‹ La mise en valeur de notre domaine colonialeChapitre 40 sur 72 · ETABLISSEMENTS FRANÇAIS DE LOGEANIE · texte numérisé non relu

ETABLISSEMENTS FRANÇAIS DE LOGEANIE

Sans être encore considérable, le mouvemanl commercial des établissements français de l'O^^éanie progresse d'une marche régulière. La valeur des échanges a été supérieure en 1897, de i'2,'2'2 0 0 à celle de l'année précédente.

1890. . 0, 193,84 i fr. 87 1897. . 0,951,307—20

Différence, en faveur (If 18î)7 : 757,i02fr. 3!).

Ce progrès est uniquement du à l'aug-mentatiou du chiffre' des importations qui, pendant Tannée 1897, a dt'passé de S7(i.68l fr. 8.') celui de 189() alors que les exportations avaient au contraire diminué de 119.210 fr. 4fi.

A quelles causes attribuer ce résultat inattendu? Cet accroissement des importations en 1897aporté principalement sur les conserves de viandes en boites, tôles galvanisées, mercerie d confection, machines pour l'industrie, etc. Cette plus-value ne se maintiendra probablement pas dans les années suivantes, d'abord parce que le ravitaillement des troupes de l'expédition , des Iles Sous-le-Vent en janvier 1897 a nécessité rintrodiiction de nombreuses conserves alimentaires, ce qui explique les chiffres élevés d'importation pour certains produits ; ensuite parce que le reste de l'aug-mentation s'explique par l'arrivée à Tahiti d'un assez fort stock decoprah laissé par le navire nor\vé2:ien Gyda, j qui s'était trouvé en détresse dans les eaux de la colonie.

Le ralentissement des exportations est dû à un rendement inférieur des nacres, du coprah et du coton, autant dire des principaux produits de la colonie. C'est ainsi quv, par comparaison avec l'année 1896,

Les nacres ont rapporté en moins. . 336,528 fr. 80 Le coprah — — . . 169,548 — 50

Le coton — — . . 57,790 — 20

De plus les nacres pêchées à partir du premier novend)re 1897, date de l'ouverture de la saison 1897-1898, ne sont parvenues au centre commercial de Papeete qu'aux mois de janvier et de févrierde l'année suivante et n'(Uitpu être exportées qu'à cette date. Elles ne fiijurent donc pas aux statistiques de 1897.

Si la production du coprah a éi;alement dimiiuié, au cours <le l'année 1897, c'est que dans les fies Tuamolou, une maladie

parasitaire a sévi sur les cocotiers et fait périr un certain nombre de fruits. La même maladie a fait tomber la production du coprah dans l'archipel des îles Sous-le-Vent de 1500 à 100 tonnes environ. Toutefoisil convient d'ajouter que cette maladie tend à disparaître et tout fait espérer que la crise du coprah n'aura été que momentanée.

Il n'en sera pas de même du coton dontles indigènes tendent à al)andonner la culture à cause de l'avilissement des prix ni du bois des îles et des fruits du pays dont la diminution est constante et suit une marche normale. Toutefois ce mouvement de recul est en partie compensé par un relèvement dans l'expédition de la vanille, des biches de mer et de quelques autres produits. La production de la vanille s'est rapidement accrue grâce au prix rémunérateur de la vente sur les marchés d'Europe. Elle a déjà présenté une dilîérence en plus sur 1896 de 488.626 fr. 75 et tout faisait prévoir pour l'année 1898 un^ chiffre d'affaires plus considérable encore.

Dans le mouvement général d'affaires, la part la plus considérable revient aux Etats-L^nis d'Amérique (46 0/0 de l'ensemble), à la Nouvelle-Zélande et à l'Angleterre. La France et les colonies ne venant qu'au quatrième rang-.

Les transactions de la colonie avec la Nouvelle-Zélande tendent à prendre chaque année un développement plus grand grâce aux lignes directes de communication qui relient entre eux ces deux établissements. C'est ainsi que les importations se font presque (Mi totalité par San-Francisco et Auckland, à l'exception des marchandises d'origine française et allemande qui arrivent directement d'Europe par voiliers.

Avec la France, le commerce des établissements français s'est élevé en 1897 :

ImporUilions = :J91,001 fr. 02 en plus sur 1896 : 73,827 fr. 51 Exportations = 'S[\,0'^o h\ oO — : 270,768 54

438 MISE EN VALEl H

Celte majorationdu chiffre des exportations est due presque iiniqueinent à la vanille et à la nacre. La vente de ce dernier produit, cpii jusqu'alors avait été nulle en France, a atteint, en i897, 140,41 1 fr. 25. Celte heureuse particularité s'explique par ce l'ait (ju'il a été expédié en France, via Liverpool, une quan- I tité de ijO tonnes de nacre par une maison française de la place. Encouragé par cet exemple, le conseil g^énéral a voté un droit de sortie (150 fr. par tonneau de nacre), mais il a été stipule que ce droit serait remboursé aux exportateurs qui pourraient prouver que la nacre expédiée de la colonie avait été débarquée et consommée en France, L'assemblée locale espère ainsi déplacer, en faveur des ports français, le marché des nacres qui se • tient à Londres et à Hambourg-.

Il n'en reste pas moins, en dépit de cette exception, que les échanges faits par la colonie avec la France et les autres colot'îies françaises sont bien inférieurs au trafic avec l'étranger. On sait, d'ailleurs, que les causes de cette infériorité résident exclusivement dans l'état défectueux des communications entre la métropole et les établissements français de l'Océanie.

11 en est de même pour les importations. Les produits français importés à Tahiti subissent d'ordinaire plusieurs transbordements en i)ays étrangers, ce <pii majore dans des proportions considérables le fret déjà fort élevé des compagniesde navigation. Et cette situation ne s'améliorera que le jour Gilles expéditeurs auront obtoiui de ces conq>agnies, et nolamment de celle des Messageries maritimes, dfcs connaissements " directs pour Tahïti. Il est évideiil, cmIIu, (|ue le prix du fret, beauc(jup plus élevé j»ar la voie de Marseille cpie parla voie de Londres, constitue aussi une entrave sérieuse à notreconnnerce national. A l'heure actuelle cette différence est telle que, même eu jtavant la taxe douanière doiil soiil exeiuplt'es les iiiarchaudises françaises, les iuijKUlalious anglaises sont vendues sur les nuirchés delacolouie à un |uix iiuiins élevérpu' les nôtres.

Justifions cette affirmation par un exemple. Une tonne de marchandises expédiée par la voie de Londres coûte en moyenne 9o à 115 francs. Par la voie de Marseille-Sydney, notre tonne décimale est payée 130à 14U francs, ce qui porte nos marciiandises par la voie française à 180 francs la tonne de 1 m, 440. Cette différence est trop considérable pour ne pas exercer une inlluence décisive en faveur de la voie de Londres.

Enfin il importerait aussi que les industriels de la métropole consentissent à modifier leur fabrication de façon à pouvoir lutter de bon marché avec leurs concurrents étrangers qui répandent dans la colonie des produits dont le bas prix de revient favorise l'importation. Ces produits trouvent acheteurs chez les indigènes qui se préoccupent beaucoup moins de la qualité des marchandises que de leur bon marché. Pour démontrer la nécessité de ces diverses modifications, les chiffres sont particulièrement éloquents : 3

IMPORTATIONS

Différence en

189t) fr.

1897 fr.

1897 fr.

Etats-Unis ....

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