‹ La mise en valeur de notre domaine colonialeChapitre 44 sur 72 · GUYANE · texte numérisé non relu

GUYANE

Il existe à la Guyane trois routes principales, dites coloniales : 1" la route de Caijenne à la Mana qui part de la pointe Macouria en face de Cayenne et se termine au bourg de Mana après avoir traversé les quartiers de Macouria, Kourou, Sinnamary et Iracoubo ; 2° la route de Cayenne au Dégrad-des-Cannes entièrement carrossable et sur laquelle viennent s'embrancher de nombreux chemins vicinaux (chemin de la côte, de Cabassou, etc.) ; le tronçon principal a une longueur de 18 kilomètres ; 3° la route de Cayenne à l'Approuague qui n'est en réalité qu'un sentier peu praticable. En somme, le réseau total est de 90 kilomètres.

LA REUNION

Les premières Voies de communication de l'ile remontent à 1720. C'étaient alors de simples sentiers de piétons destinés à mettre en communication les principaux centres de colonisation. Ce n'est, réellement, que vers 1825 que fut entreprise la construction des routes actuelles qui ont coûté à la colonie, de 182.J à 1898, tant pour leur construction (jue pour leur entretien, la somme de 40.000.000, en com{)reuant dans ce chifTre les ouvrages d'art. Les routes, dites nationales, actuellement entre- Les Colonies, vol. 111. 2!)

4ri8 MISE EN VALELH

tenues par la colonie, sont au nombre tie douze et ont undévcloppeiïiiMit de o08 kiloni. Il faut ajouter à ce cliilFre le dévelijppenieiit des chemins communaux, 753 kilomètres, et les chemins particuliers, lo98 kilomètres, ce qui donne un total approximatif de 2. 86i kilomètres. Toutes les routes nationales, à deux exceptions près, ont une largeur variable de 6 à 10 mètres et ne traversent ce pays volcanicpie et tourmenté qu'à l'aide d'un très grand noml)re d'ouvrages d'art jetés sur les nombreux torrents qui sillonnent la colonie (1).

Sur toutes les routes, sauf celles de Cilaos et de Mafatle, l(îs transports s'effectuent au moyen de charrettes attelées de mules ou de bœufs, et les prix de tiansport diffèrent suivant les routes. Sur celles du littoral qui n'ont que de faibles pentes ou rampes, le prix est de 1 fr. oO par tonne et par kilomètre, tandis qu'il est de 2 fr. 50 sur les autres qui sont établies eu Ibnc de montagne avec des rampes de 5 à (I 0 0 (2).

AFRIQUE OCCIDENTALi: FKANÇAISE

Sénégal. — La construction de la voie ferrée, son prolongement jusqu'au Niger et le projet du chemin de fer du Baol ont eu pour conséquences naturelles l'absence de routes au sens propre du mot. Il est, en effet, difficile de donner ce nom aux tronçons de routes construits par les soins des administratenis coloniaux sur les ressources des budgets régionaux et ipii oui poui- but de relier commodément un c<,'Mtre à un autre.

(1) Les roules les |)lus iiii|)()rtaiilcss()iit ccllesilc Saiiil-l'aul, deSainl- I-.CU, et (le Saint-Louis ; route de Salazie; deSaiul-lîeiioît à SaiiU-Pierrc ; de la léproserie; des chicots; route II. Delisle, parallèle à la roule île ceinture cl ouverte à des altitudes variant de (iOO à SOO m.; de l'iMitreileux ; de (Cilaos; de Malatte, etc. l'res(|ue toutes ces routes vieniienl s'embrancher sur la roule de ceinture élahlie pres<|ue en totalité sur le littoral.

d) I\enseii>neinrnts Tournis pai' .M. Xaluiel, (lier du ser\ ice des ponts cl chaussées.

],ES VOIES DE COMMLfMCATlOM l^Ht

L'énuméralion de ces voies (jui sont, d'ailleurs, enlrelemies avec soin, serait fastidieuse, puis«{u'elle consisterait, en somme, à donner le nom de tous les centres im[>ortants du Sénéi;al.

<;iIFNKK FHANyAISK

11 y a déjà un certain nombre d'années, le service local comprit r|uel avantag-e il y aurait pour notre colonie de la Guinée à attirer vers Dubreka le commerce de l'or et du caoutchouc; aussi, en 1891 , décida-t-il la construction d'une roule destinée à relier ce point à Timbo. Les travaux commencèrent aussitôt et furent arrêtés provisoirement à Demokoulima ; mais, l'année suivante, le commerce ayant été détourné au profit de Konakry, ce centre devint naturellement la tête de lig-ne de la route. En mai 189'j, les travaux étaient achevés jusqu'au trente-troisième kilomètre de l'île Toumbo (ij. Le gouvernement décida alors d'enti^prendre immédiatement le prolongement de la route jus- (ju'au Niger. Le tracé en fut confié au capitaine Salesses et l'exécution àM.Oswald. Une somme de 100.000 francs inscrite au budget métrop(jIitainetune subvention annuelle de 30.000 fr. imputée au budget de la colonie devaient permettre de faire face aux frais de C(jnstruction. A la fin de 1896, la roifte ayant une plate-forme de 5 mètres atteig^nait le io** kilomètre ; en 1897, grâce au gar^h^ d'artillerie Leprince, le 74" au villagi.'de Kouria ; en 1898, elle s'arrêtait au 100«. Elle est malheureusement loin d'être iMininée, puisque le tracé initial prévoit una longueur de .jOO kilomètres, de Konakry à Faranah par Tind)o, et de grosses difficultés restent encore à vaincre, « car les pluies d'hivernag'e, qui laviiuMil tout, font de tels ravages que, même en se livrant, chaque aum'e, à des travaux d'entretien onéreux, le l'ésultal sei'a insuftisanl. » P<iiiri;int il ne faut rien exagérer.

(I) P. DclaucDiipriM, op, rit.

•4r.O MISE EX VAI.EIIl

Cclt»,' roule tl(jnt l'importance commerciale est indisciilahle n'a, en somme, coûté que 7000 fr. par kilomètre en 1897 et seulement "iOOO à partir de 1898. La dépense totale ne dépassera pasyralsemhlablement deux millions. Il faut seulement constater, a\ec M. Siegfried, que la faiblesse des crédits alloués est hors de proportion avec le but à atteindre.

CÔTE o'iVOIKK

Dans un pays où les bêtes de somme sont rares et vivent mal, où, par suite de la rareté de lamain-d'œuvie, des accidents du sol, du nombre des cours d'eau, rétablissement de roules carrossables serait horriblement coûteux et à peu près inutile, il faut savoir reconnaître que la construction de voies ferrées est la seule solution pratique de la question des transports [)Qr terre. En attendant cette solution rationnelle, l'administration s'est proposée, en améliorant les sentiers indii»ènes existants, d'offrir aux caravanes des pistes facilement praticables et utilisables, au besoin, pour les bêtes de somme. Les crédits inscrits dansce but au budget local depuis 1890 sont deoO. 000 fr. par an. Grâce à ces ressources relativement minimes, la colonie a été dotée d'un véritable réseau vicinal (1). L^ne première route (Hl kilomètres) part d'Aboisso, point termimis de la navii^ation à vapeur sur la rivière Bia, pour aboutir à Diambarakrou dans le sud de l'indénié. De Diambarakrou à Zaranou, une route unique de 2o kilomètres si* partag'e en deux branches à partir du ("lief-lieu de rindénié. La branche ouest (8") kilomètres) aboutit à Attakrou sur le Comoë ; la branche Est arrive à Assikasso au-dessus <lu 7'" deyré de latitude nord. Elle comj)orte deux routes : l'une, plus occidentale, mesui-e 95 kilonièti'es et dessert les cenli'cs iniporl.iuts d'Abengi'Ouiou et

(1) As|>f i'"lcuiiiiuiiil, np. cil.

LES VOIKS DE COMMUNICATION t(H

de Yacassé ; l'autre, h^iiyeaiil la frontièro'ang-Iaisc, a une lono-uoiir de 90 kilomètres et passe par Niabley, Mauzano et Attiébentekrou. De Yacassé, un tronçon de 40 kilomètres mène à Tengouelou. D'Assikasso à Bondoukou, il y a 40 kilomètres et la route sort enfin de la zone de végétation continue.

L'ensemble du réseau est relié au Comoë et au port deGrand- Bassam :

1° Par la rout»' de Diambarakrou à Attiéréby ^^ 17 kiloin. 2" — — Daboisne = 33 —

Cette route sera incessamment prolong-ée jusqu'à Alépé.

En continuant vers l'ouest de la colonie, nous rencontrons une route de 90 kilomètres qui relie Dabou, sur la lagune Ebrié, àThiassalé, surle Bandama, et assure ainsi les communications directes entre le bassin de ce fleuve et le chef-lieu de la colonie

En résumé, la circulation commerciale peut utiliser 713 kil. de routes complètement terminées dont la largeur varie entre 5 et 10 mètres. 300 kilomètres de routes de pénétration nouvelles sont projetées ou étudiées dans les cercles de l'Indénié, de Grand-Bassam, du Sassandra et du Cavally.

Sur les routes de l'intérieur, le commerce se fait par caravanes. Les marchandises sont portées à dos d'homme, le poids de la charge variant entre 20 et 30 kilos ; le chiffre des porteurs varie ordinairement entre 10 et 30.

Les caravancïH qui traversent l'Indénié gag-nent l'Abrou })ar Bondoukou, l'Anno, l'AssikassOjleMorenou, le Baoulé oriental et l'Indénié. Les principaux centres d'opérations sont Aboisso sur la rivière Bia, Attiéréby, Bettié sur le Comoë et la Côte d'Or anglaise. Les caravanes du Baoulé effectuent g-énéralement leurs échang-es à Thiassalé. Il est à supposer que l'occupî^tion de Kon»- par nos troupes et l'occupation du Bondoukou doubleront bientôt l'importance de ce centre commercial, sans

U\2 MI si: i:.\ vai.ki;k

pourtant exagérer celle ■ importance «jui ne saurait être considérable tant ({ue les tjansports ne se feront (ju'à dos d'homme (1).

« Les routes sont impraticables jK»ni rrtianyei', écrivait M. le g-ouverneur Ballot en 1895 ; les caravanes qui descendent le Niger ou qui arrivent par terre évitent les pays Baribas où elles sont rançonnées sans merci. » La situation a coniplèlement changé de[)nis celte épotjue. Non seulement il existe aujourd'hui des sentiers tracés, mais encore ils sont activement fréquentés. « Des comptages faits à Allada, deseptembie I8il7 à février 18'.)8, ont permis de constater un [tassai-e journalier^ au point de croisement de deux chemins inq)ortanls, de "i tonnes 'liii transportées sur la tête des porteurs noirs. » Il ne s'agit bien entendu que de SiMitiers, et non de routes au sens propre <bi mot, car à quoi serviraient tles routes dans un pays où il n'existe ni bètes de somme ni bêles de Irait ? « Des routes? Il n'y faut pas songer. Pour faire des routes, il faut des cailloux ; on ne trouve pas un caillou dans tout le Dahomé jusqu'à 40 k. dans l'intérieur. Dans ces conditions, des routes dans un sol d'alluvions argileuses ne seront jamais que des fondrières imj>raticables, » Tous les transports sont donc etfectués à dos ou mieux à tète d'homme. Il en résulte une double conséquence : ou bien h* produit se trouve grevé de tels frait qu'il perd inie grande partie de sa valeur marchande, ou bien il demeur<' inexploité. On a pu calculer qu'un cinquième seulement, tles produits susceptibles d'être exportés parvenait à la côte, faut<' de movens de lrans{)orts. La seule s(»iulii>ii n('cessaire est donc la construction d'une voie ferrée.

(1 \ol«'s loiiiiiics |>iif M. (ilozel, scciétaiiT ift'inMiil ili' lii (lùlc d'Ivoire.

LES VOIES 1>F. OOMMINICATION M'ùi

Mais, en attendant, il fant se contenter de sentiers larges de deux mètres, facilement praticables pour les porteurs et entretenus en bon état par les villai^es indigènes situés sur le parcours. On a construit ainsi deux chemins très importants au point de vue commercial. Le premier, long-eant le Mono non navigable, conduit au port de Grand-Popo les produits de la riche région d'Attiemé et de Lokossa ; le second relie au littoral les régions du lïaut-Dahomé récemment cédées à la P^j'ance.

SOUDAN ET BOrCLi: DU NIGKR

Ce serait commettre une erreur que de se représenter les principaux centres commerciaux de la boucle du Nig-er comme séparés par les rivières et l'épaisseur de forets, et s'ignorant les uns les autres. De tout temps, la nécessité absolite d'échanger entre eux les productions indispensables les ont mis en relations suivies, (et c'est là un fait que le voyag"e de Binger a mis nettement en évidence). En l'absence de tout dépot central et de toute capitale bien approvisionnée au centre du pays, des caravanes rég-ulières, ordinairement conduites par des Arabes ou des Haoussas, se sont organisées, et à époque fixe ont apporté, à ceux qui en manquaient, les marchandises d'échange facile. Gomme les navires qui traversent la mer, ces caravanes ont apporté du nord au midi (ou réciproquement) des produits dc^it ils étaient sûrs de se défaire, et ils ont trouvé, dans les pays d'où ils repartaient, un fret de retour ([ui doublait leurs bénéfices. Ils ont pu ainsi, tantôt en se faisant payer en nature (et pendant longtemps ce payement a consisté en livraison d'esclaves), tantôt en échang-eant leurs marchandises contre de la poudre d'or, monnaie très en usag-e dans les régions aurifères du Bandama,ou contre/^ sombé, monnaie bien connue dans la région du Gavally; ou contre des cauris,

4<>i MISE EN VALEUR

iiioTinaie fiduciaire consistant en de petits coquillaci-es ; ou en perles, dont on suppute la valeur par cuillerées; ou enfin, an voisinage de la côte, contre des pièces européennes (ihaler allemand ou shelling- ang^lais), nouer des relations commerciales suivies dont il est difficile d'évaluer l'importance, mais qui ont certainement, au témoignage de tous les explorateurs, une réelle valeur.

Quels sont les chemins parcourus par les caravanes? On l)eut poser en principe que ces caravanes circulent du nord au sud et du sud au nord bien plus que de l'ouest à l'est. La raison en est simple : ce qui manque le plus aux populations du nord, c'est la fameuse noix de kola si appréciée par les indii5"ènes; ce dont les habitants du sud manquent presque absolument, c'est le sel. L'échang-e de ces deux denrées va donc rég-ler la marche des caravanes qui iront des pays du nord Qiays de sel) aux pays du midi (pays de kolas). Ajoutons ([ue les indig-ènes recherchent aussi avec passion certains produits apportés par les Européens (couteaux, étoffes, armes, etc.) que les caravaniers viennent chercher aux ports de la côte pour les transporter à l'intérieur. Les routes suivies par les marchands iront donc g-énéralement de la mer au Niger, en suivant le cours des rivières.

La principale de ces routes part de Thiassalé sur le Bandama, traverse le Baoulé, où la population est assez dense et où les marchandises trouvent facilement preneur. Dans (oute cette région, « le prix des marchandt^es européennes était, en 1895, de sept fois supérieur à celui de France /). « Thias- « salé jouedonc, danslebassin duBandama,le rôle de Bétiésur « le Comoé, deSalagadans la vallée de la Voila et de Bakel sur « le Sénégal. » La route, à Séguéla, conliniic jusqu'à Gouropan « et à Elengué. Son prolongement, à l'ouest, coupe le Bandania « UougfNM va très probablement aboutir au Sassandra supérieur « et, (le là, sans doute aussi, au Cavally. » « Il est probable ([u'im

LES VOIES DE COMMUNICATION iO.")

« sentier part de Bonavéré se dirigeant vers le Sassandra ». Mais le sentier principal a conservé sa direction primitive, et de Gouropan a gagné, au nord, Sakala. De Goiiropan, part ég-alement une troisième route orientée vers le nord-ouest et qui, en suivant la vallée du Zini,va par Toumodi, Kouadiokofi, Jîondoukou, rejoindre Bouna, dont le capitaine Baud a signalé l'importance commerciale. Ainsi, de Thiassalé, trois routes se dirigent en éventail dans le nord : l'une, à l'ouest par la vallée du Zini ; l'autre, à l'est par celle du Bandama ; la troisième, au centre, en suivant le pied de la chaîne montag-neuse. Ség^uéla à l'est, Sakala au centre, Bouna à l'ouest sont les trois escales de ces routes, et, au centre de la région, est construite la ville de Kong où viennent aboutir tous les sentiers, centre naturel et admirablement choisi, et dont on s'explique ainsi la population nombreuse et la réputation considérable avant que Samory n'en eût fait un amas de ruines.

Mais les caravanes ne s'arrêtent pas là ; elles n'y séjoujnent que pour commercer ; elles v renouvellent leurs cargaisons ; les marchands j tiennent pendant quelques jours des marchés extrêmement suivis, puis ils repartent. Ceux de l'est se diligent vers les premières terrasses duFouta-Djallonpar Dootou, Doué et Nzo. Dootou, habité en g-rande partie par des musulmans, est un centre très fréquenté, parce qu'il est situé à deux kilomètres du confluent du Bafing- et du Férédoug-ouba, et <[u'il est la capitale de la région assez riche du Ouadoug'ou. Les caravanesâde Sakala se dirigent vers le nord jusqu'au Niger en passant par Borou,Tiémou et Tengrèla. De Tengrèla, le sentier se prolonge vers l'Adrar et jusqu'au Niger.

D'ailleurs, le Niger a été également atteint près de Koui-oussa par un autre sentier qui, se détachant également de Sakala, a traversé le centre commercial de Kani, a touché à Koro, « le plus gros marché de toute la région située entre Bî^yla et le Bandama », puis, par Beyla et Kissidougou, se

i('»(> MISE KN VALF.l'R

termine au grand fleuve. On voit d'avance coml)i('ri la route, l'Indiée par fe capitaine Salesses, de Konakrv à Koiiroussa. donnera à celle-ci une importance dont il est difficile de calculer la valeur.

Enfin, de Bouna, les caravaniers, eu passant par Oua, alteii(nent le grand marché de Ouagadougou ; puis, par un crochet à travers un pays, riche seulement en pâturages, arrivent à Dienné, dont M. Félix Dul)ois nous a donné une si \ivante image, et à Mopti, au confluent du Bani et du Niger.

Tel semble être le croisement des routes de l'ouest. Un autre groupement s'est naturellement constitué àl'est ; il part, comme le premier, de la mer et s'oriente tout entier du côté du Niyer. de Tombouctou à Badgibo, de même que le premier s'inclinerait vers ce même Niger, de Kouroussa à Tombouctou. C'est à Tirand-Bassam, et aussi à Bcltié, que s'amorce la route ([ui, par Assikasso,- va atteindre à travers la foret et la brousse, Salaga, puis Yendi et surtout Sansanné-Mango (1). « Sansauné-Mango est un centre très important, où se croisent tontes les roules de cette région, par lequel descend tout le commerce du Gourma et où les caravanes haoussas, vernies de Kouandé, échangent leurs étoffes contre des vivres. » De Sansanné-Mango, le sentier gagne à l'ouest Maka, « d'où pari la ;;rande route des caravanes vers Ilo, Gamba et aussi Kandi, a centre considérable et nœud des routes suivies par les caravanes qui, venant du (îando et du Sokoto, se dirigent vers les i^rands marchés de la boucle du Xi^ci- (2) ». *"•

Depuis quelques années il semble ([ue (pu'hpies marchands, au lieu de se diriger, comme autrefois, vers Sansainié-Maugo, [irennent la route du sud, par Djougou, où les marchands haoussas commencent à être nombreux, et vont de là jus(pr;'i

(i) Mission Ali)y.

(2) Mission Dpvillc.

Curiiotville : « Il y a peul-ètre là une possibilité de créer sans « difficulLé une nouvelle route permettant de détourner les « caravanes des marchés étrangers de Salag-a, Yendi et San- (( sanné-Mang^o, pour les amener aux comptoirs dépendant <« du Daliomé. » Cette dérivation du commerce serait d'autant plus utile que « Kandi est le centre le plus important, le « plus peuplé et le plus commerçant du Bornou. »

Enfin, plus au sud, un autre courant commercial, beaucoup' moins important, part de Carnotville, dans la direction du lleuve, par Nikki et Kitchi ; c'est ce sentier, assez praticable, que le commandant Toutée suivit sur toute sa longueur. Est-il bien nécessaire de faire remarquer que ces deux réseaux de routes, tout indépendants qu'ils apparaissent, sont cependant en relations entre eux et que, par exemple, de Sansanné-Mango, se dessinent des sentiers vers Bouna et vers Ouagadougou ? D'autre part, il est des marchés qui, sans être sur le passagiî des caravanes régulières, jouent un rôle important dans l'économie générale de la boucle. Tel est Borgou, « point de [)as- « sage de quelques caravanes foulas descendant du Mossi ou « venant de Say » ; tel, Parangou, dans le Boussanga ; tel, enfin, au nord-est, la villeim[)ortantede Dori. Un grand nombre de ces caravanes « vont, d'autre part, se souder à Bassikou- « non, à l'ouest du lac Faguibine et au sud d'Oualata, avec les « caravanes du Sahara et de l'oasis du Tafilet ».

Ce sont là toutefois des moyens de transport bien rudinientaires. Sur un seAtier, souvent à peine indiqué et toujours menacé par un retour offensif des herbes folles, circulent à la fde indienne un certain nombre de porteurs ayant sur la tète une charge qui ne saurait excéder 30 kilogr. Avec ce fardeau, les plus intrépides ne peuvent, sauf circonstances exceptionnelles, faire plus de 25 kilomètres par jour. Avec des bêtes de somme, telles qu'en possèdent les caravanes, les charges transportées sont plus considérables, mais la rapidité de la marche n'est

i<)S MISE EN VALEtJK

guère supérieure. De tels mojeus pouvaieut suffire aux besoius d'uu commerce local, limité à quelques produits toujours les mêmes ; mais ils ne sauraient convenir au commerce tel que l'entende?!! les Européens.

En somme, il ne s'agit là que de pistes qui seront, sans doute, transformées en routes praticables quand le développement commercial le permettra.

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