‹ La mise en valeur de notre domaine colonialeChapitre 26 sur 72 · NOMS DES SOCIÉTÉS · texte numérisé non relu

NOMS DES SOCIÉTÉS

employé

journalière en

(chevaux)

lie 1> h.

piculs (68 kil.)

Denis frères

de 7 à 8000

Union rice mil!

de 8 à 9000

Orient (2 machines) ....

de 12 à 13000

Ban-dong-quan et Cil?. ...

Nam Luong '

oaO

de 10 à 11000

Ban-v-quan et. Gi«

de 8 à 9000

Ban-Tek-quan

de 8 à 9000

Ban-Tek-quan (2 machines).

1 KJO (

de 6 à 7000

Ivian-liong-seong (2 macliines).

de 7 à 8000

Totaux . . .

de 66 à 740 01»

340 MISi: KN VALEUR

duisaicnt leur soie à hou marché et en quanliU' siitTisanlf pour satisfaire à toutes les deinanfles. Aujourd'hui, la uiajeui'c partie de la soie récoltée est manufacturée sur place. A[)rès l'avoir tissée à l'aide d'instruments singulièrement primitifs, les Annamites teiçnent la soie et en composent des étoffes de tons extrêmement variés et délicats (noir, bleu, rouge, jaune clair et jaune orang-é, violet, marron, etc.). Cette teinture est extraite de bois ou fruits tinctoriaux, tels que le smach, l'indigo, la gomme laque, le safran, le curcuma, etc. Malheureusement cette industrie familiale, et dans laquelle les femmes du Laos étaient particulièrement expertes, est menacée par les Chinois de Korat et d'Oubone qui introduisent dans toute la vallée du Mékong des étoffes de soie à des prix tellement bas que les familles n'ont plus d'intérêt à les confectionner ellesmêmes. La soie d'Indo-Chine diffère de qualité suivant les n'-- ^ions; excellente au Cambodge, elle est médiocre en Annam ci inférieure au Tonkin, aussi bien au point de vue de l'espèci' du bombyx que de la qualité du fd et de son dévidage, ce dont, du reste, se contentent les indigènes qui ne peuvent acheter que des soies d'un bon marché relatif. Il est certain, toutefois, qu'en améliorant le ver et le dévidage on obtiendrait une plusvalue certaine sur la vente à l'exportation des soies grèges et une vente plus régulière non seulement en Chine et au Japon, mais encore en Europe. Au Tonkin, la mévente n'est pas à redouter.

Plusieurs Européens avaient eu la pensée d'utiliser sur place la soie indo-chinoise. LTne tentative faite à Pfam-Dinh,eu 1887, pai- la maison Ulysse Pila de Lyon, a complètement échoutjtour des raisons diverses (pi'il est inutile d'éiuunéier. Les essais de M. Tamet et de M. iJourgoin-Meiffre n'ont pas réussi davantage. « De ces différents échecs on pourrait inférer que l'exploitation (h; filatures ou de lissages de soie ne saurait donner de sérieux bénéfices à des EuropcMMis; iu)us n'admettons [)as pleinement cette opinion, car il faut consirh'ivi' (pie

L I.NUUSTUIE 341

les trois industriels dont il s'agit n'ont pas eu le temps de faire des essais décisifs et s'en sont tenus, soit à des études pr('paratoires, soit à des intentions non suivies d'effet. Peutêtre un établissement d'importance moyenne, régi avec une économie sévère et une grande prudence, pourrait-il prospérer et grandir peu à peu; la chose est possible, probable même, car la main-d'œuvre est ici à un extrême I)on marché ; la contrée très favorable à l'élevage du ver à soie et la machine nieraient incontestablement les tisserands actuels qui, d'ailleurs, trouveraient place dans l'usine (1). » En dépit de cette opinion autorisée, nous persistons à croire, comme nous l'avons dit plus haut, (pie l'Indo-Chine trouvera des bénéfices plus sûrs à fournir à la métropole les soies grèges ou les soies filées que de les manufacturer dans le pays même. Tel fut, d'ailleurs, l'avis de la commission instituée autrefois par M. de Lanessan et qui se déclara unanimement défavoral)le à la création d'urîl^ filature alimentée par des capitaux européens, l'échec lui paraissant absolument certain. Il est vrai qu'elle se prononçait en faveur d'une magnanerie modèle, subventionnée et surveillée par l'Etat, ce qui eût été, à notre avis, un système beaucoup plus dangereux que celui qu'elle repoussait avec raison. Telle fut également la manière de voir du gouverneur général. Ses successeurs ont pensé de même, et M. Doumer s'est contenté de faire venir de France des graines qui ont été distribuées aux Annamites. Malheureusement cet envoi est arrivé dans de îhauvaises conditions et la tentative n'a pas donné de résultats.

Jusqu'à ce jour, l'industrie de la soie est donc restée purement locale. Les tisseurs annamites, après avoir acheté la soie, la déroulent et choisissent les fils. Les fils extérieurs du cocon, lie médiocre qualité, sont mis à part et vendus à la campagne

il) \'i(i. ('.Iiciiicii \ . \'iffs manuscrites.

342 MISE EN VALKLK

pour des usages v;rossiers cl particulièrement pour la confection des ceintures. Les fils intérieurs, bien supérieurs comme qualité, sont gardés pour la fabrication de la soie courante. On calcule que le rendement utile ne dépasse pas un tiers des cocons ainsi manipulés.

Les fils de soie enroulés sur des tubes à bambou sont ensuite placés sur des métiers qui sont très ludimentaires. Le métier se compose de châssis mobiles et de navettes de dimensions toujours identiques. Les fils en long sont exactement au nombre de 700 ; la largeur de la pièce de soie à Nam-Dinh est d'un mètre annamite (0'",40 français); à Hanoï, les pièces ont 1'", 4(1 de largeur et chaque bordure compte exactement trente fils.

La qualité de la soie dépend, non des dessins qui sont presque toujours les mêmes, indéfiniment répétés, mais du tissag-e plus ou moins serré. C'est ainsi que la première qualité compte Quatre brins ternis par ses fils en large, la seconde, trois et la troisième deux seulement. Suivant les qualités, réloffe est aussi plus ou moins épaisse.

Il n'existe pas de machines [)erfectionnées pour le bobinage, le dévidage, le retordage, l'apprêt, les épreuves, le contrôle, les conditioimements ou la dessiccation ; tout se borne à des ustensiles ou appareils sommaires et à des manipulations plus ou moins habiles. Cependant les indigènes réussissent assez bien à teindre les étoffes de soie (noire, indigo, verte, bleue, rose et surtout broaUj, couleur jaune verdàlre, dont il n'existe pas d'analogue en Europe). Et cependant le matériel dont usent les teinturiers annamites est des plus piiiniliis. H se compose piiiicipalenieiil de jarres et de vases en terre [lour les lavages et brassages. Four le séchage, ([uehpjes piipiets enfoncés dans une terre gazonnée suffisent [)our tendre les étoffes en long et, sur la largeur, les bandes d'étoffes sont maintenues par (le ii(»rid>reuses lames lle.xiltles de harniioii, plus longues <pie ['('lollV n'esl htrge, pointues à leurs deux exlrtMuili's e( |)i-

L INDUSTRIE 343

quant les bordures de l'étoffe qu'elles écartent l'une de l'autre en formant ressort.

Même avec ces moyens pi'imitifs, l'industrie annamite delà soie a pris, en Extrême-Orient, une réelle importance. A Nam- Dinh, il existe sept grosses maisons chinoises qui achètent les fils et les expédient en Chine après triage et redévidage. En 1894, il a été ainsi exporté de Haïphong à destination de Honkong 23,472 kilogr. représentantune valeur approximative de 35o,000 francs.

Le nombre des méliers en activité dans la province de Nam- Dinh serait, au dire des autorités indigènes, de 138, dont 38 à Nam-Dinh même, 50 dans le huyên de Giao-Thuy, 30 dans chacun des huyên de My-Loc et de Tric-Ninh, et 3 dans chacun des arrondissements de Phong-Doanh et Haï-Hau ; mais les chiffres donnés sont évidemment inférieurs à la réalité.

Colon. — Après la soie, le coton est la plante texlile*à laquelle les industriels annamites s'intéressent le plus. C'est ainsi qu'au Cambodge, l'usine de Ksach-Kandal, qui occupe près de 80 surveillants et ouvriers, travaille à l'égrenage du coton, dont elle fournit environ 1,200 piculs par jour (1) et qu'au Tonkin, de nombreux tisserands indigènes tissent l'étoffe sur des métiers analogues à ceux dont usent les ouvriers en soie, sauf que le coton n'est disposé que sur uOO fils au plus. Le prix varie d'après les largeurs des pièces (.500, 450 ou 400 fils). Cette toile est débitée au carré et la pièce contient invariablement 36 carrés, Ai prix de 0 fr. (iO, de 0 fr. 50 et de 0 fr. 40 les 36 carrés, suivant la qualité. Depuis longtemps l'indigène ne lile plus le coton, mais s'approvisionne chez les négociants chinois de fils provenant de Chine, du Japon et de Bombay. Con-

(I) En 1897, l'usine de Ksach-Kandal a Iraité 75,000 piculs de coton I)rul qui ont produit 25,000 piculs de coton égrené, valant 21,75 le |)icul. Cette maison appartenant à des Chinois est dirigée par un mécanicien IVancais.

344 MISE EN VALEIK

slatons, en outre, que l'usine Bourji^oin-MeittVe en fournit une grande quantité à l'industrie indigène.

Thé. — Pendant longtemps le thé exporté était recueilli, séché et torréfié par les indigènes au moyen de procédés plus (pie rudimentaires, et les quantités exportées étaient insignifiantes. Il en est encore ainsi en Cochinchine, au Laos et au Tonkin ; mais en Annam, un Français, M. Lombard, ayant planté depuis quelques années à Phu-Tliuong un grand nombre d'arbustes à thé, a complété sa tentative par l'établissement d'une fabrique. Il a entrepris l'exportation du thé préparé par les moyens rationnels et il paraît devoir réussir dans cette intéressante entreprise.

Industries du bois. — Dans un pays aussi riche en essences (pie l'Indo-Chine, l'exploitation du bois a dû naturellement prendre un certain développement. En utilisant les feuilles ?*ichées du Livistonia Saribus, les Cambodgiens fabriquent des nattes ou paillottes, connues sous le nom de Pllillul, destinées aux toitures de jonques, charrettes et aux cloisons des maisons indigènes, ou encore des chapeaux que les Annamiles préfèrent à tous les autres. Ces paillottes coûtant de '.\ piastres à 3 piastres 1, 2 le cent (ce (pii met les feuilles 1)1 nies à 2 piastres ou 2 piastres 1/2 le cent), il semble ([ue l'industrie française pourrait aisémeni tirer de ces feuilles un nuMlleur parti que l'industrie indigène. Il est d'aulres ii'uilles, moins chères encore, telles que celles du rondier (pii sont également utilisées et qui, achetées (Ai gros, ne coûteraient guère que de I franc à 1 fr. -id le cent. En utilisant celte matière première, les Gandjotlgiens fabricpient des nattes fines et d'un usage courant que les vanniers de Saigon fabriqueni (le |)ri''lerence avec les feuilles du jXDidauus leris. Au Laos, on cnlliNc dans le nn-ine bnl le rotin (pii est li\ lé à la consomnialion locale, suit en liens, soit transfomn'' en nattes et en paniers. Il en est de inètne en Annam où les rotins coupi-s dans

l'industrie 845

le sons de la longueur en deux ou qualie morceaux sont utilisés pour la fabrication d'ouvrag^es de vannerie qui sont de |)lns en plus recherchés. Au Tonkin, cette industrie est déjà [)lus développée, bien que les indigènes n'aient à leurdisposilioM que des instruments très primitifs. lisse livrent à la fabrication de nattes de jonc, d'usage courant, séchées et blanchies ; ces joncs, reliés à la main par des tresses en jute ou en ramie, reçoivent les dimensions d'un lit de camp de r",90 sur 1"',20. Depuis l'installation des fabriques chinoises de Phat-Dièm et Bùng-Haï dans la province de Ninh-Binh, les nattes de couleur remplacent peu à peu la fine natte blanche ; mais seuls les ouvriers chinois fabriquent des nattes en rouleaux de 33 à 35 mètres, très inférieures comme finesse à celles du Japon. A côté de cette industrie relativement compliquée, les Annamites fabriquent aussi, avec le bambou, des paniers de toute dimension q^i servent à la conservation du paddy ou au transport des denrées. Quant aux essences forestières, bien que l'exploitation en yrand soit impossible en l'absence de voies de connnunication pratiques, une partie en est utilisée sur place comme bois de construction, poteaux de maison, travaux d'ébénisterie. Cette industrie est surtout prospère à Saigon où les bois sont amenés du haut pays en radeaux suspendus à des bambous qui servent (le flotteurs. Ces bois ont bénéficié, depuis 1897, d'une plusvalue qu'on peut estimer à 30 0/0. Ils sont tous débités par <les scies à bra^, tandis qu'au Cambodge, les scieries de Pnom-Penh et de Chruoï-Chong débitent des bois et des planches qui généralement, sont utilisées sur les chantiers de Ivompong-Tralach et de Koni{>ong-Tachès, à la construction des grandes barques, jonques et sampans. De même, les Laotiens de. Stung-Streng fabriquent pour l'exportation des j)irogues qui sont généralement achetées par des Malais. Aucun Européen n'est encore venu, exploiter les immenses forêts du Laos, et il n'est pas douteux que l'installation d'une scierie

Les Colonies, vol. III. 22

I{4() MISE I;N VALICLU

mécanique à Khùiie, iiistallalion facile et peu coûteuse grâce aux chutes d'eau, donnerait rapidement des bénéfices sérieux, puisque les essences riches pourraient être débitées et transportées sans grands frais au moment des hautes eaux vers le (Cambodge et la Cochinchine. L'expérience a, d'ailleurs, fort bi(Mi réussi en Annam où la scierie mécanique de Bèn-Thùy exécute aujourd'hui pour la colonie tous les travaux de charpente et de menuiserie. <.^ette scierie a même expédié vers hi France des cubes de bois tout préparés qui devaient servir au pavage en bois de la ville de Paris. Cet intéressant essai n'a malheureusement pas eu de suite.

I.e Tonkin emploie le bambou à la fabrication des objets de tabletterie et aussi pour des usages plus importants. Le bambou est le bois classique du Delta. « Après la maison entièrement en bambou, viennent la barque de rivière et de pèche, les meubles annamites, les paniers tressés de toutes formes, des mcmis objets d'intérieur et de ménage, chapeaux, plateaux, boîtes à bétel, pipes, etc. » Seulement les arJicles fabricjués, «ju'il s'agisse du bambou pur ou du bambou allié au rotin, à l'exemple des ouvriers de Canton et de Hong-Kong, ne sont pas d'un travail soigné.

A cette industrie du bois, il convient de rattacher, comme industrie connexe, celle des incrustations si originales et si fantaisistes. Muni d'instruments très primitifs (scie et lime, poinçon, ciseau et burin poui- la ciselure et les travaux de guillochage, j)lane, gouge, rrocln't el filet pour les tourneurs), U" ciseleni" annamite crée des incrustations d'une mer\(Mlleuse finesse et d'un dessin délicat (fleurs, fruits, iinimaux, barques, etc.) où la fouille du bois demande autant d'adresse et de talent que le découpage de la nacre même. Le même objet, avant d'être parachevé, reste (pn'l(|nel'ois cimj ou six ukms en cours d'exécution. « Cette industrie est aujouid'hui bien t(>nd)(*e et on ne trouve plus girèr'e (pie des aiiiclcs à bon rnar-

L INDUSTRIE

c\u' n'ayant pas ce cachet de fini et d'art (\u\ caiactérisait les autres.» Beaucoup des ouvriers incrnsteurs de Nam-Dinh sont allés se fixer à Hanoï où ils trouvent un écoulement assuré d'articles grossiers à des prix plus rémunérateurs. Les nombreux achats Faits par le corps expéditionnaire ont contribué beaucoup à la décadence de celte industrie.

Il est létj-itime de ranger, parmi les industries du bois, la fabrication des cordages. La province de Kompong-Cham, au (lambodge, s'est fait une spécialité de cordages très légers et très résistants, utilisés généralement par la batellerie. La province de Nghê-An, en Annam, exporte de même des cordelettes en jute et en coton, mais en petite quantité et qu'ils fabriquent avec des instruments de retordage identiques à ceux dont usent les cordiers de France. Au Tonkin,les indigènes de Mon cay et de Gaobang confectionnent des cordages très solides avec l'écorce d'un palmier appelé Maij-Po dans le pays, et des ficelles pour coudre les chaussures avec une sorte de chanvre appelée Maij-Pan. Ceux de Laokay utilisent le chanvre qui vient en abondance dans la région de Pakha.

Les Annamites exploitent aiissi l'écorce de la cannelle qu'ils détachent en lanières du tronc du cannellier. L'écorce, pour être livrée à l'exportation, est simplement séchée au soleil. Pendant le séchage, elle est maintenue au moyen de baguettes en bambous pour l'empêcher de se plier sur elle-même. Lorsque l'écorce présente quelques aspérités, elle est légèrement grattée. C'est aussi en Annam qu'a été créée la fabrique d'allumettes deBên-Thùy qui. d'ailleurs, ne travaille pas pour l'exportation. Jusqu'à la lin de i8!)7, rinstallatioti avait été rudimentaire, mais, depuis cette époque, tout le travail se fait à la mécanique. L'usine d'allumettes e( la scierie mécanique de M. Mange dont elle dépend occupent ensemble de 300 à 3o0 ouvriers et le capital engagé dans cette affaire représente une valeur apj)roximalive de 2,000,000 de francs.

;{4<S MISi: i:\ VALKIK

Briqueteries, paieries, fours ù eliuu.r. — Les Cambodgiens utilisent ie sol argileux de leur pays pour la fabrication de poteries très estimées qui viennent presque toutes delà province de Kompong^-Chuant»' et qui s'exportent en Cochinchine, et pour relie de bricpies et de tuiles employées dans toutes leurs constiuclions. Ils se livrent également à l'exploitation de fours à rliaux. De même les briqueteries, tuileries et fabriques indigènes de j)oterie, sont nombreuses dans le delta du Tonkin. A Dap-Cau, dans la province de Bac-Xinli, un colon français, M. Eugène Le Roy, a monté une fabrique très importante de tuiles et briques, et aussi de produits céramiques ([ui livre à la consommation les articles d'utilité courante. Il serait désirer (pi'un industriel fi'ançais songeât à utiliser les calcaires et les madrépores de la baie d'Along qui donnent jusqu'à 96 à

'.)7 0 0 de carbonate de chaux, et dont les i>roduits feraient

certainement concurrence à l'importation des ciments venus

de Hony-Kong et de Macao.

AUnuuiue. — Il nous reste enfin à sig-naler, dans l'ordre des industries communes à toute l'Indo-Chine, l'industrie de l'albuiniru' très répandiu^ en Annam.et au Tonkin. L'albumine qui est expcjrtée en Cliineet au .laponest livrée au commerce comme [)roduit maïuifacturé. Les blancs d'œufs battus en neige, puis lifjuéfiés, subissent une lég-ère préparation et sont ensuite desséchés par évapora tion. La principale usine est celle de Ouinhon (pii occupe environ 40 ouvriers, mais (jui ne représente, comme capital engagé, qu'une somme de Jo,000 à 20,000 francs. Deux autres usines françaises au Toidviïi, l'une àNam-Dinh, l'autre il Hanoï, liihiitpu'.nl axec des u-tifs de cniiaid de ralbuinine (prachètent les Etats-Lriis, la Kussie, Paris et ( îienoble. Les autres iîidustries purenienl locales n'ont aucune importances commei'ciale. riitons cependanl la fabrication d'huile de coco en tlochinchine cl d'Iinilt' de Badiane au Tonkin, Tinduslrie <ln poisson si'cli»'', rc.Mstciice de lori^eioiis cl de hijout ici's dont

l'industrie 349

les travaux dénotent 11 110 co liai ne liabileté manuelle au Cambodg-e et au Laos, et l'exportation du sucre blanc et brun qui, fabriqué en Annani (l'exportation qui était eu 181)2, de 2,287,27r> kilogrammes représentant une valeur de 2,504,717 francs) a atteint, en 1897, une quantité de 3,640,849 kilos d'une valeur de 2,716,366 francs). Mais une mention spéciale doit être réservée aux industries propres au Tonkin, telles que la peinture sur bois et sur faïence exécutée avec beaucoup de goût par des ouvriers presque tous originaires de la province de Sontay ; aux ciseleurs ou, pour mieux dire, aux repousseurs d'or etd'arg-ent qui, du reste, ne réussissent pas à produire un travail fini et original ; aux ouvriers en bronze qui eurent autrefois une grande réputation, imméritée aujourd'hui, car les quelques objets artistiques que l'on rencontre encore ne semblent guère être que des reproductions quelquefois assez maladroites d'objets anciens. Cependant les fondeurs sont très habiles dans teur industrie, comme on peut en juger par les cloches des pagodes. Les travaux en étain n'ont qu'un caractère artistique de peu de valeur, et le fer n'est employé qu'aux usages grossiers.

On le voit, sauf quelques exceptions que nous avons notées au passage, en dépit de quelques tentatives aboutissant d'ordinaire à des échecs, il n'y a encore en Indo-Chine d'autre industrie que l'industrie familiale, la petite industrie chinoise et indigène dont les procédés sont des plus primitifs et dont la clientèle est exclusivement locale. Les besoins de la population annamite sont, en effet, cPes plus restreints : pour l'alimentation, du riz, du poisson, du porc, de la volaille, avec quelques légumes; pour le vêtement, un peu de cotonnade, de la soie par exception ; pour l'habitation; du torchis, du bois et des paillottes; comme objets de luxe, des colliers, des bracelets, boucles d'oreilles d'or et d'argent, bijoux généralement massifs et peu ouvrés dans lesquels la matière a plus de valeur que le travail et où la part de l'art et de la fantaisie est bien faible. Si les ouvriers sont

nombreux en Gochinchinc el au Tonkiu et dans certaines parties de l'Annam, il en existe bien peu dans le Laos, chaque famille fabricjuant elle-même ses vêtements et ses ustensiles de ménage ou professionnels. Cette industrie se déveIo[)pera sans doute, et elle ne peut que se développer à mesure que les voies <le communication ouvriront une route vers les riches marchés de la Chine et du centre asiatique, et que les objets manufacturés pourront faire une concurrence rémunératrice aux produits ang-lais ou allemands que les navires de ces nations débarquent en quantités considérables sur tous les j)urts de la côte. Mais, nous le répétons, il esta désirer que cette industrie qui pourra produire à un bon marché excessif, t^ race à la maind'œuvre économique et à la présence de la matière première à pied d'œuvre, ne fasse pas concurrence à l'industrie métropolitaine. Un tel danger (qui serait grave pour certaines branches de ^industrie) pourrait être facilement conjuré, si les fdateurs français prenaient, eux-mêmes, l'initiative de créer des succursales en Indo-Chine pour alimenter les marchés de l'Extrêmeorient et consacraient une partie de leurs caj)itaux à exploiter à leur profit les lichesses de notre colonie. Là serait, sans doute, la solution du problème extrêmement complexe (jue pose le développement industriel de rindo-Chine,mais, pour aboulii-, il faudrait r()Mq)ie avec les tiaditions timides de nos coniiner- <;ànts et élargir leurs horizons. C'est ce résultat qu'atteindront des missions telles que la mission lyonnaise dont les travaux pratifjues ont fait le plus grand honneur à la cliandire de commerce de Lyon et à son chef, M. Brenier. Grand honneur, avonsnous dit, et aussi larges bénéfices, si ceux mênu'srpii en ont plis la hardi(^ iiiiliali\(' s(; décident à suixi'e les conseils de leurs propres mandataires.

En dépit de ces théories, il n'en reslera pas moins (|iierindo- ( lliitie doit être avant (oui et ne peul êln' qu'une colonie agricole. Là est sorr avenir-; de là elle tirera (oui son «léveloppement

l'industrie Ii51

commercial etfinancieret ses industries ne seront guère (jue des industries tirant leur matière première des produits si variés et si riches de cette terre nourricière, que fécondent les pluies abondantes de l'Océan Indien.

Page 1