comporte qu'un seul ouvrier, exception faite de ceux qui sont employés à laver, à teindre et à ajuster le fil. Le fonctionnement de chaque métier n'exige qu'une mise de fonds de 50 roupies ou de 80 francs environ. De même, les ouvriers indigènes de Pondichéry tissent le coton employé à la fabrication de mouchoirs dits Burgos et Madras ; les femmes font de la dentelle ou travaillent à des
broderies d'un travail délicat ; des artistes cisèlent les bijoux d'or et d'argent, fondent le cuivre ou modèlent des statuettes en terre. Enfin les poteries de Pondicliéry ont une vt'ritabic réputation et sont exportées en «iiTande quantité à Colombo et à Singapore par de petits voiliers appelés dhongs.
Mentionnons, pour mémoire, l'industrie de la corporation des souraires ou Indiens qui exploitent la sève des divers palmiers et cocotiers de la région.
En somme, sauf à Pondicliéry, et encore y aurait-il bien des réserves à faire, l'industrie de l'Inde française est certainement en décadence. Le seul moyen de remédier à ce fâcheux état de choses serait d'arriver à une entente avec le g-ouvernement anglais pour abaisser les barrières de douane qu'il a élevées à nos frontières, et en particulier pour obtenir la suppression de Vlndian ad de 1894 qui frappe d'un droit de 5 0 0 à leur eittrée sur le territoire anglais tous les produits fahricpiés de l'Inde française. Des négociations ont été entamées sur l'initiative de la Chambre de commerce de Pondichéry, mais il est difficile de prévoir encore la solution qui leur est réservée.
INOO-CMINE
Si l'industrie de nos vieilles colonies n'existe que par le sucre, on peut presque prétendre que jusqu'à ce jour l'industrie indo-chinoise n'a existé (jue par le rix-. C'est ainsi que la CochinchiiK; possède huit usines à décortiquer le riz : l'usine de MM. Denis frères à Saigon, puis sept usines à Cholon,dont cinq chinoises et deux euiopé«Mines (la maison allemande S[KMdel et C'"). Les cinq usiiKîs chinoises sont installées avec des ca|)itaux exclusivement chinois, les deux autres avec des capitaux français, allemands et chinois.
Quand ces usines fonctionnent simultanément, elles décortiquent chaque jour de 4,000 à "i,0(M) tonnes de riz. Au nionieut
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du chômag-e, elles conservent encore 25 0/0 de leur personnel. Leurs actions donnent environ un revenu de 30 0/0 (1).
De même au Cambodge, il existe plusieurs distilleries chinoises importantes pour la fabrication de l'alcool de riz (une de ces distilleries produit par jour jusqu'à 2,000 litres d'alcool de riz à 33°). Il n'en est, d'ailleurs, pas de même en Annam et au Tonkin, où le blanchissage et le décorticag-e du riz se font également sur place, chaque famille blanchissant elle-même le riz nécessaire à sa consommation.
On s'étonnera de ne pas trouver en Indo-Chine un très grand nombre d'industries relatives à la soie. Ces industries, sauf peut-être au Tonkin, sontexclusivement localeset les indigènes ne manufacturent cette soie que pour leurs besoins personnels et non en vue de l'exportation. Les procédés de préparation sont, d'ailleurs, très défectueux et le déchet est généralement énorme. Il convient d'espérer que cette situation s'améliorera* rapidement, car la soie de l'Indo-Chine et du Cambodge est très recherchée sur les marchés d'Europe, et serait certainement l'objet de nombreuses transactions si les indigènes pro-