‹ La mise en valeur de notre domaine colonialeChapitre 28 sur 72 · SAINT-PIERRE ET MIQUELON · texte numérisé non relu

SAINT-PIERRE ET MIQUELON

Si nos colonies des Antilles et de la Guyane ne tirent aucun profit de la pêche, bien que la mer aux environs de la Guadeloupe et de la Martinique soit riche en poissons de toute espèce^ nos deux petits îlots de Saint-Pierre et de Miquelon vivent, au contraire, de la pêche et par la pêche. Ils tirent de cette industrie des ressources telles que ce rocher dénudé et stérile rapporte plus à la métropole que telle ou telle colonie située en pays tropical. Les marins venus" de la côte bretonne poursuivent dans les parag^es de Saint-Pierre la morue et le homard.

La pêche à la morue devrait régulièrement s'ouvrir le premier avril et cesser le premier octobre; mais les bateaux n'arrivent g^uère sur les bancs que vers la fin du mois d'avril et, dès le milieu du mois d* septembre, la plupart ont déjà rallié leur port d'attache.

Sur les bancs tels que le grand banc, le banc-à-vert, le banc de Saint-Pierre et le banquereau, les goélettes montées par 7,000 à 8,000 marinsjettent l'ancre. Du navire s'en vont à plusieurs milles les embarcations ou doris, montées par deux hommes. Chaque lig-ne est armée d'hameçons g^arnis d'un appât nommé boîfle qui varie selon les mois (hareng d'avril à juin.

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capelan de juin à juillet, encornet de juillet à octobre) et avec cet eni^in en somme primitif, il n'est pas rare de prendre, dans une seule marée, :J,0OÛ morues avec 12,000 hameçons. Cette pêche dépeuplerait donc la mer si les morues n'étaient d'uni inépuisable fécondité, puisque chaque femelle peut porter jusqu'à neuf millions d'œufs.

Celte pèche a fait la fortune de notre colonie au point qu'elle occupe le troisième rang au point de vue commercial dans nos établissements d'outre-mer. L'exportation de la morue seule; représente des chiffres considérables par année :

. . 0,806,620 fr.

Pour atteindre de pareils chiffres, il faut que le nombre des morues pêchées soit considérable, car le prix de la morue n'est j;5uère que de 14 et 17 francs le quintal de 35 kilog-rammes.

La morue une fois préparée est expédiée à destination de la Breta^-ne et du Midi, de l'Espagne et de l'Italie, et même du levant où la morue de Terre-Neuve est généralement préférée à celle d'Irlande. L^ne partie de la pèche est vendue aux Etats- Unis (pii réexpédient les morues vers les Antilles anglaises et l'Amérique du Sud. Enfin, depuis que le tarif général des douanes a frappé d'un droit assez élevé lei^ morues provenant de l'étranger, les Antilles françaises dont les habitants font une grande consommatiqn de cette salaison s'a[)provisionnenl presque exclusivement à Saint-Pierre et à Mi([uelon.

Il existe aussi sur la côte ouest de Terre-Neuve 13 homarderies appartenant à sept concessionnaires français. Ces établissements ont fdutiii les conserves dans les proportions suivant es :

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