COLONIES DU PACIFIQUE
ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS DE l'oCÉAMT.
Il est inutile de constate)' qu'il n'existe pas de grande industrie à Tahiti. Les seules qui semblent devoir prendre une certaine importance sont celles du sucre et de la fabrication du rhum. On peut y ajouter les industries dérivant de l'exploitation des noix de coco, des fruits et peut-être aussi du coton.
Les usines qui se livrent à l'exploitation de la canne sont au nombre de quatre ; elles emploient cent ouvriers et représentent un capital d'environ 175,000 francs. Ces usines ont fabriqué, en 1897, 459 tonnes de sucre dans la colonie, alors que cette fabrication n'était, il y a quelques années, en 1893 parexemple, que de 32 tonnes par an. Tous leurs produits sont consommés sur place et ne font donc pas concurrence aux sucres des Antilles ou de la Réunion.
Si la fabrication du sucre est en constante progression, celle du rhum diminue, au contraire, d'une façon rég^ulière, comme le prouvent les chiffres suivants qui donnent la quantité de rhum apporté syv les marchés de 1893 à 1897 :
. . 9(J,239 litres
mvà. . .
Nous avons dit (pi'une des principales industries était l'ex-
jdoilation fie la noix de coco qui occupe un i^^rand nombre de ])ersonnes, surtout aux îles Tuamotou où toute la population partai^e son temps entre la pèche de la nacre et la fabrication du coprah. Les quantités expoili'es depuis cinrj ans ont ctt' les suivantes :
. . 2,898,^2':7 kilo.-
L'huile de coco est presrjue tout «mtière employée dans le pays. Cependant la qualité supérieure est expédiée en Nouvelle-Zélande où elle est utilisée dans la parfumerie. Quant à l'amande de coco, elle fig-ure également dans la pâtisserie et la biscuiterie où elle est substituée à l'amande ordinaire. Les ([uantités exportées depuis cin(j ans sont sensiblement les mêmes; toutefois, cette industrie est très compromise par le tarif douanier des Etats-Unis adopté en 1897 et qui a frappé le coco râpé d'un droit de 0,20 centimes le kilo à l'entrée. Cet imp(H a été créé au profit des industriels de San-Francisco (jui, détail importante noter, manipulent de leur côté les fruits secs qu'ils tirent en franchise de nos établissements. Quoi (|u"il en soit, il est intéressajit de connaître les quantités exportées <lc 189:] à 1897 :
I7,04:ikilos
lH9i . . ,
IHiC) . . .
. . iL.m-i —
Il existe à Taïti deux usines à fid)ri(juer le coco làp*'-. (-es
l'industrie 353
deux usines emploient environ 20 personnes et représentent un capital d'environ 40,000 francs.
Le coton n'étant expédié qu'après éçrenag'e, une usine est affectée à cette opération à Papeete, une autre fonctionne à Taio-Hac, chef-lieu des Marquises. Ces deux usines chôment malheureusement une grande partie de l'année. Elles représentent à ellesdeux un capital d'environ .^0,000 fr. et emploient une trentaine de personnes.
L'industrie de la brique est représentée par un seul établissement, mais elle n'a pas une grande importance parce que les constructeurs emploient de préférence les bois d'Amérique.
L'industrie de la bière, un instant prospère, n'est plus représentée que par une brasserie. L'inexpérience des industriels d'alors est la principale cause du déclin de cette fabrication que les tarifs douaniers et d'octroi protèg-ent suffisamment aujourd'hui. Ajoutons enfin à cette sèche nomenclature que les conserves de fruits, ou plus exactement la fabrication de g-elées de fruits, sont entre les mains de deux industriels qui exploitent principalement la goyave. L'exportation est peu considérable à cause du prix élevé de celte marchandise.
Quant à l'industrie familiale, la seule qui vaille d'être mentionnée est la fabrication des chapeaux de paille et autres objets, tels que fleurs, corbeilles et éventails. Si l'on tient compte de ce fait que tous les habitants, à de très rares exceptions près, portent des chapeaux de fabrication locale, on peut évaluer à enviroi] 20,000 le nombre de ces coiffures tressées à Tahiti et à Moorea, ce qui représente une A^aleur de 200,000 fr. environ, le prix moyen d'un chapeau étant de 10 fr.
NOUVELLE-CALÉDONIE
Il n'existe pas d'industrie digne de ce nom en Nouvelle- Calédonie. Aucune usine ne met en valeur les métaux extraits
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dos entrailles du sol ou les produits de la terre, et tous les objets nécessaires à la vie lui arrivent de l'Australie. Les indie^ènes eux-mêmes ne se servent que d'instruments primitifs ou d'objets de forme grossière dont la vente n'a aucune influence sur la vie économique de la colonie.